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📖 Un Aristocrate rouge. Paul de Flotte... SÉGALEN Jean
Bibliographie

Un Aristocrate rouge. Paul de Flotte...

SÉGALEN Jean
Skol Vreizh, 2007.
60 Fiches citant cet ouvrage
2007 Édition

Fiches citant cet ouvrage

60 fiches
Événement
1848
mars 1848 — Club de la rue de Beaune/Siège du journal "La Démocratie pacifique"
p 69 & 138
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Événement
1847
1847
p 71
L'aristocrate, futur député de gauche, fouriériste et catholique, Paul de Flotte, loue un laboratoire collectif de chimie et d'alchimie pour se lancer dans la recherche du secret de la pierre philosophale. Éclectisme, qu …

L'aristocrate, futur député de gauche, fouriériste et catholique, Paul de Flotte, loue un laboratoire collectif de chimie et d'alchimie pour se lancer dans la recherche du secret de la pierre philosophale. Éclectisme, quand tu nous tiens !

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Événement
1847
1847 — Librairie Pagnerre/Siège du journal "Paris Révolutionnaire"
p 72
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Événement
1848
juin 1848 — Demeure de Paul de Flotte
p 83
Après l'insurrection de Juin 1848, Paul de Flotte s'installe rue des Beaux-Arts
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Événement
1848
1848
p 83
Paul de Flotte est hébergé par son ami Alfred Guesdon à son arrivée à Paris en permission illégale de la Marine
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Événement
1848
janvier 1848
p 85
Une des zones stratégiques définies par le "plan Gérard", suite à la tentative de Blanqui en 1839, comme centres opérationnels en vue de maîtriser rapidement les quartiers insurrectionnels et contrôler la circulation sur …

Une des zones stratégiques définies par le "plan Gérard", suite à la tentative de Blanqui en 1839, comme centres opérationnels en vue de maîtriser rapidement les quartiers insurrectionnels et contrôler la circulation sur les ponts

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Événement
1848
janvier 1848
p 85
Une des zones stratégiques définies par le "plan Gérard", suite à la tentative de Blanqui en 1839, comme centres opérationnels en vue de maîtriser rapidement les quartiers insurrectionnels et contrôler la circulation sur …

Une des zones stratégiques définies par le "plan Gérard", suite à la tentative de Blanqui en 1839, comme centres opérationnels en vue de maîtriser rapidement les quartiers insurrectionnels et contrôler la circulation sur les ponts

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Événement
1848
janvier 1848
p 85
Une des zones stratégiques définies par le "plan Gérard", suite à la tentative de Blanqui en 1839, comme centres opérationnels en vue de maîtriser rapidement les quartiers insurrectionnels et contrôler la circulation sur …

Une des zones stratégiques définies par le "plan Gérard", suite à la tentative de Blanqui en 1839, comme centres opérationnels en vue de maîtriser rapidement les quartiers insurrectionnels et contrôler la circulation sur les ponts

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Événement
1848
janvier 1848
p 85
Une des zones stratégiques définies par le "plan Gérard", suite à la tentative de Blanqui en 1839, comme centres opérationnels en vue de maîtriser rapidement les quartiers insurrectionnels et contrôler la circulation sur …

Une des zones stratégiques définies par le "plan Gérard", suite à la tentative de Blanqui en 1839, comme centres opérationnels en vue de maîtriser rapidement les quartiers insurrectionnels et contrôler la circulation sur les ponts

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Événement
1848
mars 1848 — Demeure de Karl Marx
p 86
En mars 1848, à l’invitation de [[Ferdinand Flocon|doc:ferdinand-flocon.WebHome]], [[Karl Marx|doc:karl-marx.WebHome]] revient à Paris et installe le siège de la Ligue des Communistes allemands à son domicile, situé au 1 …

En mars 1848, à l’invitation de Ferdinand Flocon, Karl Marx revient à Paris et installe le siège de la Ligue des Communistes allemands à son domicile, situé au 10 rue Commines. La Ligue des Communistes, fondée en 1847 à Londres, est la première organisation politique marxiste, regroupant des exilés allemands et des militants socialistes, dont Friedrich Engels, Ferdinand Freiligrath et Flocon. Marx et Engels y jouent un rôle central, rédigeant notamment le Manifeste du Parti communiste à la demande de la Ligue. L’installation du siège à Paris intervient dans le contexte des révolutions européennes de 1848, alors que la Ligue cherche à coordonner l’action révolutionnaire des ouvriers allemands et à diffuser ses idées. Ce lieu devient un centre d’activité politique et de rédaction, avant que la répression ne contraigne Marx et ses proches à quitter la France quelques mois plus tard.

