🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos
Balade · 17e–18e arr.

Les Épinettes… qui s'y frotte s'y pique !

Des barrières incendiées de la place de Clichy aux moulins de Montmartre, une traversée des Batignolles et des Épinettes sur les traces de la Commune, des peintres impressionnistes et de la Résistance.
📍 15 arrêts
🚶 ~6.5 km
⏱ ~3h30
📖 17e–18e arr.
Les Épinettes… qui s'y frotte s'y pique !

Notre balade débutera aujourd'hui place de Clichy, sur l'emplacement d'une des grandes barrières du Mur des Fermiers généraux, avant de sillonner les quartiers des Batignolles et des Épinettes puis de redescendre par Montmartre. Sur les traces de la Commune, des peintres impressionnistes, des poètes montmartrois et de la Résistance, ce parcours en boucle relie une cinquantaine de lieux de mémoire du nord de Paris.

1
Arrêt 1
★ Incontournable ~15 min

Place de Clichy

Une barrière incendiée dès juillet 1789, théâtre de combats et de massacres
📍 Place de Clichy, 17e/18e arr.

Nous sommes sur l'emplacement d'une des principales "barrières" du Mur des Fermiers généraux. Une des premières aussi dont le pavillon de garde dessiné par Claude Nicolas Ledoux fut incendié dès le 12 juillet 1789 ; manifestation du mécontentement profond des parisiens, à la fois contre cet octroi qui renchérissait le prix des denrées dans la capitale, et contre le régime responsable de l'édification, trois ans plus tôt, de ce "mur murant Paris" qui avait rendu Paris plus que murmurant.

En 1793, la barrière de Clichy prit le nom de "barrière de Fructidor", peut-être en référence à la loi de l'an II sur l'immutabilité des noms de famille. En 1814, elle fut le théâtre d'âpres combats opposant la garde nationale du général Moncey, composée en grande partie de volontaires, aux troupes du tsar de Russie ; les parisiens résistèrent jusqu'à l'armistice du 30 mars, et la place actuelle en garde le souvenir à travers la statue qui orne son centre. Le 21 avril suivant, c'est par cette porte que Louis XVIII faisait son retour dans la capitale, ramenant une monarchie bâtarde et sa charte "octroyée" ; moins d'un an plus tard, le 20 mars 1815, il repassait pitoyablement la même porte, fuyant l'arrivée de Bonaparte. D'un tyran, l'autre.

La barrière de Clichy disparut en 1860 avec le mur des Fermiers généraux, lors du rattachement à Paris des faubourgs qui s'étendaient jusqu'à la nouvelle enceinte dite de Thiers : les "fortifs". Pendant la Semaine sanglante, qui allait voir mourir la Commune de 1871, Benoît Malon organisa sur cette place, le 23 mai, la résistance aux troupes versaillaises sur une barricade munie de 8 canons et de 2 mitrailleuses. De nombreux Fédérés furent massacrés ici lors d'exécutions sommaires perpétrées par les troupes du boucher Adolphe Thiers après les combats.

Cette place inspira de nombreux peintres, dont beaucoup avaient leur atelier dans les parages. Parmi ceux-ci, Pierre Bonnard qui en réalisa une série de toiles en 1912, et Édouard Manet.

N° 1 — La Maison du prisonnier

Entre 1940 et 1944, cet immeuble abrita la "Maison du prisonnier", créée et financée par la Propaganda-Staffel et dirigée par Jean Radot. C'était à la fois un service de renseignement sur la situation des prisonniers et un bureau de recrutement pour "la Relève" : cette duperie qui consistait à faire croire aux français qu'un prisonnier serait libéré si quelqu'un de sa famille s'enrôlait pour aller travailler en Allemagne. L'opération fut un échec qui amena le gouvernement de Vichy à instaurer le STO.

N° 4 — La bouche de métro Guimard

Ne nous privons pas d'admirer au passage cette œuvre d'Art nouveau dessinée par Hector Guimard que représente la bouche du métro "Place de Clichy". Nous passons trop souvent sans y prêter même un regard devant cette belle pièce du musée vivant qu'est "la rue" ; un musée universel dont Paris constitue une des plus belles succursales.

N° 12 — Le café Wepler

Il fut le point de départ de la seconde manifestation de protestation contre l'exécution de l'anarchiste catalan Francisco Ferrer, qui se déroula le 17 octobre 1909 et réunit plusieurs centaines de milliers de personnes. Ferrer avait été fusillé le 13 octobre à Barcelone, accusé à tort d'être l'instigateur, en tant qu'anarchiste et fondateur de "l'École moderne", des troubles qui avaient éclaté en Catalogne en juillet de la même année.

La terrasse de cette fameuse brasserie fut le poste d'observation d'Henry Miller pour la rédaction de ses "Jours tranquilles à Clichy", écrits en 1928. Elle était fréquentée par Alfred Perlès, Anaïs Nin et Pablo Picasso lorsqu'il avait son atelier boulevard de Clichy entre 1909 et 1912. Pendant l'Occupation nazie, le café fut réquisitionné et transformé en soldatenheim, "maison du soldat" à l'usage exclusif de l'armée allemande ; à partir du 18 février 1941, l'immeuble abrita en outre une annexe de la Kommandantur du Gross-Paris.

