Le Marais 3ème partie : de Saint-Gervais à Saint-Paul
De la ruelle où Villon courait chez la Grosse Margot aux jardins de l'Hôtel Saint-Pol, un parcours dans le Marais des barricades, des poètes et de la Commune.
📍 12 arrêts
🚶 ~3.2 km
⏱ ~3h
📖 4e arr.
Pour cette balade, nous repartirons de notre point d'arrivée lors de la visite du quartier des Archives, 21 rue de Rivoli, à l'entrée de la partie Sud de la rue Cloche-Perce. De Saint-Gervais à Saint-Paul, ce troisième volet du Marais traverse deux mille ans d'histoire : l'enceinte carolingienne, les vestiges de Philippe Auguste, les barricades de 1830, 1848 et 1851, les fusillades de la Semaine sanglante, et les demeures de Villon, Rabelais, Molière, Mme de Sévigné et Baudelaire.
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Arrêt 1
★ Incontournable~12 min
Rue Cloche-Perce et rue François Miron
Villon, les maisons à colombages et la première enceinte médiévale de Paris.
📍 Rue Cloche-Perce, à l'entrée depuis la rue de Rivoli — 4e arr.
En fermant les yeux — et les oreilles à cause du bruit du trafic automobile — nous pouvons essayer d'imaginer le turbulent bachelier François Villon arpentant cette ruelle dont il ne reste aujourd'hui que deux moignons, pour se rendre chez la Grosse Margot. Oui, bien sûr, il faut beaucoup d'imagination, mais quelques vers du génial poète pourront peut-être nous venir en aide :
{Quand viennent gens, je cours et happe un pot :
Au vin m'en voys, sans demener grand bruyt.
Je leur tendz eau, frommage, pain et fruict,
S'ils payent bien, je leur dy que bien stat :
«Retournez cy, quand vous serez en ruyt,
En ce bourdel où tenons nostre estat ! »}
En prenant à droite la rue François Miron, on longe les vestiges les plus anciens du quartier. Cette rue fut le théâtre de violents combats lors de la Journée des barricades, le 12 mai 1588, qui vit s'affronter les partisans d'Henri de Guise et ceux d'Henri III. Le roi dut s'enfuir de la capitale, laissant le champ libre aux ultras de la Ligue catholique.
11-13 rue François Miron — Maisons à colombages
Maisons à colombages et à pignon du 14ème siècle, à l'enseigne du Faucheur et du Mouton.
Emplacement de la porte Baudéer de l'enceinte du 11ème siècle ; sans doute une simple palissade en bois plantée sur une levée de terre bordée d'un fossé. On la désigna par la suite sous le nom des "Vieux murs".
20 rue du Pont Louis-Philippe — Agence Vidocq
En détour par la rue du Pont Louis-Philippe : au 20, l'agence de renseignement créée par Eugène-François Vidocq en 1835. L'ex repris de justice, fondateur et directeur de la Sûreté, se reconvertissait en détective privé.
22 rue du Pont Louis-Philippe — Marie Touchet
Emplacement approximatif de la maison de Marie Touchet, maîtresse de Charles IX dont il eut un fils en 1572 et avec qui il vécut semi-clandestinement.
Vers l’arrêt 2 →
Vers l'arrêt 2 → Revenez rue François Miron et prenez la rue des Barres, qui grimpe vers le chevet de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais.
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Arrêt 2
★ Incontournable~15 min
Église Saint-Gervais-Saint-Protais et place Saint-Gervais
Un sanctuaire du 6ème siècle, quartier général insurgé et Temple de la Jeunesse.
📍 Rue des Barres et place Saint-Gervais — 4e arr.
La rue des Barres fut le théâtre de violents combats le 28 juillet 1830, lors des Trois glorieuses, mais aussi en 1848 ; en février d'abord, mais surtout en juin. Le 24, les insurgés venus du faubourg St Antoine, dirigés par Théophile Guillard de Kersausie — le "premier stratège des barricades" selon Friedrich Engels — investirent le secteur et installèrent leur quartier général dans l'église avant de partir à l'assaut de l'Hôtel de Ville.
13 rue des Barres — Église St Gervais - St Protais
Nous pénétrons par son chevet dans l'église St Gervais - St Protais. L'édifice actuel remplace un sanctuaire très ancien datant du 6ème siècle.
