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Balade · 17e–18e arr.

Ce n'fut pas toujours croquignol, à Batignolles

Des impressionnistes au café Guerbois aux barricades de la Commune, une traversée du vieux village des Batignolles, de la place de Clichy aux Épinettes.
📍 15 arrêts
🚶 ~5.5 km
~3h30
📖 17e–18e arr.
Ce n'fut pas toujours croquignol, à Batignolles

Nous partons de la place de Clichy, dont nous parlerons au retour, pour plonger dans l'ancien village des Batignolles-Monceaux, rattaché à Paris en 1860. Ce quartier fut à la fois un foyer d'artistes — l'« école des Batignolles » qui préfigure l'impressionnisme se réunissait au café Guerbois — un bastion de la Commune de 1871, et le décor de mille destins, de Verlaine à Louise Michel, de Zola à Barbara.

Cette balade suit les rues du quartier, de la rue Biot aux Épinettes, avant de revenir place de Clichy. Chaque arrêt regroupe plusieurs adresses ; les sous-arrêts précisent les numéros et les repères. Et pour l'ambiance : À Batignolles, chanté par Aristide BRUANT

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Arrêt 1
★ Incontournable ~12 min

Place de Clichy et rue Biot

Le point de départ, entre salles de spectacle et souvenirs de Verlaine.
📍 Place de Clichy et rue Biot, 17e arr.

Nous partons de la place de Clichy, dont nous reparlerons au retour, et gagnons la rue Biot. C'est là que fut fondée en 1872 la salle de l'Européen, l'un des hauts lieux du music-hall parisien.

5 rue Biot · La salle de l'Européen

La salle de l'Européen fut fondée en 1872. Elle vit passer nombre d'artistes célèbres, tels Polaire, Fragson, Maurice Chevalier, Tino Rossi, Yves Montand

15 rue Biot · L'hôtel Biot

Paul Verlaine séjourna à l'hôtel Biot en 1890.

Vers l’arrêt 2 →
Prenez la rue des Dames à gauche, puis la rue Lécluse. Nous restons dans le sillage de Verlaine et des poètes parnassiens.
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Arrêt 2
★ Incontournable ~15 min

Sur les pas de Verlaine et des Parnassiens

Les adresses de jeunesse du poète et le salon où naquit le Parnasse.
📍 Rues Lécluse, Nollet, Darcet et boulevard des Batignolles, 17e arr.

Le quartier fut longtemps celui de la famille Verlaine, et le berceau du mouvement parnassien. Autour du salon de la marquise de Ricard se croisaient, à la fin du Second Empire, les grands poètes de l'époque.

Rue Lécluse · Verlaine après la mort de son père (1867-1870)

Demeure de Paul Verlaine après le décès de son père, de 1867 à son mariage en 1870. C'est là qu'il cassa les bocaux dans lesquels sa mère conservait les fœtus de ses fausses-couches. Bonjour l'ambiance !...

Rue Lécluse · La famille Verlaine (1866)

La famille du poète s'était installée ici en 1866 du vivant de son père. Elle y vécut jusqu'à la mort de ce dernier l'année suivante.

Rue Darcet · Le salon de la marquise de Ricard

Salon de la marquise de Ricard, mère de Louis-Xavier de Ricard, ami de Verlaine. On y rencontrait vers la fin du Second Empire les poètes parnassiens autour de Leconte de Lisle, Sully Prudhomme, François Coppée, Stéphane Mallarmé, Anatole France ou Edmond de Goncourt.

Vers l’arrêt 3 →
Gagnez le boulevard des Batignolles à droite, puis la rue des Dames et la rue Nollet. Nous entrons dans le domaine des écrivains et des artistes du quartier.
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Arrêt 3
★ Incontournable ~15 min

Écrivains et artistes de la rue Nollet

De Simenon à Cham, de Vigny à Zola, les plumes et les crayons des Batignolles.
📍 Rues des Dames, Nollet, Truffaut et de Bizerte, 17e arr.

Le quartier fut peuplé d'écrivains et d'artistes. Autour de la rue Nollet et de la rue des Dames se succèdent les demeures de Georges Simenon, de Léon Frapié, du caricaturiste Cham, et de nouveau du jeune Verlaine et d'Émile Zola.

23 rue Truffaut · Émile Zola (1868)

Emplacement de la demeure d'Émile Zola en 1868. C'est ici qu'il rédige « Madeleine Férat ».

Rue des Dames · Léon Frapié

Demeure de l'écrivain Léon Frapié, auteur de « La Maternelle », prix Goncourt 1904. Il mourut ici en septembre 1949.

Rue des Dames · L'hôtel Bertha et Georges Simenon

Emplacement d'une boulangerie détruite par un obus de la Grosse Bertha en 1918. À sa place fut construit l'hôtel Bertha, où vécurent de décembre 1922 à 1923 Georges Simenon et sa femme Régine Renchon, dite Tigy. Le père du commissaire Maigret venait de sa Belgique natale s'installer à Paris.

