Des massacres de Septembre aux Archives nationales, une traversée du haut Marais où chaque pavé garde la mémoire d'une révolte, d'un salon ou d'une barricade.
📍 19 arrêts
🚶 ~4.5 km
⏱ ~3h30
📖 3e–4e arr.
Nous repartirons de la rue St Antoine, face à l'église St Paul ; là où nous nous étions arrêtés lors de la première balade « Autour de la place des Vosges ». Cette seconde partie s'enfonce dans le haut Marais, du côté des Archives : un dédale de rues où se croisent les prisons de la Terreur, les salons du Grand Siècle, les hôtels particuliers, les clubs révolutionnaires de 1848 et de la Commune, et jusqu'aux planques de la Résistance. Sous les hôtels aristocratiques court, presque partout, le tracé fantôme de l'enceinte de Philippe Auguste.
1
Arrêt 1
★ Incontournable~12 min
Rue Malher et rue Pavée
Sous les hôtels d'apparat, la prison de la Force et les charniers de Septembre.
📍 Rue Malher / rue Pavée, 4e arr.
Nous entrons dans le Marais par la rue Malher, où l'Histoire commence dans le sang : au n° 2 furent empilés les cadavres des prisonniers de la Force victimes des massacres du 3 septembre 1792. Au n° 3 se dressait la prison de la Grande Force, construite en 1780 : d'abord prison pour dettes, puis prison politique. Au moment des massacres de septembre s'y trouvaient des proches de la famille royale, dont la princesse de Lamballe, amie intime de Marie-Antoinette à qui sa tête fut présentée au bout d'une pique devant le donjon du Temple.
La rue Pavée, toute proche, aligne quant à elle les demeures illustres. Nous y reviendrons plus longuement en fin de parcours.
24 rue Pavée — Hôtel d'Angoulême, puis de Lamoignon
Hôtel de Lamoignon Prison de la Petite Force Prison de la Petite Force cour Prison de la Petite Force façade
Vers l’arrêt 2 →
Remontez vers le nord jusqu'à la rue Payenne, qui borde le square Georges Cain.
2
Arrêt 2
★ Incontournable~12 min
Rue Payenne
Un square où dort un vestige des Tuileries et la « chapelle de l'Humanité ».
📍 Rue Payenne, 3e arr.
Aux n° 1-9, Charles Baudelaire vécut deux mois, en octobre et novembre 1831, hébergé par M. Bourdon. Au n° 5, l'architecte François Mansart, qui donna son nom aux chambres sous les toits, mourut ici en 1666.
Aux n° 8-14, la gare du factage parisien — la poste centrale de Paris — se trouvait avant 1913 à l'emplacement du square Georges Cain. Ce parc recèle l'un des rares vestiges du palais des Tuileries, incendié pendant la Semaine sanglante en 1871 : un élément du fronton de son pavillon central.
7 rue Payenne — La « maison de Clotilde », chapelle de l'Humanité
Demeure de René Hérault, lieutenant général de police sous Louis XV, qui instaura en 1728 les premières inscriptions du nom des rues à Paris, gravées dans la pierre — le plus souvent sans les lettres « St », grattées à la Révolution pour les voies portant des noms de saints. Ce fut aussi la demeure, en 1932, de la peintre Léonor Fini, artiste en marge du surréalisme, et de l'écrivain surréaliste André Pieyre de Mandiargues. Un puits entièrement recouvert de lierre subsiste dans le jardin.
Prenez la rue du Parc Royal (à droite en aller-retour, puis à gauche), puis la rue Elzévir.
3
Arrêt 3
★ Incontournable~15 min
Rue du Parc Royal et rue Elzévir
Sévigné, Ninon de Lenclos, Bailly le régicide — et une fabrique de faux papiers sous l'Occupation.
📍 Rue du Parc Royal / rue Elzévir, 3e arr.
La rue du Parc Royal fut, bien entendu, rebaptisée rue du Parc National de 1793 à 1806 et de 1848 à 1852. Au n° 10, l'Hôtel de Vigny abritait un orphelinat abandonné par ses administrateurs réfugiés à Versailles en mars 1871 : la Commune prit en charge les orphelins laissés à l'abandon. Au n° 8, la marquise de Sévigné se réfugia chez ses cousins Coulanges pour fuir la variole qui sévissait rue de Thorigny en 1671-1672. Au n° 4 demeura Théophile Gautier en 1829, à l'aube du Romantisme : il a 18 ans et va se lancer dans la littérature.
16 rue Elzévir — Ninon de Lenclos, puis Bailly
Demeure de Ninon de Lenclos, qui y vécut avec sa mère en 1640. En 1789, l'immeuble était occupé par Jean-Sylvain Bailly, mathématicien et astronome, premier député élu aux États généraux, président du Tiers-état, devenu maire de Paris. C'est à ce titre qu'avec La Fayette il fit tirer sur les pétitionnaires venus demander la déchéance du roi le 17 juillet 1791 au Champ de Mars. Cela lui valut d'être guillotiné sur un tas de fumier.
