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Balade · 1er arr.

Le Jardin du Palais-Royal, pépinière des révolutions

Du café de Foy à la guillotine, l'itinéraire d'un jardin d'où sont parties toutes les révolutions parisiennes.
📍 10 arrêts
🚶 ~1.8 km
⏱ ~2h30
📖 1er arr.
Le Jardin du Palais-Royal, pépinière des révolutions

Élégant, silencieux, ponctué des colonnes de Buren, le jardin du Palais-Royal est aujourd'hui l'un des endroits les plus paisibles de Paris. Mais son périmètre, longtemps soustrait à la police du roi, fut au XVIIIème siècle le cœur de la vie parisienne — foyer du jeu, de la presse, des clubs et des complots. C'est de ce jardin que partit la Révolution, le 12 juillet 1789. Cette balade en parcourt les abords — rues de Richelieu, de Montpensier, de Beaujolais et de Valois — puis le palais lui-même et ses galeries, jusqu'au jardin où s'achève la promenade.

Plan de l'itinéraire

1
Arrêt 1
★ Incontournable ~12 min

Place Colette et place André Malraux

Le point de départ, entre Comédie-Française et Grand Hôtel du Louvre, où théâtre et révolutions se répondent.
📍 Place Colette / place André Malraux, devant la Comédie-Française, 1er arr.

Cette ex-place du Théâtre-Français a été peinte à plusieurs reprises, en 1898, par Camille Pissaro depuis une fenêtre de l'hôtel du Louvre situé juste en face dans la rue Saint-Honoré.

On y peut admirer depuis l'an 2000 ce qui s'est sans doute fait de mieux en matière de bouche de métro depuis celles de style Art nouveau créées par Hector Guimard, précisément un siècle plus tôt : le "Kiosque des noctambules" en verre et aluminium dessiné par Jean-Michel Othoniel et réalisé par les souffleurs de verre de Murano.

1 — La Comédie-Française (Théâtre-Français)

La Comédie-Française ou Théâtre-Français ; le Français pour les initiés. À son emplacement se trouvait à l'origine le palais Brion, qui avait abrité la capitainerie de Richelieu, puis les académies de peinture et de sculpture. Louis XIV l'acheta pour abriter ses amours avec Mademoiselle de La Vallière. Il en eut deux fils illégitimes que Colbert s'empressa de faire disparaître, en 1663 et 1665. Raison d'État, bien sûr !...

  • Le Théâtre-Français fut construit en 1781 par l'architecte Victor Louis. Il prit tout d'abord le nom de "Variétés amusantes".
  • En 1792, il devint le "Théâtre de la Liberté et de l'Égalité", puis "Théâtre de la République". Talma le rejoignit avec le "groupe des patriotes", quittant l'Odéon réactionnaire après la scission de la Comédie-Française.
  • Cette dernière s'y installa finalement, et définitivement, en 1799.
  • Le 10 février 1829, Alexandre Dumas père y présenta "Henri III et sa cour", première pièce romantique jouée à Paris. Elle fit un scandale énorme parce que l'auteur des Trois mousquetaires avait eu l'audace d'introduire dans son texte le mot "mouchoir". Quelle trivialité, n'est-ce pas ?...
  • Un an plus tard, le 25 février 1830, Victor Hugo y faisait jouer "Hernani", véritable manifeste romantique. Il était soutenu par Gautier, Nodier, Boulanger, Nerval, Pétrus Borel, Devéria, Balzac. Cette représentation donna lieu à de vifs affrontements entre "classiques" et "romantiques" ; la fameuse "bataille d'Hernani".
  • Autre scandale : la représentation, le 24 janvier 1891, de "Thermidor", sous-titré "la tyrannie de la canaille", de Victorien Sardou. La pièce attaquait violemment Robespierre et la Terreur. Elle se termina en bagarre généralisée et provoqua des remous jusqu'à la Chambre des députés.
  • Le foyer de la Comédie-Française fut transformé en ambulance pendant la guerre de 1870 et sous la Commune ; les actrices se convertirent en infirmières.

4 (place André Malraux) — La maison des Genêts

À l'emplacement d'une maison à l'enseigne des Genêts, Jeanne d'Arc fut soignée d'une blessure de flèche à la cuisse reçue en tentant de prendre d'assaut la porte Saint-Honoré de l'enceinte de Charles V toute proche, le 7 septembre 1429.