Une statue de la Vierge fut brisée ici par les huguenots le 11 juin 1528. On entrait dans une période de grande intolérance qui allait aboutir aux guerres de religion.
Cette église fut le siège de la Section de l'Hôtel de Ville à partir du 21 mai 1790, qui devint Section de la Maison Commune en 1792, puis de la Fidélité après Thermidor. Elle fut consacrée Temple de la Jeunesse par décret du 2 prairial an III (21 mai 1795) et le resta jusqu'au 27 octobre 1798.
Pendant la Première guerre mondiale, le 29 mars 1918, un obus de la Grosse Bertha tombe sur la nef pendant la messe. Il fait 200 victimes dont 50 morts. Le poète Saint-Pol Roux réchappe de justesse. Dieu a sans doute eu ce jour-là une seconde d'inattention… Ressortons de l'église par l'entrée principale.
C'était autrefois le carrefour de l'Orme. Il tenait son nom, comme on peut s'en douter, d'un arbre séculaire qui trônait en son centre. On avait alors coutume de traiter sur cette place les questions privées de créances ; des rendez-vous auxquels beaucoup ne se présentaient pas. Il en resta une expression générique que l'on employait dans ce genre d'affaires : "Rendez-vous sous l'orme !". Les grilles des balcons alentour en gardent le souvenir.
Église St Gervais et Orme de justice
Vers l’arrêt 3 →
Vers l'arrêt 3 → Redescendez rue François Miron côté nord, en direction de la place Baudoyer et de la mairie du 4e.
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Arrêt 3
★ Incontournable~15 min
Rue François Miron et place Baudoyer
La demeure des Couperin, le berceau de Ledru-Rollin et la mairie brûlée par la Commune.
📍 Rue François Miron et place Baudoyer — 4e arr.
La surélévation du terrain qui borde la rue François Miron n'est pas tout-à-fait naturelle. Elle porta d'ailleurs le nom de "monceau" St Gervais. Elle est le résultat du dépôt à cet endroit de siècles de "gravois", c'est-à-dire des déchets produits par la ville ; déjà !...
La place Baudoyer se trouve sur l'emplacement d'un cimetière gallo-romain, puis d'une nécropole mérovingienne, qui deviendra le cimetière St Jean. Il jouxtera pendant longtemps un important marché du même nom. Cette place fut le théâtre de violents combats le 24 février 1848. Dès le 28, 3000 ouvriers du bâtiment s'y réunissent pour élire leurs délégués aux prud'hommes et les membres qui les représenteraient à la Commission du Luxembourg.
Mais à nouveau le 24 juin de la même année, le quartier s'enflamme. Or entre temps certains protagonistes sont passés de l'autre côté des barricades... Victor Hugo assiste aux combats en tant que délégué de l'Assemblée, déplorant qu'on soit obligé de tirer sur cette "populace" — sic — qui n'a pas compris qu'on ne voulait que son bien... Il écrira dans "Choses vues", à propos de ces événements :
{Juin 1848. Quelle situation ! J'aimais mieux la besogne telle qu'elle s'offrait au 24 février. Cela était terrible, mais beau, et pouvait s'achever vite et bien. Aujourd'hui, cela est hideux, pourri, et, qui sait ? peut-être incurable. Ah! J'aime mieux avoir affaire à une fièvre cérébrale qu'à une gangrène. Oui, certes ! Alors le peuple était ardent, mais bon, généreux, plein d'amour respectueux pour toute noble chose, admirable. Aujourd'hui le peuple, ce même peuple, ces mêmes blouses, hélas ! est amer, mécontent, injuste, défiant, presque haineux. En quatre mois de fainéantise on a fait du brave ouvrier un flâneur hostile auquel la civilisation est suspecte. L'oisiveté nourrie de mauvaises lectures, voilà tout le secret du changement. Ces travailleurs sont dégoûtés du travail, ces Français sont dégoûtés de l'honneur, ces Parisiens sont dégoûtés de la gloire. Il y en a, oui, il y en a qui rêvent je ne sais quels tristes rêves de pillage, de massacre et d'incendie. De ces hommes dont Napoléon faisait des héros, nos pamphlétaires font des sauvages ! Il me vient des sanglots du fond du cœur par moments. Et la France, où en est-elle ? Où en est Paris ? Où en est l'intelligence, la pensée, l'art, l'industrie, la science, la famille, la propriété, la richesse publique, la discipline de l'armée, la grandeur du pays ? Où en est tout ce que nous avons fait, voulu, essayé, construit, bâti, fondé depuis soixante ans ? Ruines en haut, abîmes en bas. Nous sommes entre un plafond qui s'écroule sur notre tête et un plancher qui s'effondre sous nos pieds.}
2-4 rue François Miron — Les Couperin
Demeure de la famille Couperin, célèbre dynastie d'organistes, de 1669 à 1698.