Sources

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Événement
1845
25 janvier 1845 — Siège de la revue "Vorwärts"
p 86
Le Vorwärts est suspendu suite à un article saluant un attentat contre Frédéric-Guillaume IV
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Événement
1843
12 octobre 1843 — Demeure de Georg Herwegh
p 86
Il arrive à Paris philosophe hégélien de vingt-cinq ans ; il en repartira quinze mois plus tard communiste, après avoir rencontré des ouvriers français et un jeune Allemand nommé Engels. Karl Marx a vingt-cinq ans. Docte …

Il arrive à Paris philosophe hégélien de vingt-cinq ans ; il en repartira quinze mois plus tard communiste, après avoir rencontré des ouvriers français et un jeune Allemand nommé Engels.

Karl Marx a vingt-cinq ans. Docteur en philosophie, il vient de diriger la Gazette rhénane, journal libéral de Cologne, jusqu'à son interdiction par la censure prussienne en mars 1843. Il a épousé en juin Jenny von Westphalen, aristocrate de quatre ans son aînée, fille d'un baron de Trèves, qui a rompu avec son milieu pour l'épouser. En Prusse, aucun travail politique n'est plus possible.

Ils arrivent à Paris en octobre 1843, avec Arnold Ruge, philosophe hégélien de gauche. Le projet est une revue, les Annales franco-allemandes, qui doit faire dialoguer la philosophie allemande et le socialisme français. Georg Herwegh, poète révolutionnaire allemand exilé et bien introduit dans le Paris littéraire, les héberge quelque temps à son domicile du 13 boulevard des Capucines. Le 11 novembre, les Marx s'installeront au 38 rue Vaneau.

Paris est alors la capitale mondiale de la pensée sociale. Marx y lit Saint-Simon, Fourier, Proudhon, Cabet. Il fréquente Heinrich Heine, qui devient son ami. Il rencontre Bakounine. Surtout, il assiste aux réunions clandestines des ouvriers allemands de la Ligue des Justes, tailleurs et ébénistes émigrés, et à celles des sociétés secrètes ouvrières françaises.

C'est cette rencontre qui le transforme. Dans une lettre restée célèbre, il décrit ces assemblées d'ouvriers où "la fraternité des hommes n'est pas une phrase, mais une vérité, et la noblesse de l'humanité rayonne de ces figures durcies par le travail." Il cesse d'être un philosophe critiquant l'État pour devenir le théoricien d'une classe.

C'est à Paris, en 1844, qu'il rédige les Manuscrits économiques et philosophiques, où apparaît la notion d'aliénation du travail. C'est à Paris, au Café de la Régence en août 1844, qu'il rencontre Friedrich Engels et commence une collaboration de quarante ans.

Les Annales n'auront qu'un numéro. Marx sera expulsé de France en janvier 1845 sur demande du gouvernement prussien, et gagnera Bruxelles.

