1 quai Branly
Toponymie — quai Branly
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1 événement · 2016Le 19 octobre 2016, le Centre spirituel et culturel orthodoxe russe est inauguré quai Branly, à deux pas de la tour Eiffel. Cinq bulbes dorés, 170 millions d'euros entièrement payés par la Russie : on le surnomme le « Kremlin-sur-Seine ». Vladimir Poutine, attendu, n'est pas venu.
Après la révolution d'Octobre, la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de la rue Daru est passée sous la juridiction du patriarcat de Constantinople ; celui de Moscou n'a plus, depuis 1931, qu'une modeste église. En 2007, le patriarche Alexis II, en visite à Paris, lance le projet d'une cathédrale, avec le soutien de Nicolas Sarkozy et de Vladimir Poutine. En 2010, la Russie achète 4 000 m² près de la tour Eiffel, le siège de Météo-France, que convoitait aussi l'Arabie saoudite pour y bâtir une grande mosquée.
Le concours de 2011 couronne l'Espagnol Manuel Núñez Yanowsky. Son projet déplaît au maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui en appelle à l'Unesco ; le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, avouera avoir « laissé pourrir » le dossier jusqu'à l'élection de 2012. La Russie retire sa demande de permis. En février 2013, à Moscou, François Hollande s'engage à faire avancer ce projet qui tient à cœur à Poutine ; le second du concours, Jean-Michel Wilmotte, dont l'agence va « du luxe à l'hôtellerie », fait figure de compromis idéal. Le permis est délivré le 24 décembre 2013. Inspirée de la cathédrale de la Dormition du Kremlin, l'église porte cinq bulbes en fibre de verre couverts de 90 000 feuilles d'un alliage d'or et de palladium.
Pendant le chantier, d'anciens actionnaires de Ioukos, la compagnie pétrolière dont l'État russe a pris le contrôle en 2003, tentent de faire saisir le centre pour être indemnisés, forts d'une sentence de la Cour permanente d'arbitrage de La Haye. En mai 2016, la justice française les déboute en exhumant une jurisprudence de 1924, le « droit de chapelle » : le centre est un bien diplomatique, insaisissable. L'historienne Galia Ackerman y voit un outil de propagande au service de « l'embrigadement des diasporas russes » ; une partie des orthodoxes de Paris, fidèles de la rue Daru, juge le patriarcat de Moscou « conservateur » et « nationaliste ».
L'inauguration devait réunir Vladimir Poutine et François Hollande. Mais le 8 octobre, la Russie met son veto, au Conseil de sécurité de l'ONU, à une résolution française pour une trêve en Syrie ; Hollande s'interroge sur sa présence, Poutine annule. Le centre est inauguré en présence du ministre russe de la Culture. Poutine visitera sa cathédrale le 29 mai 2017, lors de sa visite à Paris à l'invitation du nouveau président.