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Balade · 6e arr.

Plus d’après, on verra, mais un sacré passé... à Saint-Germain-des-prés - 1ère partie

De l’abbaye millénaire aux nuits de Sartre et de Gréco : mille cinq cents ans d’histoire dans le carré le plus dense de la Rive Gauche.
📍 14 arrêts
🚶 ~3.5 km
⏱ ~3h30
📖 6e arr.
Plus d’après, on verra, mais un sacré passé... à Saint-Germain-des-prés - 1ère partie

Cette balade parcourt le cœur historique de Saint-Germain-des-Prés, dans le 6e arrondissement. Partant du parvis de l’église St Germain des Prés — l’une des plus vieilles de Paris, vestige d’une abbaye fondée en 558 —, elle rayonne dans les rues qui recouvrent l’ancien domaine monastique et son enceinte : Furstenberg, l’Abbaye, l’Échaudé, Bonaparte, Jacob, Visconti, de Seine, des Saints-Pères, Saint-Benoît, jusqu’au quai Malaquais.

On y croise mille cinq cents ans d’histoire superposés : la nécropole mérovingienne, les massacres de Septembre 1792, les barricades de la Commune, la Petite Genève protestante, mais aussi les imprimeurs révolutionnaires, les ateliers des impressionnistes, les hôtels de l’existentialisme et les caves de jazz de l’après-guerre. Chaque numéro de rue est un feuilleté d’époques.

Nous partirons du parvis de l’église St Germain des Prés.

St Germain des Prés — plan du quartier en 1834 par Perrot

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Arrêt 1
★ Incontournable ~15 min

Place et église Saint-Germain-des-Prés

La plus vieille église de Paris, cœur d’une abbaye fondée en 558.
📍 Place Saint-Germain-des-Prés, 6e arr.

Le site de St Germain des Prés pourrait être, selon certains historiens, l’emplacement du camp de Camulogène. Le chef gaulois y aurait rassemblé ses troupes avant d’affronter Labienus, lieutenant de César — étape importante de la conquête de la Gaule.

L’église St Germain des Prés est l’une des plus anciennes subsistant à Paris. Jusqu’à la Révolution, elle dépendait d’une abbaye fondée en 558. Germain de Paris, dit St Germain, évêque de Paris, y fut inhumé dans une chapelle vouée à St Symphorien, en 576. Vers 885, celle-ci fut remplacée par l’église St Vincent-Ste Croix, environnée d’une nécropole mérovingienne où l’on retrouva le plus vieux gisant de Paris. Y avaient été inhumés Childebert 1er, les reines Frédégonde et Ultrogothe, Childéric II…

L’abbaye St Germain des Prés s’étendait sur un vaste périmètre, qui s’inscrirait aujourd’hui entre nos rues Jacob, St Benoît, de l’Échaudé, et déborderait sur le boulevard St Germain. Elle était entourée d’une enceinte dont il ne reste qu’une tour, à l’intérieur des bâtiments du n°6 de la place. La partie la plus ancienne de l’église actuelle, la base du clocher, daterait des environs de l’an mil. L’abbaye abrita l’un des centres d’étude instaurés en 779 par Charlemagne, et fut le creuset d’une réforme des mœurs des moines impulsée par Guillaume Briçonnet, futur évêque de Meaux, et Jacques Lefèvre, dit Lefèvre d'Étaples, entre 1507 et 1518.

Une statue d’Isis, réminiscence d’un vieux culte païen à la déesse égyptienne, fut remplacée en 1514 par une croix rouge à l’initiative de Briçonnet, alors abbé — croix ensuite déplacée au carrefour qui en porte encore le nom. Henri IV, faisant le siège de Paris en 1589, utilisa le clocher comme observatoire. Les cendres de René Descartes, décédé en Suède en 1650, y furent transférées en 1819, ainsi que celles de Nicolas Boileau Despréaux.

Devenue bien national pendant la Révolution, la « ci-devant abbaye Germain » devint « Maison de l’Unité ». Elle hébergea les réunions de la Section des Quatre Nations de 1790 à 1792, puis de l’Unité de 1793 à 1795, et abrita des logements, dont celui de Jean Paquotte, ciseleur et officier municipal, guillotiné le 11 Thermidor an II (29 juillet 1794) comme robespierriste. C’est au débouché de la rue Bonaparte sur la place, dans l’ancienne cour abbatiale, que débutèrent les massacres, le 2 septembre 1792. Sous le coup d’une menace d’intervention étrangère attribuée au duc de Brunswick, des révolutionnaires se livrèrent à des tueries dans plusieurs prisons parisiennes, dont celle de l’abbaye. Stanislas Maillard, héros de la Bastille, y joua un rôle ambigu.

