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86
Avenue Émile Zola
Adresse

86 avenue Émile Zola

📍 86 avenue Émile Zola, 75015 Paris 📋 2 événements répertorié s 📅 1927 — 1928

Toponymie — avenue Émile Zola

1907
rue Frémicourt prolongée
Dénomination antérieure
Aujourd'hui
Avenue Émile Zola
Dénomination actuelle
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Événements à cette adresse

2 événements · 1927 — 1928
Casino de Grenelle (salle de 2 000 places) — Société Spartacus
Deux mille places réservées, une salle pleine, un film sur la prise du Palais d'Hiver : la préfecture de police estime que Paris ne peut pas voir cela. Sergueï Eisenstein a trente ans en 1928. Il a déjà réalisé "La…

Deux mille places réservées, une salle pleine, un film sur la prise du Palais d'Hiver : la préfecture de police estime que Paris ne peut pas voir cela.

Sergueï Eisenstein a trente ans en 1928. Il a déjà réalisé "La Grève" et "Le Cuirassé Potemkine," qui l'ont rendu célèbre dans le monde entier et ont bouleversé la grammaire du cinéma : montage des attractions, foule comme personnage collectif, absence de héros individuel. "Octobre," commandé pour le dixième anniversaire de la révolution de 1917, reconstitue les journées de Petrograd avec des milliers de figurants, sur les lieux mêmes.

Le film porte déjà les traces des luttes internes soviétiques : Trotsky, organisateur effectif de l'insurrection d'Octobre, en a été effacé au montage sur ordre, après son exclusion du Parti en 1927. Le cinéma stalinien commence à réécrire l'histoire dans les images avant de la réécrire dans les livres.

En France, la censure cinématographique est étroitement politique. La commission de contrôle interdit systématiquement les films soviétiques à l'exploitation commerciale. "Le Cuirassé Potemkine" est interdit en France jusqu'en 1953. Pour contourner l'interdiction, les organisations ouvrières et les ciné-clubs organisent des projections privées : les Amis de Spartacus, association fondée en 1928 par Léon Moussinac, critique communiste, proposent des séances réservées aux adhérents dans des salles louées. Le procédé est légal ; il rassemble des dizaines de milliers de spectateurs en quelques mois.

Le 11 octobre 1928, la Société Spartacus organise une projection d'"Octobre" au Casino de Grenelle, 86 avenue Émile-Zola dans le 15e arrondissement, salle de deux mille places, en plein quartier ouvrier. La police interdit la séance.

Cette interdiction s'inscrit dans l'offensive du préfet Chiappe contre les Amis de Spartacus, qui seront contraints à la dissolution la même année après des mois de harcèlement administratif. L'argument officiel est le trouble à l'ordre public. L'argument réel est qu'une salle ouvrière de deux mille personnes regardant une insurrection victorieuse constitue en soi un fait politique.

Le cinéma soviétique restera longtemps invisible en France, sauf dans les ciné-clubs et les fêtes du Parti.

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Personnage(s) : Serguei Eisenstein
86 avenue Émile Zola — 15e arr.
Casino de Grenelle — Société Spartacus — Banque ouvrière et paysanne
Centre socioculturel créé par Georges Marrane, comprenant un ciné-club révolutionnaire ; salle de 2 000 places
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Personnage(s) : Georges Marrane ·Amis de Spartacus
86 avenue Émile Zola — 15e arr.
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