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Balade · 9e–18e arr.

Entre Pigalle et Saint-Georges - 1ère partie : la Nouvelle Athènes

Des barricades de la Commune aux ateliers des impressionnistes, une plongée dans le quartier des peintres, des poètes et des révoltes.
📍 14 arrêts
🚶 ~3.5 km
⏱ ~3h
📖 9e–18e arr.
Entre Pigalle et Saint-Georges - 1ère partie : la Nouvelle Athènes

Cette balade part de la place Pigalle et sillonne le quartier de la Nouvelle Athènes, ce triangle du 9ème arrondissement où, tout au long du XIXe siècle, se sont concentrés ateliers de peintres, salons littéraires, cabarets et clubs politiques. Barrière d'octroi avant la Révolution, champ de barricades pendant la Commune, refuge des impressionnistes puis des surréalistes : chaque rue superpose les révoltes et les avant-gardes.

Nous suivrons d'abord les boulevards de Clichy et de la place Blanche, hérissés de cabarets, puis nous descendrons dans le lacis des rues intérieures — Fontaine, Chaptal, Blanche, Saint-Georges, la Bruyère — jusqu'à la place Saint-Georges et la rue des Martyrs, avant de remonter vers Pigalle. Certains murs ont gardé leur mémoire ; d'autres n'ont plus que leur adresse. Tous méritent qu'on s'y arrête.

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Arrêt 1
★ Incontournable ~15 min

Place Pigalle

Barrière d'octroi, barricade de femmes et marché aux modèles : tout commence sur cette place.
📍 Place Pigalle, 9e / 18e arr.

En nous approchant du bassin qui orne le centre de la place, nous nous trouvons à peu près à l'emplacement du pavillon dessiné par Claude-Nicolas Ledoux qui gardait la Barrière Montmartre — dite aussi Barrière des Martyrs ou Barrière Royale — du mur des Fermiers généraux, enceinte d'octroi construite à partir de 1785. Ce mur ne fut pas pour rien dans le déclenchement de la Révolution : deux jours avant la prise de la Bastille, le 12 juillet 1789, suite au renvoi de Necker, la colère des Parisiens s'abattit sur ces barrières qui renchérissaient le coût de la vie ; elles furent presque toutes incendiées, action finalement plus symbolique que la prise de la vieille prison quasi désaffectée du Faubourg Saint-Antoine.

Rappelons d'ailleurs que ce que nous fêtons le 14 juillet n'est pas l'anniversaire de la prise de la Bastille, mais celui de la Fédération, l'unification nationale célébrée le 14 juillet 1790.

Le matin du 18 mars 1871, le général Susbielle vient récupérer les canons entreposés par le peuple au champ des Polonais, en haut de la Butte. La population se masse ici pour s'y opposer. Le capitaine Saint-James ordonne aux gendarmes à cheval de charger, mais la troupe fraternise. Le général Clément Thomas, un des bouchers de 1848, venu « en péquin » surveiller les opérations, est reconnu et arrêté ; il retrouvera au Château Rouge le général Lecomte, qui avait donné l'ordre de tirer sur le peuple. Les deux généraux seront fusillés dans la journée. La Commune prend alors le contrôle de Paris et va instaurer le premier pouvoir ouvrier de l'Histoire.

La barricade des cinquante femmes (Semaine sanglante)

Pendant la Semaine sanglante, le 23 mai, une barricade dressée place Pigalle sera défendue par un bataillon de 50 femmes qui avaient déjà combattu aux Batignolles et place Blanche avant de se replier ici. Parmi elles, Nathalie Le Mel, militante de l'Association Internationale des Travailleurs, fondatrice avec Eugène Varlin des Marmites, ces restaurants coopératifs ouvriers du Second Empire ; et Elisabeth Dmitrieff, représentante de l'Internationale à Paris.

Boris Vildé et le réseau du Musée de l'Homme

Le 26 mars 1941, Boris Vildé, alias Maurice, fondateur du réseau du Musée de l'Homme, vient à un rendez-vous avec Albert Gaveau. Mais ce dernier est un agent des SS : Vildé est arrêté par la Gestapo et sera fusillé au Mont Valérien.

Le marché aux modèles et la foire aux musiciens

Autour de la fontaine se tenait tous les dimanches matin, depuis 1862, le « marché aux modèles » pour les peintres et sculpteurs du quartier. Rassemblant surtout des Italiens, il disparut après l'attentat de Caserio contre le président Sadi Carnot en 1894. Il y eut également ici la « foire aux musiciens », sorte d'intérim en plein air pour les cabarets du coin.

Le tour de la place : nos 1, 7, 9, 11

Au n° 1, l'Abbaye de Thélème, fondée en 1886 en référence à l'utopie de François Rabelais, fut un restaurant célèbre puis un cabaret de jazz, fréquenté par Raoul Ponchon, Émile Goudeau et Étienne Carjat.

Au n° 7, le café « le Rat Mort », installé dès 1835, était le rendez-vous du « tout Pigalle ». Courbet, Vallès, Manet, Degas, Gambetta, Rochefort y avaient leur table numérotée ; Forain, Willette et Steinlen le fréquentaient aussi. Rimbaud y aurait blessé Verlaine d'un couteau en 1872. Rodolphe Salis le reprit après avoir vendu le Chat Noir à Aristide Bruant.