Ex-rue Saint-Louis des Batignolles · Le jeune Verlaine (1859-1862)

Demeure du jeune Paul Verlaine, de 1859 à 1862, dans ce qui était alors la rue St Louis des Batignolles. C'est à cette époque qu'il écrivit ses premiers poèmes. On le situe aussi parfois par erreur au n° 2 de cette même rue.

Rue Nollet · L'atelier de Julia Battelegang

Emplacement d'un atelier loué par Alfred de Vigny pour Julia Battelegang et sa sœur Maria en 1838.

Rue Nollet · Le cénacle de Cham

Demeure du caricaturiste Amédée de Noé, alias Cham, qui créa en 1850 un cénacle littéraire auquel participèrent Émile Zola et Henri de Rochefort.

Rue Nollet · Un ancien puits

Au n° 3, cette cour recèle un ancien puits.

Vers l’arrêt 4 →
Rejoignez la rue de la Condamine à gauche, puis la rue des Batignolles à gauche, en direction de l'ancienne mairie et du cœur historique du village.
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Arrêt 4
★ Incontournable ~15 min

La rue des Batignolles et sa mairie

Le cœur du village, ses parents Verlaine, sa mairie, ses combats de 1871 et 1944.
📍 Rue de la Condamine et rue des Batignolles, 17e arr.

La rue des Batignolles fut l'axe du vieux village. Sur son parcours, la demeure des parents de Verlaine, puis la mairie du 17e, théâtre de combats parmi les plus violents du quartier lors de la Commune et de la Libération.

28 rue des Batignolles · Les parents de Verlaine (1857)

Demeure des parents de Paul Verlaine en 1857. Lui était alors en pension rue Chaptal.

16-20 rue des Batignolles · La mairie du 17e arrondissement

Cette horreur sans caractère a été construite sur l'emplacement de l'ancienne mairie des Batignolles, devenue mairie du 17ème en 1860. Benoît Malon y fut adjoint au maire en 1870. Eugène Varlin quitta en novembre le 6ème arrondissement, trop bourgeois à son goût, pour rejoindre son camarade de l'Internationale et devenir, durant le siège de Paris, responsable du ravitaillement. Le 23 mai 1871, Malon se voit contraint d'évacuer la mairie devant l'avancée des troupes versaillaises. Des Fédérés faits prisonniers ce même jour sont fusillés sans jugement sur la place qui fait face. Il se déroula dans ces parages des combats parmi les plus violents de la Libération, le 21 août 1944. La mairie ayant été investie par la Résistance, des nazis l'attaquèrent pour tenter de la reprendre.

Vers l’arrêt 5 →
Poursuivez rue Caroline, puis vers la rue Abel Truchet et le boulevard des Batignolles. Le quartier réserve encore quelques demeures d'écrivains et de peintres.
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Arrêt 5
★ Incontournable ~15 min

Barrès, Manet et l'église réformée

Le nationaliste, l'impressionniste refusé au Salon, et une belle chaîne de solidarité communarde.
📍 Rues Caroline, Abel Truchet, Puteaux et boulevard des Batignolles, 17e arr.

Le quartier abrita aussi bien l'écrivain nationaliste Maurice Barrès que le peintre Édouard Manet, en butte aux refus du Salon. L'église réformée des Batignolles fut, en mai 1871, le premier maillon d'une émouvante chaîne de solidarité autour du communard Benoît Malon.

Rue Caroline · L'attentat contre un agent de la Savak (1976)

Demeure de Homayoun Keyhawoussi, agent de la Savak — la police politique du shah d'Iran — qui fut victime ici d'un attentat organisé par un groupe se revendiquant d'une « Brigade internationale », le 3 novembre 1976.

Rue Abel Truchet · Maurice Barrès (1893)

Demeure en 1893 de Maurice Barrès, écrivain antidreyfusard, un des chantres du nationalisme français, inspirateur des mouvements d'extrême droite de la fin du 19ème siècle et du début du suivant.

8 · Maurice Barrès (1891)

Demeure du même Maurice Barrès un peu plus tôt, en 1891.

34 · Édouard Manet (1864-1866)

Demeure du peintre Édouard Manet de 1864 à 1866. Refusé au salon, il fut soutenu par Émile Zola.

44 · L'église réformée des Batignolles

Le 23 mai 1871, après avoir combattu sur la dernière barricade du quartier, Benoît Malon, pris en charge par Ferdinand Buisson et sa mère, s'y réfugia chez le concierge avec l'accord du pasteur Edmond de Pressensé. Il changera de cachette à plusieurs reprises et sera hébergé quelques jours boulevard Pereire chez le pasteur Bersier, puis rue Vincent Compoint par le sculpteur Auguste Ottin et sa femme. Ces derniers l'aideront par la suite à se réfugier en Suisse en le faisant passer pour leur fils. Belle chaîne de solidarité constituée de gens pourtant peu favorables à la Commune.

Rue Puteaux · La Grande Loge de France

Les locaux de la Grande Loge de France sont réquisitionnés pendant l'Occupation, en mars 1941, par le « Centre d'action et de documentation antimaçonnique et antisémite » créé par Henri Colson et Paul Lafitte.

