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Balade · 5e–6e arr.

Balade au siècle des Lumières, dans le quartier de la Monnaie

Des bûchers de la place Saint-Michel au café Procope, un parcours dans le vieux Paris de la Rive Gauche où Lumières, Révolution et bohème littéraire se sont donné rendez-vous.
📍 15 arrêts
🚶 ~3.5 km
~3h30
📖 5e–6e arr.
Balade au siècle des Lumières, dans le quartier de la Monnaie

Notre promenade commence place St Michel, devant la fontaine, lieu traditionnel de rendez-vous des Parisiens. De là, elle serpente à travers le vieux quartier de la Monnaie, sur la Rive Gauche, où se croisent trois siècles d'histoire : les Lumières et leur café Procope, la Révolution et sa guillotine née cour du Commerce, la Commune et ses militants, la bohème littéraire et artistique du Quartier latin. Chaque rue, chaque numéro conserve la mémoire d'un savant, d'un révolutionnaire, d'un poète ou d'un peintre. Le parcours se referme place Saint-André des Arts, non loin de son point de départ.

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Arrêt 1
★ Incontournable ~15 min

Place Saint-Michel

D'une voie romaine aux barricades de Mai 68, le carrefour de tous les soulèvements parisiens.
📍 Place Saint-Michel, devant la fontaine, 5e / 6e arr.

La place était le départ d'une voie romaine doublant le Cardo maximus (l'actuelle rue St Jacques), située un peu en contrebas de cette dernière, et qui pour cette raison fut nommée « Via inferior », pour devenir plus tard, par déformation — du moins le suppose-t-on —, la rue d'Enfer.

Comme la plupart de ses homologues de grand passage, cette place fut un lieu de supplices. Elle vit en particulier dresser de nombreux bûchers pendant les guerres de religion.

Sous le Second Empire s'y trouvait le café de la Renaissance, face à la fontaine St Michel. Il s'y tenait des réunions politiques animées par les Blanquistes. C'est là que furent arrêtés, début 1866, Raoul Rigault, Gustave Tridon, les frères Edmond et Léonce Levraud, Gaston Da Costa, Charles Longuet, Gustave Genton, Eugène Protot, Verlière, Landowski et Largilière (en fait une taupe infiltrée par la police). Ils furent défendus par l'avocat Gustave Chaudey.

Lors du déclenchement de l'insurrection qui allait aboutir à la Libération de Paris, une des premières barricades fut dressée au débouché du boulevard, face à la préfecture de police. Les combats laissèrent des traces encore visibles sur le mur d'angle du Palais de justice. Une affiche reproduisant l'appel du 18 juin 40 est exposée à l'angle de la fontaine, sur sa droite. Cette place fut enfin, avec le Boul'Mich, un lieu privilégié de la contestation étudiante, notamment pendant le mouvement de Mai 68.

Vers l’arrêt 2 →
Quittez la place par la petite rue de l'Hirondelle, discret vestige médiéval qui s'ouvre à l'angle de la fontaine.
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Arrêt 2
★ Incontournable ~10 min

Rue de l'Hirondelle

La salamandre de François Ier, un cabaret de poètes et une orthographe qui a mal tourné.
📍 Rue de l'Hirondelle, 6e arr.

Ambroise Paré, père de la chirurgie moderne, avait vers 1541 une boutique à l'enseigne des Trois Bassins dans la partie de cette rue qui disparut lors de l'élargissement de la place.

L'inscription « rue de lirondelle », sans H ni apostrophe, à l'angle de la rue Gît-le-Cœur, montre à quel point notre belle langue française, que d'aucuns veulent aujourd'hui immuable, a su évoluer à travers les siècles.

20-22 — Hôtel de la Salamandre

L'Hôtel de la Salamandre fut construit par François Ier pour une de ses nombreuses maîtresses, Anne de Pisseleu. Il porte encore au-dessus du porche une salamandre en bas-relief, emblème approprié de ce roi qui fut le premier à faire brûler des Calvinistes.

25 — Le cabaret de la Bolée

Le cabaret de la Bolée fut fréquenté par Charles Baudelaire et Jeanne Duval, puis par les poètes du Fantastique social — Pierre Mac Orlan, Francis Carco… — et, plus tard, par Robert Desnos et l'écrivain-dessinateur André Warnod.

Vers l’arrêt 3 →
Prenez à droite la rue Gît-le-Cœur, en direction de la Seine.
3
Arrêt 3
★ Incontournable ~8 min

Rue Gît-le-Cœur

Le « Beat Hotel » des écrivains américains et l'hôtel d'un redoutable garde des sceaux.
📍 Rue Gît-le-Cœur, 6e arr.

C'est l'ancienne rue Gilles le Queux, c'est-à-dire le cuisinier. Aux n° 10 et n° 4, on trouve encore une pompe à eau, l'une à gauche, l'autre à droite, dans les cours.

9 — L'Hôtel Rachou, futur « Beat Hotel »

L'Hôtel Rachou, futur « Beat Hotel », fut le séjour privilégié de Chester Himes et de nombreux auteurs américains vers 1956.