Au n° 9, le café de la Nouvelle Athènes était vers 1860 le rendez-vous des peintres de l'école de Barbizon — Daubigny, Diaz, Théodore Rousseau — mais aussi de Daumier, Verlaine, Villiers de l'Isle-Adam, Alphonse Daudet et Duranty. Ouvert en 1870, il aurait donné son nom au quartier. Les Impressionnistes y migrèrent depuis le café Guerbois jusqu'en 1878 : Degas y peignit « l'Absinthe » en 1873, avec pour modèles l'actrice Ellen Andrée et le peintre Marcellin Desboutin, et Manet y réalisa « La Prune » en 1878.

Au n° 11 se cachent les anciens ateliers de peintres célèbres : Jean-Jacques Henner entre 1867 et 1905 ; Pierre Puvis de Chavannes, sur le même palier, qui prit Suzanne Valadon comme modèle pour son « Bois sacré » ; Thomas Couture, dont Manet fut l'élève six ans à partir de 1850 ; et Narcisse Diaz de la Peña, qui accueillit dans son atelier le Hollandais Johan Barthold Jongkind, précurseur de l'Impressionnisme.

Vers l’arrêt 2 →
Quittez la place par le boulevard de Clichy en direction de l'ouest (vers la place Blanche). Les numéros pairs 34 et 36 se trouvent sur votre droite.
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Arrêt 2
★ Incontournable ~15 min

Boulevard de Clichy — les cabarets

Le Néant, l'Enfer, le Ciel : la façade la plus délirante du Paris fin-de-siècle.
📍 Bd de Clichy (nos 34 à 68), 9e / 18e arr.

Nous longeons vers l'ouest le boulevard de Clichy, hérissé jadis de cabarets aux devantures rivalisant de laideur volontaire. « Le boulevard d'alors avait une gueule », disait-on ; aujourd'hui il n'a plus que ses enseignes.

34 — Cabaret du Néant

Le Cabaret du Néant, créé en 1892 par Antonin et illustré par le chanteur Dorville, rivalisait de laideur avec les cabarets du Ciel et de l'Enfer d'en face. Sur son emplacement, Eugène Pottier avait loué un atelier après son retour d'exil en 1880.

36 — La maison de Daumier, futur Théâtre de Dix Heures

Demeure du caricaturiste républicain Honoré Daumier de 1869 à 1873. Plus tard s'y installa le cabaret des Arts puis, de 1904 à 1914, le Logiz de la Lune Rousse, où se produisirent Gaston Sécot, Xavier Privas, Jean Varney et Numa Blès. Devenu en 1915 le cabaret de La Chaumière, c'est aujourd'hui le Théâtre de Dix Heures qui perpétue la tradition.

43 à 53 — Moulin de la Chanson, casino, Ciel et Enfer

Au n° 43 se trouvait le Moulin de la Chanson, mi-théâtre mi-cabaret, où Noël-Noël débuta en 1920. Au n° 47, le casino de Montmartre, fondé par Trombert en 1899, où Émile Bessière créa « Bonsoir Madame la Lune » et où le jeune Maurice Chevalier chanta à ses débuts. Au n° 53, côte à côte, les cabarets du Ciel et de l'Enfer, créés par Antonin en 1898, aux façades délirantes.

54-57 — Les Frites Révolutionnaires et la bouche de métro Guimard

Au n° 54, le restaurant « les Frites Révolutionnaires », ouvert en 1888 par Maxime Lisbonne — le génial mousquetaire de la Commune — assisté de Louis Bardet, avec Marcel Legay pour barde. On livrait à domicile : encore une invention du colonel, que Didier Daeninckx a fait revivre dans « le Banquet des Affamés ». Face au n° 57, ne manquez pas la bouche du métro Blanche, œuvre-symbole de l'Art nouveau dessinée par Hector Guimard en 1902.

58 à 68 — Villa des Platanes, Jean-Baptiste Clément, le Tambourin, l'hôtel Radio et le faux Chat Noir

Aux nos 58-60, la villa des Platanes, privée, cache un escalier à double volute et un bas-relief évoquant sans doute une insurrection de la Monarchie de Juillet ; Alphonsine Plessis, modèle de la Marguerite Gautier de « la Dame aux Camélias », y aurait résidé. Au n° 60, Jean-Baptiste Clément ouvrit en 1901 une librairie de propagande socialiste ; Diego Rivera y suivit le cours de dessin de Victor-Octave Guillonet en 1909.

Au n° 62, le restaurant « Le Tambourin », tenu par Augustina Segatori et fréquenté par Toulouse-Lautrec, Bernard et Anquetin, où Van Gogh exposa sans succès en 1887, devint ensuite le cabaret des Quat'z'Arts de François Trombert. Au n° 64, l'hôtel « le Radio », où Jacques et Simone Prévert séjournèrent en 1928 et où l'auteur de « Paroles » écrivit ses premiers poèmes. Au n° 68, une plaque mensongère indiqua longtemps le cabaret du Chat Noir ; c'est à une table du café actuel que Boris Vian aurait rédigé en 1954 les paroles de son « Déserteur », retouché ensuite par Marcel Mouloudji.