1 (place André Malraux) — Grand Hôtel du Louvre

  • Victor Hugo y descendit en arrivant à Paris pour les obsèques de son fils Charles, le 18 mars 1871, jour du déclenchement de la Commune de Paris.
  • Napoléon Gaillard, cordonnier bellevillois devenu directeur des barricades pendant la Commune, installa son quartier général dans son grand salon.
  • Les Tirailleurs de Belleville et les Vengeurs de Flourens, ainsi que le 159ème bataillon de la Garde nationale sédentaire y établirent leur état-major dès l'entrée des versaillais dans la capitale, le 21 mai 1871.
  • Jules Verne, qui habite Amiens après 1871, y séjourne régulièrement quand il vient à Paris.
  • Conan Doyle y fait descendre l'espion Oberstein, recherché par Sherlock Holmes, dans son "Aventure des plans du Bruce-Partington", écrite en 1895.
Vers l’arrêt 2 →
Quittez la place André Malraux et engagez-vous dans la rue de Richelieu, qui file vers le nord le long du flanc ouest du Palais-Royal.
2
Arrêt 2
★ Incontournable ~15 min

Rue de Richelieu

Une rue rebaptisée rue de la Loi sous la Révolution, jalonnée des demeures de Molière, Diderot, Stendhal et de l'armurerie pillée par les insurgés.
📍 Rue de Richelieu (et ses passages), le long du Palais-Royal, 1er arr.

Elle fut rebaptisée rue de la Loi en 1792 et garda ce nom jusqu'en 1805. Un médaillon de bronze incrusté dans le trottoir au n° 24 indique le tracé du Méridien de Paris : 135 plots, dits disques Arago, avaient été installés à l'origine, en 1995, marquant le passage de la méridienne. Débile incivilité, beaucoup ont malheureusement déjà disparu.

6 — Armurerie Lepage

Magasin de l'armurier Lepage, alors au n° 13 de la rue, qui fut pillé par les insurgés le 27 juillet 1830. Il le fut de nouveau, comme il se doit, le 22 février 1848.

12 — Marie-Joseph Chénier

Demeure, en 1808, de Marie-Joseph Chénier, frère d'André. Il avait habité, de 1805 à 1807, le n° 18 de la même rue. Député à la Convention, c'est sur son rapport que fut décidé l'établissement des écoles primaires. Membre du Club des Cordeliers et de la Commune de 1792, il était dantoniste et dut se faire oublier à la chute des "indulgents", ce qui l'empêcha d'intervenir en faveur de son frère qu'on l'accusa à tort d'avoir fait exécuter. Il fut le co-auteur du Chant du Départ.

15 — Jules Grévy

Demeure de Jules Grévy, qui fut président de la 3ème République.

21, 23 et 25 — Éditeurs, Mignard, Zdrojewski

  • 21 : Siège des Éditeurs français réunis, éditeurs de la revue "Europe" ; une des nombreuses maisons d'édition du PCF entre deux guerres. Un puits est visible derrière un soupirail sur la gauche dans la cour.
  • 23 : Demeure du peintre Pierre Mignard, dont le style donna naissance au mot "mignardise". Il mourut là le 30 mai 1695.
  • 25 : Demeure du général Zdrojewski, chef de la résistance militaire polonaise à Paris, de 1945 à 1989.

26 — Un coup d'œil dans le passage Potier (détour)

Le passage Potier fait partie des 3 passages qui relient la rue de Richelieu à la rue Montpensier. Cette dernière était, avant la construction des galeries de Philippe d'Orléans, une des allées extérieures du jardin. Les deux autres passages étant condamnés — celui de Richelieu au 18 et le passage Hulot au 34 —, nous revenons sur nos pas.

32-34 — Maxime Vuillaume et le Père Duchêne

Cachette du journaliste Maxime Vuillaume après la Semaine sanglante, en juin 1871. Il avait créé, avec Gustave Maroteau, Eugène Vermersch et Alphonse Humbert, un nouveau "Père Duchêne" dont il fut nommé directeur, le 6 mars 1871 ; journal aussitôt interdit par le général Vinoy mais qui reparut sous la Commune. Il rédigea par la suite ses mémoires sous le titre "Mes cahiers rouges au temps de la Commune".

34 — Saint-Simon et Auguste Comte

Demeure de Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon, économiste et philosophe, socialiste utopique dont la pensée, largement trahie par ses adeptes après sa mort et transformée en doctrine, eut une influence considérable sur l'essor du capitalisme dans la seconde moitié du 19ème siècle. Demeure également d'Auguste Comte, en 1834 et 1835.

37 — Fontaine Molière

Fontaine Molière dessinée par Louis Visconti. La statue de Molière est de Bernard-Gabriel Seurre, et les muses de Jean-Jacques dit James Pradier. Elle fut inaugurée le 15 janvier 1844.

39 — Denis Diderot

Demeure, pendant 14 jours, juste avant sa mort survenue le 31 juillet 1784, du philosophe Denis Diderot, principal rédacteur de l'Encyclopédie.

40 — Molière et Armande Béjart

Demeure de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, avec Armande Béjart, à partir de 1672, dans la maison du tailleur Baudelet, au 2ème étage. C'est là qu'il est transporté, mourant, le 17 février 1673, après une attaque survenue au théâtre du Petit Cardinal pendant la 4ème représentation du Malade imaginaire.

