Le Faubourg Saint-Antoine : creuset des révolutions
Du métro Faidherbe-Chaligny à la Bastille, l'ancien faubourg du meuble où commence et finit la Révolution française — et toutes celles qui suivirent.
📍 17 arrêts
🚶 ~4.5 km
⏱ ~3h30
📖 11e–12e arr.
Nous partons de la placette située devant l'entrée de l'hôpital Saint-Antoine, près du métro Faidherbe-Chaligny, sur une ancienne voie romaine qui traversait la Gaule d'Ouest en Est.
L'abbaye Saint-Antoine des Champs, créée par Philippe II Auguste en 1198, obtient de Louis IX puis de Louis XI des privilèges qui exemptent son territoire des règles de jurandes. Ces droits, maintenus au long des siècles, donnent au Faubourg Saint-Antoine un formidable essor artisanal, puis industriel, en particulier dans les métiers du meuble — et lui feront jouer, quelques siècles plus tard, un rôle déterminant dans l'histoire révolutionnaire de Paris.
C'est dans ce Faubourg que commence et que finit la Révolution française. C'est ici que se recrutent les « Vainqueurs de la Bastille », que se préparent les journées du 20 juin et du 10 août 1792, et que le quartier se hérisse de barricades à chaque insurrection : 29 barricades en juin 1848 pour la seule rue du Faubourg, 65 pour l'ensemble du quartier. C'est le Faubourg de toutes les révolutions, politiques mais aussi technologiques : premier vol de l'humanité avec la Montgolfière, métier à tisser automatique de Vaucanson, stérilisation des aliments avec Appert, industrie textile avec Richard et Lenoir.
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Arrêt 1
★ Incontournable~12 min
Rue du Faubourg Saint-Antoine — l'abbaye et le faubourg
Là où naît le faubourg du meuble, sur une ancienne voie romaine.
📍 Rue du Faubourg Saint-Antoine (départ métro Faidherbe-Chaligny), 11e/12e arr.
Nous partons de la placette située devant l'entrée de l'hôpital Saint-Antoine, près du métro Faidherbe-Chaligny. Nous sommes sur une ancienne voie romaine qui traversait la Gaule d'Ouest en Est. On descend un peu vers la Bastille avant de remonter vers la place de la Nation.
L'abbaye Saint-Antoine des Champs est créée par Philippe II Auguste en 1198 pour accueillir des « femmes dévoyées ». Elle est rattachée à l'ordre de Cîteaux. En 1227, Louis IX, dit St Louis, accorde aux abbesses le titre de Dames du Faubourg. En 1471, Louis XI leur accorde des privilèges qui exemptent le territoire de leur abbaye des règles de jurandes ; ces droits, maintenus au long des siècles, donneront au Faubourg un formidable essor artisanal puis industriel, en particulier dans les métiers du meuble.
C'est ce qui fera jouer à ce quartier un rôle déterminant dans l'histoire révolutionnaire de Paris. C'est ici que se recrutent les « Vainqueurs de la Bastille », que se préparent les journées du 20 juin et du 10 août 1792, et que se hérisse chaque insurrection : 29 barricades pour la seule rue du Faubourg en juin 1848, 65 pour l'ensemble du quartier.
184 : l'abbaye Saint-Antoine des Champs
Charles Quint y reçoit les clefs de la ville des mains du prévôt des marchands en 1540. Tractations avortées pour l'entrée d'Henri de Navarre dans Paris en 1593. Création de la Foire aux pains d'épices dans l'enclos de l'abbaye en 1719.
185 et 208 : sièges syndicaux et coopératives
Au 185, siège des syndicats des ébénistes et de la sculpture en 1868, puis boutique — « répartition » — de la coopérative ouvrière la Famille du 11ème en 1910. Au 208, coopérative des maçons et tailleurs de pierre où se tiennent des réunions politiques publiques à la fin du Second Empire.
Vers l’arrêt 2 →
Poursuivre jusqu'à la rue de Cîteaux, qui s'ouvre sur la gauche.
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Arrêt 2
Optionnel~5 min
Rue de Cîteaux
Un cinéma de quartier où résonnaient les Jeunesses communistes.
📍 Rue de Cîteaux, 12e arr.
Au 39, le cinéma de la rue de Cîteaux accueille les réunions des Jeunesses Communistes, organisées par André Colomer, pour l'évacuation de la Ruhr et du Maroc en 1924.