5 — L'Hôtel d'O

L'Hôtel d'O était la demeure du chancelier Pierre Séguier, garde des sceaux sous Louis XIII. C'est lui qui saisit en 1637 la correspondance de la reine Anne d'Autriche — qui, comme son nom ne l'indique pas, était espagnole —, soupçonnée de trahir des secrets d'État au profit de son frère Philippe IV. Homme de confiance de Richelieu, il écrasa la révolte des « Nu-Pieds » en Normandie en 1639. En un mot, ce qu'on appelle un « grand serviteur de l'État »…

Vers l’arrêt 4 →
Rejoignez la Seine et tournez à gauche sur le quai des Grands Augustins.
4
Arrêt 4
★ Incontournable ~20 min

Quai des Grands Augustins

Le premier quai de Paris, de Racine à Barbara et du couvent à Guernica.
📍 Quai des Grands Augustins, 6e arr.

Ce fut le premier quai construit à Paris, à la demande de Philippe IV le Bel, en 1313. C'est là, dans un débit de boissons tenu par ses parents, que naquit le 4 avril 1797 Pierre Leroux, journaliste et philosophe, introducteur en France du mot « Socialisme ».

15 — Le cabaret de l'Écluse

Le cabaret de l'Écluse vit débuter la chanteuse Barbara. Brel, Ferré, Devos, Noiret et Marcel Marceau s'y produisirent également.

17 et 21 — Racine, Bernardin de Saint-Pierre et George Sand

Au n° 17, dans l'Hôtel de Luynes, demeura Jean Racine adolescent, vers 1656. Au n° 21 demeura en 1786 Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, ami de Rousseau, auteur de « Paul et Virginie » ; ce fut aussi la demeure de George Sand, en 1831.

51 — Restaurant Lapérouse

Le restaurant Lapérouse fut fréquenté par Victor Hugo et bien d'autres. Il servit aussi de rendez-vous aux Communards délégués à la préfecture de police : Rigault, les frères Levraud, Léon Sornet, Giffaut, Gaston Da Costa.

53 bis — Michel et Zette Leiris

Michel et Zette Leiris cachèrent ici Paul Éluard pendant l'Occupation. Ils y organisèrent, en 1944, une lecture publique du « Désir attrapé par la queue », de Picasso, à laquelle assistèrent Camus, Sartre, Beauvoir

53-55 — Couvent des Grands Augustins et imprimerie Gauthier

Au n° 53-55 se dressait le couvent des Grands Augustins, où Henri III fonda l'ordre du St Esprit ; sa grande salle servait aux réunions du Parlement. Au n° 55, l'imprimerie Gauthier vit travailler comme prote Pierre-Joseph Proudhon, qui y rencontra Charles Fourier en 1828. Colette et Henri Gauthier-Villars dit Willy y demeurèrent quelques semaines au-dessus de l'imprimerie familiale.

Vers l’arrêt 5 →
Faites un crochet par la rue Gît-le-Cœur puis engagez-vous dans la rue Séguier, perpendiculaire au quai.
5
Arrêt 5
★ Incontournable ~20 min

Rue Séguier, rue de Savoie et rue des Grands Augustins

Un dédale de savants, de conventionnels et d'artistes, jusqu'à l'atelier où Picasso peignit Guernica.
📍 Rues Séguier, de Savoie et des Grands Augustins, 6e arr.

La rue Séguier est l'ancienne rue Pavée, que les facétieux Parisiens appelaient « rue Pavée d'Andouilles » (par déformation de Nantouillet, du nom d'un Hôtel voisin), avant qu'elle ne devienne, plus « convenablement », la rue Pavée St André. C'est dans cette voie qu'Edgar Allan Poe — qui ne mit jamais les pieds à Paris — situe sa nouvelle « Le mystère de Marie Roget », dans ses « Histoires grotesques et sérieuses ».

Rue Séguier, 2 — Les Didot et Laplace

Cet hôtel abritait la librairie de la famille d'imprimeurs Didot, à l'enseigne de la Bible d'Or, créateurs d'une police de caractères largement utilisée jusqu'aux débuts de l'informatique. Ce fut aussi la demeure, en 1796, de l'astronome, astrophysicien et mathématicien Pierre-Simon de Laplace, qui travailla sur la Mécanique céleste et la théorie des probabilités.

Rue Séguier, 8 — Henri Michaux

Demeure de l'écrivain et peintre belge Henri Michaux. C'est lui qui décida un certain Jacques Prévert à prendre la plume.

Rue de Savoie, 4 — Billaud-Varenne et Blaise Cendrars

Au n° 4 demeura Jacques Nicolas Billaud-Varenne, conventionnel membre de la Commune de 1792 et du Comité de Salut Public. Ce fut aussi la demeure de Blaise Cendrars et de Féla, sa femme : il y travaillait avec Apollinaire et y recevait Modigliani et Fernand Léger.