Vers l’arrêt 6 →
Prenez la rue des Dames à gauche, puis la rue Boursault à gauche. Nous approchons de la rue de Rome, jalonnée de généraux polonais, de savants et de poètes.
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Arrêt 6
★ Incontournable ~15 min

De la rue Boursault au métro Rome

Généraux de la Commune, le physicien Branly, Maupassant et la bouche Guimard d'où partit Jean Moulin.
📍 Rues Boursault, Bénard et de Rome, boulevard des Batignolles, 17e arr.

La rue Boursault et ses abords mêlent les combattants de la Commune, les savants et les écrivains. Non loin, la station Rome et sa bouche Art nouveau furent le théâtre d'épisodes de la Résistance.

Rue Boursault · Le général Wróblewski (à partir de 1864)

Demeure, à partir de 1864, de Walery Antoni Wróblewski, général polonais qui se mettra au service de la Commune. Il commandera en particulier la défense héroïque de la Butte aux Cailles pendant la Semaine sanglante.

Ex-rue Bénard · Édouard Branly, Hippolyte Bayard et Bel-Ami

Emplacement de l'immeuble qu'habita le physicien Édouard Branly entre 1888 et 1913. C'est dans cette ex rue Bénard que demeurait Hippolyte Bayard, auteur de la première exposition photographique, le 24 juin 1839. C'est également dans cette rue que Guy de Maupassant situe la chambre de Georges Duroy dans « Bel-Ami », son roman écrit en 1885.

Métro Rome · Guimard, Jean Moulin et la Libération

Station de métro Rome, dont la bouche conçue par Hector Guimard — celle-ci date de 1902 — est un de ces chefs d'œuvres d'Art nouveau rescapés de l'envoi à la ferraille que planifia à une certaine époque l'édilocrétinobureaucratie parisienne. C'est de cette station que Jean Moulin, alias Max, de plus en plus isolé, décide malgré tout de partir à Lyon où il sera arrêté début juin 1943. Sur le pont du chemin de fer, entre rue de Rome et rue Boursault, des combats auront lieu à la Libération en août 1944. Les Résistants disposent d'un char allemand qu'ont remis en état des ouvriers de chez SOMUA ; le premier tombé entre les mains des insurgés parisiens.

89 rue de Rome (ex n° 87) · Mallarmé et Geismar

Demeure du poète Stéphane Mallarmé à l'ex n° 87. Parnassien, puis initiateur du symbolisme, il tient ici, dans sa « chapelle salon », les « mardis de Mallarmé » à partir de 1874. Impossible de retrouver le nom et l'adresse précise, rue de Rome, d'une « chanteuse célèbre » qui cacha Alain Geismar, ex leader de Mai 68, dirigeant et porte-parole de la Gauche Prolétarienne « zorroïste », traqué par la police suite à sa dénonciation par Paupaul, un prolo-taupe des renseignements généraux, le 26 juin 1970.

Vers l’arrêt 7 →
Reprenez la rue des Dames à gauche, puis la rue Beudant. Les barricades de la Commune se dressent à chaque coin de rue, et le théâtre Hébertot n'est pas loin.
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Arrêt 7
★ Incontournable ~15 min

Barricades de la Commune et théâtre Hébertot

Le général Dombrowski, la première de « Caligula » et la Nadja de Breton.
📍 Rues Beudant, Léon Droux, de Chéroy et boulevard des Batignolles, 17e arr.

Comme dans beaucoup de rues du quartier, des barricades s'y dressèrent pendant la Commune. À deux pas, le théâtre des Arts Hébertot vit naître, en 1945, un Gérard Philipe révélé par le « Caligula » de Camus, tandis qu'un hôtel voisin abrita l'inspiratrice de la Nadja de Breton.

Rue Beudant · La barricade de Dombrowski (22 mai 1871)

Comme dans beaucoup de rues du quartier, des combats eurent lieu sur une barricade dressée ici pendant la Commune, le 22 mai 1871, opposant les Fédérés commandés par le général polonais Jaroslaw Dombrowski aux troupes de Versailles.

78 bis boulevard des Batignolles · Le Théâtre des Arts Hébertot

Théâtre des Arts Hébertot, une des salles ouvertes par Pierre-Jacques Seveste et ses fils à l'extérieur de l'enceinte des Fermiers généraux vers 1830. Il avait obtenu de Louis XVIII, en lui révélant le lieu de l'inhumation de son frère Louis XVI et de Marie-Antoinette, l'exclusivité des théâtres au-delà du mur d'octroi. C'est dans cette salle qu'eut lieu, en septembre 1945, la première du « Caligula » d'Albert Camus qui fut la révélation de Gérard Philipe dans le rôle titre.

Hôtel du Théâtre · Léona Delcourt, la Nadja de Breton

Hôtel du Théâtre, face à l'entrée des artistes du théâtre Hébertot, où séjourna Léona Delcourt, l'inspiratrice du personnage de Nadja dans le roman éponyme qu'André Breton écrivit en octobre 1926.

