« Manifs » et révolutions sur les Grands boulevards – De l'Opéra à la porte Saint-Denis


grands-boulevards-vue-generale-63-max.jpg

 

Bd des Italiens

Peu de boulevards à Paris ont tant de fois changé de nom.

  • Il prit d'abord celui de bd du Dépôt, du fait de la présence de la caserne des gardes françaises dont nous allons parler.
  • Puis celui de bd Cerruti du nom d'un Hôtel qui s'y trouvait.
  • Après 1795, celui de "Petit Coblence", parce que s'y rassemblaient les émigrés revenus en France après avoir séjourné dans la ville allemande du même nom.
  • Sous la Restauration, le bd de Gand, en souvenir de l'exil de Louis XVIII dans cette ville de Belgique pendant les Cent jours. Ses habitués furent surnommés alors les "gandins".
  • Il prit enfin celui de bd des Italiens, en référence au théâtre qui lui tournait pourtant le dos, installé dans la salle Favart, devenue depuis l'Opéra comique.
  • De violents combats s'y déroulèrent pendant la révolution de 1830.
italiens-bd-des-petit-coblentz-par-jean-baptiste-isabey-41-max.jpg

Le théâtre des Italiens, salle Favart, aujourd'hui Opéra Comique
Le Petit Coblentz par Jean-Baptiste Isabey

  • 38 : Emplacement, en 1764, d'un dépôt militaire du régiment des gardes-françaises, transformé en établissement d'enseignement pour fils de militaires. Lazare Hoche y fut instructeur.
    • Le lieu abritait également une école de chant. La fusion de celle-ci avec une autre école du faubourg Poissonnière donna naissance, pendant la Révolution, au Conservatoire national de musique.
    •  Le 12 juillet 1789, une échauffourée eut lieu à cet endroit entre les gardes-françaises du colonel du Châtelet et le royal-allemand du prince de Lambesc ; celui-là même qui fit sabrer les manifestants venus protester contre le renvoi de Necker sur la place Louis XV.
    • La Section de la Grange Batelière, qui devint ensuite Section de Mirabeau, puis du Mont Blanc, s'y installa le 21 mai 1790.
    • Sur son emplacement se trouvait le cinéma "Le Français". Pendant l'Occupation, en 1941, y fut projeté le film de propagande antisémite "Le Juif Süss", de Veit Harlan.
italiens-bd-des-38-depot-des-gardes-fracaises-43-combats-max.jpg

Le dépôt des gardes-françaises
Affrontements avec le royal-allemand de Lambesc

hoche-louis-lazare-09-1801-max.jpg

Louis Lazare HOCHE

  • 32 : Hôtel de Bade, où Stanislas Padlewski assassina le général russe Seliverstoff le 21 novembre 1890.
padlewski-stanislas-10-assassinat-general-seliverstoff-max.jpg

Stanislas PADLEWSKI
Assassinat du général SELIVERSTOFF

italiens-bd-des-31-pavillon-de-hanovre-48-max.jpg

Le Pavillon de Hanovre aujourd'hui dans le parc de Sceaux
Sur le boulevard des Italiens à l'origine

voltaire-10-par-houdon-max.jpg

François-Marie AROUET, alias VOLTAIRE
par Houdon

italiens-bd-des-31-palais-berlitz-expo-le-juif-et-la-france-31-max.jpg

Le "Palais Berlitz"
Exposition de propagande nazie "Le Juif et la France" pendant l'Occupation

italiens-bd-des-27-31-pavillon-de-hanovre-et-bains-chinois-41-max.jpg

Café "Les Bains chinois"
presque voisin du pavillon de Hanovre

babeuf-francois-noel-dit-gracchus-06-max.jpg

Gracchus BABEUF

Augustin DARTHÉ
<img11160|center>

Sylvain MARÉCHAL
<img11162|center>

drouet-jean-baptiste-08-max.jpg

Jean-Baptiste DROUET

Ces Bains Chinois seront remplacés, en 1853, par le Café du Helder, célèbre pour son absinthe, fréquenté par les frères Edmond et Jules de Goncourt.