Maison natale, en 1807, d'Alexandre Ledru-Rollin, avocat et homme politique républicain ; un des fondateurs et chefs de file de la Seconde République. Au 14, un beau puits subsiste dans la petite cour du fond.
Dans sa grande salle, une réunion pré-électorale est organisée le 24 mars 1871 autour de la candidature d'Arthur Arnould et d'Adolphe Clémence. Elle réaffirme les revendications d'autonomie administrative de Paris. Le 21 mai de la même année — les versaillais sont rentrés dans Paris au Point du Jour le matin-même —, y est constituée la "Chambre syndicale et fédérale des Travailleuses". Le bâtiment est incendié par les Fédérés le 25 mai pour tenter de retarder l'avance inexorable et meurtrière des troupes de Versailles.
Arthur Arnould
Vers l’arrêt 4 →
Vers l'arrêt 4 → Revenez sur vos pas par la rue François Miron, en longeant le mur de la caserne Lobau.
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Arrêt 4
★ Incontournable~12 min
La caserne Lobau et le quartier de l'Hôtel de Ville
Dans cette cour, les fusillades de la Semaine sanglante ; à deux pas, Voltaire de retour d'exil.
📍 Rue François Miron, rue de Brosse et rue de l'Hôtel de Ville — 4e arr.
Au 1 : nous longeons le mur de la caserne Lobau, de sinistre mémoire. C'est en effet dans sa cour que furent fusillés, au chassepot et à la mitrailleuse, pendant plusieurs jours, par fournées de dix à vingt, plusieurs centaines, sans doute plusieurs milliers, de combattants de la Commune. Ils étaient amenés en groupes du théâtre du Châtelet transformé en cour prévôtale, après un jugement expéditif. Il suffisait de porter une paire de godillots, ou d'un bleu à l'épaule, ou même d'une simple ressemblance avec un membre de la Commune, pour être envoyé à la mitraille. Même pas de peloton ; on les abattait à la volée dès leur entrée dans la cour et on canardait ceux qui avaient survécu à la première salve. Si un lieu doit symboliser la barbarie versaillaise, et justifier le titre de boucher en chef attribué à Adolphe Thiers, c'est bien celui-ci…
6 rue de Brosse — Jeune Annam et Voltaire
Demeure de Bui-công-Trung, délégué du mouvement "Jeune Annam" en Europe en 1926. C'est dans cette rue, dite alors de Longpont, que Voltaire vint habiter à son retour d'exil en Angleterre, en 1733.
82 rue de l'Hôtel de Ville — Compagnons du Tour de France
Vers l'arrêt 5 → Remontez vers la rue des Barres puis obliquez vers la rue du Grenier sur l'Eau et l'allée des Justes.
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Arrêt 5
★ Incontournable~12 min
Rue des Barres, Grenier sur l'Eau et allée des Justes
L'Hôtel des Barres, où fut interrogé le frère de Robespierre après Thermidor.
📍 Rue des Barres, rue du Grenier sur l'Eau et allée des Justes — 4e arr.
Nous revenons dans la rue des Barres, puis gagnons la rue du Grenier sur l'Eau et l'allée des Justes, qui rend hommage à ceux qui sauvèrent des Juifs pendant l'Occupation.
2-10 rue des Barres — Hôtel des Barres
Emplacement de l'Hôtel des Barres, demeure de Louis de Boisredon, capitaine au service d'Isabeau de Bavière qui, étant accusé en 1417 d'avoir "gardé le corps" de la reine d'un peu trop près, fut jeté en un sac en Seine, avec cette inscription : "Laissez passer la justice du roi". C'est dans ce même Hôtel qu'Augustin Robespierre, frère cadet de Maximilien, blessé en se jetant d'une fenêtre de l'Hôtel de Ville lors du coup d'État du 9 Thermidor, fut interrogé par le Comité civil de la Section de la Maison Commune le 28 juillet 1794, avant d'être conduit avec son frère à l'échafaud.