N° 16 — Villiers de l'Isle-Adam

Demeure d'Auguste Villiers de l'Isle-Adam, auteur entre autres des "Contes cruels", en 1888.

Vers l’arrêt 2 →
Engagez-vous dans l'avenue de Clichy, qui file vers le nord-ouest au cœur du vieux quartier des Batignolles.
2
Arrêt 2
★ Incontournable ~15 min

Avenue de Clichy

L'artère des impressionnistes, des cafés d'artistes et des barricades de 1871
📍 Avenue de Clichy, 17e arr.

Cette avenue fut le cœur battant de la vie artistique des Batignolles à la fin du XIXe siècle : cafés où se réunissaient les futurs impressionnistes, ateliers de peintres, cabarets et café-concerts s'y succédaient. Elle porte aussi la mémoire de la Commune, avec plusieurs barricades qui résistèrent jusqu'aux derniers jours de la Semaine sanglante.

N° 3 — La Taverne de Paris

Emplacement de la Taverne de Paris, qui hébergea à partir de 1905 la Société des dessinateurs humoristes à laquelle participaient Steinlen, Chéret, Willette, Poulbot, Jules Grün, Charles Léandre, Lucien Métivet, Abel Faivre, Jean-Louis Forain, Hansi et bien d'autres.

N° 6 — Le restaurant Boivin

Emplacement du restaurant Boivin, célèbre en 1815, que fréquentèrent par la suite les peintres Impressionnistes.

N° 7 — Le cabaret du Père Lathuille

Emplacement du cabaret du Père Lathuille, qui abrita le QG du général Moncey lors du combat qui l'opposa aux cosaques de Langeron, un autre général français passé à l'ennemi, le 30 mars 1814. C'est ici que Manet peignit en 1879 son tableau "Chez le père Lathuille", prenant comme modèles Louis, le fils du patron, et Ellen André, une actrice. L'établissement laissa la place au café-concert le Kursaal, où se produisirent Maurice Chevalier, Ouvrard, Lucienne Boyer, Fréhel, Françoise Dorin, Jean Marsac, Berthe Silva et tant d'autres, entre 1907 et 1927.

N° 9 — Le café Guerbois

C'est dans une salle au sous-sol du café d'Auguste Guerbois, à l'ex n° 11 Grande rue des Batignolles, que se tenaient les fameuses réunions de l'école des Batignolles, où se retrouvaient entre 1866 et 1875 des gens qui à l'époque éprouvaient de grandes difficultés à se faire reconnaître, comme Manet, Monet, Degas, Renoir, Pissaro, Fantin-Latour, Bazille, Sisley, Forain. Cézanne y retrouvait Émile Zola. Le "Guerbois" devint d'ailleurs le café Baudequin dans "l'Œuvre", ce roman qui provoqua la rupture entre les deux amis d'enfance. Après 1870, il fut progressivement délaissé par les artistes au profit de la Nouvelle Athènes, place Pigalle.

N° 11, 20 et 30 — Ateliers et marchand de couleurs

Au n° 11, la boutique du marchand de couleurs Hennequin, fournisseur et ami d'Édouard Manet. Au n° 20, l'atelier du peintre pointilliste Paul Signac, où se réunissaient le lundi, entre 1889 et 1891, les tenants de l'école "Divisionniste" ; le groupe de Georges Seurat. Au n° 30, l'atelier de Léon Bonnat, premier professeur de peinture d'Henri de Toulouse-Lautrec, en 1882.

N° 26 — Le bal du Petit Jardin

À l'emplacement du square des Deux-Nèthes se trouvait autrefois le bal du Petit Jardin, repaire de truands marseillais et corses, dont un certain "Papillon", où se produisit Édith Piaf alors qu'elle était totalement inconnue.

N° 41 — La dernière barricade du 17e

Dans la rue Hélène avait été érigée en mai 1871 une barricade qui fut la dernière dans le 17e arrondissement à résister à l'avancée des troupes versaillaises. Elle ne tomba que le 23 mai à midi. On y vit combattre Benoît Malon, Victor Jaclard, Napoléon La Cecilia, Gustave Lefrançais, Auguste Vermorel et Jules Johannard.

N° 43 — Le Chalet et l'exposition Van Gogh

Emplacement du restaurant "Le Chalet", dit aussi le Grand Bouillon, où Vincent Van Gogh organisa en 1887 une exposition rassemblant une centaine de tableaux, dont un de ses "Tournesols". Y participaient Toulouse-Lautrec, Louis Anquetin, Paul Gauguin, Émile Bernard et Arnold Koning. Elle fut boudée par le public.