goncourt-edmond-jules-de-12-par-nadar-max.jpg

Edmond de GONCOURT, par Nadar
avec son frère Jules

  • 26 : Siège du journal "Gil Blas", qui paraît de 1835 à 1910. Alexandre Steinlen lui fournissait des illustrations.
    • Édouard Manet donne rendez-vous à Émile Zola au Café de Bade, situé dans cet immeuble, pour le remercier d'un article élogieux qu'il a écrit sur sa peinture.
steinlen-alexandre-10-par-pieter-dupont-max.jpg

Alexandre STEINLEN
par Pieter Dupont

  • 24 : Le Café de Paris, aujourd'hui Taverne Kronenbourg, était le lieu branché de la première moitié du 19ème siècle. Musset, Théophile Gautier, Félix Arvers… en étaient des habitués.
musset-alfred-de-01-max.jpg

Alfred de MUSSET

gautier-theophile-19-par-nadar-max.jpg

Théophile GAUTIER, par Reisener

arvers-felix-02-max.jpg

Félix-Alexis ARVERS

  • 22 : Le Café Tortoni ; l'"Annexe de la Bourse" comme on l'appelait alors, était un haut lieu de la vie parisienne et du monde des affaires, de 1798 à 1894. Une salle y était réservée aux duellistes.
italiens-bd-des-22-cafe-tortoni-40-par-eugene-von-guerard-1856-max.jpg

François-Gérard TORTONI
Son célèbre café, peint par Eugène von Guerard en 1856

valles-jules-17-max.jpg

Jules VALLÈS

rochefort-henri-04-max.jpg

Henri de ROCHEFORT, par Nadar

scholl-aurelien-05-max.jpg

Aurélien SCHOLL

blanc-louis-28-max.jpg

Louis BLANC

italiens-bd-des-20-cafe-hardy-puis-maison-doree-41-max.jpg

La Maison Dorée

dumas-alexandre-pere-08-max.jpg

Alexandre DUMAS père

redon-odilon-05-autoportrait-max.jpg

Odilon REDON
Autoportrait

signac-paul-05-1883-max.jpg

Paul SIGNAC

seurat-georges-02-1888-max.jpg

Georges SEURAT, par Maximilien LUCE

  • 17 : La galerie Boufflers avait été construite ici en 1817. Incendiée en 1829, elle fut remplacée par une galerie métallique, la "Galerie de Fer", qui s'étendait entre le boulevard et la rue Choiseul. Elle connut les premiers essais à Paris d'éclairage public au gaz.
    • Elle fut remplacée en 1876 par l'immeuble du Crédit Lyonnais, construction métallique elle aussi, réalisée en partie par les ateliers Eiffel. Un des premiers bâtiments à Paris éclairés à l'électricité.
    • Incendié en 1996, il a été restauré mais divisé en deux parties qui ne communiquent plus entre elles.
    • Le Crédit Lyonnais fut la première banque à rouvrir en juillet 1940. Dirigé par Georges Brincard, Édouard Escarra et Robert Masson, il facilita grandement les transferts financiers franco-allemands et coopéra à la réquisition du STO. L'argent n'a pas d'odeur… ni de patrie !
italiens-bd-des-19-credit-lyonnais-05-coupole-max.jpg

L'immeuble du Crédit Lyonnais

  • 16 : Emplacement du café Riche, fondé en 1791, fréquenté par les opposants à tous les régimes, en particulier sous le Second Empire. Fréquenté par de nombreux écrivains et artistes, dont Charles Baudelaire.
flaubert-gustave-03-max.jpg