Jean-Sylvain Bailly
14 rue Elzévir — encore Mme de Sévigné
La marquise de Sévigné, qui avait la bougeotte mais affectionnait ce quartier, demeura dans ce qui était alors la rue des Trois Pavillons de 1672 à 1676. Ce fut aussi l'emplacement du jeu de paume des Innocents.
Sévigné marquise de
10 rue Elzévir — la fabrique de faux papiers
Le dispensaire de la rue Elzévir était, pendant l'Occupation nazie et à l'initiative d'Henri Bulawko, une fabrique de faux papiers, un dépôt de tracts et une filière d'évacuation pour les juifs, en 1941 et 1942. Au n° 2 demeurait Chapelle, peintre, membre du Comité républicain du 3ème arrondissement en septembre 1870.
Vers l’arrêt 4 →
Gagnez la rue Barbette toute proche.
4
Arrêt 4
★ Incontournable~15 min
Rue Barbette et rue Vieille du Temple (hôtel de Rohan)
La sucette, le plan de Turgot, et les Chevaux d'Apollon cachés dans une cour.
📍 Rue Barbette / rue Vieille du Temple, 3e arr.
Rue Barbette, au n° 1, demeura Alexis-Édouard Rumbert, ouvrier graveur, commissaire de police du quartier des Archives sous la Commune, arrêté ici avec son frère Louis le 1er juin 1871. Au n° 7, la confiserie Pierrot Gourmand, installée de 1882 à 1930, avait inventé la « sucette ». Au n° 9 vécut Michel-Étienne Turgot, prévôt des marchands, père d'Anne Robert Jacques Turgot : le fameux plan de Turgot fut réalisé à la demande du père — et non du fils — par Louis Bretez. L'escalier est d'origine, de 1744.
64 rue Vieille du Temple — la révolte de 1306
Emplacement de la courtille puis de l'Hôtel Barbette, pillé le 30 décembre 1306 lors d'une révolte des Parisiens contre une mutation monétaire imposée par Philippe IV le Bel sur les conseils d'Étienne Barbette, voyer de Paris. L'opération revenait à quasiment tripler les loyers. La répression fut féroce. Ironie de l'histoire : l'alerte fut si chaude que le roi dut se réfugier au Temple, chez Jacques de Molay, qu'il remercia en le faisant arrêter l'année suivante et en l'envoyant au bûcher.
Hôtel Barbette Jacques de Molay
87 rue Vieille du Temple — l'Hôtel de Rohan
Ancien hôtel de Strasbourg. Un magnifique haut-relief, les Chevaux d'Apollon, œuvre de Robert le Lorrain — élève de Girardon —, sans doute la plus belle sculpture française du XVIIIe siècle, réalisée en 1738, se cache dans une cour latérale, difficile d'accès.
L'Hôtel fut la propriété du cardinal de Rohan, principal protagoniste en 1784 de l'affaire du collier. Tallien y fonda en 1794 un club réactionnaire qui visait à renverser Robespierre, ce à quoi il parvint en Thermidor. L'imprimerie nationale y fut installée de 1808 à 1925 : c'est ici que fut imprimée l'affiche annonçant la dissolution de l'Assemblée, le 2 décembre 1851. Le 18 mars 1871, le 86ème bataillon de la garde nationale Fédérée s'empara du bâtiment, avec à sa tête Pindy et Louis Debock, ouvrier typographe qui prendra la direction de l'imprimerie pendant la Commune.
Le tripot où naquit l'Illustre Théâtre de Molière, et le complot contre Robespierre.
📍 Rue de la Perle / rue de Thorigny, 3e arr.
Au n° 18 de la rue de la Perle, emplacement du jeu de paume de la Perle. Au n° 17, maison natale de Jean-Lambert Tallien, le 23 janvier 1767 : prototype de l'intrigant cupide et renégat, il devient, après avoir encouragé les massacres de Septembre, un pilier de la réaction thermidorienne. C'est au n° 14, dans l'ancien jeu de paume de l'Autruche, qu'il fomente avec Barras et Fouché le complot qui renversera Robespierre le 28 juillet 1794. Au n° 1, l'hôtel réalisé pour lui-même en 1685 par l'architecte Libéral Bruant, qui deviendra musée de la serrurerie après avoir abrité l'école des Ponts et Chaussées.
6 rue de la Perle — l'Illustre Théâtre
Demeure de Madeleine Béjart, issue d'une grande famille de comédiens. C'est ici qu'elle signe avec Jean-Baptiste Poquelin, qui n'est pas encore Molière, le 30 juin 1643 devant notaire, la création officielle de la troupe de l'Illustre Théâtre. Son premier local sera, dans cette même rue, le tripot de la Perle. Le théâtre ayant été longtemps interdit par l'Église, on jouait où l'on pouvait, le plus souvent dans les salles de jeu de paume.
jeu de paume
5 rue de Thorigny — l'Hôtel Salé (Musée Picasso)
L'Hôtel Salé doit son nom à Pierre Aubert de Fontenay, fermier de la Gabelle, en 1659. Il abrita l'institution Beuzelin et Ganser, fréquentée par Honoré de Balzac vers 14-15 ans, en 1813-1814. L'école des Arts et Manufactures, future école Centrale, y fut fondée en 1829 par Alphonse Lavallé, Jean-Baptiste Dumas, Théodore Olivier et Eugène Peclet. Le 4 avril 1871 s'y tint une réunion entre représentants de la Commune membres de l'Association Internationale des Travailleurs — Vallès, Lefrançais, Avrial, Camille Langevin, Édouard Roullier — et des républicains radicaux.