Rue de Savoie, 5 et 13 — Garnier-Pagès et Sophie Germain

Au n° 5 demeura Louis-Antoine Garnier-Pagès, républicain de droite, membre du gouvernement provisoire en 1848. Au n° 13 vécut Sophie Germain, mathématicienne autodidacte qui dut publier ses travaux sous le nom d'emprunt d'Antoine Auguste Le Blanc : ceux-ci, malgré leur qualité, n'auraient jamais été pris en compte à l'époque venant d'une femme. Elle fut l'amie de Joseph-Louis Lagrange et correspondit avec Carl-Friedrich Gauss.

Rue de Savoie, 20 — Le syndicat des typographes et Lénine

Siège du syndicat des typographes et travailleurs du livre. Lénine y participa en 1914 à une commémoration de la révolution de 1905.

Rue des Grands Augustins — Drouet, La Bruyère, Heine et Littré

Dans cette rue demeura Jean-Baptiste Drouet, le maître de poste de Sainte-Ménehould qui avait arrêté Louis XVI à Varennes ; il s'y installa en arrivant à Paris avec le cortège qui ramenait le roi fugitif, avant d'être élu député à la Convention puis de rejoindre la Conjuration des Égaux. Au n° 26 demeura Jean de La Bruyère, auteur des « Caractères », de 1676 à 1691. Au n° 25 vécut le poète « socialiste » prussien Heinrich Heine ; au n° 25 ou 21 naquit Émile Littré, auteur du Dictionnaire de la langue française et chef de l'école Positiviste après la mort d'Auguste Comte.

Rue des Grands Augustins, 7 — Le Grenier des Augustins et Guernica

Aux n° 20 et 12 demeurèrent le compositeur Charles Gounod, auteur de « Faust » et de « Mireille », puis à nouveau, en 1802, Pierre-Simon de Laplace. Au n° 8 s'ouvrait le couvent des Grands Augustins où Louis XIII fut intronisé roi le jour même de l'assassinat de son père. Au n° 7, l'Hôtel de Savoie-Carignan, où Balzac situe « Le chef-d'œuvre inconnu », abrita bien des vies d'artistes : Jean-Louis Barrault et Jean Dasté y installèrent leur théâtre expérimental de 1932 à 1936 ; le groupe Octobre répétait dans le Grenier des Augustins autour de Prévert, Raymond Bussière et Lou Tchimoukow, qui « adoptèrent » le jeune Marcel Mouloudji ; en 1936, Breton et Bataille y organisèrent une cérémonie surréaliste pour commémorer la mort de Louis XVI. Enfin, Pablo Picasso y eut demeure et atelier dans les combles : il y peignit Guernica en 1937 et y passa la période de la guerre.

Rue des Grands Augustins, 3 — Robert et Sonia Delaunay

Demeure des peintres Robert et Sonia Delaunay, qui hébergèrent Apollinaire. Sonia illustra des ouvrages de Blaise Cendrars.

Vers l’arrêt 6 →
Regagnez la Seine et gagnez le Pont Neuf, que vous emprunterez en aller-retour.
6
Arrêt 6
Optionnel ~15 min

Pont Neuf

Le plus ancien pont de Paris, scène de théâtre, d'émeutes et d'enrôlements révolutionnaires.
📍 Pont Neuf, 1er / 6e arr.

Comme son nom ne l'indique pas, le Pont Neuf est le plus ancien pont de Paris. Construit en 1578 sous Henri III, il fut le premier pont à Paris à ne pas porter de maisons, et l'un des principaux lieux publics de la capitale au XVIIe siècle.

La troupe de théâtre d'Henri Legrand, dit Belleville, dit Turlupin, y posa ses tréteaux entre 1610 et 1620, en compagnie de ses compères en pitreries et paillardises Gaultier-Garguille et Gros-Guillaume, avant d'aller s'installer à l'hôtel de Bourgogne. Le poète Marc de Saint-Amant y fut roué de coups à mort pour s'être moqué de Monsieur le Prince en 1661.

Une émeute y éclata contre Loménie de Brienne, le 28 août 1788 : Louis XVI rappela Necker après que De Biron eut fait tirer sur la foule. On y installa un bureau d'enrôlement des Volontaires en 1792, et la statue d'Henri IV fut détruite à la même époque. Plus tard, Pierre Curie mourut écrasé par un fardier à l'angle du quai de Conti, en 1906.

Vers l’arrêt 7 →
Revenez sur la rive gauche et engagez-vous dans la rue Dauphine, la plus large du Paris d'alors.
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Arrêt 7
★ Incontournable ~18 min

Rue Dauphine et rue de Nesle

La rue des réverbères, un fauve à sa fenêtre et la loge maçonnique des Neuf Sœurs.
📍 Rue Dauphine et rue de Nesle, 6e arr.