Gustave FLAUBERT

daudet-alphonse-11-par-nadar-max.jpg

Alphonse DAUDET
Par Nadar

tourgueniev-yvan-12-max.jpg

Ivan TOURGUENIEV

  • 15 : Bureaux de la maison d'édition des frères Michel, Nathan et Calman Lévy, fondée en 1845. Ils éditent Sand, Dumas, Stendhal, Balzac, Flaubert…
    • Waldeck-Rousseau crée dans cet immeuble son Grand Cercle Républicain, le 12 mars 1898.
    • C'est là également que s'est installée la Bibliothèque nouvelle, "Maison de l'Événement et du Bien-Être universel", fondée par Bourdilliat et Jaccottet en 1849 ; librairie-salon où se rencontrent journalistes et écrivains : Balzac, Hugo, les frères Goncourt, Louise Collet… et qui publie les discours de Victor Hugo à la chambre où il est alors député.
  • 13 : Encore un établissement à la mode pendant la période romantique, vers 1822 : le Café Anglais. Il est fréquenté par Milord l'Arsouille, personnage haut en couleurs, qui mène entre autres les fameuses "descentes de la Courtille".
waldeck-rousseau-pierre-13-max.jpg

Pierre WALDECK-ROUSSEAU

hugo-victor-07-max.jpg

Victor HUGO

  • 9 : Demeure d’André Grétry, compositeur soutenu par Voltaire, de 1795 à 1813.
    • Café Poccardi, de 1892 ; aujourd'hui un restaurant qui a gardé son décor typique du 19ème siècle, avec un très bel escalier.
    • Dans cet immeuble avait été ouvert pendant l'Occupation, en 1942, un office de recrutement et de placement des travailleurs français volontaires pour partir en Allemagne. Ce fut un échec qui conduisit l'État français à instaurer le STO (service du travail obligatoire).
    • À la Libération, il abrita le siège du journal "la Dépêche de Paris".
gretry-andre-10-max.jpg

André GRÉTRY

herwegh-georg-04-max.jpg

Georg HERWEGH

feuerbach-ludwig-07-max.jpg

Ludwig FEUERBACH

marx-karl-09-max.jpg

Karl MARX

ruge-arnold-09-max.jpg

Arnold RUGE

Il fut remplacé par le théâtre de l'illusionniste Jean Eugène Robert-Houdin, rénovateur de la prestidigitation et automaticien de génie. Ses héritiers le vendirent en 1888 à Georges Méliès.

robert-houdin-jean-eugene-09-max.jpg

Jean-Eugène ROBERT-HOUDIN

  • 5 bis : Passage des Princes ; le dernier passage construit à Paris, en 1860, par Jules Mirès, propriétaire de la Caisse générale des chemins de fer. Sa société fit faillite un mois après.
princes-passage-des-vue-generale-07-max.jpg

Le Passage des Princes

herold-ferdinand-09-max.jpg

Ferdinand HÉROLD

  • 2 : Emplacement de l'entrée du passage de l'Opéra ; alors aux numéros 8 et 12 du bd des Italiens. Il fut détruit lors du percement du bd Haussmann.
    • Il se composait de deux galeries parallèles — la galerie de l'Horloge et celle du Baromètre — et une galerie transversale — la galerie du Thermomètre — qui débouchait, en longeant la salle de l'Opéra, d'un côté sur la rue Le Pelletier, de l'autre sur la rue Pinon, aujourd'hui rue Rossini.
    • À la fin du Second Empire, il s'y tint des réunions publiques dans la salle Beethoven ayant appartenu à une école de musique qui se situait dans la galerie du Baromètre.
    • Après la fermeture des clubs décidée par le gouvernement et appliquée strictement par le général Vinoy, les réunions se tinrent en plein air.
    • Au 11 de la galerie du Baromètre se trouvait le Café Certà où se tinrent, en décembre 1919, les assises du mouvement Dada. Ce café fut le quartier général des dadaïstes jusqu'en 1923. On y rencontrait Aragon, Breton, Éluard, Soupault, Drieu La Rochelle, René Hilsum, Jacques Rigaut, Théodore Fraenkel… Il y fut dressé très sérieusement et très officiellement, le 19 octobre 1920, un procès verbal démarquant qui était ou non Dadaïste à cette date…
    • C'est dans le café d'en face, le Petit Grillon, qu'Aragon et Breton rédigèrent pour la revue "Littérature", une "Lettre ouverte au comité Lautréamont", le 1er mars 1922.
italiens-bd-des-2-passage-de-l-opera-39-max.jpg