Vers l'arrêt 6 → Poursuivez vers la rue Geoffroy l'Asnier, puis rejoignez la rue de l'Hôtel de Ville.
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Arrêt 6
★ Incontournable~12 min
Rue Geoffroy l'Asnier et rue de l'Hôtel de Ville
L'auberge de Danton, un syndicat en yiddish et la première commanderie des Templiers.
📍 Rue Geoffroy l'Asnier et rue de l'Hôtel de Ville — 4e arr.
Danton séjourna rue Geoffroy l'Asnier, à l'auberge du Cheval Vert, lors de son premier séjour à Paris en 1789. Les soldats de ligne y fraternisèrent avec les gardes nationaux le 24 février 1848.
56 rue de l'Hôtel de Ville — Première commanderie des Templiers
C'est à cet emplacement, situé alors rue de la Mortellerie, que les Templiers établirent leur première commanderie à Paris, sous Louis IX, dit St Louis, vers 1250. Ils déménagèrent plus tard là où se trouve aujourd'hui le jardin qui porte le nom de leur ordre — le Temple —, comme la rue qui y mène.
38 rue de l'Hôtel de Ville — Corporation des Maçons et Martin Nadaud
Rue de la Mortellerie toujours, se trouvait ici au moyen-âge le siège de la corporation des Maçons. Au milieu du 19ème siècle, une maison y était encore occupée par des travailleurs du bâtiment ; dont Martin Nadaud, ouvrier autodidacte qui allait devenir député républicain socialiste de la Creuse — département dont beaucoup de ses compagnons étaient originaires comme lui — dans la Chambre issue de la révolution de 1848.
Martin Nadaud
Vers l’arrêt 7 →
Vers l'arrêt 7 → Gagnez la rue des Nonnains d'Hyères, puis les rues de Jouy et François Miron.
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Arrêt 7
★ Incontournable~15 min
Nonnains d'Hyères, rue de Jouy et rue François Miron
Une révolte contre la Compagnie des Indes, un communard fouriériste et la demeure d'Hébert.
📍 Rue des Nonnains d'Hyères, rue de Jouy et rue François Miron — 4e arr.
La rue des Nonnains d'Hyères avait été, le 22 mai 1750, le théâtre d'une révolte contre la Compagnie des Indes occidentales, accusée d'enlèvement d'adolescents en vue de leur déportation pour le peuplement de la Louisiane et des Antilles. Une importante barricade, commandée par le chapelier Hibruit, y fut érigée par les Insurgés le 24 Juin 1848.
5 rue des Nonnains d'Hyères — Le Gagne petit
Ancienne maison à l'enseigne du "Gagne petit", dont on a heureusement conservé l'enseigne de 1767 représentant un rémouleur en costume d'époque Louis XV.
Enseigne 31
5 rue de Jouy — Fortuné Henry
Demeure de Fortuné Henry — alias Esther Rigny, alias Henry de Bèze — maroquinier, poète et fouriériste, membre de la Commune en 1871, de son retour d'exil en Espagne en 1880, à sa mort en 1882.
7 rue de Jouy — Hôtel d'Aumont
Sa cour recèle un puits converti en fontaine. Ici aussi de violents combats eurent lieu le 24 juin 1848, sur une barricade commandée par l'ex Montagnard Edouard Touchard.
41-46 rue François Miron — Petit St Antoine et Maison d'Ourscamp
Au 41-43, emplacement de l'hospice du Petit St Antoine, tenu par les Hospitaliers de St Augustin à partir de 1095, destiné aux victimes du mal des ardents provoqué par l'ergot, une maladie du seigle. Au 44-46, la Maison d'Ourscamp, siège aujourd'hui de l'Association du Paris Historique, recèle dans un beau cellier du 13ème siècle le cylindre tronqué d'un ancien puits.