Jean-Baptiste Poquelin, le futur Molière, y demeura chez les Béjart en 1642. Au n° 2, emplacement de la maison où mourut Marion Delorme en 1650. Au n° 6 vécut Louis Thiroux de Crosne, dernier lieutenant de police de l'Ancien Régime, décapité le 28 avril 1794. Au n° 8, demeure de la marquise de Sévigné de 1669 à 1671. Au n° 11, Langlois, ouvrier ciseleur, membre du Comité républicain du 3ème arrondissement en septembre 1870. Au n° 20, planque d'André Bréchet, militant des Jeunesses communistes guillotiné à la Santé le 28 août 1941 ; son dernier cri fut « vive le Parti communiste ! ».
Vers l’arrêt 6 →
Prenez la rue des Coutures St Gervais, puis remontez la rue Vieille du Temple vers le nord.
6
Arrêt 6
Optionnel~10 min
Rue des Coutures St Gervais et rue Vieille du Temple (nord)
La première du Cid, et un vieux puits en façade sur rue.
📍 Rue des Coutures St Gervais / rue Vieille du Temple, 3e arr.
Rue des Coutures St Gervais, au n° 3, demeure de Bernard, orfèvre, membre du Comité républicain du 3ème arrondissement en septembre 1870. Au n° 14, Clovis Dupont, vannier réfugié à Paris pendant le siège de 1870, élu au Conseil de la Commune et délégué au Travail, à l'Industrie et à l'Échange.
90 rue Vieille du Temple — le Théâtre du Marais et la première du Cid
En 1634, la troupe de Mondory, « troupe du Roi du Maretz », quitte la rue Michel le Comte pour s'installer dans le jeu de paume du Marais, dépendance de l'Hôtel d'Argent. C'est ici qu'a lieu la première du Cid de Pierre Corneille, fin décembre 1636. Au n° 97, demeure de Guillaume Serveau, ouvrier bijoutier, un des derniers combattants de la Commune pendant la Semaine sanglante le 27 mai 1871. Au n° 111, un vieux puits en façade sur rue, cette fois sans digicode pour nous empêcher de le voir.
Continuez par la rue du Perche jusqu'à la rue de Saintonge.
7
Arrêt 7
★ Incontournable~10 min
Rue de Saintonge
Pascal et le vide, Robespierre à son arrivée à Paris.
📍 Rue de Saintonge, 3e arr.
Au n° 6, le Théâtre des Muses ou Boudoir des Muses, plus vieux théâtre de Paris encore existant, malheureusement propriété privée inaccessible depuis des années. Au n° 13 demeura Blaise Pascal de 1648 à 1651 : il y mène ses recherches sur le vide. Au n° 27, une vieille maison datant de la Fronde, en 1648. Au n° 54, maison natale, en 1659, de Robert Challe, écrivain aventurier pillé par Voltaire et Diderot. Au n° 64, emplacement de la demeure de Maximilien de Robespierre, de son arrivée à Paris en 1789 à son installation chez Maurice Duplay, rue St Honoré, le 17 juillet 1791.
Vers l’arrêt 8 →
Prenez à gauche la rue de Bretagne, cœur militant du quartier.
8
Arrêt 8
★ Incontournable~15 min
Rue de Bretagne et marché des Enfants Rouges
Là où Lénine parla, où Aragon et Breton prirent leur carte, et le plus vieux marché de Paris.
📍 Rue de Bretagne / marché des Enfants Rouges, 3e arr.
Café de la Garde nationale où des officiers du 145ème bataillon tentèrent de créer un Comité central dès le 30 janvier 1871. Il devint la Maison commune du 3ème arrondissement. Lénine y donna le 21 mai 1909 une conférence sur « le parti ouvrier et la religion », au titre du Club du « Prolétari » ; il assistait aussi le 2 janvier 1910 à une goguette révolutionnaire de la Muse Rouge. La Fédération de Paris du Parti communiste y installe son siège en janvier 1921 : c'est ici que Louis Aragon et André Breton viendront prendre leur carte en 1927. Le futur Hô Chi Minh en était un habitué ; La Muse Rouge y animait des « goguettes révolutionnaires ».
Louis Aragon André Breton
39-41 rue de Bretagne — le marché des Enfants Rouges
Revenant un peu sur nos pas, nous traversons le sympathique marché des Enfants Rouges, situé entre les numéros 39 et 41. Il date de 1628 : c'est le plus vieux de Paris encore en activité. Il s'est appelé « Petit marché du Marais », puis « Marché de Beauce ». Il a été sauvé de justesse, il y a quelques années, des griffes des promoteurs et du crétinisme administratif.