Vers l’arrêt 3 →
Faites un aller-retour par la rue Fromentin (à gauche du boulevard), puis revenez au boulevard vers la place Blanche.
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Arrêt 3
★ Incontournable ~12 min

Rue Fromentin et place Blanche

Le Grand-Guignol, l'académie Julian et le QG des Surréalistes.
📍 Rue Fromentin et place Blanche, 9e / 18e arr.

Un court crochet par la rue Fromentin nous mène du « Prince de l'épouvante » aux ateliers de peinture, avant de rejoindre la place Blanche, autre haut lieu du surréalisme — que nous n'évoquerons ici qu'en passant, une prochaine balade y étant consacrée.

Rue Fromentin — nos 12, 8, 7

Au n° 12, demeure d'André de Latour, dit André de Lorde, « Prince de l'épouvante », auteur dramatique du Grand-Guignol. Au n° 8, le cabaret le Monte-Cristo, créé en 1940 par Cyrille Makinsky avec Jacques Arthuys, à l'initiative du colonel Alfred Touny de l'Organisation civile et militaire, pour faire du renseignement. Au n° 7, une succursale de l'académie de peinture de Rodolphe Julian, réservée aux hommes ; un tableau de Marie Bashkirtseff reflète l'ambiance de cette école.

Place Blanche — le Cyrano, le café de la Place Blanche et le Liberty's

Au 82 bd de Clichy, le café « le Cyrano » devint en 1925 le QG des Surréalistes : Breton, Antonin Artaud, Raymond Queneau, Philippe Soupault, Max Ernst. Au n° 3, le café de la Place Blanche, autre repaire des Surréalistes dans les années 1940 — Breton n'avait que 70 mètres à faire — est aujourd'hui un Buffalo Grill. Au n° 5, le cabaret le Liberty's, plus connu sous le nom de Tonton, dirigé par Gaston Baheux, fréquenté par Bernard Buffet, Maurice de Vlaminck et Raoul Dufy.

Vers l’arrêt 4 →
Engagez-vous dans la rue Pierre Fontaine, qui descend vers le sud-est depuis la place Blanche.
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Arrêt 4
★ Incontournable ~15 min

Rue Pierre Fontaine et rue de Douai

L'atelier de Breton, celui de Degas, et la demeure de Bizet.
📍 Rue Pierre Fontaine et rue de Douai, 9e arr.

Dès la matinée du 18 mars 1871, une barricade fut érigée dans cette rue qui s'appelait alors simplement rue Fontaine ; sans doute l'une des premières dressées sous la Commune. C'est aussi une rue d'ateliers et de poètes, où le surréalisme prit ses quartiers.

45 et 42 — Villiers de l'Isle-Adam et l'atelier d'André Breton

Au n° 45, demeure d'Auguste Villiers de l'Isle-Adam, auteur des « Contes cruels », de 1888 à 1889. Au n° 42, André Breton eut d'abord, en janvier 1922, un atelier au 1er étage donnant sur le boulevard, avant d'habiter au 4ème, escalier B ; c'est là qu'il adhère au PCF. Clara Malraux vint en 1924 lui demander son soutien après la condamnation de son époux ; Jacques Prévert y rencontra Breton pour la première fois en 1925 ; Paul Éluard y eut aussi un atelier de 1924 à 1931. Au cinéma Hollywood eut lieu, le 2 décembre 1932, la première du film « L'affaire est dans le sac » de Pierre Prévert.

37 et 27 — Académie Julian et José Maria Luis Mora

Au n° 37, une annexe de l'académie de peinture de Rodolphe Julian selon Hillairet. Au n° 27, demeure du poète mexicain José Maria Luis Mora, inspirateur de la réforme libérale du Mexique, mort ici le 14 juillet 1850 ; au rez-de-chaussée, la maison Tasset et Lothe, fabricants de couleurs chez qui se fournissaient Degas et Van Gogh.

Rue de Douai, n° 22 — Georges Bizet

Demeure de Georges Bizet de 1869 à sa mort en 1875. Geneviève Strauss, dreyfusarde active, y tenait un salon fréquenté par Léon Blum et Bizet ; elle fut, semble-t-il, l'inspiratrice de « Carmen ». Demeure aussi d'Edmond Lepelletier, ami et correspondant de Paul Verlaine.

Bas de la rue Fontaine — nos 19 bis à 1

Au n° 19 bis, l'atelier d'Edgar Degas existe toujours ; Edmond de Goncourt y vint en 1878 pour documenter « Les Frères Zemganno ». Dans le même immeuble, Lily et René Grenier sous-louèrent une chambre à Toulouse-Lautrec de 1884 à 1887. Au n° 19, il fut ensuite hébergé par le docteur Bourges. Au n° 16 bis, Jules Lévy, grand maître de l'Ordre des Incohérents, créa en 1884 le concert « les Incohérents ». Au n° 1, demeure de Paul Gavarni de 1837 à 1846, qui y recevait Franz Liszt et Honoré de Balzac ; à l'angle avec la rue Jean-Baptiste Pigalle, le café Jean Goujon fut en 1861 le QG de Courbet et de ses amis.