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Événement
1848
mars 1848 — Salle Montesquieu (salle de concerts)/Club des Amis du Peuple
p 88
Club révolutionnaire fondé par François-Vincent Raspail ; initiateur de la journée du 15 mai 1848
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Événement
1848
26 février 1848 — Bal du Prado/Société Républicaine centrale/Club Blanqui
p 88
Première réunion de fait de ce qui constituera le club révolutionnaire créé par Blanqui pendant la Révolution de 1848. Il le dirigera avec Théodore Dezamy. L'enfermé protestera toujours contre l'apellation "Club Blanqui"
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Événement
1848
Événement
1848
14 mars 1848 — Demeure de Benjamin Flotte/Demeure d'Auguste Blanqui/Comité des Trente
p 89
Constitution d'un comité pour le report des élections législative. Elles ne seront repoussées qu'au 23 avril
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Événement
1848
mars 1848 — Comité central Républicain
p 90
Club républicain modéré fondé pendant la Révolution de 1848 pour organiser la campagne électorale des législatives, les premières au suffrage universel
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Événement
1848
15 mai 1848 — Demeure d'Aloysius Huber (chez son ami Léonard Moulin)
p 97-98
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Événement
1848
15 mai 1848 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 97-98
Manifestation en faveur de la Pologne insurgée ; les dirigeants républicains sont arrêtés. L'Assemblée doit proclâmer à nouveau la République sous la pression des émeutiers
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Événement
1848
15 mai 1848
p 97-98
Rassemblement, à l'appel d'Huber et de Sobrier, d'une manifestation en soutien à la Pologne. Elle aboutira à l'investissement de l'Assemblée et au basculement réactionnaire de la situation politique
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Événement
1848
17 juin 1848 — Salle Bonne-Nouvelle/Salle des Spectacles-concerts/Club du Peuple
p 99-100
Club révolutionnaire constitué de communistes Icariens et de blanquistes ; actif en Juin 1848. Esquiros devra s'exiler en Angleterre après les journées de Juin
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Événement
1848
21 juin 1848 — Bal du Tivoli Waux-Hall
p 99
Le Gouvernement provisoire ayant décidé de supprimer les Ateliers nationaux, Paul de Flotte prend la parole lors d'une réunion du club du Tivoli Waux-Hall pour appeler à l'insurrection
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Événement
1848
25 juin 1848 — Bal de la Belle Moissonneuse (corps de garde des Insurgés de Juin 1848)
p 100
Il croyait désarmer l’insurrection par la parole. Le 25 juin 1848, le général Bréa franchit la barricade de la barrière d’Italie pour parlementer. Il n’en revient pas, et sa mort enflamme la répression. Le dimanche 25 ju …

Il croyait désarmer l’insurrection par la parole. Le 25 juin 1848, le général Bréa franchit la barricade de la barrière d’Italie pour parlementer. Il n’en revient pas, et sa mort enflamme la répression.

Le dimanche 25 juin 1848 est le troisième jour de l’insurrection ouvrière. Le général Bréa, cinquante-huit ans, vétéran de Leipzig, des Quatre-Bras et de Waterloo, a remplacé à la tête de sa division le général Damesme, mortellement blessé au Panthéon. Au matin, l’Assemblée a voté trois millions de secours pour les familles nécessiteuses, et le chef du pouvoir exécutif, le général Cavaignac, a lancé aux insurgés un dernier appel : « Venez à nous ; venez comme des frères repentants et soumis à la loi. » Bréa veut y croire.

À dix heures, il quitte la place du Panthéon avec deux mille hommes — gardes mobiles, soldats de ligne, sapeurs du génie, deux canons — et un représentant du peuple, M. de Ludre. Par le boulevard extérieur, le long du mur d’octroi, il s’arrête devant chaque groupe d’ouvriers et leur parle avec douceur. Aux barrières d’Enfer, Saint-Jacques et de la Santé, on l’écoute. C’est, remarque-t-il, le jour de sa fête : un bon présage.

À la barrière de Fontainebleau, ou barrière d’Italie, à l’emplacement de l’actuelle place d’Italie, quatre barricades lui font face ; la plus forte masque la barrière, derrière laquelle les insurgés, nombreux, tiennent les routes de Choisy et d’Italie. Bréa fait mettre ses canons en batterie, s’avance, lit la proclamation. Quelques applaudissements ; on l’invite à passer pour s’entendre avec les chefs. Un chef de bataillon de la garde nationale, Gobert, parti en reconnaissance, revient inquiet : ces hommes sont trop exaltés. Bréa passe outre. M. de Ludre refuse de le suivre ; Gobert, le major Desmarets, le capitaine d’état-major Armand de Mangin et un lieutenant l’accompagnent. La porte se referme sur eux.