Pâris Antoine
64 rue François Miron — Jacques-René Hébert
Demeure de Jacques-René Hébert, en l'honneur de qui la rue prit un temps le nom de rue "St Antoine Hébert". Il vivait au 3ème étage en compagnie de Françoise Goupil, une religieuse défroquée avec laquelle il s'était marié le 7 février 1792. Fondateur du fameux "Père Duchesne", il était un des porte-parole du parti des "Exagérés". Il fut guillotiné le 24 mars 1794 ; sa femme un peu plus tard.
Vers l'arrêt 8 → Empruntez la rue du Prévôt puis la rue du Figuier, en direction de l'Hôtel de Sens et de l'enceinte de Philippe Auguste.
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Arrêt 8
★ Incontournable~15 min
Hôtel de Sens et l'enceinte de Philippe Auguste
Un boulet de canon fiché dans la pierre, le lycée de Balzac et les demeures de Rabelais et Molière.
📍 Rue du Figuier, rue Charlemagne et rue des Jardins St Paul — 4e arr.
La rue du Prévôt s'appela d'abord rue Percée, comme en atteste la plaque gravée à son débouché sur la rue St Antoine ; une des premières à Paris, apparues en 1728. La rue du Figuier fut, elle aussi, le théâtre de nombreux affrontements. En juin 1848, de violents combats s'y déroulèrent sur une barricade qui la barrait.
1 rue du Figuier — Hôtel de Sens
L'Hôtel de Sens garde la trace des affrontements, sous forme d'un boulet de canon resté incrusté dans le mur de la tourelle à gauche de la petite porte, depuis le 28 juillet 1830.
11 rue Charlemagne — Tour Montgomery et poterne St Paul
Pan de mur de la tour Montgomery, seul élément subsistant de la poterne St Paul — appelée aussi "Porte brûlée" — de l'enceinte de Philippe Auguste. Au 18, le passage Charlemagne communiquerait avec la rue St Antoine si une grille n'en fermait la partie médiane.
10-16 rue Charlemagne — Lycée Charlemagne et Balzac
Lycée Charlemagne dont un des élèves les plus connus, vers 1816, se nommait Honoré Balzac. Son père s'appelait Balssa ; il ne prit la particule que plus tard ; histoire de faire plus chic… Là encore une barricade fut dressée le 24 juin 1848.
Rue des Jardins St Paul — Enceinte de Philippe Auguste
Cette rue est bordée sur toute sa longueur par le plus important vestige de l'enceinte de Philippe Auguste, construite vers 1190. Elle délimita, après l'élargissement de Paris à l'enceinte de Charles V, les jardins de la résidence royale, d'où son nom. Au 24, la demeure de T. Gauthier, vannier — rien à voir avec Théophile —, signataire du programme électoral de l'Association Internationale des Travailleurs publié le 23 janvier pour le scrutin de mai, "Aux électeurs de 1869". Les dirigeants de l'A.I.T. étaient alors en prison.
8 et 6 rue des Jardins St Paul — Rabelais et Molière
Au 8, emplacement de la demeure de François Rabelais. Une plaque un peu "décalée" est apposée au n° 2. C'est ici que mourut le père de Pantagruel, le 9 avril 1553. Au 6, emplacement supposé de la demeure de Jean-Baptiste Poquelin, qui venait tout juste de prendre le pseudonyme de Molière, en 1645, à l'époque où l'Illustre théâtre était installé quai des Célestins dans le jeu de paume de la Croix Noire.
Vers l'arrêt 9 → Prenez la rue de l'Avé Maria, puis la rue St Paul en direction du Village St-Pôl.
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Arrêt 9
★ Incontournable~15 min
Le Village Saint-Pôl et la rue Saint-Paul
Le jeu de paume de l'Illustre Théâtre, le salon de Sade et un labyrinthe caché.
📍 Rue de l'Avé Maria, rue St Paul et Village St-Pôl — 4e arr.
Au 15-20 de la rue de l'Avé Maria, emplacement de la poterne des Barrés, ou de l'Ave Maria — dite aussi des Béguines — de l'enceinte de Philippe Auguste. Au 15, l'emplacement du jeu de paume de la Croix Noire, dont l'entrée donnait sur le port St Paul, quai des Ormes. Ce fut la seconde salle de l'Illustre Théâtre, après celle des Mestayers où il avait été fondé. Il s'y installa le 1er décembre 1644. Il y subit un échec qui le mena à la faillite, et Molière en prison pour dettes.
