Convention nationale


Convention Nationale, Procès de Louis XIV à l'Assemblée de la Convention, Salle du Manège du palais des Tuileries, 11 décembre 1792, Domaine public, Carnavalet

La Convention Nationale incarne l'une des pages les plus complexes et déterminantes de la Révolution française. Assemblée constituante élue pour la première fois au suffrage universel masculin en septembre 1792, elle gouverne la France du 21 septembre 1792 au 26 octobre 1795, période durant laquelle s'opère la transformation radicale du régime politique français.

Cette assemblée compte 749 députés, composés principalement de bourgeois issus des professions libérales et du commerce. Dès sa première réunion, la Convention procède à des actes décisifs. Le 21 septembre 1792, elle abolit la royauté à l'unanimité et proclame la Première République. En datant les actes publics de « l'an I de la République française », la Convention fonde un régime entièrement nouveau, rupture majeure avec plusieurs siècles de monarchie.

Cependant, cette assemblée ne tarde pas à se diviser profondément entre deux factions antagonistes : les Girondins, d'abord dominants et partisans d'une politique de guerre conquérante, et les Montagnards, plus radicaux et soutenus par la Commune de Paris. Ce conflit culmine lors des journées insurrectionnelles des 31 mai et 2 juin 1793, permettant aux Montagnards de s'emparer du pouvoir et de marginaliser leurs adversaires.

Les Montagnards transforment la Convention en instrument du gouvernement révolutionnaire. Ils s'appuient notamment sur le Comité de salut public, créé en 1793 et dominé par Maximilien de Robespierre, qui centralise effectivement le pouvoir exécutif. Cet organe coordonne la défense de la République face aux menaces intérieures et extérieures : guerres contre la coalition monarchique européenne, révolte vendéenne, insurrections fédéralistes.

Parmi les actes majeurs de la Convention figurent le procès et l'exécution du roi Louis XVI en janvier 1793. Cette décision symbolise l'irréversibilité de la rupture révolutionnaire. La Convention met ensuite en place une politique terroriste et centralisée, avec la loi des suspects, la mobilisation générale des ressources (levée en masse du 23 août 1793) et le vote du maximum général de 1793. Elle vote aussi l'abolition de l'esclavage le 4 février 1794, acte progressiste majeur motivé par les événements de la Révolution haïtienne.

Cette période culmine lors de la Terreur, phase la plus violente de la Révolution, avant que le coup d'État du 9 Thermidor (27 juillet 1794) ne renverse Robespierre. La Convention Thermidorienne qui lui succède entame le démantèlement du gouvernement révolutionnaire, restaure une équilibre moins radical et prépare le retour à un régime plus modéré, le Directoire.

La Convention Nationale demeure ainsi le symbole d'une assemblée prise entre idéalisme révolutionnaire et nécessité de gouverner en temps de crise, générant les acquis et les excès inséparables de cette période charnière de l'histoire française.

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