43 — Gribeauval

Demeure de Jean-Baptiste de Gribeauval, réformateur de l'artillerie française en 1777. Il a donné son nom à un canon qui équipait l'armée révolutionnaire et ne fut pas pour rien dans la victoire de Valmy. Il mourut ici le 9 mai 1789.

45, 45bis et 50 — Stendhal, Fourier, Pompadour

  • 45 : Emplacement de l'hôtel de Bruxelles, demeure d'Henri Beyle, alias Stendhal, en 1821 et 1822.
  • 45bis : Emplacement de l'hôtel de Hollande, demeure du philosophe Charles Fourier dans un meublé au cinquième étage, du 15 décembre 1825 à 1832.
  • 50 : Demeure, à partir de 1738, de Jeanne Poisson, future marquise de Pompadour. Les femmes, à cette époque, n'existaient souvent dans la "société" que par le type dans le lit duquel elles couchaient. Elles parvenaient parfois par ce biais à jouer un rôle politique. La marquise put au moins protéger ainsi les Encyclopédistes qui en avaient bien besoin. N'oublions pas que l'Encyclopédie elle-même fut, lors de sa parution, enfermée quelque temps à la Bastille…
Vers l’arrêt 3 →
Empruntez, sur votre droite, le passage de Beaujolais qui relie la rue de Richelieu à la rue de Montpensier, côté nord du Palais-Royal.
3
Arrêt 3
Optionnel ~12 min

Passage de Beaujolais et rue de Montpensier

Le théâtre du Palais-Royal et une enfilade d'adresses d'écrivains, de Cocteau à Colette et Paul Morand.
📍 Passage de Beaujolais et rue de Montpensier, 1er arr.

La rue de Montpensier fut rebaptisée rue de Quiberon en 1796 et rue Masséna en 1848. On la parcourt en aller-retour, de part et d'autre du passage de Beaujolais.

38 — Théâtre du Palais-Royal

Théâtre du Palais-Royal, construit en 1780, sous le nom de Théâtre des Beaujolais, par Philippe III d'Orléans, le futur Philippe Égalité. Il fut repris en 1790 par Mademoiselle Montansier.

36 — Berl, Lazareff, Cocteau

Demeure d'Emmanuel Berl, époux de la chanteuse et compositrice Mireille, qui dirigea la revue Marianne en 1932 et écrivit les premiers discours de Pétain. Demeure également de Pierre Lazareff, directeur du journal "Paris-Soir" en 1937, qui s'exila aux États-Unis en 1940 et dirigea "France-Soir" après la Libération. Demeure encore de Jean Cocteau, où il fait la rencontre de Jean Genet le 15 février 1943.

26 — Paul Morand

Demeure de Paul Morand, écrivain collabo, nommé ambassadeur en Roumanie par Laval sous Vichy, ami de Colette, sa voisine.

Vers l’arrêt 4 →
Rejoignez la rue de Beaujolais, qui borde le côté nord du jardin du Palais-Royal.
4
Arrêt 4
★ Incontournable ~10 min

Rue de Beaujolais

L'hôtel de Zweig et de Cocteau, le passage du Perron où vécut Colette, et l'accès à la galerie Vivienne.
📍 Rue de Beaujolais, au nord du jardin, 1er arr.

La rue de Beaujolais longe le jardin du Palais-Royal et abrite, dans ses hôtels et ses passages, quelques-unes des adresses littéraires les plus intimes du quartier.

15 — Hôtel du Beaujolais : Zweig et Cocteau

Emplacement de l'Hôtel du Beaujolais, point de chute de l'écrivain autrichien Stefan Zweig lors de ses séjours à Paris entre 1910 et 1930. Séjour également de Jean Cocteau avant son départ pour Perpignan, en décembre 1939.

9 — Passage du Perron et Colette

Passage du Perron, repaire des escrocs, des trafiquants d'or et des agioteurs de 1809 à 1826, alors que la Bourse était installée dans le palais Mazarin. Demeure de Sidonie Gabrielle Colette. Premier séjour à l'entresol, qu'elle appelle "le tunnel", de 1927 à 1929 ; puis au 1er étage, de 1938 à sa mort en 1954. Pendant l'Occupation son mari juif, Maurice Goudeket, se cache des nazis dans une chambre sous les toits.

6 — Passage des Deux Pavillons

Passage des Deux Pavillons, de 1820, conduisant directement vers la galerie Vivienne.

Vers l’arrêt 5 →
Contournez le jardin par l'est en gagnant la rue de Valois, qui borde le Palais-Royal côté opposé à la rue de Richelieu.
5
Arrêt 5
★ Incontournable ~14 min

Rue de Valois

Voltaire, le restaurant Méot des Jacobins et le berceau de l'Académie française et de l'Opéra.
📍 Rue de Valois, à l'est du Palais-Royal, 1er arr.