N° 50 et 52 — Le théâtre Moncey, Maria Deraismes

Au n° 50, l'emplacement du théâtre Moncey, ouvert en 1891, où la troupe de Sarah Bernhardt joua "La dame aux Camélias" le 9 septembre 1907. Au n° 52, la demeure de Maria Deraismes, première femme initiée à la franc-maçonnerie, qui créa l'Association pour l'amélioration du sort de la Femme.

N° 66 — La barricade de La Fourche

Ici s'élevait pendant la Commune l'importante barricade de La Fourche. Elle tomba le 23 mai sous le feu de l'artillerie versaillaise.

Vers l’arrêt 3 →
Poursuivez sur l'avenue de Clichy puis bifurquez vers l'avenue de Saint-Ouen et les petites rues des Batignolles : passage Saint-Michel, rue Saint-Jean, rue Dautancourt.
3
Arrêt 3
Optionnel ~10 min

Autour de la rue Saint-Jean et de la rue Dautancourt

Une église inachevée et le Zola des débuts, entre deux venelles des Batignolles
📍 Rue Saint-Jean et rue Dautancourt, 17e arr.

En quittant l'avenue de Saint-Ouen par le passage Saint-Michel, on gagne un lacis de rues discrètes où subsistent une église de béton jamais achevée et le souvenir des débuts d'Émile Zola dans le quartier.

Rue Saint-Jean, n° 12 bis — Saint-Michel des Batignolles

Église St Michel des Batignolles, construite en 1925 en béton recouvert de briques. Elle ne fut jamais achevée.

Rue Dautancourt, n° 1 — Émile Zola

Demeure d'Émile Zola en 1867, alors au 1 rue Moncey. Il aurait terminé ici la rédaction de son roman "Thérèse Raquin".

Vers l’arrêt 4 →
Regagnez l'avenue de Clichy sur la droite, puis explorez le chapelet de rues qui la bordent : rue du Docteur Heulin, rue Clairaut, rue Lacroix, rue des Apennins.
4
Arrêt 4
★ Incontournable ~15 min

Les rues des Batignolles — Villiers, Varlin et Willette

Contes cruels, ouvriers de la Commune et dessinateurs de Montmartre
📍 Rues du Docteur Heulin, Clairaut, Lacroix et des Apennins, 17e arr.

Ce réseau de rues au nord de l'avenue de Clichy fut, dans les années 1870-1880, un quartier prolétaire où se croisèrent l'écrivain ruiné Villiers de l'Isle-Adam, les figures ouvrières de la Commune comme Eugène Varlin, et le dessinateur Adolphe Willette. Émile Zola y tint aussi ses jeudis littéraires.

Rue du Docteur Heulin, n° 4 — Prise de gaz à tous les étages

Bâtiment sur lequel on peut encore voir une plaque portant l'inscription "prise de gaz à tous les étages".

Rue Clairaut, n° 10 — Villiers de l'Isle-Adam

Demeure de l'écrivain Auguste Villiers de l'Isle-Adam, complètement ruiné, en 1883. N'ayant plus de table, il rédige ses "Contes cruels" couché à plat ventre sur un tapis.

Rue Lacroix, n° 27, 28 et 39-41 — Varlin et Willette

Au n° 27, la demeure en 1870 de l'ouvrier relieur Louis-Eugène Varlin. Il fait alors partie de la direction de l'Association Internationale des Travailleurs ; il vient de quitter la rue Dauphine, dans un 6e arrondissement déjà très bourgeois, pour rejoindre son ami Benoît Malon dans ce quartier des Batignolles alors beaucoup plus prolétaire. Ils feront bientôt tous deux partie des membres les plus actifs de la Commune de Paris. Au n° 28, la demeure entre 1910 et 1928, jusqu'à sa mort, du dessinateur montmartrois Adolphe Willette : jusqu'en 2004 un square portait son nom au pied du Sacré-Cœur, où il avait coutume d'entrer en criant "vive le Diable". À première vue sympathique, s'il n'avait été "candidat antisémite" aux élections municipales de 1889 ; le square a depuis été débaptisé et porte le nom de "Louise Michel", belle revanche pour la combattante de la Commune. Aux n° 39-41, deux cours recèlent un puits mitoyen.

Rue des Apennins, n° 21 — Le groupe de Médan

Demeure d'Émile Zola entre 1874 et 1876. Il recevait ici, les jeudis, d'autres écrivains dont Henri Céard, Joris-Karl Huysmans, Paul Alexis, Léon Hennique et Guy de Maupassant, avec lesquels il allait constituer le "groupe de Médan".

Vers l’arrêt 5 →
Reprenez l'avenue de Clichy sur la droite, puis engagez-vous dans la rue des Moines et poussez jusqu'à la Cité des Fleurs.
5
Arrêt 5
★ Incontournable ~15 min

De la rue des Moines à la Cité des Fleurs

Un blanquiste meurtrier, la Dame aux éventails de Manet et un atelier de faux papiers
📍 Rue des Moines, rue Sauffroy et Cité des Fleurs, 17e arr.