L’église abrita un temps le culte théophilanthropique des « Adorateurs de Dieu et amis des hommes » en 1797, avant d’être transformée en fabrique de salpêtre. Pendant la Commune, une barricade était érigée sur la place. Prise à revers par les troupes versaillaises lors de la Semaine sanglante, le 23 mai 1871, 18 Fédérés faits prisonniers y furent fusillés. Pendant la dernière guerre, St Germain des Prés abrita une filière d’évasion organisée par Emmanuel Lancrenon, chanoine de Notre-Dame, qui fournissait des faux papiers aux prisonniers évadés en utilisant le secret de son confessionnal. L’horloge du clocher, l’une des dernières encore mécaniques à Paris, date de 1817.

Vers l’arrêt 2 →
Faisons le tour de la place avant de rayonner dans le quartier.
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Arrêt 2
★ Incontournable ~10 min

Le tour de la place

Les Deux Magots, mémoire vive des surréalistes et des existentialistes.
📍 Place Saint-Germain-des-Prés, 6e arr.

Au n°4 : siège de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, fondée en 1801, et lieu de conférences des exilés allemands dans les années 1930. Au n°6 : emplacement de la porte St Benoît, percée dans l’enceinte de l’abbaye vers la fin du 17ème siècle.

Les Deux Magots

Le café « Les Deux Magots » est l’un des deux établissements mythiques de St Germain. C’est là que fut rédigé, fin 1929, le second pamphlet intitulé « Un cadavre », publié le 15 janvier 1930 contre Breton, marquant la rupture de ses auteurs — Jacques Prévert, Raymond Queneau, Roger Vitrac, Max Morise, Michel Leiris, Georges Bataille, Georges Ribemont-Dessaignes… — avec le Surréalisme. C’est là que Paul Éluard présenta Dora Maar à Pablo Picasso à l’automne 1935, et que se rencontrèrent pour la première fois James Joyce et Ernest Hemingway, par l’intermédiaire de Ford Madox Ford. Ce fut aussi l’un des quartiers généraux des Existentialistes, où se retrouvaient Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Albert Camus, William Faulkner, François Mauriac, André Malraux…

42 place — Sartre et Beauvoir

Jean-Paul Sartre s’installe ici avec sa mère, après la mort de son beau-père, en janvier 1945. Trois ans plus tard, en 1948, il y « cohabite » avec Simone de Beauvoir (3ème fenêtre sous le balcon). Ils y installent le comité de rédaction des « Temps modernes », auquel participent Raymond Aron, Michel Leiris, Maurice Merleau-Ponty, Albert Ollivier, Jean Paulhan… Ils seront victimes, le 7 janvier 1962, d’un attentat au plastic de l’OAS ; sortis indemnes mais choqués, ils déménageront boulevard Raspail.

Vers l’arrêt 3 →
Empruntez la rue de l’Abbaye pour longer les vestiges de l’ancien monastère.
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Arrêt 3
★ Incontournable ~15 min

Rue de l’Abbaye et place de Furstenberg

Le cloître des massacres de Septembre et l’atelier de Delacroix.
📍 Rue de l’Abbaye et place de Furstenberg, 6e arr.

Au n°17 : Alphonse Daudet demeurait en 1866 à l’emplacement du square Laurent Prache. Il a décrit ce lieu dans « le Petit Chose ». Aux n°16-14 : vestiges du dortoir des moines de l’abbaye, de 1264. Au n°14 : bureau des frères Émile-Paul, qui animaient la « Société des Amis d’Alain-Fournier » et hébergeaient en août 1940 le Comité des « Français libres de France » — Claude Aveline, Marcel Abraham, Jean Cassou, Jean Paulhan, Boris Vildé… qui rejoindront le réseau du Musée de l’Homme.

Au n°13 se tint le tribunal d’exception improvisé qui décidait du sort des prisonniers pendant les massacres de septembre ; il reste, au fond de la cour, des vestiges de la galerie du cloître qui menait à la salle des séances, et une pompe à eau face à l’entrée. Aux n°10-6 : emplacement de la chapelle de la Vierge, dessinée en 1255 par Pierre de Montreuil, qui y fut enterré ; ce joyau d’art gothique fut détruit par un promoteur, un certain Salbrune, en 1802. Des vestiges sont visibles dans le mur des boutiques et dans le square Laurent Prache. Aux n°5-3 : Palais abbatial de St Germain, construit en 1586, où l’érudit bénédictin Dom Mabillon décède le 27 décembre 1707, et où résidera Jean-Jacques Pradier, dit James Pradier. Au n°2 : maison du 15ème siècle habitée par le bailli de St Germain des Prés, à l’emplacement de la porte du Petit Bourbon, entrée secondaire percée dans l’enceinte en 1610.