La rue de Valois concentre, sur quelques numéros, le quartier général des Jacobins, les premières séances de l'Académie française et l'emplacement du théâtre où mourut Molière. Une importante barricade sera dressée à l'entrée de la rue de Valois par les insurgés le 23 février 1848, contre le corps de garde du Château d'eau situé juste en face sur la place du Palais-Royal.

20 — Hôtel de Fontaine-Martel : Voltaire

Emplacement de l'Hôtel de Fontaine-Martel où séjourna Voltaire, hébergé par la marquise du même nom, de 1731 à 1733.

18 et 11 — Le Rappel, restaurant Méot, Robert-Houdin

  • 18 : Siège du journal "Le Rappel", fondé par la famille Hugo, auquel collabore Émile Blémont. Il tire jusqu'à 30 000 exemplaires en 1880.
  • 11 : Restaurant Méot, quartier général des Jacobins. Robespierre, Saint-Just, Barrère, Barras, son acolyte Bonaparte et Dumouriez le fréquentent régulièrement. Il sera remplacé plus tard, de 1845 à 1852, par le Théâtre des Soirées Fantastiques, première salle d'Eugène Robert-Houdin, automaticien et rénovateur de la prestidigitation.

6 et 3-5 — Berceau de l'Académie française

  • 6 : Premières séances officielles de l'Académie française, présidées par Valentin Conrart, à partir du 27 janvier 1635.
  • 3-5 : Hôtel Mélusine qui fut le siège de cette même Académie française chez Boisrobert, académicien hébergé par Richelieu — à l'initiative duquel elle avait été fondée —, à partir du 14 juin 1638 et jusqu'en 1643.

8 et 2 — Le Bœuf à la mode, le Musée de Monsieur

  • 8 : Restaurant "Le Bœuf à la mode", tenu par le sieur Tissot, dont l'enseigne figurait un bœuf qu'il habillait d'un costume d'Incroyable bleu-blanc-rouge ; ce qui lui valut un beau succès sous le Directoire et de sérieux ennuis sous la Restauration.
  • 2 : Emplacement du "Musée de Monsieur (le comte de Provence) et de Monseigneur le comte d'Artois" ; lycée créé par les frères de Louis XVI — les futurs Louis XVIII et Charles X — et dans lequel enseignaient des savants réputés, tels que Gaspard Monge, Jean-Antoine Chaptal et Condorcet. Il comptait 700 inscrits en 1786.

1 — Théâtre du Petit Cardinal et Opéra de Paris

Emplacement du Théâtre du Petit Cardinal, créé par Richelieu en 1639. On y représentait entre autres des spectacles de Lully et de Rameau. Molière y installa sa troupe en 1661. C'est sur sa scène qu'il eut une attaque alors qu'il jouait le rôle titre de son "Malade imaginaire", le 17 février 1673. Le Petit Cardinal devient Académie royale de musique, sous la direction de Lully, le 15 juin 1673. C'est la troisième salle occupée par l'Opéra de Paris qu'elle abritera jusqu'à son incendie, le 6 avril 1763.

Vers l’arrêt 6 →
Gagnez la place du Palais-Royal, qui s'ouvre devant la façade principale du palais, côté Louvre.
6
Arrêt 6
★ Incontournable ~8 min

Place du Palais-Royal

La barricade de février 1848 qui emporta la Monarchie de Juillet, et le repère du Méridien de Paris.
📍 Place du Palais-Royal, devant la façade du palais, 1er arr.

Elle fut rebaptisée place de la Maison Égalité pendant la Révolution, en 1792. C'est là que se trouvait, à l'emplacement actuel du Grand Hôtel du Louvre, le corps de garde dit "le Château d'eau". Les insurgés l'attaquent le 23 février 1848. Flaubert décrit la scène dans son "Éducation sentimentale". Étienne Arago et Joseph-Louis Lagrange tentent une médiation qui échoue. Le poste tombe, et avec lui la Monarchie de Juillet, régime honni instauré par Louis-Philippe Ier après la révolution de 1830.

Sur le trottoir devant l'aile gauche du palais se trouve une borne portant une plaque qui indique la position du Méridien de Paris ainsi que la direction Nord-Sud.

Vers l’arrêt 7 →
Vous voici devant le Palais-Royal lui-même. Approchez-vous de sa façade pour en dérouler l'histoire, du Palais Cardinal au foyer des révolutions.
7
Arrêt 7
★ Incontournable ~15 min

Le Palais-Royal

De Richelieu à Philippe Égalité, le palais d'où partit la Révolution du 12 juillet 1789 et où se jouèrent trois régimes.
📍 Le Palais-Royal, place du Palais-Royal, 1er arr.

Il est appelé dans un premier temps "Palais Cardinal", puisque construit entre 1634 et 1642 par l'architecte Le Mercier pour Richelieu. Celui-ci le lègue à Louis XIII qui ne lui survivra que peu de temps. Il prend son nom actuel lorsque la famille royale, délaissant le palais du Louvre, s'y installe pendant la régence d'Anne d'Autriche, le 7 octobre 1643.