Passage Geoffroy-Didelot · Une allée pavillonnaire

On peut encore voir une belle pompe à eau sur la droite dans une cour, et plus loin une allée typique du quartier des Batignolles, avec au fond ses petits pavillons. Le passage Geoffroy-Didelot, bien coloré et bien sympathique, date de 1894.

Vers l’arrêt 8 →
Rejoignez le boulevard des Batignolles à droite, puis la rue de Lévis. Nous entrons dans le domaine de Louise Michel et des grands meetings populaires.
8
Arrêt 8
★ Incontournable ~12 min

Louise Michel et la salle Lévis

La demeure de la Vierge rouge et la grande salle de meetings où gronda la contestation.
📍 Boulevard des Batignolles et rue de Lévis, 17e arr.

Le boulevard des Batignolles abrita Louise Michel à son arrivée à Paris, et la rue de Lévis l'immense salle de la Réunion, où se pressèrent les orateurs et les foules du XIXe siècle républicain et révolutionnaire.

88 boulevard des Batignolles · Louise Michel (1856)

Demeure de Louise Michel en 1856. Elle vient alors d'arriver à Paris et enseigne dans l'école privée — car elle refuse de prêter serment à Napoléon-Badinguet — que tient Mme Vollier, 16 rue du Château d'Eau. Elle va bientôt se lier avec les milieux blanquistes de la capitale.

8 rue de Lévis · La salle Lévis (salle de la Réunion)

Emplacement de la salle Lévis, appelée aussi salle de la Réunion. Ouverte en 1810, cette salle de bal qui pouvait accueillir jusqu'à 4000 personnes abrita un grand nombre de meetings et de banquets politiques, en particulier en 1848 et pendant le siège de Paris et la Commune. Elle vit passer de nombreux orateurs célèbres, tels Ledru-Rollin, Auguste Blanqui, Armand Barbès, Léon Gambetta, Émile Ollivier, Jules Favre, Henri Rochefort, Georges Clemenceau… Le 6 août 1884 s'y déroula un meeting de protestation contre la politique monarchiste du gouvernement « républicain ». Il était dirigé par Ferdinand Gambon, ex membre de la Commune alors député de la Nièvre. Maxime Lisbonne, revenu de déportation en Nouvelle Calédonie, y prit la parole. Jean Baptiste Clément, devenu possibiliste, s'y fit huer parce que jugé trop mou. Une réunion anarchiste organisée par les « Panthères des Batignolles » le 23 novembre de la même année fut l'occasion de heurts violents avec la police. Et le 7 décembre suivant, une autre réunion où intervenait Louise Michel fut troublée par les monarchistes et se termina en une sanglante bataille rangée. La salle sera détruite l'année suivante.

Vers l’arrêt 9 →
Poursuivez par la place de Lévis, la rue Legendre à droite, puis les rues Salneuve, de Saussure et Cardinet. Nous suivons les traces des Fédérés et des militants de l'Internationale.
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Arrêt 9
★ Incontournable ~18 min

Vers Cardinet — Fédérés et Résistants

Puits d'armes, château de Jeanne d'Arc, barricades du pont Cardinet et gare réquisitionnée.
📍 Place de Lévis, rues Legendre, de Saussure, Cardinet et Dulong, 17e arr.

Ce secteur, du pont Cardinet à la place de Lévis, garde la mémoire des combats de la Semaine sanglante et de l'Occupation, mais aussi celle d'un lointain campement de Jeanne d'Arc et de quelques militants de l'Internationale et de la Résistance.

Un puits d'armes des Fédérés (22 mai 1871)

Emplacement d'un puits où les Fédérés se débarrassèrent de leurs armes le 22 mai 1871 ; ce qui n'empêcha pas beaucoup d'entre eux d'être exécutés sommairement par les bouchers d'Adolphe Thiers. Une barricade dressée dans cette rue avait offert une forte résistance à l'avancée des versaillais.

Pierre Malzieux, forgeron et communard

Demeure de Pierre Malzieux, ouvrier forgeron, membre du Conseil fédéral parisien de l'Association Internationale des Travailleurs, condamné dans le 3ème procès de l'A.I.T. le 8 juillet 1870. Combattant de la Commune, il sera condamné à la déportation dans une enceinte fortifiée, il refusera de formuler un retour en grâce et ne rentrera en France qu'après l'amnistie de 1880, mais se suicidera deux années plus tard.

Place de Lévis · Le château de Monceaux et Jeanne d'Arc (1429)

Emplacement du village et du château de Monceaux, où Jeanne d'Arc campa le 7 septembre 1429 avant d'attaquer la Porte St Honoré pour tenter de reprendre Paris occupé par les anglais. Elle allait être blessée le lendemain dans cet assaut qui se solda par un échec.

25-27 rue Legendre · Le lotissement d'Henri Sauvage (1925)

Lotissement conçu par l'architecte Henri Sauvage en 1925 ; premiers immeubles dans la capitale comportant des éléments préfabriqués en usine.

11 · Une source d'eau sulfureuse

Emplacement d'une source d'eau sulfureuse aujourd'hui tarie.