La rue des Moines conserve la mémoire d'un ouvrier insurgé et d'un salon littéraire tenu par la muse de Manet. Un peu plus loin, la Cité des Fleurs, lotissement pittoresque de 1852, abrita pendant l'Occupation un centre clandestin de fabrication de faux papiers.

Rue des Moines, n° 76-78 — Edmond Mégy

Demeure de l'ouvrier mécanicien Edmond Mégy, militant blanquiste qui tua un inspecteur de police venu l'arrêter suite aux événements de février 1870.

Rue des Moines, n° 82 — Nina de Callias

Emplacement de l'hôtel particulier de Nina de Callias, dite aussi de Villard ; la "Dame aux éventails" de Manet. Elle fut également le modèle d'Yvette, héroïne de Maupassant. Poétesse elle-même, elle tint ici après son retour d'exil volontaire à Genève en 1874 un célèbre salon littéraire où elle recevait, outre son amant en titre Charles Cros, Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé, Villiers de l'Isle-Adam et Germain Nouveau.

Rue Sauffroy, n° 18 — Immeuble Art nouveau

Immeuble style Art nouveau réalisé par l'architecte Edmond Lamoureux.

Avenue de Clichy, n° 143 et 154 — L'usine à gaz et la Cité des Fleurs

Au n° 143, l'emplacement de l'usine à gaz des Batignolles, fermée avant la fin du XIXe siècle. Au n° 154, la Cité des Fleurs, construite pour les promoteurs Lhenry et Bacqueville en 1852.

Cité des Fleurs, n° 25 — Faux papiers de la Résistance

Centre de fabrication de faux papiers de la Résistance, investi par la Gestapo le 18 mai 1944.

Vers l’arrêt 6 →
Rejoignez la rue de la Jonquière puis la rue Berzélius, à gauche, en direction de l'ancien quartier industriel des Batignolles.
6
Arrêt 6
★ Incontournable ~15 min

Le quartier industriel — Berzélius, Gouin et la Petite Ceinture

Les Marmites de Varlin, l'usine Gouin et ses 2 300 ouvriers
📍 Rue Berzélius et avenue de Clichy (nord), 17e arr.

Autour de l'usine métallurgique Gouin, ce secteur fut un haut lieu du monde ouvrier parisien : restaurants coopératifs, refuges de l'Internationale, actions anarchistes. La ligne de Petite Ceinture y avait sa station Batignolles-Clichy.

Rue Berzélius, n° 20 — Les Marmites de Varlin

Emplacement d'une des "Marmites" ; restaurant coopératif installé près de l'usine Goüin. L'établissement devint le refuge de l'Association Internationale des Travailleurs après son interdiction par le régime de Napoléon III. Il était géré par Eugène Varlin, Nathalie Le Mel, Léon Gouet, Juste Boullet et Alphonse Delacour. C'est dans la rue Berzélius que l'anarchiste Georges Etiévant blessa deux agents de police le 19 janvier 1898.

Avenue de Clichy, n° 165 — La Cheminote

La Cheminote, restaurant coopératif des ouvriers du chemin de fer, fut inaugurée ici le 5 janvier 1921.

Avenue de Clichy, n° 174-176 — L'usine Gouin

Emplacement de l'entrée de l'entreprise métallurgique Gouin et Cie, où travaillait Edmond Mégy comme ouvrier mécanicien-tourneur ; ce dernier, militant blanquiste, se réfugia en Colombie après la Commune. L'usine d'Ernest Gouin fabriquait du matériel ferroviaire et des ponts, de 1846 à 1928. Elle devint par la suite la société SPIE-Batignolles et employa jusqu'à 2 300 ouvriers. C'est elle qui construisit le premier pont métallique français, à Asnières, en 1852.

Avenue de Clichy, n° 190 — Station Batignolles-Clichy

Station Batignolles-Clichy de la ligne de Petite ceinture, achevée en 1866. Elle voyait le passage de 56 trains par jour dans les deux sens, le premier à 4 h 50 du matin.

Vers l’arrêt 7 →
Continuez vers le boulevard Berthier, à gauche, puis la rue André Suarès et la porte de Clichy : vous longez les vestiges des anciennes fortifications.
7
Arrêt 7
★ Incontournable ~15 min

Les fortifs et le cimetière des Batignolles

Caserne de la Waffen SS, vestiges de l'enceinte de Thiers et tombes de poètes
📍 Boulevard Berthier, porte de Clichy et cimetière des Batignolles, 17e arr.

À la lisière nord du 17e subsistent les dernières traces de l'enceinte fortifiée de Paris, la "der des ders" des enceintes, ainsi que le cimetière des Batignolles où reposent quelques grands noms de la poésie et de la littérature.

Boulevard Berthier — La caserne réquisitionnée

La caserne du boulevard Berthier fut réquisitionnée par la Waffen SS pendant l'occupation, de 1940 à 1944.

Rue André Suarès — Le bastion n° 44

Vestiges du bastion n° 44 de l'enceinte de Thiers : les "fortifs" ; dernière enceinte fortifiée de Paris, construite en 1841 et détruite en 1929.