La Petite halle est construite en 1643, décentralisant la Grande Boucherie de Paris. La fontaine de Montreuil, ou de la Petite halle, érigée sous la Régence, recevait l'eau de la pompe à feu de Chaillot.
Depuis la place, s'engager dans la rue de Reuilly pour un aller-retour.
4
Arrêt 4
★ Incontournable~15 min
Rue de Reuilly
La brasserie de Santerre, un manoir mérovingien et la caserne aux mille histoires.
📍 Rue de Reuilly (aller-retour), 12e arr.
La rue de Reuilly condense plusieurs siècles d'histoire révolutionnaire, du meneur de la prise de la Bastille aux combattants de la Libération.
11 : la brasserie de Santerre
Demeure et brasserie d'Antoine-Joseph Santerre, riche brasseur du Faubourg, un des meneurs de la prise de la Bastille, qui devient commandant de la Garde nationale et organise les journées du 20 juin et du 10 août 1792 ; il participera ensuite à la répression sanglante de l'insurrection vendéenne. Au matin du 20 juin 1792, c'est là que se tient la réunion qui prépare l'assaut des Tuileries, avec, autour de Santerre, Louis Legendre, Lareynie, Poinsot…
Antoine-Joseph Santerre — plaque à l'emplacement de sa brasserie
14 et 18 : Maison Soubrier et cour aux vignes
Au 14, la Maison Soubrier, entrepôt d'antiquités datant du 19ème siècle. Au 18, un passage pittoresque du Faubourg couvert de vignes, avec au fond un pavillon portant une horloge.
Emplacement du manoir de Reuilly, villégiature des rois mérovingiens où logea Dagobert 1er en 628. Une cour des miracles s'y installa dans les ruines, de 1450 à 1634. Colbert y fit construire en 1634, pour concurrencer Venise, la Manufacture royale des glaces, dirigée par Rivière Dufrémy, transférée en 1846 à St Gobain. Elle est remplacée par la caserne Reuilly, prise d'assaut par les insurgés le 24 février puis le 23 juin 1848.
Dagobert 1er Le manoir de Dagobert, puis château de Reuilly — Manufacture royale des glaces, puis caserne Reuilly
20 : la caserne au XXe siècle
Après les obsèques de Félix Faure, le 23 février 1899, Paul Déroulède, président de la très réactionnaire Ligue des patriotes, et Marcel Habert tentent d'entraîner les soldats du général Roget sur l'Élysée : c'est la tentative de coup d'État du 23 février 1899. Le 19 mai 1913, des conscrits chantent « L'Internationale » dans la cour. Enfin, la caserne fut le lieu de regroupement des combattants espagnols FTP et PCE, autour de Rogelio Puerto et Boris Holban, lors de la Libération de Paris, le 25 août 1944.
Paul Déroulède Soldats espagnols de la 2ème DB qui participèrent à la Libération de Paris, sur le half-track « Guadalajara » — l'ensemble du groupe à la caserne Reuilly
Vers l’arrêt 5 →
Revenir place Béclère pour prendre la rue de Montreuil.
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Arrêt 5
★ Incontournable~12 min
Rue de Montreuil — la Folie Titon
Le premier vol de l'humanité, et l'émeute Réveillon qui annonce 1789.
📍 Rue de Montreuil, 11e arr.
Au 27, un passage typique du 11ème arrondissement. Au 31, l'emplacement de la Folie Titon : le futur Philippe Égalité y est intronisé grand maître de la franc-maçonnerie le 22 octobre 1773.
En 1763 s'y installe la manufacture de papiers peints de Jean-Baptiste Réveillon, qui comptera jusqu'à 350 ouvriers. C'est dans cette fabrique que sera confectionnée la première Montgolfière et que ses essais seront réalisés par Pilâtre de Rozier et Giroud de Villette le 15 octobre 1783 — le premier vol, captif, de l'histoire de l'humanité.
Jean-François Pilâtre de Rozier — Essais captifs de la Montgolfière dans le parc de la Folie Titon
31 : l'émeute Réveillon (28 avril 1789)
Une émeute éclate en avril 1789 suite à une déclaration de Réveillon, à l'occasion de l'élection des représentants aux États généraux, prétendant que les ouvriers pourraient se contenter de 15 sous par jour s'ils n'allaient pas boire leur paye à l'estaminet. Sa manufacture est incendiée, ainsi que celle de Dominique Henriot, fabricant de salpêtre du même quartier. La répression fait environ 100 morts et 300 blessés le 28 avril 1789.