Vers l’arrêt 5 →
Prenez la rue Chaptal, qui file vers l'est, avec ses hôtels particuliers et son musée.
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Arrêt 5
★ Incontournable ~12 min

Rue Chaptal

Le musée de la Vie romantique, la SACEM et le berceau du Hot Club de France.
📍 Rue Chaptal, 9e arr.

Rue des salons et de la musique, la rue Chaptal aligne l'hôtel d'Ary Scheffer devenu musée, le siège historique de la SACEM et le repaire des impressionnistes de la première heure.

9 et 10 — Goupil et la SACEM

Au n° 9, le siège de la galerie d'Adolphe Goupil, où Vincent Van Gogh travailla comme vendeur du 15 mai 1875 à 1876 avant d'être renvoyé pour dépression. Au n° 10, l'immeuble de la SACEM, fondée en 1850 ; on lit encore à son fronton l'inscription ACE.

14 — Maurice Barrès et le Hot Club de France

Demeure de Maurice Barrès, chantre du nationalisme français, en 1886. L'immeuble abrita le 3ème siège du Hot Club de France, dont le quintette à cordes avait été créé par Louis Vola avec Django Reinhardt et Stéphane Grappelli : un haut-lieu de l'introduction du jazz en France.

16 et 17 — Musée de la Vie romantique et salon de Nina de Callias

Au n° 16, le musée de la Vie romantique fut de 1830 à 1856 l'hôtel du peintre Ary Scheffer, qui y tenait un salon fréquenté par Ingres, Delacroix, Liszt, Dickens, Chopin, Lamartine et George Sand ; Ernest Renan, gendre de Scheffer, y vécut de 1856 à 1871. Au n° 17, le premier salon de Nina de Callias, modèle de « la Dame aux éventails » de Manet, l'un des plus fameux salons de la capitale de 1868 à 1870 ; Paul Verlaine y fut amené en 1867 par Charles de Sivry. Au n° 32, la pension Landry.

Vers l’arrêt 6 →
Rejoignez la rue Blanche par la rue Paul Escudier (à gauche), puis les rues Henner et La Bruyère.
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Arrêt 6
Optionnel ~12 min

Rues Paul Escudier, Henner et La Bruyère

Le groupe des Six, Apollinaire et le jeune Cocteau.
📍 Rues Paul Escudier, Henner et La Bruyère, 9e arr.

Ce chapelet de petites rues, entre Blanche et Notre-Dame-de-Lorette, réunit musiciens, poètes et résistances républicaines : c'est le cœur artiste de la Nouvelle Athènes.

Rue Paul Escudier — nos 4 et 5

Au n° 4, demeure de Laissac, centre — avec Michel de Bourges, Victor Hugo et Théodore Bac — de la résistance au coup d'État du 2 décembre 1851. Au n° 5, demeure du compositeur Darius Milhaud, où se tinrent, autour de Jean Cocteau, les premières réunions du « groupe des Six » en octobre 1918.

Rue Henner — nos 12 et 9

Au n° 12, siège de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques de 1907 à 1928. Au n° 9, demeure du poète Guillaume Apollinaire d'avril 1907 à 1909 ; il avait alors une liaison avec Marie Laurencin et recevait Max Jacob et Pablo Picasso.

Rue La Bruyère — nos 45, 47 et 61

Au n° 45, demeure du compositeur Hector Berlioz avec la cantatrice Maria Recio, épousée après la mort de sa première femme en 1854 ; ce fut aussi la maison d'enfance de Jean Cocteau entre 1891 et 1907. Au n° 47, demeure d'Émile Blémont, poète ami de Verlaine. Au n° 61, atelier en 1904-1905 d'Henri Manguin, qui y peignit avec Henri Matisse et Albert Marquet le même modèle.

Rue Moncey, n° 2 — Guy de Maupassant

Demeure de Guy de Maupassant à son arrivée à Paris, de 1869 à 1876.

Vers l’arrêt 7 →
Descendez la rue Blanche vers le bas, jusqu'à la place d'Estienne d'Orves et l'église de la Trinité.
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Arrêt 7
★ Incontournable ~15 min

Rue Blanche et place d'Estienne d'Orves

Clubs de 1848, folie de Boursault et la barricade de la Trinité.
📍 Rue Blanche et place d'Estienne d'Orves, 9e arr.

La descente de la rue Blanche traverse deux siècles d'histoire politique et théâtrale, jusqu'à la place d'Estienne d'Orves, où l'église de la Trinité fut le théâtre de violents combats pendant la Semaine sanglante.

Rue Blanche — nos 44 à 25

Au n° 44, l'emplacement de la folie de Jean-François Boursault, fondateur du Théâtre Molière en 1791. Au n° 40, demeure de l'actrice Marie Dorval de 1836 à 1838, pour laquelle Alfred de Vigny écrivit « Chatterton ». Au n° 25, siège de la Commission pour la défense des principes républicains, club de mars 1848 présidé par Joseph-Marie Sobrier avec Félix Pyat et Théophile Thoré.

