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13 septembre 1980
Événement

Arrestation des dirigeants d'Action Directe, tombés dans une souricière tendue par un indicateur de police

Lieu de l'arrestation des membres d'Action Directe
Arrestation des dirigeants d'Action Directe, tombés dans une souricière tendue par un indicateur de police
Portrait de Jean-Marc Rouillan par Nina Guiu Freixes.

Le 13 septembre 1980, une équipe de policiers attend, au 38-62 rue Pergolèse dans le 16e arrondissement, les arrivants d'un rendez-vous qu'un indicateur leur a signalé. Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Gabriel Chahine et Jean-Pierre Pochon tombent dans la souricière. Ce sont les principaux dirigeants d'Action Directe, organisation armée d'extrême gauche active depuis 1979.

Action Directe s'inscrit dans la tradition des groupes armés révolutionnaires européens des années 1970 : les Brigades Rouges italiennes, la RAF allemande, le GRAPO espagnol. Son programme : la lutte armée contre le capitalisme et l'État, la solidarité internationale avec d'autres groupes révolutionnaires, le refus de toute participation électorale. En 1979 et 1980, le groupe a revendiqué une vingtaine d'actions armées contre des bâtiments d'entreprises, des ministères, des banques, sans faire de victimes.

L'arrestation de septembre 1980 ne met pas fin au groupe. Elle arrive en pleine campagne présidentielle. Après l'élection de Mitterrand en mai 1981, le nouveau gouvernement accorde une amnistie à plusieurs groupes d'extrême gauche: Rouillan et Ménigon sont libérés. Le gouvernement aura l'occasion de regretter cette décision.

À partir de 1982, Action Directe reprend ses opérations avec une stratégie plus meurtrière, liée maintenant à la Fraction armée rouge allemande. En 1985, le groupe assassine le général René Audran, haut fonctionnaire de l'armement. En novembre 1986, il assassine Georges Besse, PDG de Renault. En février 1987, Rouillan, Ménigon et leurs complices sont à nouveau arrêtés, définitivement.

Les procès s'étalent jusqu'en 1994. Rouillan est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité; il sera libéré conditionnellement en 2018. Ménigon, dont la santé se dégrade gravement, bénéficie d'une libération en 2008. La rue Pergolèse, avec ses immeubles bourgeois du 16e arrondissement, n'avait pas semblé le cadre le plus probable pour une arrestation qui allait marquer l'histoire de la gauche armée française.