La rue Dauphine était la rue la plus large de Paris à l'époque, et la première équipée de réverbères, en 1763. La rue de Nesle, en aller-retour, garde au n° 8 le siège de la « Société Polymathique » — est-elle l'ancêtre de celle qui existe toujours dans le Morbihan ? —, créée en 1788 pour promouvoir le savoir encyclopédique ; sa salle possède un superbe plafond. Au n° 13 se cache une tour de l'enceinte de Philippe Auguste : on situe dans cette cour un des derniers puits de Paris, ainsi que l'entrée d'un souterrain emprunté, dit-on, par Marguerite de Bourgogne entre l'Hôtel et la Tour de Nesle — mais nous n'en avons pas trouvé trace…

Rue Dauphine, 1 — Albert Marquet

Demeure et atelier du peintre fauve Albert Marquet, dont les fenêtres donnaient sur le quai des Grands Augustins. Une importante barricade barra la rue pendant les Trois Glorieuses, les 27, 28 et 29 juillet 1830.

Rue Dauphine, 6 — Jules Vallès

Emplacement de l'hôtel St Joseph ou Riffault, demeure de Jules Vallès à son arrivée à Paris. C'est là aussi, bien sûr, que descend Vingtras dans « Le Bachelier ». On trouve encore une pompe à eau au n° 10, dans la cour.

Rue Dauphine, 18 — L'Hôtel Impérial et la loge des Neuf Sœurs

L'Hôtel Impérial abrita le siège de la loge des Neuf Sœurs (les muses), fondée en 1776 par Jérôme de Lalande avec le soutien d'Anne-Catherine de Ligniville Helvétius, et à laquelle appartiendront John Paul Jones et BaillyBenjamin Franklin en fut nommé « Vénérable » et Voltaire y fut reçu comme membre honoraire deux mois avant sa mort. L'Hôtel abrita aussi la Société apollonienne, société savante créée en 1780 par Court de Gebelin, Cordier de Saint-Firmin et La Dixmerie, fréquentée par Georges Danton, Camille Desmoulins et Joseph Ignace Guillotin, et qui deviendra le « Musée de Paris ». Le club des Cordeliers s'y installa le 16 mai 1791, après avoir été chassé du couvent de la rue de l'École de Médecine dont il avait pris le nom.

Vers l’arrêt 8 →
Poursuivez la rue Dauphine côté impair, en aller-retour, à la recherche des vestiges de l'enceinte de Philippe Auguste.
8
Arrêt 8
Optionnel ~15 min

Rue Dauphine (suite) et passage Dauphine

Sociétés secrètes, le cabaret Le Tabou et les tours de l'enceinte médiévale.
📍 Rue Dauphine et passage Dauphine, 6e arr.

La rue conserve la trace de l'enceinte de Philippe Auguste : une tour au n° 34, l'emplacement de la Porte Dauphine au n° 44 (détruite en 1673, marquée d'une plaque), et des vestiges au n° 48, revus et corrigés par Charles V, dans une bijouterie. Au passage Dauphine, au n° 13, une tour bien conservée est visible dans une salle de cours de l'école de langues et sur la terrasse ; elle servit de lieu de distribution de munitions pendant la Révolution de 1830.

Rue Dauphine, 24 — La Société des Familles

Local de la Société des Familles, société secrète créée pendant la Monarchie de Juillet, à laquelle participaient Auguste Blanqui et Armand Barbès… Des militants y furent arrêtés en 1836 alors qu'ils fabriquaient des munitions en vue d'une nouvelle insurrection.

Rue Dauphine, 33 — Eugène Varlin, Beauvoir et Le Tabou

Demeure d'Eugène Varlin, membre de l'AIT et de la Commune, « l'honneur du prolétariat » comme le surnommaient ses camarades ; Théo Ferré, autre membre de la Commune, aurait également demeuré dans cette rue. Ce fut aussi la demeure de Simone de Beauvoir, à l'hôtel d'Aubusson, pendant la guerre, alors qu'elle avait été exclue de l'Éducation nationale en 1942-1943. Au sous-sol se tenait le Tabou, cabaret fréquenté par de nombreux artistes et écrivains : Gréco, Vadim, Camus, Sartre, Beauvoir, Queneau, Tzara, Merleau-Ponty…

Rue Dauphine, 39 et 42 — Prévert et la Vie Ouvrière

Au n° 39 demeura Jacques Prévert en 1931. Le n° 42 abrita le siège du bimensuel syndical la « Vie Ouvrière » à sa création par Pierre Monatte en 1909.

Vers l’arrêt 9 →
Revenez sur vos pas et prenez la rue Mazarine, puis bifurquez à droite vers la rue Guénégaud, en direction de la Monnaie.
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Arrêt 9
★ Incontournable ~15 min

Rue Mazarine et rue Guénégaud

Des vestiges de Philippe Auguste dans un parking à la maison d'édition de Nancy Cunard.
📍 Rue Mazarine (première partie) et rue Guénégaud, 6e arr.

La rue Mazarine, ancienne rue des Fossés de Nesle, courait à l'extérieur de l'enceinte de Philippe Auguste. Au n° 27, d'importants vestiges de cette enceinte subsistent aux premier et second sous-sols d'un parking souterrain ; au n° 19 demeura le poète Robert Desnos, résistant déporté en 1944, mort du typhus au camp de Térézin en 1945. Dans la rue Guénégaud, la tour la mieux conservée de l'enceinte se dresse au n° 29, malheureusement « privatisée » et donc invisible.