Saccage de la manufacture Réveillon — Répression de l'émeute
37 bis : la cour de l'Industrie
Cour remarquable sauvée in extremis des griffes des promoteurs. Cité artisanale, anciennes écuries dites de d'Artagnan.
Bibliothèques ouvrières, immeubles industriels et temple luthérien du meuble.
📍 Rue Titon, 11e arr.
Au 2, l'emplacement d'un hôtel où vécut Fernandez de Moratin, rénovateur du théâtre espagnol, auteur de « La Mogigata », sous la Restauration. Au 12, la Bibliothèque Forney, ouverte pour les ouvriers du Faubourg le 28 février 1886. Au 26, la bibliothèque d'éducation libertaire du Faubourg Saint-Antoine, créée en décembre 1899.
11-15 : immeubles industriels
Immeubles industriels typiques de la fin du 19ème siècle, ornés de têtes de lions en bronze.
Rue de Charonne — de Hô Chi Minh au métro Charonne
Un meublé où débarque le futur Hô Chi Minh, un couvent-filature, une station tragique.
📍 Rue de Charonne, 11e arr.
C'est dans un meublé de la rue de Charonne que débarque à Paris, en juillet 1919, un certain Nguyễn Sinh Cung, qui prendra les pseudonymes de Nguyen Tat Than puis Nguyen Ai Quôc (le patriote) avant de libérer le Viet Nam sous le nom d'Hô Chi Minh.
Hô Chi Minh au congrès de Tours
106 : le métro Charonne (8 février 1962)
Station de métro Charonne où la répression d'une manifestation anti-OAS, le 8 février 1962, par une police aux ordres d'un certain Maurice Papon, fit 9 tués — tous militants CGT, dont 8 du PCF — et 100 blessés.
Morts du « Métro Charonne » le 8 février 1962
104-100 : usine à gaz et couvent de Traisnel
Au 104, la Société de gaz portatif Hugon, dernière usine à gaz de Paris en 1872. Au 100, le couvent de la Madeleine de Traisnel de 1654, transformé en filature et atelier de tissage par Richard et Lenoir en 1801, siège du « Club Révolutionnaire » pendant la Commune de 1871, et aujourd'hui siège de la Grande Loge féminine de France.
Ancien couvent Notre-Dame de Bon Secours, première filature de coton à Paris créée par François Richard et Joseph Lenoir-Dufresne en 1801, après avoir importé d'Angleterre la Mule-Jenny, machine à filer le coton.
94-98 : le couvent des Filles de la Croix
Emplacement du couvent des Filles de la Croix, où Edmond Rostand situe la mort de son Cyrano de Bergerac.
Emprunter la rue Charrière, contourner le square Nordling — on laisse à gauche la rue Delescluze, autre rue au nom d'un membre de la Commune — puis prendre à droite la rue Saint-Bernard.
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Arrêt 9
★ Incontournable~12 min
Rue Saint-Bernard — Sainte-Marguerite et la Commune
L'église-temple de la Liberté, le cimetière de Louis XVII, le QG de la Garde nationale.
📍 Rue Saint-Bernard, 11e arr.
Au 36, l'église et le cimetière Sainte-Marguerite. L'assemblée primaire du Tiers-état s'y réunit le 21 avril 1789 ; le lieu est siège de la Section de Montreuil de 1790 à 1795 et de la Société des Défenseurs des droits de l'homme en 1794. L'église, tenue par un des premiers vicaires mariés pendant la Révolution, est prêtée aux théophilanthropes, puis transformée en temple de la Liberté et de l'Égalité par décret du 6 Brumaire an VII (27 octobre 1798). Elle abrite le Club des Prolétaires pendant la Commune, filiale du Club Ambroise, publiant 4 numéros du journal « Le Prolétaire » à partir du 10 mai 1871.
Il ne reste qu'une petite partie du cimetière Sainte-Marguerite, où furent inhumées 73 victimes de la guillotine installée pour une courte période place de la Bastille en juin 1794. On y trouve la tombe controversée de Louis-Charles Capet, dit Louis XVII, l'enfant mort du Temple, décédé le 8 juin 1795 : il y aurait été inhumé le 20 juin, mais les ossements présentés comme siens ne sont pas les siens.