Vers l’arrêt 9 →
Par la rue de Beauce, gagnez la rue Pastourelle à gauche.
9
Arrêt 9
★ Incontournable~15 min
Rue Pastourelle et rue Charlot
La Carmagnole, la Société des Saisons, la première université populaire — et une église arménienne.
📍 Rue Pastourelle / rue Charlot, 3e arr.
Rue Pastourelle, au n° 35, emplacement de la salle Bertin où se tenaient réunions et goguettes de « la Coopération des idées », première université populaire française fondée par Georges Deherme en 1896. Au n° 15 bis, la ruelle Sourdis, avec ses bornes, son caniveau axial et ses maisons en encorbellement, nous donne une idée de ce qu'étaient nombre de rues de Paris au XVIIe siècle ; elle date de 1626. Au n° 7 vécut Pierre d'Hozier de La Garde, généalogiste de la cour qui collabora en 1631 à la Gazette de Théophraste Renaudot. Au n° 3, la maison d'édition de Buissot et Auguste Poitevin signa avec Balzac un de ses premiers contrats en 1823.
23 rue Pastourelle — la Carmagnole et la Société des Saisons
Demeure du culottier Birard, ou Bérard, ou Biraud… auteur supposé de la Carmagnole, air qui viendrait d'un village du Piémont, Carmagnòla, amené à Paris par les volontaires Marseillais ; le « tube » des révolutionnaires après le 10 août 1792. Il se tenait là un cabaret fréquenté par les membres du Tribunal révolutionnaire et du club des Cordeliers, puis un lieu de réunion de la Société des Saisons, animée par Armand Barbès, Auguste Blanqui et Martin Bernard. C'est peut-être là que se prépara la tentative d'insurrection du 12 mai 1839, qui valut à Barbès une condamnation à mort commuée grâce à Victor Hugo. Le cordonnier Edmond Bellemare s'y installa pour préparer contre Napoléon III un attentat.
Armand Barbès Auguste Blanqui
7 rue Charlot — l'église arménienne Ste Croix
Anciennement St Jean-St François, elle possède un orgue de grande qualité réalisé par Aristide Cavaillé-Coll en 1844, dont César Franck fut titulaire et sur lequel jouèrent Léo Delibes et Jules Massenet. Au n° 8 vécut le préfet de police Louis Marie Debelleyme, qui institua les « sergents de ville » — futurs « gardiens de la paix » — et créa les premières lignes d'omnibus à Paris en 1826. Au n° 5, l'Hôtel de Retz où mourut le 24 août 1679 le cardinal du même nom, un des instigateurs de la Fronde.
Prenez à droite la rue des Quatre Fils, puis la rue des Haudriettes, jusqu'à la rue du Temple.
10
Arrêt 10
★ Incontournable~15 min
Rue des Quatre Fils, rue des Haudriettes et rue du Temple
L'avocat de Louis XVI, un salon des Lumières, et l'Hôtel de Montmor où l'on débattait de la circulation du sang.
📍 Rue des Quatre Fils / rue du Temple, 3e arr.
Rue des Quatre Fils, au n° 20, demeura Raymond de Sèze, dit Romain Desèze, qui accepta d'être l'avocat de Louis XVI. Au n° 22, la marquise du Deffand tint jusqu'à 1755 un des plus célèbres salons philosophiques du siècle des Lumières. Le nom de la rue des Haudriettes vient d'une maison pour dames veuves fondée par la femme d'Étienne Haudry, valet de Louis IX, en 1260.
79 rue du Temple — l'Hôtel de Montmor
Un des centres intellectuels du XVIIe siècle. Pierre Gassendi est hébergé par Louis Habert de Montmor jusqu'à sa mort en 1655. En 1628, Claude Tardy et William Harvey y mènent une controverse entre « circulateurs » et « anticirculateurs » à propos de la circulation sanguine ; Harvey s'oppose aux théories de Galien et Descartes se range de son côté. Molière y fait en avant-première la lecture de son « Tartuffe ». En 1871, il abrite le « Grand café de la Nation » où les femmes de la Commune membres de l'A.I.T., dont Nathalie Le Mel et Élisabeth Dmitrieff, se réunissent le 11 avril.
Hôtel du Grand Veneur heurtoir Atget Pierre Gassendi Le Mel Nathalie
71-62 rue du Temple — hôtels de Saint-Aignan et de Mesmes
Au n° 82, emplacement de l'échelle de Justice du prieuré du Temple, où l'on exposa les condamnés jusqu'en 1780. Au n° 77 vécut Jean-Baptiste Bouchotte, ministre de la Guerre sous la Convention. Au n° 71, l'Hôtel de Saint-Aignan, demeure de Claude de Mesmes, surintendant des Finances de Louis XIV ; il abrita la mairie du 7ème arrondissement de l'époque de 1795 à 1823, et devint le QG de la commune centrale républicaine pendant les Trois Glorieuses. Au n° 69, vestiges d'une tour de l'enceinte de Philippe Auguste (vers 1190). Au n° 62, l'Hôtel de Mesmes, demeure des Montmorency : le connétable Anne de Montmorency y meurt en 1567 ; John Law y crée sa Banque générale le 2 mai 1716. Aux n° 60-62, emplacement de la première porte du Temple, percée en 1288 dans l'enceinte de Philippe Auguste.