Rue Guénégaud, 8 et 17 — Henri Chouteau et Armand Camus

Au n° 8 demeura Henri Chouteau, membre de la 1ère Internationale (AIT), du Comité central républicain des Vingt arrondissements et du CC de la Garde Nationale sous la Commune ; exilé en Angleterre après la Semaine sanglante, il anima la Société des Réfugiés de la Commune. Au n° 17 demeura Armand Camus, jurisconsulte, secrétaire de la Convention envoyé arrêter Dumouriez.

Rue Guénégaud, 15 — Nancy Cunard et Victor Serge

Maison d'édition de Nancy Cunard, « Hours Press », qui édita de nombreux poètes méconnus : Samuel Beckett, Ezra Pound, Pablo Neruda… C'est là aussi que fut hébergé Victor Serge, par un certain Broux à son retour d'Espagne en 1917. Et c'est à l'angle du quai de Conti que d'Artagnan voit Buckingham, qu'il prend pour Aramis, sortir de la rue Dauphine au bras de Mme Bonacieux… Jalousie, quand tu nous tiens !

Vers l’arrêt 10 →
Débouchez sur le quai de Conti et tournez à gauche, longeant la Seine vers l'Hôtel des Monnaies et l'Institut.
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Arrêt 10
★ Incontournable ~25 min

Quai de Conti — La Monnaie et l'Institut

De Condorcet frappant les premiers francs à la Bibliothèque Mazarine et à la Tour de Nesle.
📍 Quai de Conti et impasse de Conti, 6e arr.

Le quai de Conti aligne quelques-uns des plus prestigieux édifices de la Rive Gauche. À l'Hôtel des Monnaies (n° 11), Condorcet, qui en avait la charge, discutait avec Franklin de la constitution française et de la Déclaration des droits. Zéphirin Camélinat y fut nommé directeur de la Monnaie pendant la Commune, avant le massacre de Communards de la Semaine sanglante. En 1795, la monnaie devint le Franc, en application du système décimal.

1 — Hôtel de Nesle, puis de Nevers

Quartier général de la « Sainte Ligue » pendant les guerres de religion, en 1588, cet hôtel fut aussi le siège d'une conspiration contre Richelieu qui aboutit à l'exécution de Cinq-Mars et de Le Thou en 1642.

5 — Le QG du colonel Lizé

QG du colonel Marguerittes, dit Lizé, commandant des FFI, du 17 au 22 août 1944 ; il le transféra ensuite au n° 11.

Impasse de Conti, 1 — Hôtel de Guénégaud

Salon fréquenté par Boileau, Racine et l'abbé Perrin, auteur de Pomone, au milieu du XVIIe siècle.

13 — Hôtel de Sillery

Bonaparte y rendit visite à une amie de sa mère alors qu'il était encore à l'École militaire.

21-23 — Tour de Nesle et Collège des Quatre Nations

Au n° 23 se dressaient la tour et la poterne Hamelin de l'enceinte de Philippe Auguste puis de Charles V, autrement dit la tour de Nesle, lieu des débauches présumées des brus de Philippe IV le Bel, et fanal indiquant l'entrée de Paris — un des seuls lieux de la capitale éclairés la nuit au Moyen Âge. Au n° 21-25 s'élève le Collège des Quatre Nations (Pignerol en Piémont, Alsace, Flandre, Artois), construit en 1661 à l'initiative de Jules Mazarin, qui y a son tombeau. Siège du Comité de salut public de la Seine et prison sous la Terreur, il vit incarcérer Guillotin, le peintre David et Gracchus Babeuf ; Alexandre Dumas père raconte comment il faillit être tué dans les combats de 1830 sur son parvis.

L'Institut de France et la Bibliothèque Mazarine

Devenu Institut de France, l'édifice vit Yvonne Choquet-Bruhat devenir la première femme reçue à l'Académie des Sciences, en 1979, et Marguerite Yourcenar la première à l'Académie française, en 1980. La Bibliothèque Mazarine, première bibliothèque de France ouverte au public, employa comme bibliothécaire Sylvain Maréchal ; Gustave Flaubert, l'un des pires détracteurs de la Commune, y bénéficia d'une sinécure en 1879.

Vers l’arrêt 11 →
Tournez le dos à la Seine et remontez la rue de Seine, puis la rue Mazarine, cœur du quartier.
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Arrêt 11
★ Incontournable ~20 min

Rue de Seine et rue Mazarine

Le palais de la reine Margot, l'Illustre Théâtre de Molière et la Marmite de Varlin.
📍 Rue de Seine et rue Mazarine, 6e arr.