Le Passage de l'Opéra

passage-de-l-opera-plan-de-perrot-1834-01-max.jpg

Son plan (le boulevard Haussmann n'est pas encore percé)

aragon-triolet-02-max.jpg

Louis ARAGON

breton-andre-par-victor-brauner-02-max.jpg

André BRETON
Par Victor Brauner

eluard-paul-85-par-picasso-max.jpg

Paul ÉLUARD
Par Picasso

soupault-philippe-09-par-louis-monnier-max.jpg

Philippe SOUPAULT
Par Louis Monnier

drieu-la-rochelle-pierre-10-max.jpg

Pierre DRIEU LA ROCHELLE

rigaut-jacques-09-max.jpg

Jacques RIGAUT

fraenkel-theodore-09-max.jpg

Théodore FRAENKEL

Bd Montmartre

Il connut, les 8, 9 et 10 septembre 1831, trois jours d'émeute qui virent s'ériger des barricades en soutien aux insurgés polonais contre l'invasion russe.

*

sacco-nicola-09-max.jpg

Nicola SACCO

vanzetti-bartolomeo-09-max.jpg

Bartolomeo VANZETTI

Charles-Philippe RONSIN, général
<img11246|center>

  • 23 : Emplacement du café Frascati, au-dessus duquel habita Honoré de Balzac en 1840.
  • 21 : Siège du journal "Le Figaro" dans l'immédiat après-guerre. Il reparaît le 25 août 1944. Il s'était sabordé en 1942. Mauriac y publie un article qui appelle à la modération dans la chasse aux collabos.
  • 19 : La galerie de peinture Boussod et Valadon, ex galerie Goupil, est dirigée par Théo Van Gogh en 1890.
balzac-honore-de-20-caricature-par-nadar-1850-max.jpg

Honoré de BALZAC

mauriac-francois-10-max.jpg

François MAURIAC

van-gogh-theo-04-max.jpg

Théo VAN GOGH

  • 16 : Hôtel du comte Mercy d'Argenteau où se tiennent les réunions du Cercle des Ganaches en 1876.
  • 14 : Siège du journal antisémite "La Libre Parole", fondé par Edouard Drumont le 1er avril 1892. Il est le centre de nombreuses manifestations et en guerre ouverte avec son voisin Arthur Meyer qui, curieusement, rejoindra plus tard ses positions.
    • C'est aussi la demeure de Caroline Rémy, dite Line puis Séverine, qui avait été la secrétaire de Jules Vallès avant de devenir une journalise de renom.
drumont-edouard-libre-parole-01-max.jpg

Édouard DRUMONT

severine-caroline-remy-01-max.jpg

Caroline RÉMY, alias SÉVERINE

Ce sera plus tard l'adresse de la rédaction de "l'Avant-Garde", revue des Jeunesses Communistes animée par Paul Vaillant-Couturier, Charles Tillon, André Marty.

*


    • Il semble que ce soit à cette même adresse que s’est tenu le siège de "l'Action ouvrière" du RPF de de Gaulle, en 1947 ; tentative de constitution d'un mouvement "gaulliste prolétarien". Il éditait une revue : "l"Étincelle ouvrière", animée par Raybois, Manuel Bridier, Jacques Baumel et Yvon Morandat. Comme on peut s'en douter, il n'eut pas un grand avenir.
vaillant-couturier-paul-10-manifestation-marty-1922-max.jpg

Paul VAILLANT-COUTURIER

tillon-charles-07-max.jpg

Charles TILLON

marty-andre-01-max.jpg

André MARTY

  • 12 : Réunion l’Association démocratique des Amis de la Constitution, autour du général Cavaignac, qui soutient et salue d'un balcon de cet hôtel — mais sans aller jusqu'à descendre dans la rue — le mouvement du 13 Juin 1849 contre les manœuvres de Louis-Napoléon Bonaparte.
cavaignac-louis-eugene-09-max.jpg