Rue Blanche — nos 15 à 1

Au n° 15, Charles Lamoureux donnait des concerts dans la salle du « Nouveau Théâtre » et y dirigea la première française de Tristan et Isolde de Richard Wagner en 1899. Au n° 12 bis, siège du club de la Commune de Paris dans un gymnase militaire en avril 1848, présidé par D'Alton-Shée. Au n° 1, l'emplacement de la « Clôture Blanche », poste d'octroi instauré sous Louis XV en 1765, remplacé vingt ans plus tard par le mur des Fermiers généraux.

Place d'Estienne d'Orves — la Trinité et le club de la Délivrance

De violents combats eurent lieu ici le 23 mai 1871 pendant la Semaine sanglante : une barricade y avait été érigée la veille, et les Versaillais canonnèrent les Fédérés réfugiés sous le porche de l'église de la Trinité. Celle-ci, transformée en ambulance depuis le siège de 1870, avait été pendant la Commune le siège d'un club essentiellement féminin, le club de la Délivrance, animé par Lodoïska Kawecka et Nathalie Le Mel. À l'emplacement de la Trinité se trouvait autrefois le cabaret de la grande Pinte, repris de 1760 à 1809 par le fameux Jean Ramponeaux, où se tint le 27 juillet 1830 une réunion des députés libéraux autour de Garnier-Pagès et Armand Barbès, préparant les Trois Glorieuses.

Vers l’arrêt 8 →
Prenez à gauche la rue Saint-Lazare, puis un aller-retour par la rue Taitbout jusqu'au square d'Orléans.
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Arrêt 8
★ Incontournable ~15 min

Rue Saint-Lazare et square d'Orléans

Le « Phalanstère des arts » de Chopin, Sand et Dumas.
📍 Rue Saint-Lazare et rue Taitbout, 9e arr.

La rue Saint-Lazare, artère des peintres du premier XIXe siècle, mène au square d'Orléans, surnommé le « Phalanstère des arts » pour la densité de génies qui s'y sont côtoyés.

Rue Saint-Lazare — nos 58 à 24

Au n° 58, demeure du peintre Paul Delaroche en 1830. Au n° 56, demeure de Carle et Horace Vernet ; Carle y mourut le 27 novembre 1836. Au n° 44, l'actrice Marie Dorval de 1833 à 1836. Aux nos 34-40, Alexandre Dumas père de 1831 à 1833, au square d'Orléans, où il reconnut Alexandre fils. Aux nos 27-29, un hôtel Renaissance dessiné en 1774 par Brongniart. Au n° 24, Henri Tolain, auteur en 1864 du « Manifeste des Soixante » et fondateur de l'Association Internationale des Travailleurs, exclu en 1871 pour avoir désavoué la Commune.

Rue Taitbout, n° 80 — le square d'Orléans

Le square d'Orléans fut surnommé le « Phalanstère des arts ». Dumas père y demeura à partir de 1831 et y organisa une fête mémorable le 30 mars 1833. Le violoniste Niccolò Paganini y fut hébergé au n° 10 en 1833. Frédéric Chopin y vécut avec George Sand, lui au rez-de-chaussée du n° 9 de 1842 à 1849, elle au 1er étage du n° 5 de 1842 à 1847, alors en relation avec Pierre Leroux et Heinrich Heine. La cantatrice Pauline Viardot y habita aussi quelque temps.

Suite de la rue Saint-Lazare — nos 10 et 2

Au n° 10, la parfumerie Detaille au décor Art nouveau remarquable de 1905. Au n° 2, demeure d'Horace Vernet, qui recevait son ami Théodore Géricault. Au n° 4 de la rue Saint-Georges toute proche, demeure de Talma, à l'origine de la scission de la Comédie-Française en 1790 autour du « Charles IX » de Chénier.

Vers l’arrêt 9 →
Descendez vers la rue Notre-Dame-de-Lorette puis la place Saint-Georges.
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Arrêt 9
★ Incontournable ~15 min

Rue Notre-Dame-de-Lorette et place Saint-Georges

La brasserie des Martyrs, Delescluze et l'hôtel de Thiers.
📍 Rue Notre-Dame-de-Lorette et place Saint-Georges, 9e arr.

Cette rue et cette place, cœur commerçant du quartier, mêlent la bohème artistique du Second Empire, les figures de la Commune et l'hôtel de son ennemi juré, Adolphe Thiers.

Rue Notre-Dame-de-Lorette — nos 8 et 10

Au n° 8, la Brasserie des Martyrs, fréquentée vers 1860 par les pré-impressionnistes et les « refusés » du Salon : Courbet, Manet, Monet, Pissarro, Nadar, Théodore de Banville. Au n° 10, l'atelier du photographe Étienne Carjat en 1869 et la demeure en 1870 de Charles Delescluze, journaliste et vieux militant républicain, membre du Comité de Salut public, qui se fera tuer sur la barricade du Château d'Eau le 25 mai 1871. En 1933, l'immeuble abrita le Comité Thaëlmann de défense des inculpés du Reichstag, animé par Charles Kœchlin et Paul Arma.