Une foule armée les entoure. « C’est Cavaignac ! nous le tenons ! », crient les uns ; « C’est un vieux brave ! », répondent d’autres, qui l’emmènent chez le maire de Gentilly, dont la commune commence au-delà du mur. Les portes cèdent ; on contraint le général à signer une déclaration, puis l’ordre à sa troupe de se retirer. Resté à la tête de la colonne, le lieutenant-colonel Thomas comprend que son chef n’est plus libre. Consulté, Cavaignac tranche : « Le salut du pays avant celui des individus. » Si les insurgés ne se rendent pas dans le quart d’heure, on attaquera.

Les prisonniers ont été conduits au poste de garde, contre l’église Saint-Marcel, sur la route de Fontainebleau. Des gardes nationaux de la banlieue percent un mur pour les faire évader, quand un enfant les dénonce. La foule enfonce la porte. Au cri de « Trahison ! Voici la garde mobile ! », des coups de feu partent de la porte et des fenêtres : Bréa est atteint à la poitrine, Mangin à la tête. On s’acharne sur les corps. Vers six heures du soir, le canon ouvre une brèche dans la barricade en moins de dix minutes, et la troupe passe. Thomas retrouve les deux corps étendus sur un banc de l’octroi, un prêtre à genoux près d’eux.

La nouvelle soulève dans Paris une horreur que la presse réactionnaire étend à tous les insurgés. Cinq hommes sont condamnés à mort par un conseil de guerre, parmi lesquels Daix, un pauvre de l’hospice de Bicêtre, et Lahr, un ancien artilleur devenu maçon, qui menait l’insurrection à la barrière. Trois peines sont commuées. Daix et Lahr sont guillotinés en mars 1849, à la barrière de Fontainebleau, sous la garde de vingt-cinq mille soldats et de sept canons. « L’exécution des condamnés fut une faute », écrira Victor Hugo : l’échafaud reparaissait.

La famille du général rachète le poste de garde pour agrandir l’église, que l’on appelle désormais la « chapelle Bréa ». Le 28 avril 1871, la Commune en décrète la démolition, comme une « insulte permanente aux vaincus de juin » ; sa chute l’en empêche. La chapelle, au 76 avenue d’Italie, est démolie en 1901. Une rue de Paris porte, depuis 1850, le nom du général.

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Événement
1848
25 juin 1848 — Barricade à l'entrée du faubourg St Antoine/Barricade en Juin 1848
p 100-101
Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu. Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848 …

Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu.

Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848, les ouvriers des Ateliers nationaux — ces chantiers créés par la République en février pour donner du travail aux chômeurs — apprennent que le gouvernement les ferme. Cent mille hommes jetés à la rue, sans travail, sans indemnité, avec pour seule proposition l'enrôlement dans l'armée ou le départ vers les marais de Sologne. Le 23, les barricades se lèvent dans tout l'est parisien.

Le général Cavaignac, investi des pleins pouvoirs par l'Assemblée, mène la répression avec méthode. L'artillerie pilonne les quartiers ouvriers. Le faubourg Saint-Antoine, cœur de l'insurrection, résiste. À son entrée, face à la place de la Bastille, une immense barricade barre la rue — la plus grande, la plus symbolique, la dernière à tomber.

C'est devant cette barricade que le général François de Négrier est tué d'une balle au front le 25 juin, en menant l'assaut. Et c'est sur cette même barricade que, quelques heures plus tard, Mgr Denys Affre, archevêque de Paris, décide de monter.

Affre a cinquante-quatre ans. Encouragé par Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, il s'est convaincu que son intervention personnelle peut ramener la paix. Cavaignac tente de l'en dissuader. L'archevêque insiste. Il part à pied vers le faubourg, accompagné de quelques fidèles, un rameau vert à la main en signe de paix, porteur d'une proclamation gouvernementale promettant le pardon aux insurgés qui déposeront les armes.