Eugène CAVAIGNAC, général

  • 11 : Entrée du passage des Panoramas, construit en 1800 par l'américain Thayer, financé en partie par Fulton. Il tient son nom de deux vastes panoramas circulaires qui y avaient été construits, dans lesquels on exposait, à 360°, des toiles représentant des sites pittoresques ou historiques, tels la "Prise de Toulon". La Géode de l'époque, en quelque sorte. Daguerre y débuta en peignant ces fameux panoramas.
panoramas-pas-des-vue-generale-42-max.jpg

Le Passage des Panoramas

fulton-robert-10-max.jpg

Robert FULTON, par Thomas Sully

daguerre-louis-12-daguerreotype-max.jpg

Louis DAGUERRE

boieldieu-francois-adrien-05-max.jpg

François Adrien BOIELDIEU

rossini-gioacchino-11-par-nadar-max.jpg

Gioachino ROSSINI
Par Nadar

Il accueillit en novembre 1848 le Comité central électoral pour la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la Seconde République, animé par Martin-Bruère, Legallois, Patorni, Bonnelier, de Brignola et de Lempérière.

*


    • Il recouvre l'entrée du passage Jouffroy, un des plus récents de la capitale, construit en 1846, le premier à Paris équipé d'un chauffage par le sol.
    • Mais ces passages font l'objet d'une autre promenade intitulée "Les passages du Paris révolutionnaire" que vous pouvez consulter sur ce site.
    • Il abrite aujourd'hui le musée Grévin, créé en 1881 par le journaliste Arthur Meyer et le caricaturiste Alfred Grévin, qui en confièrent la responsabilité à Gabriel Thomas, directeur de la Tour Eiffel.
    • Il recèle, entre autres curiosités, l'authentique baignoire dans laquelle fut assassiné Jean-Paul Marat.
    • Un des premiers personnages de cire qui y furent montrés fut celui de Louise Michel dans sa cellule.
    • Il abrite le Palais des Mirages, une attraction de l'exposition de 1900 qui y fut transférée en 1906, et un théâtre sur la scène duquel un prestidigitateur nommé Georges Méliès fit ses débuts en 1886.
    • Il accueillit la présentation de nombreuses nouveautés scientifiques et techniques ; on y présenta le "théâtre optique" d'Émile Reynaud, ancêtre du dessin animé, le téléphone de Graham Bell, le premier phonographe de la maison Pathé
bonaparte-louis-napoleon-10-rentree-triomphale-de-badinguet-caricature-max.jpg

Louis-Napoléon BONAPARTE
Caricature en Badinguet

montmartre-bd-10-grand-hotel-de-la-terasse-jouffroy-41-max.jpg

Le passage Jouffroy
L'hôtel Ronseray

montmartre-bd-7-grevin-palais-des-mirages-02-max.jpg

Le musée Grévin
Le Palais des Mirages

meyer-arthur-02-max.jpg

Arthur MEYER

grevin-alfred-01-max.jpg

Alfred GRÉVIN

melies-georges-04-max.jpg

Georges MÉLIÈS

reynaud-charles-emile-11-theatre-optique-max.jpg

Émile REYNAUD
Son Théâtre optique

bell-alexander-graham-08-max.jpg

Graham BELL

villiers-de-l-isle-adam-auguste-de-07-par-felix-valloton-max.jpg

Auguste VILLIERS de L'ISLE-ADAM
Par Félix Valloton

mendes-catulle-08-1865-max.jpg

Abraham Catulle MENDÈS

dierx-leon-10-medaillon-max.jpg

Léon DIERX

montmartre-bd-7-theatre-des-varietes-47-max.jpg

Marguerite BRUNET, dite Melle MONTANSIER ou La MONTANSIER
Le théâtre des Variétés