Place Saint-Georges, n° 27 — l'hôtel d'Adolphe Thiers

Au n° 27, l'hôtel d'Élise Dosne, demeure d'Adolphe Thiers que Sophie Dosne lui apporta en dot de mariage en 1833. Ce modèle du « Rastignac » de Balzac fut arrêté sur ordre de Morny le 2 décembre 1851. Le 11 mai 1871, la maison du « boucher de la Commune » sera rasée en représailles de son refus de toute négociation. Au n° 28, l'hôtel de Thérèse Lachmann, dite La Païva, où la plus célèbre courtisane du Second Empire tint un salon fastueux à partir de 1851 ; Paul Gauguin y demeura en 1877.

Rue Saint-Georges — nos 50 à 8

Au n° 50, l'atelier d'Adolphe Sax, inventeur du saxophone, qui employa plus de 200 ouvriers ; la salle Sax fut en 1848 le siège du club des Amis de la Fraternité, et Amedeo Modigliani y provoqua un incendie le 31 décembre 1908. Au n° 35, le général argentin José de San Martín, libérateur de l'Argentine, du Chili et du Pérou, de 1835 à 1848 ; Auguste Renoir y eut un atelier en 1873-1874. Au n° 21, Émile Zola de 1874 à 1877, qui y commença « l'Assommoir ». Au n° 11, Émile de Girardin et Delphine Gay, avec le journal « La Presse », premier quotidien populaire à publier des romans-feuilletons. Au n° 9, Thérésa Cabarrus, égérie des thermidoriens. Au n° 8, maison natale d'Edgar de Gas, né ici le 19 juillet 1834.

Vers l’arrêt 10 →
Remontez vers l'ouest par les rues d'Aumale, de La Rochefoucauld et de la Tour des Dames, cœur historique de la Nouvelle Athènes.
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Arrêt 10
★ Incontournable ~15 min

Rues d'Aumale, de La Rochefoucauld et de la Tour des Dames

Wagner, le musée Gustave Moreau et les acteurs « à l'antique » qui donnèrent son nom au quartier.
📍 Rues d'Aumale, de La Rochefoucauld et de la Tour des Dames, 9e arr.

Cet ensemble de rues Restauration constitue le noyau architectural de la Nouvelle Athènes. C'est peut-être la présence des acteurs promoteurs de la mode « à l'antique » installés rue de la Tour des Dames qui valut au quartier son nom d'inspiration grecque.

Rue d'Aumale — nos 3, 12 et 15

Au n° 3, demeure de Richard Wagner lors de son séjour parisien de 1861 pour la création de Tannhäuser, marquée par le scandale des messieurs du Jockey Club. Au n° 12, l'historien François-Auguste Mignet, fondateur avec Thiers et Armand Carrel du journal « le National », mort ici en 1884. Au n° 15, le peintre Guillaume Dubufe, auteur du plafond de la Comédie-Française.

Rue de La Rochefoucauld — nos 17, 14 et 12

Au n° 17, Jacques Fromental Halévy, compositeur de « La Juive », puis les peintres Jean-François Millet et Alexandre Cabanel, puis Charles Gounod. Au n° 14, la demeure et l'atelier de Gustave Moreau de 1852 à 1898, transformés en musée depuis 1903 ; il fut le maître de Georges Rouault. Au n° 12, le sculpteur Jean-Baptiste Pigalle à partir de 1782, mort ici en 1785. Au n° 5, le poète Jean Richepin, auteur de « La chanson des gueux ».

Rue de la Tour des Dames — nos 1 à 11

La rue doit son nom à un moulin des abbesses de Montmartre (1320-1822). Au n° 1, l'hôtel du navigateur Louis Antoine de Bougainville, acheté en 1824 par l'actrice Mlle Mars. Au n° 3, l'actrice Mlle Duchesnois, qui y tenait de 1822 à 1834 un salon fréquenté par Victor Hugo. Au n° 5, Horace Vernet puis Paul Delaroche. Au n° 9, le tragédien Talma à partir de 1824, dont l'hôtel fut décoré par Delacroix ; ce promoteur de la mode « à l'antique » mourut ici en 1826. Au n° 11, le neurologue Jean-Martin Charcot, dont Freud suivit les cours.

Vers l’arrêt 11 →
Regagnez la rue Jean-Baptiste Pigalle et remontez-la vers le nord, en direction de Pigalle, avec un crochet par la Cité Pigalle.
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Arrêt 11
★ Incontournable ~12 min

Rue Jean-Baptiste Pigalle et Cité Pigalle

Baudelaire, Chopin et Sand, et la dernière adresse parisienne de Van Gogh.
📍 Rue Jean-Baptiste Pigalle et Cité Pigalle, 9e arr.

La longue rue Jean-Baptiste Pigalle aligne loges maçonniques, ateliers partagés et demeures de poètes, jusqu'à la discrète Cité Pigalle où Van Gogh passa ses derniers mois parisiens chez son frère Théo.