Rue Saint-Just, n° 8 — Le cimetière des Batignolles

Vers l’arrêt 8 →
Traversez l'avenue de la Porte de Clichy et remontez par la place Arnault-Tzanck, l'avenue de la Porte Pouchet et le boulevard Bessières, jusqu'à la rue des Épinettes qui donne son nom au quartier.
8
Arrêt 8
★ Incontournable ~15 min

Le cœur des Épinettes

Statues fondues par les nazis, un jeune résistant fusillé et le futur Hô Chi Minh
📍 Rue des Épinettes, rue Baron, square et rue Jean Leclaire, 17e arr.

Nous voici au cœur du quartier qui donne son nom à la balade. Autour du square des Épinettes se croisent la mémoire féministe de Maria Deraismes, celle du jeune résistant Guy Môquet, et la trace parisienne du futur Hô Chi Minh.

Rue Baron, n° 34 — Guy Môquet

Demeure de Guy Môquet chez ses parents. Membre des JC à 15 ans, il est arrêté en distribuant des tracts à la gare de l'Est. Il sera fusillé comme otage au camp de Châteaubriant le 22 octobre 1941.

Rue Jean Leclaire, n° 1 — Les statues du square des Épinettes

Dans le square des Épinettes se trouvait la statue de Maria Deraismes, militante féministe et femme de lettres, fondatrice de l'Association pour le droit des femmes ; ainsi que celle de Jean Leclaire, chef d'une entreprise de peinture en bâtiment qui fut le promoteur de l'intéressement des salariés aux bénéfices de l'entreprise. Les deux statues furent fondues par les nazis en 1943.

Rue Lacaille, n° 1 bis — Gustave Le Rouge

Demeure de Gustave Le Rouge, auteur de romans populaires érudits, ami de Blaise Cendrars et d'Hugues Rebell, lié aux Surréalistes.

Impasse Compoint, n° 9 et 12 — Hô Chi Minh et le POUM

Au n° 9, l'emplacement de la demeure de Nguyên Tat Thanh, alias N'Guyen Ai Quôc (le patriote), futur Hô Chi Minh, lors de son séjour à Paris en 1921. Au n° 12, le siège du POUM, Parti ouvrier d'unification marxiste : il fut, de septembre 1937 à 1939, le QG de la campagne pour la libération des Poumistes espagnols menée par Victor Serge, Marceau Pivert, Henk Sneevliet et Eugène Dieudonné.

Vers l’arrêt 9 →
Redescendez par la rue Guy Môquet puis la rue Davy, en direction de l'avenue de Saint-Ouen.
9
Arrêt 9
Optionnel ~10 min

Rue Davy et avenue de Saint-Ouen — républicains et communards

Ledru-Rollin et Blanqui complotent, le Club de la Révolution sociale s'installe
📍 Rue Davy et avenue de Saint-Ouen, 17e arr.

Ce secteur fut un foyer de l'agitation républicaine sous la Monarchie de juillet, puis un bastion des Internationalistes du 17e pendant la Commune.

Rue Davy, n° 14 — Le rendez-vous des Républicains

Emplacement d'un lieu de réunions des Républicains pendant la Monarchie de juillet, autour d'Armand Barbès, Ledru-Rollin et Marc Caussidière. Ledru-Rollin rencontra ici Auguste Blanqui pour préparer l'insurrection du 13 juin, qui allait être un échec. Il échappa de justesse à l'arrestation, suite à une dénonciation, et dut s'exiler en Angleterre.

Avenue de Saint-Ouen, n° 19 et 41 — Le Club Michel

Au n° 41, on peut admirer de belles céramiques dans le hall d'entrée de l'immeuble. Au n° 19, l'emplacement de l'ancienne église St Michel des Batignolles, construite en 1857 : le Club Michel, dit aussi Club de la Révolution sociale, animé par les Internationalistes du 17e arrondissement dont Louis Chalain, s'y installa pendant la Commune, le 3 mai 1871.

Vers l’arrêt 10 →
Poursuivez vers le sud par la rue Fauvet ou la Cité Pilleux, puis gagnez la rue Ganneron. Vous entrez dans le 18e arrondissement, aux abords du cimetière Montmartre.
10
Arrêt 10
★ Incontournable ~15 min

Autour de la rue Ganneron — prêtres-ouvriers et ateliers de peintres

L'abbé Godin, Cambacérès conventionnel et Toulouse-Lautrec chez Rachou
📍 Rue Ganneron et rue Hégésippe-Moreau, 18e arr.

Aux abords du cimetière Montmartre, la rue Ganneron et ses voisines mêlent l'histoire de la Résistance chrétienne, celle des prêtres-ouvriers, et une riche mémoire artistique — de Cambacérès à Toulouse-Lautrec, de la Villa des Arts à Cézanne.