Henriette-Marie, fille d'Henri IV et femme de Charles Ier d'Angleterre, s'y réfugie la même année après que son époux eut été décapité par la révolution de Cromwell. Le jeune Louis XIV, lui, sera obligé de le quitter pour s'enfuir à Saint-Germain-en-Laye à deux reprises pendant la Fronde, le 5 janvier 1649 et le 6 janvier 1650. Un an plus tard, en février 1651, le peuple rentrera jusque dans sa chambre pour vérifier qu'on ne l'a pas éclipsé de nouveau ; le comble pour un roi "soleil"... Il gardera de ces épisodes une méfiance vis-à-vis des Parisiens qui ne sera sans doute pas pour rien dans l'installation de la cour à Versailles.

La Fronde des princes

C'est là qu'a lieu l'arrestation des princes de Condé, de Conti et du duc de Longueville, décidée par Mazarin, le 18 janvier 1650 lors de la Fronde des princes.

Philippe Égalité et les galeries

Le Palais-Royal devient, en 1692, l'apanage de la branche cadette. En 1781, c'est Louis-Philippe d'Orléans, cousin de Louis XVI, le futur Philippe Égalité, qui en hérite. Son secrétaire s'appelle Choderlos de Laclos. Il y mène une vaste opération immobilière, faisant construire les fameuses galeries commerciales qui lui donnent sa physionomie actuelle. Philippe Égalité sera arrêté ici le 7 avril 1793 et décapité le 6 novembre de la même année.

Son périmètre étant exempté des règlements de police fera du Palais-Royal le centre de la vie parisienne pendant le 18ème siècle et au-delà ; et en particulier le lieu de toutes les activités illégales : le jeu, la prostitution… et la politique !

Le berceau des révolutions (1789-1798)

  • Rien d'étonnant donc à ce que la Révolution parte de ce jardin, le 12 juillet 1789, pour aller piller les dépôts d'armes et prendre la Bastille !...
  • Le 2 juin 1793, ce sera le dernier retranchement armé des Sections favorables aux Girondins, lors de la chute de ces derniers.
  • De violents combats s'y déroulent lors de l'insurrection du 13 Vendémiaire. Le palais est pris d'assaut par les troupes de la Convention à la tombée de la nuit, le 5 octobre 1795.
  • La Bourse des valeurs s'installe une première fois au rez-de-chaussée du palais en 1796.
  • En 1798, il abrite le Cercle constitutionnel du Palais Égalité, autrement appelé Club de Salm. Celui-ci est animé par Benjamin Constant qui y prononce un discours gouvernemental le 27 février 1798. Les Salmistes resteront dans une opposition modérée au 1er Empire.

Du Tribunat aux Trois Glorieuses

C'est là que se tient le Tribunat, l'une des deux assemblées de la constitution de l'an VIII (1800) qui instaure le Consulat. Il subsistera jusqu'en 1807. La Bourse des valeurs occupe une seconde fois son rez-de-chaussée, de 1809 à 1818, en attendant la construction du palais Brongniart.

En 1830, c'est du Palais-Royal, où demeure Louis-Philippe Ier, que débutent les "Trois Glorieuses", remake de la Révolution de 1789. Salvandy disait la veille, lors d'une réception royale donnée en l'honneur de François Ier de Naples : « nous dansons sur un volcan ». Mais, suite à un tour de passe-passe de La Fayette, les libéraux menés par le banquier Jacques Laffitte et Benjamin Constant, appuyés par 95 députés, investissent, en guise de République, Louis-Philippe Ier comme "roi des Français". Il est proclamé le 5 août. Le régime ainsi instauré, qu'on appellera la Monarchie de Juillet, ne connaîtra qu'un court répit. Il sera marqué de nombreuses insurrections, dont celle des Canuts lyonnais dès 1831, et d'une quantité impressionnante d'attentats contre le souverain à la tête en poire.

Palais National et clubs de 1848

Une loi sur l'interdiction des jeux, en décembre 1836, marquera la fin de la vogue du Palais-Royal au profit des Grands boulevards. En 1848, il devient "Palais National". Le Club des Droits de l'homme s'y installe dès le 26 février. Il regroupe Louis Blanc, Ferdinand Flocon, l'ouvrier Albert, Dupont de l'Eure, François Arago, Lamartine, Ledru-Rollin, Louis-Antoine Garnier-Pagès, Adolphe Crémieux, Marie…

Quantité d'autres clubs y tiennent leurs réunions ; en particulier à l'occasion des élections de mars 1848 : le Club Central, présidé par A. de Longpré, qui n'eut pas le rôle auquel il prétendait ; le Club du 2ème arrondissement (arrondissement de l'époque) ; le Club de la Révolution d'Armand Barbès ; le Club des Anciens Constituants, présidé par Michel Goudchaux, ministre des Finances du gouvernement provisoire, fondé par des battus aux élections de l'Assemblée nationale.