Place de Furstenberg — l’atelier de Delacroix

La place de Furstenberg était la cour des écuries du palais abbatial entre 1586 et 1699. Au n°6 : demeure et atelier d’Eugène Delacroix à partir de 1857 ; il y peint sa « Mise au tombeau » et la « Montée au calvaire », et y meurt le 13 août 1863. Claude Monet et Frédéric Bazille, alors dans la dèche, vinrent le remplacer en 1865 et 1866.

2 rue Cardinale — La France continue

Au n°2 de la rue Cardinale : imprimerie clandestine des premiers numéros du journal « La France continue », publié par Henri de Montfort chez Monsieur Lescaret, imprimeur, qui paraîtra à partir du 10 juin 1941.

Vers l’arrêt 4 →
Gagnez, par le passage de la Petite Boucherie et le boulevard St Germain, la rue de l’Échaudé qui suit le tracé de l’ancien rempart.
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Arrêt 4
★ Incontournable ~12 min

Rue de l’Échaudé et rue Bourbon-le-Château

Le tracé de l’ancien rempart et le premier café de Paris.
📍 Rue de l’Échaudé et rue Bourbon-le-Château, 6e arr.

Au n°26 de la rue de l’Échaudé : emplacement de la porte principale du rempart entourant l’abbaye de St Germain, construit en 1368, dont la rue suit le tracé. Au n°15 : imprimerie du « Mercure de France », fondé par Alfred Vallette et Marguerite Eymery, dite Rachilde, en 1889. Une barricade fut érigée rue de l’Échaudé le 23 février 1848 ; difficile d’en situer précisément l’emplacement, le boulevard St Germain n’existant pas alors.

Rue Bourbon-le-Château, au n°1 : première maison de café à Paris, tenue par l’arménien Maliban, qui introduisit cette « drogue » à Paris quatre ans après s’être installé à la Foire St Germain toute proche ; le succès de son breuvage lui permit de s’établir dans ses murs en 1675. Il sera bientôt imité par un certain Francesco Procopio Cutò, qui fera fortune sous le nom de Procope. Au n°2 : maison remarquable de 1848, aménagée autour d’une ancienne citerne, éclairée par un puits de lumière. La rue « Bourbon » le Château fut rebaptisée rue de la Chaumière de 1793 à 1806.

Vers l’arrêt 5 →
Prenez à droite la rue de Buci, puis rejoignez le boulevard St Germain.
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Arrêt 5
★ Incontournable ~12 min

Rue de Buci et boulevard Saint-Germain

La Clairon, le pilori des abbés et le méridien de Paris sous vos pieds.
📍 Rue de Buci et boulevard Saint-Germain, 6e arr.

Rue de Buci, au n°28 : demeure, de 1743 à 1748, de Claire Josèphe Hippolyte Leris de La Tude, dite Mlle Clairon, actrice préférée de Voltaire, sociétaire de la Comédie Française. Au n°34 : demeure d’Henri Verlet, membre du Comité central de la Garde nationale pendant la Commune de 1871, et de Louis-Émile Lacord, chef de cuisine chez Foyot, réfugié en Suisse après la Semaine sanglante où il créera la « Marmite sociale », lui aussi membre du Comité central de la Garde nationale.

Boulevard St Germain, au n°162 (aujourd’hui place d’Acadie) : emplacement, de 1275 à 1636, du pilori des abbés de St Germain des Prés, qui avaient droit de basse et de haute justice. Au n°160 : ancien hôtel Acropolis, où demeura Jacques Prévert au début de son idylle avec Jacqueline Laurent, en 1935. Au n°152, incrusté dans le trottoir, un disque de bronze devrait marquer le passage du méridien de Paris — s’il n’a pas été arraché ; il en subsisterait un autre sur le trottoir d’en face, entre les n°125 et 127. Au n°148 : emplacement du café Méphisto, où se rencontraient les exilés allemands ayant fui le fascisme avant guerre.

Vers l’arrêt 6 →
Tournez à gauche dans la rue de Seine, artère centrale de la balade.
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Arrêt 6
★ Incontournable ~18 min

Rue de Seine

Hôtels de l’existentialisme, du jazz américain et de la Résistance.
📍 Rue de Seine, 6e arr.

Au n°77 : le 31 mai 1942, le PCF organise le pillage du magasin collabo Félix Potin ; deux policiers sont tués. Madeleine Marzin, qui participe à l’opération, est arrêtée et condamnée à mort mais parviendra à s’évader. Au n°54 : demeure d’Adolphe Clémence, dit Roussel, ouvrier relieur, un des premiers adhérents de l’Association Internationale des Travailleurs en 1865, élu au Conseil de la Commune en 1871 ; il meurt ici dans le plus grand dénuement le 4 février 1889. Au n°63 : demeure en 1834 d’Adam Mickiewicz, poète polonais, auteur de « Pan Tadeuz » (plaque). Au n°57 : siège du journal « l’Accusateur révolutionnaire » de Douhet-Rathail, fondé le 2 avril 1848, et hôtel du Maroc, une des nombreuses adresses de Charles Baudelaire, qui y séjourna de mai 1854 à 1855.