Rue Ganneron, n° 47 — L'abbé Godin et la Mission de Paris

Demeure de l'abbé Godin, aumônier de la JOC et coauteur de "France, pays de mission". Il s'y tenait, en 1944, les réunions hebdomadaires de l'organisation de prêtres-ouvriers la "Mission de Paris". Le 1er mars 1954, 120 prêtres réfractaires sur 200, sous l'impulsion de Jean Urvoas et de Robert Davezies, refusèrent l'interdiction des prêtres-ouvriers par le pape. Pendant la guerre d'Algérie, certains prêtres de ce groupe s'engagèrent dans le soutien au FLN.

Rue Hégésippe-Moreau, n° 15 et 17 — La Villa des Arts

Au n° 17, la loge de concierge de Madame Weibel servait de boîte aux lettres au mouvement "Résistance" entre 1942 et 1944 ; son fils Jean, qui avait alors 16 ans, était agent de liaison pour le réseau. Au n° 15, la Villa des Arts, cité d'artistes construite par l'architecte Henri Cambon en 1890. Elle comporte une soixantaine d'ateliers dans lesquels vécurent et travaillèrent nombre de peintres célèbres, dont Jean et Raoul Dufy, Desmichel, Gueret, Carrière, Louis Marcoussis et Théodore Rousseau. À l'été 1895, Paul Signac y prête son appartement à Émile Verhaeren ; et en 1899, Paul Cézanne y peint le portrait d'Ambroise Vollard.

Rue Ganneron, n° 1, 9, 12 et 22 — De Cambacérès à Céline

Au n° 22, en 1884, Henri de Toulouse-Lautrec s'installe et peint ici, chez son ami Rachou. Au n° 12, la demeure, dans un ancien couvent, du député de l'Hérault à la Convention Jean-Jacques de Cambacérès, qui présidera cette assemblée en 1794 et deviendra 2e Consul en 1800 ; prototype de l'opportuniste, il traversera sans encombre presque tous les régimes. En 1880, c'est Jean Baptiste Clément qui demeurera ici à son retour d'exil, chez sa tante Louise, en attendant de s'installer rue Lepic. Au n° 9, la demeure d'enfance de Louis-Ferdinand Auguste Destouches, dit Céline. Au n° 1, l'emplacement de la barricade de ce qui était alors la rue des Carrières, pendant la Semaine sanglante : elle arrêta quelque temps l'avancée des versaillais le 23 mai 1871 avant d'être contournée par les troupes de Ladmirault. Une vingtaine de Fédérés seront fusillés ici sur son ordre après les combats.

Vers l’arrêt 11 →
Prenez la rue Cavallotti puis la rue Camille-Tahan, au cœur du Montmartre des poètes et des peintres.
11
Arrêt 11
Optionnel ~10 min

Rues Cavallotti, Camille-Tahan et Forest

Jehan-Rictus, Picasso au Bateau-Lavoir et une librairie anarchiste
📍 Rues Cavallotti, Camille-Tahan et Forest, 18e arr.

Ce dédale de petites rues montmartroises fut peuplé de poètes populaires, de romanciers et d'artistes de la bande du Bateau-Lavoir, mais aussi de figures du milieu anarchiste.

Rue Camille-Tahan, n° 3 et 8 — Jehan-Rictus et Dorgelès

Au n° 8, la demeure du poète Jehan-Rictus à partir de 1914 : Gabriel Randon de Saint-Amand, alias Jehan-Rictus, avec qui Lénine s'était lié d'amitié lors de son séjour à Paris, mourut ici dans la misère en 1933. Au n° 3, la demeure du romancier Roland Lecavelé, alias Roland Dorgelès, auteur entre autres des "Croix de bois".

Rue Cavallotti, n° 8 — Chez Vernin

Café-restaurant "Chez Vernin", fréquenté en 1904 par les locataires du Bateau-Lavoir, dont Pablo Picasso et Fernande Olivier, sa compagne pendant 7 ans.

Rue Forest, n° 1 — La librairie anarchiste Ducret

Librairie anarchiste de Jules Erlebach, alias Ducret, à l'angle du passage de Clichy. Ducret fut abattu en 1912 par Lacombe, dit le Chien traqué, convaincu d'avoir été livré par lui.

Vers l’arrêt 12 →
Prenez la rue Caulaincourt à gauche, vers l'emplacement de l'ancien jardin du père Forest.
12
Arrêt 12
★ Incontournable ~12 min

Rue Caulaincourt — Du jardin du père Forest au Gaumont-Palace

Toulouse-Lautrec chez le père Forest, Buffalo Bill et la plus grande salle de cinéma d'Europe
📍 Rue Caulaincourt, 18e arr.

L'histoire de ce coin de Montmartre est celle d'un terrain qui vit se succéder un jardin de peintres, un hippodrome, un cirque, puis le gigantesque Gaumont-Palace. Sous l'Occupation, il fut à la fois lieu de propagande collaborationniste et point de contact de la Résistance.