Le passage suit le tracé de l'enceinte de Philippe Auguste. Il s'y ouvre, le 11 décembre 1781, le « Musée de Monsieur », consacré aux sciences et dirigé par Pilâtre de Rozier, qui sera deux ans plus tard le premier homme à quitter le plancher des vaches à bord d'une « machine volante ».
Pilâtre de Rozier
Vers l’arrêt 11 →
Prenez à gauche la rue Rambuteau, puis la rue Pecquay à droite, jusqu'à la rue des Archives.
11
Arrêt 11
★ Incontournable~15 min
Rue Rambuteau, rue Pecquay et rue des Archives
Le « d'Artagnan de la Commune », la naissance de la Samaritaine, et l'entrée des Archives nationales.
📍 Rue Rambuteau / rue des Archives, 3e-4e arr.
Rue Rambuteau, au n° 18, Maxime Lisbonne, le « citoyen Lisbonne », le « d'Artagnan de la Commune », glorieux saltimbanque trois fois condamné à mort et déporté en Nouvelle-Calédonie, crée ici le 1er avril 1886, dans la salle du théâtre des Folies Rambuteau, la « Taverne de la Révolution française ». Au n° 14, le magasin « À la Belle Héloïse » où Ernest Cognacq, simple vendeur, rencontre Marie-Louise Jaÿ : ils fonderont en 1860 la Samaritaine. Aux n° 3-5, le mur mitoyen marque le tracé de l'enceinte du XIIe siècle. C'est aussi dans cette rue que Gustave Lefrançais fonde en 1849 une école privée dispensant un enseignement matérialiste, fermée par l'État en 1850. Au n° 5 de la rue Pecquay, demeure de Jean-Honoré Simon, impliqué dans le procès de l'insurrection de la Société des Saisons en 1839.
58 rue des Archives — le manoir de Clisson et les Archives nationales
Au n° 48, la Brasserie du Commerce, chez Auger, où eut lieu le 20 septembre 1935 la constitution de la « Gauche révolutionnaire », tendance « pivertiste » créée au sein de la SFIO par Marceau Pivert, René Lefeuvre et Daniel Guérin. Au n° 45, ancien couvent de l'ordre de la Merci, transformé en maison d'arrêt pendant la Terreur en 1792. Au n° 58, la porte du manoir du connétable Olivier de Clisson, de 1372 : le duc Henri II de Guise y hébergea Pierre Corneille de 1662 à 1664. Absorbé par l'Hôtel de Soubise, il abrite aujourd'hui les Archives nationales, instaurées par la Convention nationale le 24 juin 1794 et installées ici en 1808. En mars 1848, l'Hôtel fut le siège d'une filiale du club central de la Société des Droits de l'homme et du citoyen.
Ressortez et prenez la rue des Francs-Bourgeois vers l'Hôtel de Soubise.
12
Arrêt 12
★ Incontournable~15 min
Rue des Francs-Bourgeois et Hôtel de Soubise
L'assassinat de Clisson, la décision de la Saint-Barthélemy, et le sauvetage des Archives en 1871.
📍 Rue des Francs-Bourgeois, 3e-4e arr.
La rue fut rebaptisée rue des Francs Citoyens pendant la Révolution. Au n° 61, à l'angle de la rue des Archives, eut lieu le 13 juin 1392 la tentative d'assassinat du connétable Olivier de Clisson, conseiller de Charles VI, par Pierre de Craon à l'instigation probable de Jean de Monfort. Le roi, en route pour la Bretagne, eut alors sa première attaque de folie. Une importante barricade armée d'un canon fut dressée à ce même endroit pendant la Semaine sanglante : un violent combat s'y déroula le 25 mai 1871.
60 rue des Francs-Bourgeois — l'Hôtel de Guise, aujourd'hui de Soubise
QG de la Ligue pendant les guerres de religion : c'est ici que se prit la décision du déclenchement du massacre de la Saint-Barthélemy le 23 août 1572. Les tonneaux de poudre pris à la Bastille le 14 juillet 1789 y furent entreposés le 16 — 25 tonnes d'explosif. Les Archives nationales s'y installèrent en 1808 ; le sous-porte Bronchard, qui fit intervenir André Alavoine et Louis Debock pour empêcher leur incendie le 25 juin 1871, sauva de la destruction 30 millions de documents. Le fichier central des prisonniers de guerre y fut tenu pendant l'Occupation ; ce fut aussi, à l'initiative de Jacqueline Chaumier, un des premiers services centraux de la Résistance en 1943.