Reconstruit après plusieurs incendies partiels, dont celui ordonné par le Comité de Salut public pendant la Semaine sanglante, le lieu s'est assoupi dans une douce torpeur, contrastant avec son passé tumultueux, qui en fait aujourd'hui un des endroits les plus paisibles de la capitale.

Vers l’arrêt 8 →
Pénétrez dans l'enceinte du palais par le Péristyle de Chartres pour rejoindre la cour d'honneur et ses colonnes de Buren.
8
Arrêt 8
★ Incontournable ~10 min

La cour d'honneur et le Péristyle de Chartres

Les colonnes de Buren, la galerie des Proues de Richelieu et l'emplacement du premier passage couvert de Paris.
📍 Cour d'honneur du Palais-Royal, Péristyle de Chartres, 1er arr.

Traversons cette cour où trônent les Colonnes de Buren, "chères" — très chères — aux Parisiens… Nous longeons la galerie d'Orléans en jetant un œil sur les loges de la Comédie-Française. C'est là aussi que se tiennent le Conseil Constitutionnel et le Conseil d'État.

La galerie des Proues

En prenant à droite dans la cour, nous rejoignons la galerie des Proues, seul vestige du Palais Cardinal. Souvenons-nous que Richelieu était aussi Grand maître et surintendant de la Navigation. Ce bâtiment abrite une partie du ministère de la Culture.

Le Camp des Tartares et la galerie d'Orléans

À l'emplacement des deux doubles rangées de colonnes qui séparent la cour du jardin fut construit, en 1784, le premier passage couvert parisien. C'était une galerie de bois, recouverte de vitrages, comportant trois rangées de boutiques et d'attractions foraines réparties le long de deux allées. Lieu particulièrement mal famé, que décrit Balzac dans ses "Illusions perdues", et auquel on donna le nom de "Camp des Tartares". En 1828, cette construction provisoire fut remplacée par la galerie d'Orléans, couverte de verrières, dont il ne reste aujourd'hui que les colonnades devenues inutiles, mais cependant beaucoup plus esthétiques que les coûteuses inepties de Buren.

Vers l’arrêt 9 →
Engagez-vous sous les arcades des galeries. Commencez par la galerie de Montpensier, côté ouest du jardin.
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Arrêt 9
★ Incontournable ~20 min

Les galeries du Palais-Royal

Cafés jacobins, cabinets de cire, tripots et restaurants : le cœur battant — et sulfureux — de la Révolution, galerie après galerie.
📍 Galeries de Montpensier, de Beaujolais et de Valois, autour du jardin, 1er arr.

Les trois galeries d'arcades que Philippe d'Orléans fit construire à partir de 1781 forment un rectangle autour du jardin. Boutiques, cafés, cabinets de curiosités et tripots s'y pressaient dans un périmètre soustrait à la police du roi : c'est ici, plus que partout ailleurs, que la Révolution s'est pensée, imprimée et comploté. On les parcourt l'une après l'autre : Montpensier à l'ouest, Beaujolais au nord, Valois à l'est.

Galerie de Montpensier, 7-12 — Café Corrazza

Pendant la période révolutionnaire, la galerie de Montpensier prend le nom de galerie de la Loi, puis de Quiberon. Au 7-12, le Café Corrazza, célèbre glacier, que fréquentaient les Jacobins, puis les Enragés. S'y étaient tenues en 1789 des réunions du Club Breton, premier nom des Jacobins, autour de François Chabot et Jean-Marie Collot d'Herbois. Mais il devint plus tard le quartier général de Barras, où l'on dit que se prépara le complot du 9 Thermidor. À l'étage du n° 9 se tenait le tripot du "Pince-cul", un des plus fameux de l'époque.

Galerie de Montpensier, 13 et 17 — Librairie Gatey et cabinet de cire de Curtius

  • 13 : Librairie Gatey, qui distribuait pendant la Révolution des libelles contre-révolutionnaires.
  • 17 : Cabinet des figures de cire de Curtius. Celui-ci, qui s'appelait en fait Philippe Kreutz, était médecin et se servait de la cire pour des reproductions anatomiques. Il se mit aux portraits et ouvrit un salon, puis ce cabinet. Ses bustes de Necker et de Philippe d'Orléans furent portés en triomphe par la foule le 12 juillet 1789. Par contre, ceux du Pape Pie VI et de La Fayette furent brûlés en 1791, le premier pour avoir refusé de signer la Constitution civile du clergé, le second ayant fait tirer sur la foule au Champ de Mars. Curtius avait formé sa nièce adoptive, Marie Grosholtz, à la sculpture sur cire. Elle fit un grand nombre de portraits et de masques mortuaires, dont celui de Robespierre, qu'elle emporta en Angleterre avec la collection de son oncle après avoir épousé un certain Monsieur Tussaud…