La rue de Seine s'ouvre sur le Palais de la reine Margot (n° 2-10) : aussi pieuse que débauchée, elle y installa des moines Augustins dans son parc, puis les chassa parce qu'elle trouvait qu'ils chantaient faux… Au n° 6, l'Hôtel de Garsanian fut la demeure de Victor de Riquetti de Mirabeau, dit « l'ami des hommes », père de l'orateur, ainsi que du philosophe, mathématicien et astronome Roger Boscovitch, fondateur de l'atomisme moderne.

La rue Mazarine, ancienne rue des Fossés de Nesle, garde au n° 1 la marque du niveau de la crue de 1910, au coin de la rue de Seine.

Rue Mazarine, 4 bis et 10-14 — Edgar Quinet et l'Illustre Théâtre

Au n° 4 bis demeura l'historien et philosophe républicain Edgar Quinet, exclu du Collège de France par Guizot. Aux n° 10-14 se trouvait le Jeu de paume des Métayers, où Jean-Baptiste Poquelin, alias Molière, installa l'Illustre Théâtre en 1643 ; la première représentation eut lieu le 1er janvier 1644.

Rue Mazarine, 12 et 20 — Joseph Vernet et Charles Barbaroux

Au n° 12 se trouvait l'atelier du peintre Joseph Vernet. Au n° 20 demeura le député Girondin Charles Barbaroux, leader du bataillon des Marseillais.

Rue Mazarine, 28 — Champollion et Horace Vernet

Demeure de Jean-François Champollion, qui déchiffra les hiéroglyphes à partir de la pierre de Rosette, ainsi que du peintre Horace Vernet.

Rue Mazarine, 30 à 42 — Des pompiers de Paris à la Marmite de Varlin

Au n° 30, l'Hôtel des pompes abrita l'état-major des pompiers de Paris, créé par François Dumouriez du Perrier en 1722. Au n° 34 ouvrit le premier restaurant coopératif, les Marmites, association créée par Nathalie Le Mel et Eugène Varlin. Au n° 36 demeura Pierre-Joseph Proudhon dans une chambre d'étudiant, où il eut de longues discussions avec Marx en 1844. Au n° 5 vécut Marie Desmares, dite la Champmeslé, célèbre interprète des pièces de Racine.

Rue Mazarine, 42 — Le Jeu de paume de la Bouteille et la Comédie française

Au n° 42, le Jeu de paume de la Bouteille, ou salle Guénégaud, vit la création du premier Opéra de Paris en 1669 et la représentation de « Pomone », opéra de l'abbé Pierre Perrin. C'est là que la troupe du Marais fusionna avec celle de Molière après la mort de ce dernier, pour donner la troupe Guénégaud, laquelle, fusionnant à son tour avec la troupe de l'Hôtel de Bourgogne, donnera la Comédie française, créée sur ordre de Louis XIV en 1680.

Rue Jacques Callot — Clarté, Le Paria et la Galerie surréaliste

En aller-retour par la rue Jacques Callot, au n° 16 : siège de la revue « Clarté », dirigée par Henri Barbusse, et de la revue « Le Paria » éditée par Hô Chi Minh ; en 1926 s'y installa la Galerie surréaliste, tenue par Pierre Naville. Le café de la Palette fut fréquenté par l'écrivain italien Alberto Moravia, auteur du « Mépris ».

Rue Mazarine, 46 à 70 — Mai 68, Manet et Proudhon

En remontant la rue Mazarine côté pair : au n° 46, dans cette annexe de l'école des Beaux-Arts, étaient imprimées les affiches de Mai 68 ; au n° 60 demeura le peintre Édouard Manet ; au n° 35, une tour habitée de l'enceinte de Philippe Auguste ; au n° 70, le philosophe Pierre-Joseph Proudhon, un des théoriciens de l'Anarchisme, auteur de la « Théorie de la propriété ».

Vers l’arrêt 12 →
Gagnez le carrefour de Buci, point de convergence de plusieurs voies historiques.
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Arrêt 12
★ Incontournable ~25 min

Carrefour de Buci et rue de l'Ancienne Comédie

Le café Procope, foyer des Lumières où l'Encyclopédie et la Révolution se sont pensées.
📍 Carrefour de Buci et rue de l'Ancienne Comédie, 6e arr.

Le carrefour de Buci fut le premier bureau de recrutement des volontaires de 1792 et le point de départ des massacres de septembre ; une barricade y fut dressée pendant la révolution de février 1848, d'où serait parti le mot d'ordre « vive la République ». On y trouve aujourd'hui le café philosophique « Le Buci ».

La rue de l'Ancienne Comédie, ancienne rue des Fossés St Germain des Prés, aligne les demeures illustres : au n° 5, Cambacérès, 2e Consul et principal rédacteur du Code civil ; au n° 8, l'emplacement du restaurant Dagneau (Hugo, Sand, Gautier, Murger) ; au n° 12, Fabre d'Églantine, rédacteur du calendrier républicain et auteur de « Il pleut, bergère ».