5 rue St Paul — Le salon de Sade
Salon tenu par Sade chez le marquis de Lignerac. Les orgies organisées par le "divin" marquis vers 1780 firent alors grand bruit dans Paris. Au 9, la demeure d'A. Lucie, fabricant d'encres, membre de l'Association Internationale des Travailleurs, signataire du programme électoral "Aux électeurs de 1869".
22 rue St Paul — Joseph Alexis Jaud et Camélinat
Demeure de Joseph Alexis Jaud, bijoutier, qui cacha Zéphirin Camélinat en mai 1871 après la semaine sanglante. Il avait été impliqué dans le complot dit "de l'Hippodrome" contre Napoléon Badinguet en 1853. Pendant la Commune, il avait été nommé chef de la police du 11ème arrondissement. Condamné par contumace, il avait réussi à s'enfuir aux États-Unis, et fut amnistié en 1879.
Zéphirin Camélinat
Village St-Pôl et rue Eginhard
Le Village St-Pôl a été construit sur les jardins de l'Hôtel St Paul. La rénovation dont il a bénéficié dans les années 1970 est plutôt réussie. Un labyrinthe sympathique : le jeu consiste à trouver les passages qui permettent de le parcourir sur toute sa longueur. Tout près, la rue Eginhard est un curieux passage qui cache une belle fontaine.
Vers l'arrêt 10 → Remontez la rue St Paul vers le nord, jusqu'à l'emplacement de l'ancienne église St Paul des Champs.
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Arrêt 10
★ Incontournable~15 min
Saint-Paul des Champs et Saint-Paul-Saint-Louis
Le cimetière du Masque de fer, un mausolée détruit par le peuple et la grande église des Jésuites.
📍 Rue St Paul, rue Neuve St Pierre et passage St Paul — 4e arr.
Aux 30-32 de la rue St Paul, emplacement de l'église St Paul des Champs, détruite en 1798, dont il ne reste qu'un pan de mur du côté de la rue Neuve St Pierre. Elle faisait partie du domaine de l'Hôtel St Pol. Le cimetière attenant reçut les dépouilles de personnages célèbres. Un mausolée à la mémoire de trois mignons d'Henri III y fut détruit par le peuple le 2 janvier 1589. Marion Delorme y fut inhumée en 1650, et l'Homme au masque de fer le 20 novembre 1703, sous le faux nom de Marchioly. C'est ici en effet que l'on enterrait les prisonniers morts à la Bastille. On y inhuma aussi des victimes de la journée du 10 août 1792, tuées lors de la prise des Tuileries.
30 rue St Paul — Débats politiques de la fin du 19e siècle
Une salle située au 30 accueillit à la fin du 19ème siècle des réunions politiques de tous bords ; des Blanquistes aux Boulangistes de la Ligue des patriotes. Il s'y déroula le 14 janvier 1906 un débat contradictoire entre l'anarchiste Gustave Hervé, animateur de la revue "la Guerre sociale", et le socialiste Édouard Vaillant.
Édouard Vaillant
34-36 rue St Paul — Hôtel St Pol et Grange St Éloi
Au 34, c'est sans doute ici, à l'Hôtel St Pol, que se déroula le 28 janvier 1393 le "Bal des ardents", cette "momerie" qui causa la mort de quatre danseurs déguisés en "sauvages" dont le costume avait pris feu, et qui ne fut sans doute pas pour rien dans le déclenchement de la folie d'un Charles VI déjà fragile. Des états-généraux se déroulèrent ici le 30 janvier 1413. Au 36, emplacement de la Grange St Éloi, transformée en prison de 1107 à 1780, où des Armagnacs prisonniers furent massacrés par les Bourguignons le 12 juin 1418. Le 23 mai 1871, pendant la Semaine sanglante, deux coups de feu sont tirés dans cette rue sur Gustave Lefrançais, membre de la Commune, qui s'oppose aux représailles que s'apprêtaient à exercer ses hommes.
Semaine sanglante Gustave Lefrançais
5-7 rue Neuve St Pierre — L'ancien cimetière
On peut parfois jeter un œil sur le terrain de sport qui a remplacé le cimetière de l'église St Paul des Champs. Mais aucune chance de retrouver la moindre trace d'ADN de l'Homme au masque de fer !...
