Borne de l'avenue du Général Leclerc
Les bornes de Paris : témoins de plusieurs siècles d'histoire
Paris a connu différents types de bornes qui ont marqué son territoire au fil des époques, chacune répondant à des fonctions distinctes : mesurer les distances, délimiter les frontières ou encadrer l'expansion urbaine.
Les bornes miliaires constituent les plus anciennes, héritières des traditions romaines. Sous l'Ancien Régime, une ordonnance royale impose leur installation le long des routes royales toutes les mille toises (environ deux kilomètres), mesurées depuis le parvis de Notre-Dame, point zéro des routes de France. Ces blocs de pierre en granit étaient ornés d'une fleur de lys, emblème royal souvent martelé pendant la Révolution. La dernière borne miliaire visible à Paris se trouve rue de Vaugirard, à l'angle de la rue Littré, portant une entaille verticale indiquant le chiffre 1.
Les bornes kilométriques apparaissent avec l'adoption du système métrique après la Révolution et l'Empire. Elles remplacent progressivement les bornes royales et jalonnent les routes tous les kilomètres. À Paris, quelques exemplaires subsistent : l'un avenue du Président-Kennedy indiquant "6 k de Notre-Dame" sur l'ancienne RN10, datant d'entre 1824 et 1860, et deux autres avenue du Général-Leclerc au numéros 15 et 73.
Les bornes limitatives servaient quant à elles à délimiter les frontières de Paris. Au XVIIIe siècle, Louis XV fit apposer 294 plaques interdisant toute construction au-delà de ces limites pour contrôler l'expansion anarchique de la capitale. Seules deux subsistent aujourd'hui, rue de Charenton et rue Laborde. Plus tard, l'enceinte de Thiers (1841-1845) matérialisera une nouvelle frontière avec ses 94 bastions sur 33 kilomètres, avant d'être remplacée par le boulevard périphérique au XXe siècle.