Galerie de Montpensier, 18 à 44 — Chamfort, Balzac, Louvet, Lamennais

  • 18 : Lycée des Arts. Demeure de Chamfort, auteur de célèbres Maximes, mais aussi des discours de Mirabeau. Il tenta de se suicider pendant la Terreur.
  • 22 : Épicerie Chevet, où se fournissait Balzac, et qu'il cite à de nombreuses reprises dans ses romans.
  • 28 : Librairie de Louvet de Couvray — député à la Convention et auteur des aventures du chevalier de Faublas — pillée par le parti réactionnaire en 1795.
  • 33 : Tripot désigné sous le nom du "Numéro 36", fréquenté par Raphaël de Valentin — le héros de la "Peau de chagrin" — où débute le premier roman d'Honoré de Balzac. Demeure de Félicité Lamennais en 1852, deux ans avant sa mort. Il était l'un des fondateurs de l'école dite "libre" et l'auteur des "Paroles d'un croyant".
  • 36 : Café des Mille colonnes où se tinrent, à partir d'août 1871, les "Dîners des Vilains bonshommes" qui reprirent après la Commune.
  • 44 : Cabinet de curiosités mécaniques et physiques d'un certain Le Pelletier en 1785.

Galerie de Montpensier, 57-60 — Le café de Foy et le discours de Desmoulins

Café de Foy, tenu par le sieur Jousserand depuis 1784. C'est juché sur une de ses tables en terrasse que Camille Desmoulins prononça son fameux discours sur l'imminence d'une "St Barthélemy des Patriotes" et appela le peuple à prendre les armes, le 12 juillet 1789. Et c'est d'ici que partirent, arborant une cocarde de tissu vert, couleur de la livrée de Necker, puis de simples feuilles de platanes, les insurgés qui, deux jours plus tard, allaient prendre la Bastille. Mais on oublie souvent qu'ils commencèrent, le lendemain même, 13 juillet, par incendier quarante des cinquante-quatre barrières des Fermiers généraux.

Galerie de Beaujolais, 79-82 — Café de Chartres et Grand Véfour

Café de Chartres, quartier général des Muscadins, dont le cri de ralliement est "à bas les Jacobins". C'est dans ses parages que se produisent les premières rixes avec les Jacobins en fructidor an II (septembre 1794). C'est au café de Chartres que se rencontrent Barras — qui habite juste au-dessus — et un petit général nommé Napoleone di Buonaparte à qui il refile sa maîtresse, une certaine Joséphine de Beauharnais. Prise de contact, en 1795, entre le fossoyeur et le sabreur — ou plutôt le "canonneur" — de la Révolution.

Devenu le quartier général royaliste en 1815, et fréquenté pourtant par de "bons républicains" dont on retrouvera les noms quelques années plus tard — Adolphe Thiers, Alphonse de Lamartine, Mac-Mahon —, le café de Chartres devient le Grand Véfour en 1820. Beaucoup plus tard, le 23 décembre 1983, celui-ci, alors dirigé par le célèbre cuisinier Raymond Oliver, subira un attentat à la bombe qui fera 12 blessés, dont Françoise Rudetzki, fondatrice de l'association SOS Attentats.

Galerie de Beaujolais, 82 — La Montansier et le coup de foudre de Bonaparte

Paul Barras habite le 2ème étage, juste au-dessus de Marguerite Brunet, dite la Montansier, directrice des théâtres parisiens, dont celui du Palais-Royal mitoyen. Elle tient là un "salon" de mœurs très "libres". Les deux appartements communiquent d'ailleurs par un escalier discret. C'est ici qu'a lieu le "coup de foudre" entre Bonaparte et Joséphine. Tout le gratin révolutionnaire — Desmoulins, Hébert, Marat, Robespierre, Fabre d'Églantine, Danton, Couthon… — fréquente ce lieu mondain.

Galerie de Beaujolais, 85 à 89 — Restaurants Véry, Trois frères provençaux, café du Caveau

  • 85 : Restaurant Véry ; anciennement installé sur la terrasse des Feuillants aux Tuileries. Il s'installe ici en 1808. C'est le premier restaurant à prix fixe de Paris. Balzac y fait dîner Lucien de Rubempré dans ses "Illusions perdues".
  • 88 : Restaurant des "Trois frères provençaux", fréquenté par Blücher pendant l'occupation de Paris après la débâcle de Waterloo en 1815 ; mais aussi par les personnages du "Lys dans la vallée" de Balzac. C'est dans ce restaurant très en vogue qu'a lieu, le 28 octobre 1849, le dîner d'adieu pour le départ en Orient de Flaubert et Du Camp, deux des futurs pires détracteurs de la Commune de Paris ; repas auquel participent Théophile Gautier, Louis Bouilhet, Louis de Cormenin…
  • 89 : Un "Club des Arts" se réunissait en 1784 au-dessus du café du Caveau ; salon de conversations et d'expositions fréquenté par Jean-Sylvain Bailly. Au rez-de-chaussée se tenait le Café du Caveau, lieu de rassemblement des Fédérés venus des provinces en 1792 ; en particulier les fameux volontaires Marseillais. Il était également appelé "Caveau du Sauvage", fréquenté par de nombreux artistes révolutionnaires : Chénier, David, Boieldieu, Méhul, Talma… en sont des habitués. Par la suite, ce dernier laissa la place au Café de la Rotonde, qui devait son nom à une terrasse couverte semi-circulaire, empiétant sur le jardin, que Cambacérès permit de lui adjoindre.