Par le passage St Paul, nous pénétrons dans l'église St Paul-St Louis, que les Jésuites firent construire en 1641, d'un style baroque tout-à-fait caractéristique. Ressortons de l'église par la façade donnant sur la rue St Antoine.
Église des Blancs Manteaux façade
Vers l’arrêt 11 →
Vers l'arrêt 11 → Traversez vers la rue Beautreillis, puis la rue Charles V et la rue des Lions St Paul, sur l'emplacement des jardins et de la ménagerie de l'Hôtel St Pol.
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Arrêt 11
★ Incontournable~15 min
Beautreillis, Charles V et les Lions Saint-Paul
Baudelaire chez Jeanne Duval, le cabaret de Robespierre et la demeure de Mme de Sévigné.
📍 Rue Beautreillis, rue Charles V et rue des Lions St Paul — 4e arr.
Inutile de préciser que nous sommes ici sur l'emplacement de la vigne de l'Hôtel St Pol... Difficile par contre aujourd'hui d'imaginer dans ces parages une usine de robinets de Butagaz, dans laquelle Nathan Korb, le futur Francis Lemarque, travailla à l'âge de 11 ans et demi. En 1934, il intégrera le groupe Mars de Sylvain Itkine, affilié à la Fédération des Théâtres ouvriers de France. Puis, aiguillé par Louis Aragon, il créera avec son frère Maurice un duo, "les frères Marc", proche du groupe Octobre de Jacques Prévert.
22 et 16 rue Beautreillis — Baudelaire et Sardou
Au 22, l'Hôtel de Charny, demeure de Jeanne Duval où la rejoint Charles Baudelaire de mi-novembre 1858 à 1859. Au 16, maison natale, le 5 septembre 1831, de Victorien Sardou ; auteur dramatique dont les pièces sur la Révolution provoquèrent de violentes polémiques, en particulier "Thermidor" dont la première, le 24 janvier 1891, provoqua au Théâtre Français une bagarre qui la fit interdire. Au 12, un beau modèle de pompe à eau sur la droite dans la cour, et au 7 un puits dallé datant de 1596.
Baudelaire Victorien Sardou Charles Baudelaire Victorien Sardou
2, 7 et 12 rue Charles V — Robespierre, Canclaux, Brinvilliers
Au 2, cabaret fréquenté par Maximilien Robespierre alors qu'il habitait rue de Saintonge, à son arrivée à Paris fin 1789. Inquiété le 17 juillet 1791 après la fusillade du Champ de Mars, il quitta le quartier pour se réfugier chez le menuisier Maurice Duplay, rue St Honoré. Au 7, demeure en 1794 de Jean-Baptiste Canclaux, général en chef de l'armée républicaine en Vendée. Au 12, l'Hôtel d'Aubray, demeure de la marquise de Brinvilliers, une des principales protagonistes, avec Godin de Sainte-Croix et Exili, de "l'affaire des poisons", en 1672.
Hôtel d'Aubray Brinvilliers Pompe à eau Maximilien Robespierre Maurice Duplay
11 et 7 rue des Lions St Paul — Mme de Sévigné et Lefrançais
Nous voici du côté de la ménagerie de l'Hôtel de Charles V. Au 12, l'Hôtel du conseiller Amelot, transformé en prison pendant la Terreur. Au 11, demeure de 1645 à 1650 de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné. Au 7, demeure de Gustave Lefrançais, membre de l'Association Internationale des Travailleurs, élu au Conseil de la Commune. Il avait fondé sous la Seconde République une école privée dispensant un enseignement matérialiste, socialiste et athée, ce qui lui valut d'être emprisonné en 1850. Eugène Pottier lui dédiera son poème intitulé "l'Internationale". Au 3, l'Hôtel des Parlementaires, où se réunissaient les Frondeurs pendant le mouvement qui troubla le début du règne du jeune Louis XIV.
marquise de Sévigné
Vers l’arrêt 12 →
Vers l'arrêt 12 → Prenez la rue du Petit Musc vers le sud, sur l'emplacement de l'Hôtel St Pol et du couvent des Célestins, avant de rejoindre la rue St Antoine.