rigault-raoul-10-max.jpg

Raoul RIGAULT

pere-lachaise-eudes-emile-91eme-section-05-max.jpg

Émile EUDES
Son buste au cimetière du Père Lachaise

carjat-etienne-10-autoportrait-max.jpg

Étienne CARJAT

courbet-gustave-30-max.jpg

Gustave COURBET

On avait surnommé l'intersection du boulevard avec la rue Montmartre le "carrefour des écrasés" ; c'est tout dire... Le 10 avril 1912, un "kiosque-signal" fut installé en son centre ; édicule vitré dans lequel un agent manœuvrait des disques blancs et rouges. La confusion redoubla, de telle manière qu'on s'empressa de le supprimer.

Bd Poissonnière

  • 32 : Restaurant Paul Brébant, ancien café des Grands Hommes, où Flaubert déplaça les "Dîners Magny" du vendredi après la mort de Sainte-Beuve, en 1869.
  • 27 : Premier domicile parisien de Frédéric Chopin, de fin septembre 1831 à 1832.
  • 26 : Siège du Club républicain de la Chapelle St Denis ; club révolutionnaire créé en mars 1848.
  • 23 : Hôtel Montholon. C'est là que Mme Juliette Adam tient, au 4ème étage, un salon qui réunit autour de Léon Gambetta un cercle de contestataires au régime du Second Empire. On y rencontre pêle-mêle Adolphe Thiers, Georges Clemenceau, Camille Pelletan, Louis Blanc, Alphonse Daudet… C'est ici que se prendra la décision de fonder la Troisième République.
  • 14 bis : Siège, à partir de 1913, de l'Union des syndicats professionnels d'employés catholiques. Elle compte 10 423 adhérents en 1914.
  • 8 : Siège du journal "l'Humanité", au 4ème étage, après la seconde guerre mondiale. Une importante manifestation a lieu sur le boulevard en 1947 contre la saisie à plusieurs reprises, pendant les grèves, du journal dirigé par Benoît Frachon.
    • Il fut également saisi le 25 août 1939, suite à une déclaration défendant le pacte germano-soviétique.
    • L'Humanité Dimanche avait ses bureaux au 5ème.
    • Au rez-de-chaussée se tenait la "Librairie nouvelle", appartenant au PCF.
sainte-beuve-charles-augustin-09-max.jpg

Charles-Augustin SAINTE-BEUVE

chopin-frederic-08-par-thomas-couture-max.jpg

Frédéric CHOPIN
Par Thomas Couture

adam-juliette-12-max.jpg

Juliette ADAM

gambetta-leon-50-statue-cahors-max.jpg

Léon GAMBETTA, par Étienne Carjat
Sa statue à Cahors

thiers-adolphe-28-max.jpg

Adolphe THIERS

clemenceau-georges-91-1879-1880-max.jpg

Georges CLEMENCEAU

pelletan-camille-01-1914-max.jpg

Camille PELLETAN

frachon-benoit-08-max.jpg

Benoît FRACHON

  • 6 : Siège du journal "Le Figaro" lors de sa création par Maurice Alhoy et Étienne Arago, le 15 février 1826. Ce n'était alors qu'une revue artistique et mondaine qui ne fit pas recette et que ses fondateurs revendirent 6 mois plus tard à Le poitevin de Saint Alme, qui en fit un des principaux journaux de l'époque. Il déménagea en 1833.
    • En mai 1946 s'installa dans ces mêmes locaux la Société nationale des entreprises de presse (SNEP), holding d'État regroupant les biens des journaux de l'Occupation. Elle publia le journal "Le Populaire".
  • 2 : Siège du journal "Le Matin" devant lequel fut exposé l'avion de Louis Blériot le 4 septembre 1909.
  • 1 : Sur le trottoir devant le Grand Rex transformé en Soldatenkino, réservé à l'armée allemande, Paul Silberman, ancien d'Espagne, membre de la M.O.I., fit sauter une bombe le 16 mars 1943.
arago-etienne-08-1882-max.jpg