École, dite de la rue Basfroi, réquisitionnée pour installer le siège du Comité Central de la Garde Nationale le 17 mars 1871. Un parc à canons est constitué à proximité et un important système de défense est disposé tout autour du quartier. Avant de prendre la rue de Charonne, on peut faire un aller-retour dans la rue Basfroi pour voir la belle cour industrielle du n°8.
Vers l’arrêt 10 →
Revenir vers la rue de Charonne et la prendre à gauche.
10
Arrêt 10
★ Incontournable~12 min
Rue de Charonne — barricades, Vaucanson et cours artisanales
La barricade de Basfroi, l'hôtel où Vaucanson bâtit ses automates.
📍 Rue de Charonne, 11e arr.
Cette portion de la rue de Charonne mêle les traces de la Commune aux vestiges du siècle des Lumières et aux cours artisanales du Faubourg.
80 : la barricade de Basfroi
Barricade du système de défense du siège du Comité central de la Garde nationale, dit de la rue Basfroi.
Barricade dans la rue de Charonne, à hauteur de la rue Basfroi
51-53 : l'hôtel de Mortagne et Vaucanson
Hôtel de Mortagne, folie dans le cadre de laquelle Diderot situe son roman « La Religieuse » de 1754. Demeure à partir de 1746 du fabricant d'automates Jacques de Vaucanson, inventeur du 1er métier à tisser automatique. Il y meurt en 1782, léguant 500 machines qui constituent un des embryons du Conservatoire des Arts et Métiers.
Jacques de Vaucanson — L'Hôtel de Mortagne
37 : la cour Delépine
Cour artisanale typique du Faubourg Saint-Antoine.
Prendre à gauche le passage Saint-Antoine, qui débouche au fond sur le passage Lhomme.
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Arrêt 11
Optionnel~6 min
Passage Lhomme
Un vieux passage du meuble, sa miroiterie et sa verrière signée Eiffel.
📍 Passage Lhomme (sortie 26 rue de Charonne), 11e arr.
Vieux passage artisanal toujours consacré au meuble ; on sort par le 26 rue de Charonne. On y trouve la Miroiterie Remlinger, dont la verrière fut conçue par les ateliers Eiffel en 1886.
Reprendre la rue de Charonne à gauche, vers le Faubourg.
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Arrêt 12
★ Incontournable~6 min
Rue de Charonne — la cour Saint-Joseph
« L'abbaye de cinq pierres » et les cours ouvrières du Faubourg.
📍 Rue de Charonne (nos 17 à 5), 11e arr.
Au 17, la demeure de Jean-Baptiste François, emballeur, directeur de la Roquette pendant la Commune, fusillé à Satory. Il conservait dans son magasin les dalles sur lesquelles on montait la guillotine pour les exécutions devant la prison. La « veuve » avait été brûlée symboliquement par les Communards devant la statue de Voltaire et les dalles arrachées le 6 avril 1871 ; réinstallées après la Commune, on peut encore les voir, incrustées dans le bitume à l'entrée de la rue de la Croix Faubin. Elles ont donné à la guillotine un de ses surnoms : l'abbaye de cinq pierres.
5 : la cour Saint-Joseph
La Cour St Joseph est une succession de cours ouvrières typiques du Faubourg Saint-Antoine. On en sort par le 59 rue du Faubourg.
Reprendre la rue du Faubourg Saint-Antoine à gauche.
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Arrêt 13
★ Incontournable~18 min
Rue du Faubourg Saint-Antoine — les grandes cours d'ébénisterie
La fontaine Trogneux, la barricade de Fränkel et le chapelet de cours du meuble.
📍 Rue du Faubourg Saint-Antoine (nos 61 à 127), 11e arr.
Au 61, la fontaine Trogneux, ou de Charonne, créée en 1719 et alimentée par la pompe de Chaillot — une des trois premières fontaines du faubourg jusqu'alors sans eau, restaurée en 1806. Sur sa base, une plaque indique le niveau de la crue de 1910.
Barricade à l'angle de la rue de Charonne. Léo Fränkel, internationaliste hongrois, membre de la Commune et délégué au travail, blessé, y est sauvé par Elisabeth Dmitrieff, militante internationaliste elle aussi, le 25 mai 1871.