57 bis-55 rue des Francs-Bourgeois — la tour Alvart et le Mont de piété
Au n° 57 bis se cache, inaccessible car privée, la tour dite de Pierre Alvart de l'enceinte de Philippe Auguste, sauvée de la destruction par Victor Hugo en 1880. Au n° 55, siège historique du Crédit municipal, le Mont de piété, connu de ses usagers sous le nom de « Chez ma Tante ». Créé sous Louis XVI en 1777, Augustin Avrial et Francis Jourde y firent adopter par la Commune, le 12 mai 1871, un décret de dégagement gratuit des objets de moins de 20 F : 41 928 articles furent rendus à leurs propriétaires. Il fut mouillé dans une opération de blanchiment liée à l'affaire Stavisky en 1933, et collabora avec les nazis entre 1940 et 1944.
35-20 rue des Francs-Bourgeois — Sévigné, l'enceinte et Barras
Aux n° 35-37, dépendance de l'Hôtel de Coulanges, demeure de Mme de Sévigné chez ses oncle et tante en 1637. Au n° 33, un mur végétalisé et les vestiges d'une tour de l'enceinte de Philippe Auguste se cachent dans le jardin de la Maison de l'Europe. Au n° 30, demeure en 1816 de Paul Barras, principal instigateur de Thermidor, celui qui « inventa » Bonaparte. Aux n° 29 bis-31, l'hôtel où le maréchal d'Albret tint un salon réunissant Mme de Sévigné, La Montespan et Françoise d'Aubigné-Scarron, la future Mme de Maintenon, de 1654 à 1676. Au n° 20, une maison de 1792, une des rares à Paris construites pendant la période révolutionnaire.
Redescendez vers la rue Pavée, que nous retrouvons pour la seconde boucle du parcours.
13
Arrêt 13
★ Incontournable~15 min
Rue Pavée et rue du Roi de Sicile
La Petite Force, la synagogue Guimard, et la « rue des Droits de l'Homme ».
📍 Rue Pavée / rue du Roi de Sicile, 4e arr.
Rue Pavée, aux n° 18-24, emplacement de la Petite Force, ancien Hôtel de Brienne transformé en prison pour femmes de 1785 à 1845 ; il en subsiste un pan de mur au 22. Zoé Desprez, compagne de Gracchus Babeuf, y fut internée le 5 février 1796 pour obliger le Tribun du Peuple à se livrer. Aux n° 15 ou 29, demeure d'André Alavoine, sous-directeur de l'Imprimerie nationale pendant la Commune. Au n° 12, demeure en 1784 de François Tronchet, un des avocats de Louis XVI. Au n° 10, la synagogue dessinée par Hector Guimard en 1913, une de ses rares œuvres hors du 16ème. C'est dans cette rue qu'ouvrit la « Boulangerie véridique » du groupe fouriériste « le Nouveau Monde », que François Vidocq ouvrit une agence de renseignements, et que Robert Desnos fut employé en 1917.
2-4 rue du Roi de Sicile — la prison de la Grande Force
La rue fut rebaptisée rue des Droits de l'Homme de 1792 à 1799 — jusqu'à ce qu'un certain 18 brumaire leur porte un sérieux coup. Aux n° 2-4, emplacement de la prison de la Grande Force, un des théâtres des massacres de septembre en 1792 où la princesse de Lamballe fut la seule femme sommairement exécutée. Linguet y fut enfermé en 1793, le général Malet y délivra les généraux Guidal et Lahorie lors de sa tentative de coup d'État du 23 octobre 1812, et Louis-Auguste Blanqui y fut incarcéré en 1836. Elle fut détruite en 1845.
Grande Force Jugement de la princesse de Lamballe La Force Massacre Princesse de Lamballe
13-22 rue du Roi de Sicile — l'hospice, la Section et les guerres de religion
Au n° 13, emplacement de l'hospice du Petit St Antoine, réservé aux victimes du mal des ardents. Dans sa chapelle s'installa, le 21 mai 1790, la Section du Roi de Sicile, devenue Section des Droits de l'Homme, qui sous l'impulsion de Jean-François Varlet, un « Enragé », proposa le 6 août 1792 le cours forcé de l'assignat. Au n° 22, la destruction par des huguenots d'une statue de la Vierge le 1er juin 1528 entraîna une répression annonçant les guerres de religion. La rue fut un des principaux théâtres de la « Journée des barricades » le 12 mai 1588, opposant les partisans d'Henri de Guise aux troupes d'Henri III, qui dut s'enfuir de la capitale.
Henri III Guise Henri de Journée des Barricades
Vers l’arrêt 14 →
Prenez la rue Ferdinand Duval, puis la rue des Rosiers à gauche, au cœur de l'ancien quartier juif.
14
Arrêt 14
★ Incontournable~12 min
Rue Ferdinand Duval et rue des Rosiers
L'ancien ghetto, la Commune ouvrière et la mémoire des persécutions.
📍 Rue Ferdinand Duval / rue des Rosiers, 4e arr.