Étienne ARAGO, par Jules Valadon

bleriot-louis-05-max.jpg

Louis BLÉRIOT

montherlant-henry-de-10-max.jpg

Henry de MONTHERLANT

C'est notamment sur ce boulevard, à cet endroit en particulier, qu'eut lieu un des épisodes les plus sanglants de la répression de la manifestation pacifique organisée par le FLN (Front de libération nationale Algérien) contre le couvre-feu instauré par un certain Maurice Papon, préfet de police de de Gaulle, le 17 octobre 1961. Elle fit entre 200 et 300 morts qui furent longtemps totalement occultés.

papon-maurice-10-max.jpg

Maurice PAPON

Bd Bonne-Nouvelle

Un lieu privilégié de la contestation :

*


    • Pendant la Restauration, le 9 juin 1820, s'y déroula une manifestation au cri de “vive la charte” contre le régime de Louis XVIII. Une charge des cuirassiers fit plusieurs morts.
    • Le 15 juin 1831, un poste de police menacé par des manifestants qui fêtaient l'acquittement d'Évariste Galois — jugé pour avoir porté un toast à Louis-Philippe avec un couteau dans la main — dut être dégagé par la troupe qui fit évacuer le boulevard.
galois-evariste-03-max.jpg

Évariste GALOIS

Le 24 février 1848, sur une barricade dressée juste en face du théâtre du Gymnase, ont lieu des tractations entre les insurgés et les troupes dites régulières commandées par le général Bedeau. Un commerçant du quartier nommé Fauvelle-Delebarre, se proposant comme négociateur, est envoyé auprès du maréchal Bugeaud, criminel de guerre en Algérie, commandant militaire de Paris, honni du peuple. Ce dernier cède. Odilon Barrot et Thiers sont chargés de former un gouvernement. Odilon Barrot vient sur cette barricade pour se faire acclamer mais ne reçoit que des pierres et des huées. La monarchie est définitivement renversée, mais le fossé restait immense entre bourgeoisie et prolétariat. On allait bientôt s'en rendre compte…

bugeaud-thomas-robert-marechal-02-max.jpg

Thomas Robert BUGEAUD, maréchal

barrot-odilon-01-max.jpg

Odilon BARROT

De nouvelles barricades furent érigées en Juin de la même année, mais cette fois de violents combats s'y livrèrent entre la garde nationale bourgeoise et les ouvriers des ateliers nationaux insurgés.

*

considerant-victor-04-max.jpg

Victor CONSIDERANT

ledru-rollin-alexandre-11-statue-max.jpg

Alexandre LEDRU-ROLLIN
Sa statue à Paris, détruite par Pétain pour le compte des nazis

raspail-bd-288-statue-de-raspail-detruite-38-max.jpg

François RASPAIL
Sa statue à Denfert-Rochereau, détruite par le même, pour les mêmes

*


    • Le 4 décembre 1851, la répression y fut particulièrement violente contre la résistance au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte. La division Carrelet, sous les ordres du général Saint-Arnaud, un "chacal" (selon Victor Hugo), tira au canon contre les opposants Républicains, faisant 280 morts.
    • Le 14 juillet 1941 les Jeunesses Communistes organisèrent un défilé qui se heurta d'abord aux flics français puis à la police allemande.
  • 38 : Théâtre du Gymnase. La pièce de Cocteau, "Les Parents terribles", y est jouée puis interdite en 1942.
cocteau-jean-10-par-romaine-brooks-1912-max.jpg