Angèle Tixier et Louis Coquillet

Demeure d'Angèle Tixier, sœur de Louis Coquillet, qu'elle cacha après l'attentat de Nantes qui déclencha des représailles terribles. Louis Coquillet, qui avait échappé de peu à une arrestation à Rennes, vint à Paris et s'engagea dans les Bataillons de la Jeunesse. Arrêté, il fut torturé et condamné à mort dans le procès de la Maison de la Chimie.

145 quater · La barricade et la gare des Batignolles

Barricade du pont Cardinet, sur laquelle les Fédérés opposèrent une forte résistance aux troupes de Versailles pendant la Semaine sanglante, le 21 mai 1871. La gare des Batignolles fut réquisitionnée pendant l'Occupation, à partir de janvier 1941, par la société ROGES, chargée de l'approvisionnement de l'Allemagne en matières premières. Elle était dirigée par le lieutenant Uthof.

Rue Dulong · Guy de Maupassant (1880-1884)

Demeure de Guy de Maupassant à l'époque où il écrivit Bel-Ami, entre 1880 et 1884.

Vers l’arrêt 10 →
Rejoignez la rue Legendre, où vous attendent l'anarchiste Clément Duval, le poète Paul Éluard et de nouvelles barricades de la Commune.
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Arrêt 10
★ Incontournable ~15 min

Rue Legendre et square des Batignolles

Clément Duval l'illégaliste, Paul Éluard et Nusch, et l'église Sainte-Marie où naquit un club de femmes.
📍 Rue Legendre, place du Docteur Félix Lobligeois et square des Batignolles, 17e arr.

La rue Legendre conduit au cœur du village, autour de l'église Sainte-Marie et du square des Batignolles. On y croise l'illégaliste Clément Duval, le couple Éluard-Nusch, de nouvelles barricades communardes, et le club féminin de la Révolution sociale.

54 · Paul Éluard et Nusch (1934-1938)

Demeure de Paul Éluard avec Nusch, au 5ème étage, de 1934 à 1938. Le poète était alors très engagé dans la lutte antifasciste.

61 · La barricade du pont Legendre

Ici aussi la résistance fut importante à l'avancée des versaillais, le 22 mai 1871. Dans ce secteur, les Fédérés étaient commandés par le général polonais Jaroslaw Dombrowski.

Square des Batignolles · La fosse des Communards (23 mai 1871)

À l'emplacement du kiosque à musique fut creusée, pendant la Semaine sanglante, une fosse dans laquelle on jeta les corps de nombreux Communards massacrés après les combats, le 23 mai 1871. On traverse le square par l'allée Barbara.

Le bijoutier Houchard et l'anarchiste Clément Duval (1886)

Demeure du bijoutier Houchard, chez qui l'anarchiste Clément Duval, membre du groupe « la Panthère des Batignolles », fut arrêté par l'inspecteur Rossignol le 5 octobre 1886. Une opération de « reprise individuelle » qui avait mal tourné.

77 · L'église Sainte-Marie des Batignolles

Elle fut bâtie vers 1830 sur un terrain offert généreusement par des promoteurs qui espéraient ainsi attirer des clients-locataires. Les voies du marché immobilier, comme celles du Seigneur, sont impénétrables... Le 3 mai 1871, Blanche Lefebvre y ouvrit le club de la Révolution sociale. Hubertine Auclert et Louise Michel participèrent à ce club essentiellement féminin.

Vers l’arrêt 11 →
Ressortez vers la rue Brochant, puis la rue des Moines et la rue Nollet. La chanson et les cours pittoresques du 17e vous attendent.
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Arrêt 11
★ Incontournable ~12 min

Rue Brochant, les Moines et le square Nicolay

La maison natale de Barbara, un syndicat jaune et les cours typiques du quartier.
📍 Rues Brochant, des Moines, Nollet et Truffaut, 17e arr.

Au nord du quartier, entre la rue Brochant et la rue des Moines, se croisent la maison natale de Barbara, un curieux « syndicat jaune », et les cours pavillonnaires si caractéristiques des Batignolles.

6 rue Brochant · La maison natale de Barbara (1930)

Maison natale, le 9 juin 1930, de la chanteuse Barbara ; de son vrai nom Monique Serf. Elle fit ses débuts à Marseille, mais se fit connaître à l'Écluse, sur le quai des Grands Augustins.

Le Syndicat jaune des métallurgistes (1908)

Siège, à partir de 1908, du « Syndicat jaune des ouvriers métallurgistes ». Il ne comptait que 252 membres en 1914, mais adhérait à la « Fédération des jaunes de France » qui comptait, elle, de l'ordre de 100 000 membres en 1904. Ce fut le seul syndicat parisien qui osât revendiquer de cette étiquette.

16 · Le square Nicolay

Square Nicolay, une cour typique du 17ème arrondissement. Son autre entrée se trouve au 77 bis rue Legendre.

André Léo, journaliste et communarde

Demeure, au 5ème étage, de Léodile Béra, épouse Champseix, alias André Léo. Journaliste et militante féministe, elle fut parmi les premières femmes membres de l'Association Internationale des Travailleurs. Elle était la compagne de Benoît Malon. Combattante de la Commune, elle dut s'enfuir le mardi 23 mai 1871 et parvint à rejoindre son compagnon en Suisse.