La rue Ferdinand Duval est l'ancienne rue aux Juifs : elle connut des massacres d'israélites en 1380 et 1382, et leur expulsion massive sous Charles VI et Isabeau de Bavière en 1395. Au n° 19, demeure d'Adolphe Clémence, ouvrier relieur, ami d'Eugène Varlin, un des premiers membres de l'Association Internationale des Travailleurs, petit-fils d'un membre de la Conjuration des Égaux et élu au Conseil de la Commune. L'immeuble fut le siège de la « Tribune ouvrière », journal fondé en 1863 par les fouriéristes Charles Limousin et Antoine Bourdon, qui deviendra l'organe de la section parisienne de l'A.I.T. Au n° 22, le restaurant coopératif « Au Fourneau économique » servait 1800 repas par jour en 1903.
Rue des Rosiers — le ghetto et ses drames
La rue délimite ce qui fut un ghetto juif, le long du chemin de ronde de l'enceinte de Philippe Auguste, principal secteur d'implantation d'israélites venus d'Europe de l'Est jusque dans les années 1880. Au n° 4 bis, l'école du travail pour enfants juifs, dont Aloïs Brunner fit déporter tous les enfants le 31 juillet 1944, quelques jours avant la libération de Paris. Au n° 7, le restaurant Goldenberg, cible le 9 août 1982 d'un attentat qui fit 6 morts et 22 blessés. Aux n° 8-10, on retrouve dans la cour les vestiges de la tour de l'enceinte de Philippe Auguste. Au n° 14, demeure d'Hippolyte Giot, ouvrier peintre condamné dans le 3ème procès de l'A.I.T. en 1870, plus tard membre du P.O.F. de Jules Guesde ; Adolphe Clémence y travaillait dans un atelier de reliure.
Remontez la rue Vieille du Temple à droite, vers Beaumarchais et les Blancs-Manteaux.
15
Arrêt 15
★ Incontournable~15 min
Rue Vieille du Temple, Blancs-Manteaux et rue des Archives
Beaumarchais trafiquant d'armes, les « Marmites » de Varlin, et le refuge fictif de Jean Valjean.
📍 Rue Vieille du Temple / rue des Blancs-Manteaux / rue des Archives, 4e arr.
Rue Vieille du Temple, au n° 47, l'Hôtel de Jean de Rieux, compagnon de Bertrand Du Guesclin, confisqué par les Anglais en 1420 ; devenu l'Hôtel des Ambassadeurs de Hollande, il abrita la Société des auteurs créée par Beaumarchais en 1777, et lui servit d'officine pour son commerce d'armes avec les « insurgents » américains. Au n° 48, emplacement de la poterne Barbette de l'enceinte de Philippe Auguste. Le marché des Blancs-Manteaux, de 1819, fut en mars 1848 le siège du club du Marais, dont le secrétaire Jules Allix, personnage extravagant, sera plus tard élu au Conseil de la Commune.
Rue des Blancs Manteaux — couvent, clubs de 1848 et les Marmites
Au n° 12, couvent et église des Blancs-Manteaux, où fut déposée la dépouille du duc d'Orléans après son assassinat le 24 novembre 1407. Au n° 21, en mars 1848, le siège du Club démocratique des Blancs-Manteaux, affilié à la Société des Droits de l'Homme. Au n° 40, emplacement d'une des « Marmites », restaurants coopératifs créés en 1864 par Eugène Varlin et Nathalie Le Mel : cantines à bon marché dotées d'une bibliothèque, refuges de l'Internationale après son interdiction en 1867.
Eugène Varlin
42-35 rue des Archives — le club de l'Homme Armé, Hugo et la Résistance
Au n° 42, siège en avril 1848 du club de l'Homme Armé, club socialiste affilié à la Société des Droits de l'Homme. Au n° 40, une plaque erronée renvoie au 7 rue de l'Homme Armé où Victor Hugo place, dans ses « Misérables », le refuge de Jean Valjean et de Cosette. Au n° 38, la maison dite de Jacques Cœur, qui date de 1557. Au n° 35, planque de Wolf Wajsbrot, membre des FTP-MOI fusillé avec Manouchian au Mont Valérien le 21 février 1944, arrêté ici avec sa compagne Sarah Danciger le 17 novembre 1943.
Victor Hugo
Vers l’arrêt 16 →
Prenez la rue Ste Croix de la Bretonnerie, puis à nouveau la rue des Archives à droite.
16
Arrêt 16
★ Incontournable~12 min
Rue Ste Croix de la Bretonnerie et cloître des Billettes
Le siège de la SFIO puis du PCF, et le seul cloître médiéval de Paris.
📍 Rue Ste Croix de la Bretonnerie / rue des Archives, 4e arr.
Rue Ste Croix de la Bretonnerie, au n° 37, siège de la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO) avant le Congrès de Tours ; il devient pendant quelques mois celui du PCF, jusqu'à la mi-1921 (sur 110 000 militants, 40 000 restent à la SFIO). Au n° 16 vécut Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande, qui mesura le premier avec précision la distance de la Terre à la Lune en 1765. Au n° 5, demeure d'Eustache Lhuillier, prévôt des marchands en 1506, et de 1933 à 1988 celle de René Lefeuvre et le siège des « Cahiers de Spartacus » qu'il dirigeait. Le poste de garde de la rue fut pris dès le matin du 22 lors de Février 1848.