Rue Caulaincourt, n° 1 — Le père Forest et le Gaumont-Palace

Emplacement d'une bicoque dans le jardin de Barthélemy Forest, dit le père Forest. Il y accueillait ses amis peintres, parmi lesquels Henri de Toulouse-Lautrec en 1885 : c'est ici que Lautrec peignit le portrait de Suzanne Valadon. Sur ce terrain sera édifié en 1897 un hippodrome, qui deviendra en 1900 l'Hippo-Palace, puis le cirque Bostock : c'est dans cette immense salle que sera présenté en 1910 le spectacle de William Coddy, alias Buffalo Bill. Elle fut remplacée à son tour, en 1911, par le cinéma Gaumont Palace, bâti pour Léon Gaumont, pionnier français de l'industrie cinématographique ; c'était la plus grande salle de projection de l'époque, pouvant accueillir jusqu'à 5000 spectateurs, et elle disparut à son tour en 1973. Pendant l'Occupation, le Gaumont-Palace fut le lieu de diverses manifestations collaborationnistes, dont une réunion du Comité d'action antibolchevique le 19 juillet 1943. Mais depuis 1941, la loge de concierge de Mme Gannie servait de boîte aux lettres au SR Interallié, dirigé par Henri Gorse, alias Louis 231 ; par chance, cette boîte aux lettres resta inconnue de Mathilde Carré, alias "la Chatte", un agent double qui fit des ravages dans les rangs de la Résistance. Marcel Carné demeura au 13e étage d'un immeuble de la rue Caulaincourt que nous n'avons pas réussi à localiser, non loin peut-être du "21" avenue Junot, où habitait son "Assassin" ; dans le film éponyme, s'entend.

Vers l’arrêt 13 →
Descendez par un escalier vers l'avenue Rachel, en direction du cimetière Montmartre.
13
Arrêt 13
★ Incontournable ~12 min

Avenue Rachel et le cimetière Montmartre

Prévert, Malraux, un sabotage de la Résistance et les charniers de la Commune
📍 Avenue Rachel et cimetière Montmartre, 18e arr.

L'avenue Rachel, où vécurent Prévert et Malraux, fut aussi le théâtre d'un acte de résistance. Le cimetière Montmartre, dont les carrières servirent de fosses communes dès la Révolution, recèle la mémoire tragique des Fédérés de la Commune — certains ensevelis encore vivants.

Avenue Rachel — Prévert, Malraux et le sabotage de 1942

Ce fut la première adresse de l'auteur des "Enfants du Paradis", Jacques Prévert, à un numéro qui nous est inconnu. André Malraux habita lui aussi avenue Rachel après la Seconde guerre mondiale. Le 22 février 1942, des Résistants, parmi lesquels Georges Tondelier, détruisirent ici à la dynamite plusieurs camions de la Wehrmacht.

N° 20 — Le cimetière Montmartre et les charniers de la Commune

Le cimetière Montmartre fera l'objet d'une visite à lui tout seul. Les carrières qui s'ouvraient dans le secteur devinrent un lieu d'inhumation avant l'heure pendant la Révolution : on y ensevelit dans des fosses communes un certain nombre de victimes de plusieurs émeutes survenues durant cette période. Un autre charnier fut creusé ici après la Commune et la Semaine sanglante, où furent ensevelis nombre de Fédérés, parmi lesquels Charles Delescluze. Certains furent enterrés encore vivants. Un témoin revint planter un acacia afin de repérer l'endroit où se trouvait le corps du vieux militant républicain ; il a aujourd'hui sa tombe au Père Lachaise.

Vers l’arrêt 14 →
Gagnez le boulevard de Clichy, sur la droite, et remontez-le vers la place de Clichy en passant devant le Moulin Rouge.
14
Arrêt 14
★ Incontournable ~15 min

Le boulevard de Clichy et le Moulin Rouge

Le bal de la Reine Blanche, le French Cancan et l'atelier de la période bleue de Picasso
📍 Boulevard de Clichy, 18e arr.

Dernière grande étape avant le retour, le boulevard de Clichy concentre un siècle et demi de vie parisienne : clubs de la Commune, naissance du Moulin Rouge et du French Cancan, académies de peinture d'où sortirent Braque et Picabia, ateliers de Signac et de Picasso, et cabarets de chansonniers.

N° 82-90 — Le Moulin Rouge

À son emplacement se trouvait autrefois le bal de la Reine Blanche, où se tinrent à la fin du Second Empire et pendant la Commune des réunions publiques du club du même nom, auxquelles participèrent Louise Michel et Georges Clemenceau. Le Moulin Rouge, dont la couleur "magenta" est due à Adolphe Willette, fut créé en 1889 par Joseph Oller et Charles Zidler. C'était alors un bal dans le jardin duquel trônait un éléphant en bois de grande taille abritant une scène ; il rivalisait avec l'Élysée Montmartre auquel il chipait ses danseuses vedettes : la Goulue, Jeanne Avril, Nini-pattes-en-l'air, Grille d'égout, Étoile filante, la Môme Fromage, Sauterelle, Cha-U-Kao. Elles ont été immortalisées, ainsi que Jules Renaudin, alias Valentin le Désossé, par Toulouse-Lautrec ; elles dansaient le "quadrille naturaliste", dérivé du Cancan. Joseph Pujol, dit le Pétomane, s'y produisit en 1892. Colette, avant de devenir écrivaine, y fit ses débuts sur les planches en 1907 dans une pantomime très dénudée intitulée "Rêve d'Égypte", et Pablo Picasso y puisa l'inspiration pour plusieurs de ses toiles. Après avoir été quelque peu délaissé, le Moulin Rouge connut une nouvelle vogue comme cabaret, entre 1926 et 1934, avec des artistes comme Mistinguett, qui y resta à l'affiche pendant 4 ans, Joséphine Baker et Maurice Chevalier.