Le Secours national pétainiste et le réseau Pernod

Maison du Secours national et de « l'Entraide d'Hiver du Maréchal », officine démagogico-caritative de la propagande pétainiste. Elle était animée par Bernard Ménétrel, Georges Pichat, Marcel Déat, Jacques Doriot, Adrien Marquet… tout le gratin collabo. Non loin vécurent les sœurs Francine et Denise Benoît, qui hébergèrent en janvier 1944 Pierre Morel, fondateur avec Gommeriel du réseau Pernod. Après plusieurs tentatives pour gagner Londres, Morel avait créé sa propre filière d'évasion.

Vers l’arrêt 12 →
Continuez rue Nollet, où se cachent l'Art nouveau, l'ancienne mairie des Batignolles-Monceaux, la planque de la bande à Bonnot et l'hôtel de Max Jacob.
12
Arrêt 12
★ Incontournable ~12 min

Rue Nollet — de la bande à Bonnot à Max Jacob

Un immeuble Art nouveau, l'ancienne mairie, la planque de Bonnot et le poète Max Jacob.
📍 Rue Nollet, rue de la Condamine, 17e arr.

La rue Nollet aligne un immeuble Art nouveau, un vestige de l'ancienne commune des Batignolles-Monceaux, la planque où fut préparé un braquage célèbre, et l'hôtel Nollet où logea le poète Max Jacob.

L'immeuble Art nouveau de Marquet (1907)

Immeuble de style Art nouveau aux balcons remarquables, dessiné par l'architecte Marquet en 1907.

L'ancienne mairie des Batignolles-Monceaux (1830)

Ancienne mairie de la commune des Batignolles-Monceaux, de 1830, dont il reste un pavillon dans la cour.

45 · La planque de Jules Bonnot

Planque de Jules Bonnot, chef de la célèbre « bande » qui porta son nom. C'est ici que fut préparé le braquage de la rue Ordener, perpétré le 1er décembre 1911.

56 · Un puits comblé

Puits comblé dans le jardin à droite au fond de la cour.

55 · L'hôtel Nollet et Max Jacob (1927)

Hôtel Nollet, demeure du poète et peintre Max Jacob en 1927.

André Postel-Vinay, du réseau Pat O'Leary (1942)

André Postel-Vinay, membre du réseau de renseignement Pat O'Leary, est hébergé ici avant d'être évacué vers Londres après son évasion de Ste Anne, où il avait réussi à se faire transférer en simulant la folie, le 3 septembre 1942.

Vers l’arrêt 13 →
Prenez la rue Lemercier, la rue Jacquemont et la rue de la Condamine. Nous entrons dans le berceau de l'impressionnisme, autour des ateliers de Bazille et de Zola.
13
Arrêt 13
★ Incontournable ~15 min

Le berceau de l'impressionnisme — rue de la Condamine et rue Lemercier

L'atelier de Bazille et Renoir, Zola et les Rougon-Macquart, la chambre porte-bonheur de Brel.
📍 Rues de la Condamine, Lemercier et Cité Lemercier, 17e arr.

Autour de la rue de la Condamine et de la rue Lemercier bat le cœur artistique du quartier : l'atelier où Bazille peignit ses amis impressionnistes, le pavillon où Zola entama les Rougon-Macquart, sans oublier la chambre où débuta Jacques Brel.

9 rue de la Condamine · L'atelier de Bazille puis Renoir (1870)

Atelier de Frédéric Bazille en 1870, puis d'Auguste Renoir. Il était fréquenté par Zola, Manet, Monet, Sisley… Bazille le représenta sur une toile célèbre où figurent lui-même et Claude Monet.

Émile Zola et les Rougon-Macquart (1869-1871)

Emplacement de la demeure, de 1869 à 1871, d'Émile Zola dans un petit pavillon. Il y reçoit son ami aixois Paul Alexis. C'est ici qu'il débute la rédaction des « Rougon-Macquart ». Dans cette rue également avait été dressée une barricade pendant la Commune. Des combats s'y livrèrent le 22 mai 1871.

43 · Paul Verlaine chez ses parents (1863-1865)

Demeure de Paul Verlaine chez ses parents, de 1863 à 1865. Il a entre 19 et 21 ans. Son ami Louis-Xavier de Ricard fait publier son premier poème. Il écrit « Monsieur Prudhomme ».

28 rue Lemercier · La Cité Lemercier et Jacques Brel

Au 11 se trouvait l'hôtel du Chalet dont la chambre n° 13 avait été occupée par Jacques Brel à son arrivée à Paris de 1950 à 1958. La petite histoire veut qu'il ait loué par la suite cette chambre « porte-bonheur » jusqu'à sa mort. Plus loin, rue Hélène, s'élevaient autrefois trois moulins appelés « Moulins de Batignolles ».

Vers l’arrêt 14 →
Gagnez l'avenue de Clichy à droite. Nous approchons du foyer même de l'impressionnisme, entre les Épinettes et le café Guerbois.
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Arrêt 14
★ Incontournable ~20 min

L'avenue de Clichy et le café Guerbois

Le quartier général des impressionnistes, de Van Gogh à Manet, et la barricade de la rue Hélène.
📍 Avenue de Clichy, rue Hélène, square des Épinettes, 17e arr.