24-22 rue des Archives — le cloître des Billettes et la chapelle du miracle
Au n° 24, le cloître des Billettes, construit en 1295 sous Philippe le Bel, est le seul cloître du Moyen Âge encore existant à Paris. Au n° 22, la chapelle du miracle commémore la légende sinistre d'une hostie qui aurait résisté aux mauvais traitements d'un usurier juif nommé Jonathas : l'homme fut brûlé vif, sa maison rasée et remplacée par cette chapelle, et la rue rebaptisée « rue où Dieu fut boulu ».
Vers l’arrêt 17 →
Prenez la rue de la Verrerie à gauche, puis la rue du Bourg Tibourg.
17
Arrêt 17
Optionnel~12 min
Rue de la Verrerie et rue du Bourg Tibourg
Latude le roi de l'évasion, les barricades des Misérables, et l'imprimerie clandestine de Témoignage chrétien.
📍 Rue de la Verrerie / rue du Bourg Tibourg, 4e arr.
Rue de la Verrerie habitait Jean-Henri Aubrespy, dit Masers de Latude, embastillé le 1er mai 1749 : champion de l'évasion mais chaque fois repris, il s'autoproclamera victime symbole de l'absolutisme. Au n° 16, demeure de Courfeyrac, insurgé des « Misérables » de Victor Hugo — le romancier flirte avec la réalité, car le poste de police de cette rue fut effectivement investi par les révolutionnaires le 5 juin 1832.
Rue du Bourg Tibourg — les Vieux Murs et Témoignage chrétien
Aux n° 3-5, nous sommes sur le tracé probable de l'enceinte du XIe siècle, que les Parisiens appelèrent « les Vieux Murs », deuxième enceinte de Paris construite vers 1157 selon les uns sous Hugues Capet, selon les autres sous Louis VII le Jeune. Au n° 21, demeure de Paul Delabove, chapelier, ancien déporté de 1851, membre de l'A.I.T. et, pendant la Commune, du 53ème bataillon de la Garde nationale ; il quitte le dernier la mairie du 4ème en flammes le 25 mai 1871. Au n° 28, l'imprimerie clandestine de « Témoignage chrétien », tenue par Vaillant père et fils pendant l'Occupation, qui tire à 300 000 exemplaires au printemps 1944.
Reprenez la rue Ste Croix de la Bretonnerie à droite, puis la rue Vieille du Temple.
18
Arrêt 18
★ Incontournable~12 min
Rue Vieille du Temple (sud), rue du Trésor et rue Cloche-Perce
Le régicide Le Peletier, Hugo négociateur en 1848, Villon et la Grosse Margot.
📍 Rue Vieille du Temple / rue Cloche-Perce, 4e arr.
Rue Vieille du Temple, au n° 28, demeure de Louis Michel Le Peletier de Saint-Fargeau, député à la Convention, assassiné pour avoir voté la mort de Louis XVI à quelques heures de l'exécution de ce dernier. Au n° 24, au fond du passage, un immeuble construit pendant la Révolution par l'architecte Varin, sur ce qui serait l'emplacement d'une cour des miracles, la « cour de la Mate ». C'est ici que Victor Hugo et Galy-Cazalat, délégués par l'Assemblée, tentent vainement de parlementer avec les insurgés qui ont dressé une barricade le 24 juin 1848 ; la répression de Cavaignac fit 15 000 victimes.
Rue du Trésor — le trésor de l'hôtel d'Effiat
Un trésor fut découvert lors de la démolition de l'hôtel d'Effiat en 1882, qui donna son nom à la rue. Au n° 10, en 1883, le café Trésor fut le lieu de réunion de l'Union des ouvriers juifs russes, polonais et roumains anarchistes, fréquentée par Charles Rappoport.
Hôtel d'Effiat démolition
12-14 rue Cloche-Perce — Vidocq, Villon et l'Académie
Au n° 14, encore une pompe à eau dans la cour. Au n° 12, les bureaux d'une officine privée de police ouverte par Eugène-François Vidocq en 1833. François Villon a immortalisé le cabaret de la Grosse Margot, un bordel de cette rue vers 1462 ; l'Hôtel Pellevé, demeure de l'académicien Jean Desmarests, y accueillit deux réunions de la toute récente Académie en 1634 et 1635.
Par la rue du Roi de Sicile, gagnez la rue de Rivoli, terme de la balade.
19
Arrêt 19
★ Incontournable~5 min
Rue de Rivoli
Fin de notre traversée du Marais, du côté des Archives.
📍 Rue de Rivoli, 4e arr.
Nous débouchons sur la rue de Rivoli. C'est la fin de cette seconde partie de notre parcours dans le Marais — une traversée où, sous les hôtels d'apparat et les échoppes d'aujourd'hui, affleurent partout les strates de la mémoire parisienne : l'enceinte de Philippe Auguste, les prisons de la Terreur, les clubs de 1848, les Marmites de la Commune et les planques de la Résistance.
⚠︎ Notice en cours de relecture (contenu issu des archives, enrichi puis vérifié) —
découpe, légendes et crédits d’images susceptibles d’évoluer.