Rue Jean-Baptiste Pigalle — nos 1 à 28

Au n° 1, l'emplacement de la demeure de Jean-Baptiste Pigalle de 1756 à 1782. Au n° 3, les peintres Thomas Couture et William Morris Hunt. Au n° 8, l'ancien atelier du père Tanguy, devenu la boutique du marchand de couleurs Mullard, chez qui se fournissait Renoir. Aux nos 10-12, Eugène Scribe, mort ici en 1861, à l'emplacement du Théâtre Pigalle qu'occupa André Antoine. Au n° 20, George Sand et Frédéric Chopin entre 1841 et 1842, dans deux pavillons décrits par Balzac. Au n° 22, Edgar Degas en 1882. Au n° 28, l'atelier commun de Pierre Bonnard, Édouard Vuillard et Maurice Denis en 1890.

Rue Jean-Baptiste Pigalle — nos 34 à 49

Au n° 34, la loge maçonnique des Amis Réunis en 1787, puis la demeure du compositeur Benjamin Godard. Au n° 37, Benjamin Constant, chef de l'opposition libérale sous la Restauration. Au n° 46, Charles Baudelaire avec Jeanne Duval en 1855. Au n° 49, Germain Nouveau à partir de mars 1879.

Cité Pigalle — nos 5 et 8

Au n° 5, deux pavillons servirent d'atelier au peintre Jules Richomme. Au n° 8, à partir du 17 mai 1890, à son retour de Saint-Rémy-de-Provence, Vincent Van Gogh habita chez son frère Théo, sa femme Johanna et leur fils.

Vers l’arrêt 12 →
Rejoignez la rue des Martyrs et la rue Clauzel, en flânant dans les rues Henry Monnier, Navarin et la Bruyère.
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Arrêt 12
Optionnel ~18 min

Autour de la rue des Martyrs — Tanguy, Engels et la bohème

La boutique du père Tanguy, l'adresse d'Engels et le berceau de Paul Gauguin.
📍 Rues La Bruyère, Henry Monnier, Clauzel, Navarin et des Martyrs, 9e arr.

Ce dense réseau de rues autour des Martyrs concentre les marchands de couleurs qui firent vivre les impressionnistes, les salons littéraires, les foyers militants du PCF de l'entre-deux-guerres et quelques adresses fondatrices — dont la boutique où Van Gogh peignit le père Tanguy.

Rue La Bruyère et rue Henry Monnier

Rue La Bruyère : au n° 28, Antonin Artaud après sa rupture avec le Surréalisme, de 1926 à 1928 ; au n° 15, le dessinateur André Warnod et le romancier Roland Dorgelès, auteur des « Croix de bois » ; au n° 8, la poétesse Marceline Desbordes-Valmore de 1838 à 1840 ; au n° 5, le Théâtre La Bruyère. Rue Henry Monnier : au n° 2, la poétesse Louise Colet, qui poignarda Alphonse Karr en 1840 ; au n° 4, le bordel de la rue Bréda fréquenté par Émile Zola au titre de la documentation.

Rue Clauzel — Engels, Maupassant et le père Tanguy

Au n° 29 (ex-29 rue Neuve Bréda), l'adresse postale de Friedrich Engels en 1846, alors étroitement surveillé par la police. Au n° 19, Guy de Maupassant de 1878 à 1880. Au n° 14, la boutique du marchand de couleurs Édouard, où Julien Tanguy travaillait comme broyeur. Au n° 13, une cour typique de la Nouvelle Athènes, nom donné au quartier en 1823 par le « Journal des débats ». Au n° 9, la boutique de couleurs du père Tanguy, où Van Gogh rencontra Cézanne et Signac et peignit ses célèbres portraits du marchand ; c'est là qu'Ambroise Vollard rafla pour presque rien un lot de toiles de Cézanne.

Rue de Navarin — Hugo, Aragon et la Maison de la Culture

Au n° 8, l'hôtel où descendit Juliette Drouet au retour de Guernesey avec Victor Hugo en septembre 1870. Au n° 12, la Maison de la Culture liée au PCF, dirigée par Louis Aragon en 1934, prolongement de l'AÉAR, siège de « Ciné Liberté » et du groupe Octobre de Jacques Prévert. Au n° 22, la famille Aznavourian, parents de Charles Aznavour, qui cachèrent Mélinée Manouchian après l'arrestation de Missak en 1943. Au n° 25, le journal anarchiste « La Feuille » de Zo d'Axa.

Rue Notre-Dame-de-Lorette (bas) — Gauguin et Delacroix

Le nom du quartier a donné celui des « Lorettes », prostituées de semi-luxe de l'époque de l'urbanisation. Au n° 39, Émile Gaboriau, père du roman policier, mort ici en 1873. Au n° 44, l'atelier de Charles-François Daubigny. Au n° 48, Henri Murger, auteur des « Scènes de la vie de bohème ». Au n° 56, la maison natale de Paul Gauguin, né ici le 7 juin 1848. Au n° 58, la demeure et l'atelier d'Eugène Delacroix de 1844 à 1857.

Vers l’arrêt 13 →
Remontez vers la rue Victor Massé et l'avenue Frochot, dernier écrin secret avant le retour vers Pigalle.
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Arrêt 13
★ Incontournable ~15 min

Rue Victor Massé et avenue Frochot

Ravel, Django Reinhardt et le dernier atelier de Toulouse-Lautrec.
📍 Rue Victor Massé et avenue Frochot, 9e arr.