Au 81, la Cour des Trois Frères, du début de la Troisième République. Au 83, la boutique du fripier Jean Lemarié, boîte aux lettres clandestine entre Latréaumont (sous le pseudonyme de Melle Dargent) et Affinius van den Enden, instigateurs du complot dit du chevalier de Rohan contre Louis XIV en 1674. Au 89, la Cour de la Maison Brûlée, de 1745. Au 95, la Cour de l'Ours, propriété de l'abbaye d'Ourscamp en 1361, avec son enseigne « À l'Ours ».
Au 115, le passage de la Bonne Graine, demeure d'Agricol Perdiguier, dit Avignonnais la Vertu, à partir de 1836, qui parvient à réconcilier les différents devoirs jusque-là férocement concurrents. Au 121, la boutique de l'horloger-bijoutier Marchal, chez qui sont retenus trois députés pris en otages que Perdiguier sauve de la fusillade le 25 juin 1848. Au 127, l'ébénisterie à l'enseigne du St Esprit où travaillent Jean-Pierre Latz et Martin Carlin, atelier de plusieurs générations d'ébénistes réputés à partir de 1719.
Agricol Perdiguier
Vers l’arrêt 14 →
Bifurquer par la rue Charles Baudelaire, puis la rue de Charenton à gauche, la rue de Cotte à gauche, vers la place d'Aligre.
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Arrêt 14
★ Incontournable~12 min
De la rue Charles Baudelaire à la place d'Aligre
Un lavoir chanté par Hugo, un marché et son parc à canons de la Commune.
📍 Rue Charles Baudelaire, rue de Charenton, rue de Cotte et place d'Aligre, 12e arr.
Rue Charles Baudelaire, au 24-26 bis, un immeuble remarquable ayant remporté le concours de façades de la ville en 1910, décoré par le sculpteur Georges Ardouin. Rue de Charenton, au 66, la Salle du Bal, lieu de réunions politiques publiques à la fin du Second Empire.
Sur la place d'Aligre, le marché et la fontaine Beauvau, installés en 1779 par l'abbesse de Craon Beauvau pour la vente de vêtements à bas prix. Reconstruit en 1843 par Marc-Gabriel Jolivet, il devient le marché Lenoir, puis le marché d'Aligre. Un parc à canons dit du Marché Lenoir y est créé en mars 1871 pour entreposer les pièces récupérées par les Fédérés à la gare de Lyon, alors qu'elles allaient être livrées aux Prussiens par le gouvernement. Violents combats pendant la Semaine sanglante, le 26 mai 1871.
Rue de Cotte, 3 : le Grand lavoir du marché Lenoir
Barricade de la rue Lenoir, à l'angle de la rue du Faubourg Saint-Antoine, tenue par de jeunes ouvriers, dont beaucoup d'Allemands, lors de l'émeute contre la spéculation et l'augmentation du pain du 30 septembre 1846.
Vers l’arrêt 15 →
Rejoindre la rue du Faubourg Saint-Antoine et la prendre à gauche.
15
Arrêt 15
★ Incontournable~15 min
Rue du Faubourg Saint-Antoine — le café des Peuples et Baudin
La salle Roysin, la mort du député Baudin et le Faubourg des révoltes de 1848-1851.
📍 Rue du Faubourg Saint-Antoine (nos 157 à 74), 11e/12e arr.
Au 157, l'ancien café des Peuples, encore appelé salle Roysin, où se réunit pendant la révolution de 1848 le Club Roysin, cité par Victor Hugo dans « Histoire d'un crime » et fréquenté par les socialistes. Le 3 décembre 1851, une vingtaine de députés, parmi lesquels Jean-Baptiste Baudin et Victor Schœlcher, y tentent sans succès de soulever le Faubourg contre le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte. Le Théâtre du peuple et de la Coopération des idées, dirigé par Georges Duherme, s'y installe en 1899. Après la Première Guerre mondiale, la salle abrite le siège du Club du Faubourg : deux manifestations Dada y sont organisées les 7 et 19 février 1920, et Hô Chi Minh la fréquente assidûment à partir de 1919.
151 : la barricade où meurt Baudin (3 décembre 1851)
Barricade sur laquelle Jean-Baptiste Baudin, député de l'Ain, essayant d'entraîner les ouvriers du Faubourg dans la résistance contre le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, se fait tuer « pour 25 F » le 3 décembre 1851. On peut ensuite revenir sur le trottoir de gauche.
