L'Almanach du Commerce de Paris, le Bottin
Mort de Sébastien Bottin, statisticien, éditeur, de 1819 à 1853, de l’Almanach du commerce de Paris et des principales villes du monde.
Sébastien Bottin meurt le 28 mars 1853 au 16 rue Coquillière, à quatre-vingt-six ans. Son nom, lui, ne mourra pas — il est encore dans la langue française, deux siècles plus tard, pour désigner un annuaire téléphonique.
Bottin n'a pas inventé le Bottin. Il a repris en 1819 un almanach du commerce qui existait depuis 1798, l'a développé, enrichi, rendu indispensable aux négociants, notaires, médecins et commerçants de Paris puis de France entière. L'Almanach du commerce de Paris et des principales villes du monde listait adresses, professions, noms — le répertoire complet de la vie économique parisienne. Un outil de travail quotidien que chaque bureau d'affaires se devait de posséder.
Statisticien de formation, préfet sous l'Empire et la Restauration, Bottin avait l'esprit classificateur et l'obsession de l'exactitude. Il passa les trente dernières années de sa vie à mettre à jour, corriger, compléter son almanach — tâche sisyphéenne dans une ville en transformation permanente.
L'almanach continua après sa mort, sous d'autres mains, sous le nom de Bottin — raccourci commode qui supplanta progressivement le titre officiel. Quand le téléphone arriva et que les annuaires se multiplièrent, son nom s'y attacha naturellement. Le Bottin mondain, répertoire de la haute société française, parut à partir de 1903 et existe encore aujourd'hui.
Bottin est enterré au Père-Lachaise. Son nom, lui, est dans le dictionnaire.