L'avenue de Clichy fut l'artère des peintres. C'est là, au café Guerbois, que se retrouvait l'« école des Batignolles » — la matrice de l'impressionnisme. Tout autour, ateliers, expositions, restaurants d'artistes, et l'une des dernières barricades de la Commune dans le 17e.

Le restaurant Boivin et la Taverne de Paris

Non loin, l'emplacement du restaurant Boivin, célèbre en 1815, que fréquentèrent par la suite les peintres Impressionnistes. Plus loin encore, l'emplacement de la Taverne de Paris, qui hébergea à partir de 1905 la Société des dessinateurs humoristes à laquelle participaient Alexandre Steinlen, Jules Chéret, Adolphe Willette, Francisque Poulbot, Jules Grün, Charles Léandre, Lucien Métivet, Abel Faivre, Jean-Louis Forain, Jean-Jacques Waltz, alias Hansi et bien d'autres…

Le cabaret du Père Lathuille et le Kursaal

Emplacement du cabaret du Père Lathuille, qui abrita le QG du général de Moncey lors du combat qui l'opposa aux cosaques de Langeron, un autre général français passé lui à l'ennemi, le 30 mars 1814. C'est ici que Manet peignit en 1879 son tableau « Chez le père Lathuille », prenant comme modèles Louis, le fils du patron, et Ellen André, une actrice. L'établissement laissa la place au café-concert le Kursaal, où se produisirent Maurice Chevalier, Françoise Dorin, Maurice Marsac, Ouvrard, Lucienne Boyer, Fréhel, Berthe Silva… entre 1907 et 1927.

La boutique du marchand de couleurs Hennequin

Boutique du marchand de couleurs Hennequin, fournisseur et ami d'Édouard Manet.

L'atelier de Paul Signac et les Divisionnistes (1889-1891)

Atelier du peintre pointilliste Paul Signac, où se réunissaient le lundi, entre 1889 et 1891, les tenants de l'école « Divisionniste » ; le groupe de Georges Seurat.

L'atelier de Léon Bonnat et Toulouse-Lautrec (1882)

Atelier de Léon Bonnat, premier professeur de peinture d'Henri de Toulouse-Lautrec, en 1882.

Square des Deux-Nèthes · Papillon et Édith Piaf

À l'emplacement du square des Deux-Nèthes se trouvait autrefois le bal du Petit Jardin, repaire de truands marseillais et corses, dont un certain Henri Charrière, dit « Papillon ». Édith Piaf y chanta alors qu'elle était encore totalement inconnue.

Le restaurant Le Chalet et l'exposition Van Gogh (1887)

Emplacement du restaurant « Le Chalet », dit aussi le Grand Bouillon, où Vincent Van Gogh organisa en 1887 une exposition rassemblant une centaine de tableaux, dont un de ses « Tournesols ». Y participaient Toulouse-Lautrec, Louis Anquetin, Paul Gauguin, Émile Bernard, Arnold Koning… Elle fut boudée par le public.

50 · Le théâtre Moncey (1891)

Emplacement du théâtre Moncey, ouvert en 1891. La troupe de Sarah Bernhardt y joua la « Dame aux Camélias » le 9 septembre 1907.

Maria Deraismes, franc-maçonne et féministe

Demeure de Maria Deraismes, première femme initiée à la franc-maçonnerie. Elle créa l'Association pour l'amélioration du sort de la Femme.

Rue Hélène · La dernière barricade du 17e (mai 1871)

Dans la rue Hélène avait été érigée en mai 1871 une barricade qui fut la dernière dans le 17ème arrondissement à résister à l'avancée des troupes versaillaises. Elle ne tomba que le 23 mai à midi. On y vit combattre Benoît Malon, Victor Jaclard, Napoléon La Cecilia, Gustave Lefrançais, Auguste Vermorel, Jules Johannard...

9 avenue de Clichy · Le café Guerbois

C'est dans une salle au sous-sol du café Guerbois d'Auguste Guerbois, à l'ex n° 11 Grande rue des Batignolles, que se tenaient les fameuses réunions de l'école des Batignolles, où se retrouvaient entre 1866 et 1875 des gens qui à l'époque éprouvaient de grandes difficultés à se faire reconnaître, comme Manet, Monet, Degas, Renoir, Pissaro, Fantin-Latour, Bazille, Sisley, ForainPaul Cézanne y fit la connaissance d'Émile Zola. Le « Guerbois » devient le café Baudequin dans « l'Œuvre », un des romans de l'auteur des Rougon-Macquart. Après 1870, il sera progressivement délaissé par les artistes au profit de la Nouvelle Athènes, place Pigalle.

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Retournez vers la place de Clichy, où s'achève notre parcours sur l'emplacement d'une des grandes barrières du Mur des Fermiers généraux.
15
Arrêt 15
★ Incontournable ~20 min

Retour place de Clichy

La barrière de Clichy, ses combats de 1814, ses barricades de la Commune, ses peintres et ses fantômes.
📍 Place de Clichy, 17e/18e arr.