L'ancienne rue de Laval et l'avenue Frochot — ce coin de verdure privé — referment la boucle sur une profusion de musiciens, de peintres et de cabarets, dont le Chat Noir de Rodolphe Salis.

Avenue Frochot (n° 26) — Sabatier, Degas, les Renoir et Toulouse-Lautrec

Interdite au public, cette belle allée abrita au n° 1 le compositeur Victor Massé ; au n° 4, la belle Apollonie Sabatier, « la Présidente », qui fit chavirer Baudelaire et servit de modèle pour la « Femme mordue par un serpent » de Clésinger ; ce fut aussi l'atelier d'Edgar Degas en 1876-1877. Au n° 5, Paul Meurice, qui hébergea Victor Hugo à son retour d'exil. Au n° 6, Django Reinhardt en 1944. Au n° 7, Alexandre Dumas père, puis Charles Lamoureux, puis Auguste Renoir et son fils Jean le cinéaste. Au n° 15, le dernier atelier d'Henri de Toulouse-Lautrec en 1897.

Rue Victor Massé — nos 25 à 9, du Bal Tabarin au Chat Noir

Au n° 36, le Bal Tabarin, music-hall à la mode ouvert en 1904, détruit en 1966. Au n° 37, la demeure et l'atelier d'Edgar Degas de 1887 à 1917. Au n° 29, le compositeur Maurice Ravel, auteur du « Boléro ». Au n° 25, Vincent Van Gogh avec son frère Théo en mars 1886, avec au rez-de-chaussée la galerie de Berthe Weill où exposèrent Derain, Vlaminck et Matisse en 1901 ; Diego Rivera y présenta sa première exposition individuelle en 1914. Au n° 21, Théodore Géricault, ramené mourant ici le 26 janvier 1824. Au n° 12, l'hôtel et l'atelier du peintre belge Alfred Stevens, où Rodolphe Salis déménagea le cabaret du Chat Noir, vendu ensuite à Aristide Bruant.

Cité et rue Malesherbes, rue Alfred Stevens

Rue des Martyrs, au n° 59, l'emplacement de l'hôtel du président Lamoignon de Malesherbes, qui entreposa chez lui les œuvres interdites de Diderot, dont l'Encyclopédie. Cité Malesherbes, au n° 11, un immeuble remarquable de 1856 décoré de lave émaillée. Au n° 65 de la rue des Martyrs, la galerie du Père Soulier fréquentée en 1901 par Picasso et ses amis espagnols. Rue Alfred Stevens, au n° 8, des réfugiés juifs clandestins furent cachés pendant l'Occupation par Monsieur Servin, standardiste au commissariat qui interceptait les communications pour les prévenir.

Vers l’arrêt 14 →
Ressortez par le portique sur le boulevard de Clichy et longez-le à gauche pour boucler la boucle jusqu'à la place Pigalle.
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Arrêt 14
★ Incontournable ~12 min

Retour au boulevard de Clichy et place Pigalle

Renoir, Picasso, Degas et la bouche de métro Guimard : le dernier tronçon jusqu'au point de départ.
📍 Bd de Clichy et place Pigalle, 9e / 18e arr.

L'angle que forment ici les boulevards de Clichy et de Rochechouart fut imposé par la lutte des Montmartrois contre la construction du mur des Fermiers généraux sur leur territoire en 1787. Nous longeons ce dernier tronçon, riche d'ateliers d'artistes et de salles politiques, avant de retrouver la place Pigalle où tout a commencé.

Bd de Clichy — n° 11, Renoir et Picasso

Demeure d'Auguste Renoir en 1887, à l'époque où il peignait « La balançoire » ; demeure aussi de Théophile Delcassé, promoteur de l'entente cordiale, puis atelier de Pablo Picasso entre 1909 et 1912, au sortir du Bateau-lavoir, quand il fréquentait Guillaume Apollinaire et Max Jacob.

Bd de Clichy — nos 2 à 16, salles politiques et derniers ateliers

Aux nos 2-4, l'emplacement de la salle des Martyrs, où se tinrent 21 réunions politiques à la fin du Second Empire et en 1871 ; Maxime Lisbonne y installa en 1883 sa « Taverne du Bagne ». Au n° 6, l'emplacement de la salle de l'Ermitage et l'immeuble où Edgar Degas mourut à 83 ans en 1917. Au n° 8, Boris Vian à ses débuts en 1951. Au n° 10, le compositeur Darius Milhaud du « Groupe des Six » de 1923 à 1974. Au n° 16, « Le Rat qui n'est pas Mort », rendez-vous nocturne de Francis Carco et Léon-Paul Fargue. N'omettons pas d'admirer la bouche du métro Pigalle, elle aussi due à Hector Guimard et datée de 1902. Retour place Pigalle : fin du parcours.

⚠︎ Notice en cours de relecture (contenu issu des archives, enrichi puis vérifié) — découpe, légendes et crédits d’images susceptibles d’évoluer.