N° 92 et 94 — La brasserie Graff et la cité Véron

Au n° 92, la brasserie Graff où Mistinguett venait dîner et draguer ; on y voyait aussi la Môme bijoux qui servit de modèle à la Folle de Chaillot. Au n° 94, la cité Véron, qui abritait l'académie de peinture de Ferdinand Humbert, créée en 1901, où étudièrent Georges Braque, Francis Picabia et Marie Laurencin. Au 6 bis habitèrent Jacques Prévert et Boris Vian : en 1952, ils recevaient là Raymond Queneau, Eugène Ionesco et Joan Miró dans le cadre des réunions du Collège de Pataphysique.

N° 100 — La Taverne des Truands et les Deux Ânes

Tristan Rémy, poète dadaïste, dirigeait ici la Taverne des Truands, un cabaret qui devint "l'Araignée", puis le "Porc-Épic", puis "l'Épatant", et enfin "les Deux Ânes". Créé par Roger Ferréol et André Dahl en 1922, ce dernier accueillit nombre de chansonniers, tels Jeanne Fusier-Gir, Noël Noël, Pierre-Jean Vaillard, Raymond Souplex, Robert Rocca, Jean-Marc Tennberg, Robert Dhéry et Colette Brosset. Il fut l'un des plus fameux théâtres de chansonniers d'une capitale friande de portraits-charges et de bons mots.

N° 104 — L'atelier de Fernand Cormon

Emplacement de l'atelier de Fernand Cormon ; académie de peinture dans laquelle étudièrent Henri de Toulouse-Lautrec, de retour à Paris en 1883, Vincent Van Gogh et Émile Bernard, fondateur de l'école de Pont Aven. Cormon eut pour successeur jusqu'en 1955 le peintre et sculpteur Fernand Léger, dont une élève, Nadia Khodossievitch, devint la seconde femme.

N° 114, 122 et 128-130 ter — De l'A.I.T. à la période bleue de Picasso

Au n° 114, la demeure de Doudeau, marbrier, membre de l'Association Internationale des Travailleurs, signataire du programme électoral de l'A.I.T. intitulé "Aux électeurs de 1869". Au n° 122, il ne reste, au milieu du boulevard, que le socle de la statue de Charles Fourier, détruite comme beaucoup d'autres par les nazis pendant l'Occupation, avec la complicité de Laval et de Pétain. Au n° 128, la demeure en 1899 du peintre espagnol Francisco Iturrino, ami de Matisse, Van Dongen, Derain, Vlaminck et Picasso, qui fréquentait le café de l'Hippodrome à la même adresse ; il y avait là aussi le salon de coiffure de Joseph Joffo, l'auteur de "Un sac de billes", en 1971. Au n° 130 ter, la demeure de Germain Nouveau en 1889 ; c'est ici que se trouvait l'atelier commun loué par Carlos Casagemas et Pablo Picasso, que Max Jacob visitait fréquemment. Casagemas se suicida le 17 février 1901 ; Picasso resta ici jusqu'en 1904 — ce fut dans son œuvre la fameuse "période bleue". Ici demeura également, au 6e étage, le peintre Paul Signac, auteur de "Au temps d'Anarchie", cofondateur du salon des Indépendants en 1884. C'est sur ce boulevard que se trouvait la "Bibliothèque Montmartroise", où Guillaume Apollinaire et Max Jacob venaient emprunter des albums de Fantômas ; Max Jacob songea même à fonder une "Société des amis de Fantômas". Surréalisme, quand tu nous tiens.

Vers l’arrêt 15 →
Remontez le boulevard de Clichy jusqu'à la place de Clichy, point de départ et d'arrivée de notre parcours.
15
Arrêt 15
★ Incontournable ~5 min

Retour place de Clichy

La boucle est bouclée, entre barrière révolutionnaire et moulins de Montmartre
📍 Place de Clichy, 17e/18e arr.

Nous voici de retour place de Clichy : fin de notre parcours. D'une barrière incendiée en 1789 aux cabarets de Montmartre, cette boucle aura traversé deux siècles d'histoire populaire, artistique et insurrectionnelle des Batignolles et des Épinettes.

⚠︎ Notice en cours de relecture (contenu issu des archives, enrichi puis vérifié) — découpe, légendes et crédits d’images susceptibles d’évoluer.