13 — Le café Procope

Juste après l'introduction du café à Paris, un Sicilien de Palerme, Procopio dei Costelli, ouvrit en 1686 Le café Procope, qui aura la chance de se retrouver, trois ans plus tard, pile en face de la Comédie française : ce qui en fera le foyer non seulement de celle-ci, mais aussi de la vie intellectuelle du Siècle des Lumières. Il fut fréquenté par Rousseau, Diderot, d'Alembert, Marmontel, Benjamin Franklin, Thomas Jefferson, Beaumarchais, Montesquieu, CondorcetVoltaire y installait son bureau lors de ses séjours à Paris, et ses cendres — comme celles de Marat — y furent exposées avant leur transfert au Panthéon. Le premier volume de l'Encyclopédie y fut mis au point par Diderot, d'Alembert, Marmontel et Piron en 1751, et Benjamin Franklin aurait rédigé la constitution américaine sur une de ses tables. Le bonnet phrygien y fut porté pour la première fois par l'acteur Julian, adopté en l'honneur des suisses de Nancy libérés du bagne de La Rochelle. C'est du Procope que partirent les insurrections du 20 juin et du 10 août 1792. Il fut aussi fréquenté par Marat, Danton, Desmoulins, Guillotin, Louis Legendre, Fabre d'Églantine, Billaud-Varenne

14 à 21 — La Comédie française, Marat et Guillotin

Au n° 14, la Comédie française, chassée du voisinage du collège des Quatre Nations sur lequel elle aurait eu une influence néfaste, s'installa de 1689 à 1770 ; ce fut aussi l'atelier de nombreux peintres, dont Gros, David et Horace Vernet. Au n° 16, l'imprimerie de L'Ami du Peuple de Marat, en 1789 et 1790. Au n° 18, le restaurant Pinson, fréquenté par George Sand et ses amis Berrichons sous la Monarchie de Juillet. Au n° 21, le docteur Ignace Guillotin, humaniste, principal rédacteur de la déclaration des droits.

Vers l’arrêt 13 →
Empruntez la Cour du Commerce Saint-André, discret passage qui s'ouvre sur le boulevard.
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Arrêt 13
★ Incontournable ~15 min

Cour du Commerce Saint-André et Cour de Rohan

L'imprimerie de Marat, l'atelier où fut fabriquée la guillotine et le dernier pas-de-mule de Paris.
📍 Cour du Commerce Saint-André et Cour de Rohan, 6e arr.

Ce passage discret concentre quelques-uns des lieux les plus chargés de la Révolution. Au n° 10 (ex-n° 8), Marat installa son imprimerie en septembre 1789 et y édita « le Publiciste parisien ». Au n° 9, dans l'atelier du facteur de clavecins Schmidt, on fabriqua et l'on essaya la guillotine, d'abord appelée Louison ou Louisette, les premiers essais se faisant sur des moutons dans la cour même. Au n° 4 subsistent une tour et une portion du mur de l'enceinte de Philippe Auguste.

Cabinets de lecture et Sainte-Beuve (n° 8, 7 et 2)

Au n° 8 se tenait le cabinet de lecture de Mme Brissot, veuve du député Girondin ; au n° 7, celui de Blosse, fréquenté par Lucien de Rubempré dans les « Illusions perdues » de Balzac. Au n° 2 (ex-n° 4) demeura Sainte-Beuve, en liaison avec Adèle Hugo ; ce fut aussi la cachette de Jules Vallès pendant la Semaine sanglante.

Cour de Rohan, 3 — Balthus, Bataille et le dernier pas-de-mule

En aller-retour par la Cour de Rohan : au n° 3, la demeure du peintre Balthus, qu'il louait à Georges Bataille, lequel y organisait des fiestas mémorables. On y trouve un puits avec roue et le dernier pas-de-mule de Paris, ainsi que l'atelier de Carle Vernet, fils de Joseph et père d'Horace.

Rue Mazet — Le restaurant Magny et le tournedos Rossini

En aller-retour par la rue Mazet, au n° 9 : le restaurant Magny, où se tenaient les dîners du Vendredi, réunions d'écrivains célibataires misogynes — les frères Goncourt, Sainte-Beuve, Flaubert, Gautier, Taine, Gavarni, Renan… C'est là que Gioacchino Rossini inventa son fameux « tournedos ».

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Sortez de la cour par la rue Saint-André des Arts, que vous parcourrez jusqu'à la place éponyme.
14
Arrêt 14
★ Incontournable ~20 min

Rue Saint-André des Arts

La Porte de Buci, Nadar photographe et l'enfance de Baudelaire.
📍 Rue Saint-André des Arts, 6e arr.

La rue Saint-André des Arts, côté impair, garde de nombreuses traces. Au n° 61, le Mazet, café philosophique ; au n° 57, la Porte de Buci de l'enceinte de Philippe Auguste puis de Charles V, une des principales portes du Paris médiéval : c'est par elle, à la suite de la trahison du fils Perrinet-Leclerc, que les Bourguignons entrèrent dans Paris pour y massacrer les Armagnacs le 29 mai 1418 ; par contre, lors de la St Barthélémy, sa fermeture sauva de nombreux huguenots du Faubourg St Germain, appelé la « petite Genève ». Au n° 47, l'emplacement de l'Hôtel de Navarre, dit Séjour d'Orléans, demeure de Jeanne de Navarre puis de Charles IX, devenu ensuite Hôtel de Villayer puis de Vieuville, siège d'un salon ouvert aux savants et artistes européens des Lumières.