Il monte sur la barricade. Les tirs cessent. Le silence se fait — un silence improbable dans ce faubourg qui tonne depuis trois jours. Affre commence à parler. Mais un coup de feu claque. D'où ? La question n'a jamais été tranchée. L'opinion dominante veut que le premier tir soit venu des lignes de la Garde nationale. Les insurgés, croyant à un piège, ripostent. La fusillade reprend, chaotique. Au milieu de la confusion, une balle frappe l'archevêque dans les reins. Il s'effondre.

Les insurgés le portent au presbytère de Saint-Antoine sur un brancard de fortune. On le ramène le lendemain au palais épiscopal. Il meurt le 27 juin au matin. Ses derniers mots, entrés dans la légende : « Puisse mon sang être le dernier versé ! »

Il ne l'est pas. La répression de Cavaignac fera entre trois et cinq mille morts parmi les insurgés, auxquels s'ajoutent les déportations massives vers l'Algérie. L'insurrection de juin 1848 est, pour Marx, le moment de vérité de la révolution : dans Les Luttes de classes en France (1850), il y voit le premier affrontement ouvert entre le prolétariat et la bourgeoisie républicaine — la « fraternité » de février démasquée en « guerre civile sous sa forme la plus effroyable, la guerre du travail contre le capital ». La République avait promis du travail ; elle envoie l'artillerie. L'archevêque, entre les deux camps, tombe du côté où personne ne l'attendait.

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Événement
1848
23 juin 1848
p 100
Paul de Flotte se porte à la tête des ouvriers du faubourg St Marceau lors de l'insurrection de Juin 1848
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Événement
1848
26 juin 1848 — Café Le Divan Le Peletier/Café du Divan
p 101
Paul de Flotte est arrêté au moment où il se rendait auprès de Cavaignac pour tenter de faire cesser les exécutions sommaires
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Événement
1849
3 juin 1849 — Demeure de Karl Marx (dans un hôtel, accompagné de sa famille ; 2 pièces louées au nom de Ramboz)
p 137
Karl Marx, revenu à Paris sous le nom de Meyen, y reste clandestinement malgré une assignation à résidence dans le Morbihan ; il partira finalement pour Londres le 24 août
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Événement
1858
14 janvier 1858 — Salle Le Peletier/Opéra Le Peletier/Opéra de Paris
p 142
Attentat du patriote italien Felice Orsini contre Napoléon III ; il lance deux bombes qui font 12 morts et 156 blessés ; mais Badinguet est indemne. Il en profite pour imposer une loi de sûreté générale. Ça ne vous évoqu …

Attentat du patriote italien Felice Orsini contre Napoléon III ; il lance deux bombes qui font 12 morts et 156 blessés ; mais Badinguet est indemne. Il en profite pour imposer une loi de sûreté générale. Ça ne vous évoque rien ?

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Événement
1858
14 janvier 1858
p 142
Préparation de l'attentat contre Napoléon III par Orsini et ses complices
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Événement
1851
3 décembre 1851 — Demeure de Charles Beslay
p 159
Les chefs républicains qui tentent de s'opposer au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte se réunissent chez Charles Beslay afin de déjouer les recherches de la police
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Événement
1851
2 décembre 1851 — Demeure de Pierre Lafon
p 159
Pourchassés par les troupes de la répression, les députés républicains qui ont dû quitter l'appartement de la baronne Coppens se réunissent clandestinement chez leur collègue Pierre Lafon, député siégeant à l'extrême gau …

Pourchassés par les troupes de la répression, les députés républicains qui ont dû quitter l'appartement de la baronne Coppens se réunissent clandestinement chez leur collègue Pierre Lafon, député siégeant à l'extrême gauche

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Événement
1851
4 décembre 1851
p 161
Deux jours après le coup d’État, le quartier Montorgueil refuse de se rendre. Sa barricade tombe, puis se relève — deux fois. Au surlendemain du 2 décembre 1851, Paris résiste encore au coup d’État de Louis-Napoléon Bona …

Deux jours après le coup d’État, le quartier Montorgueil refuse de se rendre. Sa barricade tombe, puis se relève — deux fois.