Nous voici de retour place de Clichy, sur l'emplacement d'une des principales « barrières » du Mur des Fermiers généraux. Une des premières aussi dont le pavillon de garde dessiné par Ledoux fut incendié dès le 12 juillet 1789 ; manifestation du mécontentement profond des parisiens, à la fois contre cet octroi qui renchérissait le prix des denrées dans la capitale, et contre le régime responsable de l'édification à grands frais, trois ans plus tôt, de ce « mur murant Paris » qui avait rendu Paris plus que murmurant... En 1793, la barrière de Clichy prit le nom de « barrière de Fructidor ».

Cette barrière fut, en 1814, le théâtre d'âpres combats opposant les troupes de la garde nationale commandées par le général Moncey, composées en grande partie de volontaires, à celles du tzar de Russie venues envahir la capitale après la déroute des armées napoléoniennes. Les parisiens résistèrent aux cosaques jusqu'à la signature d'un armistice le 30 mars. La place actuelle garde le souvenir de cette bataille à travers la statue qui orne son centre.

La barrière de Clichy — de Louis XVIII à sa démolition

Le 21 avril 1814, c'est par cette porte que Louis XVIII faisait son retour à Paris, ramenant dans ses malles une monarchie bâtarde, entre absolutisme et soi-disant constitutionnalité d'une charte « octroyée ». Moins d'un an plus tard, le 20 mars 1815, il repassait pitoyablement la même porte, fuyant l'arrivée de l'ogre Bonaparte 1er, qui allait relancer la France, pour cent jours, dans une nouvelle boucherie européenne. La barrière de Clichy disparut en 1860 avec le mur des Fermiers généraux, lors du rattachement à Paris des faubourgs qui s'étendaient jusqu'à la nouvelle enceinte, dite de Thiers : les « fortifs ».

La place de Clichy sous la Commune (23 mai 1871)

Pendant la Semaine sanglante, qui allait voir mourir la Commune de 1871, Benoît Malon organisa sur cette place, le 23 mai, la résistance aux troupes versaillaises, sur une barricade munie de 8 canons et de 2 mitrailleuses. De nombreux Fédérés furent massacrés ici lors d'exécutions sommaires perpétrées par les troupes du boucher Adolphe Thiers, froidement, après les combats.

La place de Clichy, inspiratrice des peintres

Cette place inspira de nombreux peintres, dont beaucoup avaient leur atelier dans ces parages. Parmi ceux-ci, Pierre Bonnard qui en réalisa une série de toiles en 1912, et Édouard Manet.

La Maison du prisonnier (1940-1944)

Entre 1940 et 1944, un immeuble de la place abrita la « Maison du prisonnier », créée et financée par la Propaganda-Staffel, et dirigée par Jean Radot. C'était à la fois un service de renseignement sur la situation des prisonniers et un bureau de recrutement pour « la Relève » : cette duperie qui consistait à faire croire aux français qu'un prisonnier serait libéré si quelqu'un de sa famille s'enrôlait pour aller travailler en Allemagne. Son échec amena le gouvernement collabo à instaurer le STO.

La bouche de métro Guimard

Ne nous privons pas d'admirer encore une fois au passage cette œuvre d'Art nouveau dessinée par Hector Guimard que représente la bouche du métro « Place de Clichy ». Nous passons trop souvent sans y prêter même un regard entre les « branchages » de cette belle pièce du musée vivant qu'est « la rue » ; ce musée universel dont Paris constitue une des plus belles succursales.

12 · Le café Wepler

Il fut le point de départ de la seconde manifestation de protestation contre l'exécution de l'anarchiste catalan Francisco Ferrer, qui se déroula le 17 octobre 1909. Elle réunit plusieurs centaines de milliers de personnes. Ferrer avait été fusillé le 13 octobre à Barcelone, accusé à tort d'être l'instigateur, en tant qu'anarchiste et fondateur de « l'École moderne », des troubles qui avaient éclaté en Catalogne au mois de juillet de la même année. La terrasse de cette fameuse brasserie fut le poste d'observation d'Henry Miller pour la rédaction de ses « Jours tranquilles à Clichy », écrits en 1928. Elle était fréquentée par Alfred Perlès, Anaïs Nin, et Pablo Picasso lorsque ce dernier avait son atelier boulevard de Clichy entre 1909 et 1912. Pendant l'Occupation, le café fut réquisitionné et transformé en soldatenheim, une « maison du soldat » à l'usage exclusif de l'armée allemande. À partir du 18 février 1941, l'immeuble abrita en outre une annexe de la Kommandantur du Gross-Paris ; sa section « logement ».

Villiers de l'Isle-Adam (1888) — fin du parcours

Demeure d'Auguste Villiers de l'Isle-Adam, auteur entre autres des « Contes cruels », en 1888. Fin de notre parcours.

⚠︎ Notice en cours de relecture (contenu issu des archives, enrichi puis vérifié) — découpe, légendes et crédits d’images susceptibles d’évoluer.