45 — Billaud-Varenne, Nadar et Pierre Larousse

Emplacement d'un domicile de Billaud-Varenne, « le tigre à perruque jaune », membre du Comité de salut public. Ce fut aussi la demeure de Félix Tournachon, dit Tournadar, puis Nadar, photographe, inventeur et mécène, de 1824 à 1833, ainsi que du physicien et chimiste Mathieu Orfila et de Pierre Larousse, auteur d'un dictionnaire en 14 volumes.

46 — E. E. Cummings

Demeure du poète américain Edward Estlin Cummings. Superbe façade et belle fontaine dans la cour.

Rue de l'Éperon — Le lycée Fénelon et Théodore de Banville

En aller-retour par la rue de l'Éperon : au n° 2, l'Hôtel de Villayer où s'ouvrit le premier lycée de jeunes filles à Paris en 1883, aujourd'hui Lycée Fénelon ; au n° 10, le poète parnassien Théodore de Banville, qui y tenait les « Dimanches de la rue de l'Éperon » réunissant Villiers de l'Île-Adam, Verlaine, Mallarmé, Maupassant, Courteline et Manet, entre 1880 et 1890.

Rue Suger et rue du Jardinet — Huysmans et Laennec

En aller-retour par la rue Suger, au n° 9 : maison natale de Joris-Karl Huysmans. Par la rue du Jardinet, au n° 3 : la demeure du docteur René Laennec, qui inventa le stéthoscope en regardant jouer des gamins aux Tuileries en 1816.

41 à 22 — Racine, l'Ami du Roi et l'enfance de Baudelaire

Côté pair et impair, en revenant : au n° 41, l'emplacement où la plupart des historiens situent une demeure de Jean Racine (qui habitait en fait, de 1680 à 1684, la rue du Cimetière St André voisine, d'où la confusion) ; au n° 37, le siège du journal ultraroyaliste de l'abbé Royou, « L'Ami du Roi, des Français, de l'Ordre et surtout de la Vérité », et l'adresse présumée de la « Laiterie du Paradoxe », café littéraire tenu par un certain Trapadoux et fréquenté par Baudelaire, Poulet-Malassis et Nadar… Au n° 31, le Café Belge, fréquenté par Henri Murger, où fut lancée la tradition parisienne de la soupe à l'oignon vers 1851. Aux n° 30, 25 et 22, plusieurs demeures et un cabaret d'enfance de Charles Baudelaire, entre 1827 et 1831. C'est aussi dans cette rue que Nathalie Le Mel travailla chez Magnier à son arrivée à Paris.

Vers l’arrêt 15 →
Faites un dernier détour par la rue Séguier, en aller-retour, avant de rejoindre la place Saint-André des Arts.
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Arrêt 15
★ Incontournable ~15 min

Rue Séguier (détour) et Place Saint-André des Arts

Camus, Rimbaud chez Charles Cros, et la place où fut baptisé Voltaire.
📍 Rue Séguier et Place Saint-André des Arts, 6e arr.

La place Saint-André des Arts occupe l'emplacement de l'église du même nom, où fut baptisé François Marie Arouet, dit Voltaire, et où Charles de Batz-Castelmore d'Artagnan (le vrai) se maria en 1659, Louis XIV et Mazarin signant son contrat de mariage.

Rue Séguier, 18 et 13 — Camus, Cros et Rimbaud

Au n° 18 demeura Albert Camus au moment de sa mort, le 4 janvier 1960. Au n° 13, l'atelier de Charles Cros, qui y hébergea Arthur Rimbaud en 1871 ; ce dernier le remercia en déchirant ses poèmes.

Rue Séguier, 9-13 et 11 — Les Frères cordonniers et la revue « l'Atelier »

Aux n° 9-13, la communauté religieuse des Frères cordonniers de St Crépin, exempte des règles corporatives. Au n° 11, le siège de la revue « l'Atelier », organe des « néo-catholiques », dirigée par Corbon et Agricol Perdiguier en 1848.

Place Saint-André des Arts, 11 à 30 — Gounod, Villa-Lobos, Guimard et Balzac

Au n° 11, la maison natale de Charles Gounod, compositeur de « Faust » et de « Mireille », né le 17 juin 1818. Au n° 13, la demeure du compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos, entre 1923 et 1930. Au n° 15, la station de métro St Michel conçue par Hector Guimard. Au n° 30, la librairie de M. Canel, qui encouragea le jeune Honoré de Balzac — signant alors Horace de St Aubin — à se lancer dans l'édition en 1824.

⚠︎ Notice en cours de relecture (contenu issu des archives, enrichi puis vérifié) — découpe, légendes et crédits d’images susceptibles d’évoluer.