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Arrêt 12
★ Incontournable~15 min
Rue du Petit Musc et rue Saint-Antoine
Les Célestins, la grande église des Jésuites devenue bibliothèque nationale, et le retour au pied de Beaumarchais.
📍 Rue du Petit Musc et rue St Antoine — 4e arr.
La rue du Petit Musc porte un nom passablement déformé par ces parisiens décidément coutumiers du fait : elle s'appelait en fait "rue de la pute y muse". On devine du coup sans difficulté son affectation… Au 2, emplacement de la porte des Célestins, ou des Barres, de l'enceinte de Charles V, construite vers 1380. Aux 2-8, emplacement du couvent des Célestins, où se déroulèrent le 24 novembre 1407 les obsèques de Louis d'Orléans, assassiné par Jean Sans Peur ; une école des sourds-muets et aveugles-nés y fut installée le 21 juillet 1791.
11-35 rue du Petit Musc — Hôtel St Pol et auberge de la Herse d'Or
Aux 11-19, emplacement de l'une des entrées de l'Hôtel St Pol, ensemble de bâtiments luxueux reliés par des galeries. Aux 32-34, l'Hôtel du Petit Musc, ou Hôtel Neuf, dans lequel le dauphin Louis fut enlevé par les insurgés Cabochiens lors de la révolte de 1413. Au 35, l'auberge de la rue de la Pute y musse, remplacée plus tard par une boulangerie à l'enseigne de la Herse d'Or, dont la patronne fut la maîtresse de Victor Hugo alors qu'il habitait à deux pas, place des Vosges.
99-101 rue St Antoine — Jésuites, bibliothèque nationale et Ligue
Aux 99-101, emplacement de la porte St Antoine de l'enceinte de Philippe Auguste, détruite en 1382. Les Jésuites installent ici leur maison professe en 1580 et feront construire en 1641 l'église St Paul-St Louis. C'est là que Charles Hotman fondera en 1585 la "Sainte union", et que se tiendront les réunions entre les Seize quarteniers et les représentants de la Ligue catholique d'Henri de Guise. Le couvent sera transformé en bibliothèque pendant la Révolution et recevra 1,2 million d'ouvrages confisqués aux congrégations, fonds de la Bibliothèque nationale. Pendant la Commune, l'église abritera le club Paul-Louis, auquel participeront Arthur Arnould, Thomas Chenal, Jules Étienne. Au 100, de violents combats ont lieu le 23 juin 1848 sur une barricade où s'affrontent les Insurgés et les troupes commandées par le général Clément Thomas. Au 87, premier siège du journal "Der deutsche Steuermann" — le Pilote allemand —, édité à partir de juillet 1844 par l'ambassade de Prusse pour concurrencer le "Vorwärts" des socialistes réfugiés à Paris, dont Arnold Ruge, Heinrich Heine, Karl Marx et Friedrich Engels.
17-23 rue St Antoine — Chapelle des Visitandines et Hôtel de Mayenne
Au 23, emplacement du pont Perrin, pont de pierre enjambant vers 1180 un ru qui allait devenir un égout. Au 21, l'Hôtel de Mayenne, habité en 1789 par Le Fèvre d'Ormesson, qui refusa d'être nommé maire de Paris. Au 17, la chapelle du couvent des filles de la Visitation Ste Marie, les Visitandines, attribuée au culte protestant en 1803. Nicolas Fouquet y fut inhumé le 28 mars 1681. La chapelle abrita un club de femmes, animé par Anne-Josèphe Terwagne, dite Théroigne de Méricourt, en 1793 ; un bonnet phrygien fut sculpté sur la porte latérale intérieure. Les obsèques de Benjamin Constant y furent célébrées le 12 décembre 1830. Le temple fut en partie incendié lors des combats qui opposèrent, le 25 mai 1871, les troupes versaillaises à un groupe de Fédérés défendant une barricade au débouché de la rue Castex.
Nous voici revenus à notre point de départ, au pied de la statue de l'insolent Beaumarchais dont le fameux barbier annonça la Révolution. Malheureusement, les "Figaro" se suivent mais ne se ressemblent pas…
⚠︎ Notice en cours de relecture (contenu issu des archives, enrichi puis vérifié) —
découpe, légendes et crédits d’images susceptibles d’évoluer.
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