Au surlendemain du 2 décembre 1851, Paris résiste encore au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, par îlots. Le 3, le député Alphonse Baudin est tombé sur une barricade du faubourg Saint-Antoine, et le général de Saint-Arnaud a fait savoir que tout homme pris sur une barricade serait fusillé. Dans la nuit, trente mille soldats se déploient entre les Grands Boulevards et la Seine, là où les insurgés se sont retranchés : un lacis de vieilles rues étroites, faciles à barrer, autour des rues Montorgueil, Saint-Denis et Saint-Martin.

Le 4 décembre, la rue des Petits-Carreaux, qui prolonge la rue Montorgueil vers le nord, est coupée par une barricade. La troupe l’enlève ; les insurgés la reprennent. Elle tombe de nouveau, et de nouveau ils la reprennent. Au plus fort des combats, une femme blesse d’un coup de fusil le lieutenant-colonel qui commande les soldats. L’épisode est rapporté par Charles Beslay dans ses souvenirs.

Tout près de là, rue Montorgueil, un jeune républicain de Limoges, Denis Dussoubs, a ceint l’écharpe tricolore de son frère Marcellin, député démocrate-socialiste, que la maladie retient chez lui. Il s’avance seul et désarmé vers les soldats du 51e de ligne pour les appeler à se rallier à la République. Son appel reste vain. À peine est-il remonté sur la barricade que la fusillade éclate ; les grenadiers et les voltigeurs s’emparent au pas de course des quatre premières barricades de la rue, et Dussoubs est tué en défendant la première.

Le même après-midi, à quelques centaines de mètres, sur les boulevards Montmartre et Poissonnière, la troupe ouvre le feu sur une foule de curieux et de manifestants : entre une centaine et trois cents morts, dont des femmes et des enfants. Au soir du 4 décembre, la résistance parisienne est écrasée. Le bilan de ces journées s’élève à trois ou quatre cents tués, sans compter les soldats ; dans toute la France, près de vingt-sept mille personnes seront arrêtées, et des milliers de républicains transportés en Algérie.

Le prince-président fait ratifier son coup de force par un plébiscite, les 20 et 21 décembre, dans un climat de peur où il n’est pas question de faire campagne pour le « non ». Soixante-six députés sont proscrits, parmi lesquels Schœlcher, Raspail, Edgar Quinet ou Thiers. Victor Hugo, l’un des animateurs du Comité de résistance, a déjà gagné Bruxelles : de son long exil, il tirera « Napoléon le Petit » et « Histoire d’un crime », un récit que les historiens jugent partial, mais qui reste le plus circonstancié des journées de décembre. Le 2 décembre 1852, un an jour pour jour après le coup d’État, le Second Empire est proclamé.

Depuis 1881, une rue proche de la rue Montorgueil porte le nom de Dussoubs, le jeune homme à l’écharpe.

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Événement
1851
3 décembre 1851 — Imprimerie lithographique
p 161
Paul de Flotte parvient, malgré les risques encourus par lui et les ouvriers imprimeurs, à faire tirer la proclamation du comité de résistance au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte
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Événement
1851
3 décembre 1851 — Barricade en 1851
p 162-164
Alphonse Baudin, député de l'Ain, se fait tuer sur une barricade. Il aurait dit aux ouvriers qui lui reprochaient son salaire de député : "Vous allez voir comment on meurt pour 25 Francs par jour !"
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Événement
1851
3 décembre 1851
p 162-63
Les insurgés désarment sans combat les soldats du corps de garde
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Événement
1851
3 décembre 1851 — Café des Peuples/Salle Roysin/Salle Roisin/Salle Raysin/Club Roysin (cité par Victor Hugo dans "Histoire d'un crime")
p 162-164
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Événement
1851
3 décembre 1851
p 163
Les soldats du poste du marché Lenoir fraternisent avec le groupe d'opposants au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte
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Événement
1851
4 décembre 1851 — Barricade en 1851
p 164
Denis Dussoubs est abattu par la troupe, alors qu'il remplaçait son frère malade, le député Gaston Dussoubs, sur une barricade dressée contre le coup d'État de Badinguet
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Événement
1851
4 décembre 1851
p 165
Nombreuses exécutions, pendant 10 jours, de combattants contre le coup d'État ; 336 fusillés sans procès en une seule soirée
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