La mort du député Baudin lors du coup d'État de Louis-Napoléon
100-118 : l'hospice des Enfants Trouvés et l'attentat de 1841
Au 106-118, l'emplacement de l'hospice des Enfants Trouvés, construit en 1674, puis ancien hôpital Trousseau. Au 100, l'attentat contre le duc d'Aumale, fils de Louis-Philippe, de retour d'une expédition en Algérie, par Quénisset, le 13 septembre 1841 — occasion pour la Monarchie de Juillet de persécuter les opposants, dont Michel Dupoty, rédacteur en chef du journal Le Peuple, accusé de « complicité morale ».
96-74 : la Trôle et la cour des Bourguignons
Au 96, l'emplacement où se tenait la Trôle, marché en plein air où les artisans du Faubourg pouvaient vendre librement leur production jusqu'en 1914. Au 74, la Cour des Bourguignons, établissements Krieger-Darmon de 1868, cour industrielle avec cheminée et verrière.
S'engager dans le passage du Chantier, puis reprendre la rue de Charenton à droite.
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Arrêt 16
★ Incontournable~10 min
Passage du Chantier et rue de Charenton — les Quinze-Vingts
Une fabrique clandestine de cartouches, l'hôpital où Appert inventa la conserve.
📍 Passage du Chantier et rue de Charenton, 12e arr.
Passage du Chantier, au 10, une fonderie de serrurerie transformée en fabrique clandestine de munitions — balles, poudre et cartouches — pendant la révolution de 1848.
Hôpital des Quinze-Vingts. Nicolas Appert, ruiné, y installe son laboratoire afin d'améliorer son système de conservation des aliments par stérilisation en 1815 — un des grands progrès de l'humanité passé bien inaperçu.
Nicolas Appert — L'hôpital des Quinze-Vingts
Rue de Charenton, 28 : Mousquetaires Noirs et Quinze-Vingts
Traverser le passage de la Boule Blanche, datant environ de 1700, puis remonter la rue du Faubourg Saint-Antoine sur quelques mètres.
17
Arrêt 17
★ Incontournable~18 min
Cour du Bel-Air et la remontée vers la Bastille
L'escalier des Mousquetaires Noirs, la machine infernale de Fieschi, la barricade finale.
📍 Rue du Faubourg Saint-Antoine (nos 56 à 1) jusqu'à la place de la Bastille, 11e/12e arr.
Au 56, la Cour du Bel-Air, avec son escalier dit des Mousquetaires Noirs. En reprenant la rue du Faubourg vers la Bastille : au 46-48, le Barrio Latino, ancien magasin d'exposition de meubles Gouffé jeune de 1907 ; au 47, la Cour du Nom de Jésus, ébénisterie de Nicolas Petit, un des ébénistes les plus représentatifs du style Louis XVI ; au 29, le Café Créa, un des cafés philosophiques de Paris ; au 19-21, la Cité Parchappe, communiquant avec le passage du Cheval Blanc.
Et nous voici place de la Bastille, symbole de la Révolution de 1789 — et des suivantes. Mais ceci est une autre histoire, et fera l'objet d'une autre balade dans le Paris révolutionnaire.
Demeure de Papini, dit Pépin, marchand de couleurs au 1. C'est dans son arrière-boutique que fut mise au point la machine infernale de Fieschi qui servit à l'attentat du Bd du Temple contre Louis-Philippe, le 25 juillet 1835.
Giuseppe Fieschi et sa machine infernale
2 : la barricade à l'entrée du Faubourg
Barricade dressée par les insurgés de 1832 après les obsèques du général Lamarque, un des principaux points de résistance de l'insurrection du 6 juin 1832. Sur cette barricade mourut monseigneur Affre, archevêque de Paris, en tentant de faire cesser les combats le 25 juin 1848 — la balle ne venait pas du côté des insurgés. La chute de cette barricade, le 25 juin 1848 à 10 h 10, marque la fin de cette insurrection ouvrière, la première à Paris après celle des Canuts de Lyon en 1831 et avant la Commune de 1871. Une importante barricade du dispositif de défense de la Bastille y est de nouveau dressée le 26 mai 1871.
Barricade en Juin 1848 — La mort de Mgr Affre Barricade en Juin 1848 Barricade sous la Commune, à l'entrée du Faubourg
⚠︎ Notice en cours de relecture (contenu issu des archives, enrichi puis vérifié) —
découpe, légendes et crédits d’images susceptibles d’évoluer.