Jean COCTEAU
Son portrait par Romaine Brooks, au musée Ste Croix de Poitiers

  • 36 : Ancien restaurant Marguery, fréquenté par Émile Zola et par la classe politique du début de la Troisième République. Il était réputé pour sa spécialité de sole — la "sole Marguery" — et pour son décor, aussi exotique qu'éclectique, qui existe toujours ; entre autres une salle gothique remarquable aujourd'hui squattée par une maison de couture.
  • 18-20 : À l'emplacement de l'actuel bureau de Poste s'élevait le "Gymnase Musical" qui hébergea un temps le théâtre du Vaudeville après l'incendie de la salle du Carrousel survenu le 17 juillet 1838.
    • Ce "Gymnase musical" brûla à son tour en 1849, alors qu'il abritait le Diorama de Bouton et Daguerre. Ce dernier avait déménagé ici après un autre incendie, celui de la salle d'origine, place du Château d'Eau.
    • Il fut alors transformé en un bazar — le Bazar Bonne-Nouvelle — qui accueillait des manifestations artistiques et abritait la "Salle des Spectacles-concerts".
    • David, par exemple, y présenta en 1846 son tableau représentant Marat assassiné ; exposition que Baudelaire décrit dans "Le musée classique".
    • La salle Bonne-Nouvelle abrita en 1848 un certain nombre de clubs :
    • Dès le 3 mars, le "Club du Commerce" qui réunissait, sous la présidence de Dupuis, les commis-marchands du Sentier.
    • Elle fut au même moment le siège du "Comité central des élections" ; club bourgeois patronné par le journal Le National, présidé par Recurt, et auquel participait un certain Clément-Thomas qui prit une part active dans la répression de Juin et qui fut fusillé avec le général Lecomte le 18 mars 1871.
david-jacques-louis-01-max.jpg

Jacques-Louis DAVID. Autoportraits

Elle accueillit aussi des clubs révolutionnaires :

*

esquiros-alphonse-10-tombe-a-marseille-max.jpg

Alphonse ESQUIROS
Sa tombe à Marseille

de-flotte-paul-01-max.jpg

Paul de FLOTTE

lachambeaudie-pierre-01-buste-a-montignac-max.jpg

Pierre LACHAMBEAUDIE. Par Philippe Félix Dupuis
Son buste à Montignac, Dordogne

Le "Club Bonne-Nouvelle", présidé par Bernard, où de Flotte proposait d'"anéantir le dernier bourgeois" et de "brûler le grand-livre de la dette".

*

niboyet-eugenie-01-max.jpg

Eugénie NIBOYET

segalas-anais-09-max.jpg

Anaïs SÉGALAS

deroin-jeanne-02-max.jpg

Jeanne DEROIN

gay-sophie-01-max.jpg

Désirée GAY

roland-pauline-30-club-republicain-des-femmes-1848-max.jpg

Pauline ROLAND. Portrait apocryphe
Le Club républicain des Femmes en 1848

Marie-Noémi CADIOT, épouse CONSTANT, alias Claude VIGNON
<img11363|center>

baudelaire-charles-08-par-carjat-1863-max.jpg

Charles BAUDELAIRE, par Nadar
et par Carjat

Le peintre Jean-Baptiste Greuze demeura, et mourut en 1805, dans une maison de la rue des Fossés St Denis, ancien chemin de ronde extérieur des fortifications, à une adresse qu'il est impossible de situer aujourd'hui.

greuze-jean-baptiste-01-autoportrait-max.jpg

Jean-Baptiste GREUZE. Autoportraits

Et c'est sur ce boulevard enfin que se trouvait, au 4ème étage d'un immeuble dont nous ignorons l'adresse, la garçonnière que Marcel Duhamel, directeur de l'hôtel Grosvenor et copain de régiment de Jacques, prêtait au jeune couple Prévert en 1924.

duhamel-marcel-10-avec-carette-l-affaire-est-dans-le-sac-max.jpg

Marcel DUHAMEL
Avec Carette, dans "L'affaire est dans le sac"

prevert-jacques-09-rue-du-chateau-max.jpg

Jacques PRÉVERT
Devant la grille de la rue du Château, à Montparnasse

Nous arrivons ainsi à la Porte St Denis. Elle sera le point de départ de notre troisième balade sur les Grands boulevards, qui nous mènera jusqu'à la Bastille...

st-denis-bd-28-porte-st-denis-en-1789-41-max.jpg