Péristyle de Beaujolais, 102 et 103 — Café des Aveugles, Nerval, café Lamblin, Club de 1789

  • 102 : Au 1er étage, au-dessus de ce qui était alors le Café de Valois, se tenait le Club des Colons. Là se réunissaient des propriétaires venus des îles, qu'on appelait les "Américains". Une loge maçonnique se tenait au 2ème étage. Le café de Valois devint le Café des Aveugles, dont la devise était : "Ici on s'honore du titre de citoyen, on se tutoie et on fume" ; rendez-vous des Sans-culottes pendant la Révolution. Au sous-sol jouait, vers 1867, un orchestre composé d'aveugles ; ce qui fit de cet établissement l'ancêtre du Caf'conc'. C'est dans ces parages que Gérard de Nerval se promenait, tenant en laisse un homard…
  • 103 : Café Lamblin, ou Lemblin, dont la spécialité était le duel contre les officiers étrangers, mais aussi entre royalistes et bonapartistes, entre 1815 et 1820. Des épées conservées sous le comptoir étaient mises à la disposition des bretteurs. Les armées coalisées d'occupation perdirent, paraît-il, autant d'officiers ici que sur les champs de bataille.
  • 108 : Siège du "Club de 1789" ; club révolutionnaire fréquenté par Condorcet et Mirabeau.

Galerie de Valois, 113 à 177 — Café Février, Séraphin, banc d'Argenson, coutelier Badin

  • 113 : Café Février où Pâris, ancien garde du corps de Louis XVI, assassina Le Peletier de Saint-Fargeau, le 20 janvier 1793, pour avoir voté la mort du roi. Il se tint plus tard, à la même adresse, un tripot où Blücher perdit 6 millions au jeu en 1815, lors de l'occupation de Paris qui suivit Waterloo.
  • 119 : Théâtre érotique d'ombres chinoises et de marionnettes de Séraphin, très en vogue de 1784 à 1855. Il donnait des spectacles vantant les "mérites" de Philippe d'Orléans.
  • 141 : Emplacement du banc d'Argenson, dans une allée de l'ancien jardin du Palais-Royal, sur lequel Denis Diderot, qui le cite au début de son "Neveu de Rameau", venait s'asseoir et méditer.
  • 153 : Librairie Guillaumot, installée là depuis 1761.
  • 177 : Boutique du coutelier Badin, dans laquelle Charlotte Corday achète le couteau avec lequel elle va assassiner Marat, le 13 juillet 1793.
Vers l’arrêt 10 →
Quittez les arcades et descendez au centre du jardin pour terminer la promenade parmi ses bassins et ses tilleuls.
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Arrêt 10
★ Incontournable ~12 min

Le jardin du Palais-Royal

Thermes gallo-romains, cirque de Rousseau et petit canon de midi : la flânerie finale dans l'un des lieux les plus paisibles de Paris.
📍 Jardin du Palais-Royal, au centre des galeries, 1er arr.

À l'emplacement du jardin du Palais-Royal se trouvaient autrefois des thermes gallo-romains alimentés par les eaux de Chaillot. L'enceinte de Charles V le traversait en diagonale ; elle fut détruite au moment de la construction du palais. Au fond du jardin, à la place de l'actuel bac à sable, se trouvait un bassin dans lequel le jeune Louis XIV faillit se noyer, faute de surveillance. Il faut dire que sa mère était très occupée par ailleurs avec le cardinal de Mazarin…

Le cirque et le culte de Rousseau

À l'emplacement du bassin actuel, un cirque avait été édifié avant la Révolution au centre du jardin, dans la salle duquel l'abbé Claude Fauchet, fondateur du journal "La Bouche de fer", célébra en 1790-91 le culte de Jean-Jacques Rousseau. Il fut le forum de nombreux meetings pendant la Révolution.

Le petit canon de midi

Le petit canon, qui vient d'être réinstallé sur son socle après avoir été volé, représentait en 1786 l'enseigne publicitaire d'un horloger. Installé alors sur un des balcons du palais, il tonnait tous les jours à midi, grâce à un ingénieux système automatique de mise à feu, permettant ainsi aux riverains de régler leurs montres.

⚠︎ Notice en cours de relecture (contenu issu des archives, enrichi puis vérifié) — découpe, légendes et crédits d’images susceptibles d’évoluer.