66 et 60 — Hôtels Welcome et La Louisiane

Au n°66 : Hôtel Welcome, fréquenté en août 1944 par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, ainsi que par Nathalie Sorokine, alors compagne de Simone. Au n°60 : Hôtel « la Louisiane », où fut créée en 1945, chez Sartre et Beauvoir, la revue « Les Temps modernes ». C’est dans leur chambre n°10 au 1er étage qu’eurent lieu les répétitions de « Huis clos » dirigées par Albert Camus en mai 1944, et que Simone de Beauvoir écrivit « Le sang des autres », publié le 1er août 1945. L’hôtel était fréquenté par de nombreux jazzmen et chanteurs américains — quartier général parisien de Miles Davis, John Coltrane, Bud Powell, Lester Young, Chet Baker, Archie Shepp… et Juliette Gréco.

Vers l’arrêt 7 →
Remontez vers la rue Jacob, sur le tracé de l’ancien Pré aux Clercs.
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Arrêt 7
★ Incontournable ~18 min

Rue Jacob

Le Pré aux Clercs, la Ligue des droits de l’homme, Wagner et Proudhon.
📍 Rue Jacob, 6e arr.

C’est tout au long de cette rue, qui n’était encore qu’un chemin, que s’étendait le « grand Pré aux Clercs », lieu où le supplice de l’estrapade était appliqué aux déserteurs ; le « petit Pré aux Clercs » se situait sur l’emplacement de l’actuelle rue Visconti. Au n°1 : siège de la Ligue de Défense des Droits de l’Homme, la LDH, à sa création par Ludovic Trarieux et Francis de Pressensé, le 4 juin 1898. Au n°2 : hôtel de Cronstadt, où séjournait Louise Michel de 1897 à 1904. Aux n°10-12 : demeure en 1832 de Pauline Roland, saint-simonienne, et de Pierre Leroux, l’introducteur en France du terme « socialisme » ; ils y reçoivent Jean-François Aicard, Gustave Lefrançais, Jeanne Deroin…

L’ancien restaurant « Chez Chéramy » devient en 1944 « le Bar Vert », haut lieu des nuits de St Germain avant que ne naisse « le Tabou » ; après guerre il est animé par le Groupe Octobre de Jacques Prévert, puis se transforme en 1949 en cabaret, L’Échelle de Jacob, qui révèle Francis Lemarque, Cora Vaucaire, Marcel Mouloudji… et accueille Clark Gable, Marlène Dietrich, Gary Cooper, Dany Kaye... Au n°5 : emplacement de l’entrée Nord de l’abbaye. Au n°7 : demeure de Jean Racine chez son cousin Antoine Vitard en 1658. Au n°12 : hôtel de Saxe, demeure du maréchal Maurice de Saxe sous Louis XV ; y habita pendant la Révolution Marc-Guillaume Alexis Vadier, conventionnel Montagnard opposé à Robespierre.

14-16 — Wagner, Proudhon, l’abbé Grégoire

Au n°14 : Richard Wagner habite au fond de la cour avec sa femme Minna Planer, du 30 octobre 1841 à 1842 ; il y achève « Rienzi » et commence « Le Vaisseau fantôme ». Y demeure aussi, en 1862, Pierre-Joseph Proudhon. Au n°16 : demeure de Henri Grégoire, dit l’abbé Grégoire, un des principaux promoteurs de l’abolition de l’esclavage que la Convention nationale décrétera le 16 pluviôse an II — que Napoléon 1er rétablira en 1802.

20-31 — Salon Barney, Gallimard, la Commune

Au n°18 : demeure de Prosper Mérimée de 1847 à 1852. Au n°20 : demeure et atelier d’Eugène Delacroix en 1824, puis demeure de Natalie Clifford Barney, poétesse américaine qui y tient les vendredis un salon littéraire fréquenté par André Gide, Paul Claudel, Francis Scott Fitzgerald, Ezra Pound, Ernest Hemingway, Marina Tsvetaeva... Au n°13 : demeure de Pierre Chaillet, jésuite, qui y installe le siège de la revue « Les Cahiers de Témoignage chrétien » et animera un service d’aide aux persécutés. Au n°19 : demeure, de juillet 1789 à 1790, de Louis Prudhomme, directeur des « Révolutions de Paris ». Au n°26 se tiennent au début de la Révolution des réunions secrètes de Montagnards ; y demeurent Élie Decazes, ministre de Louis XVIII, et Jacques Alexandre Bixio, ministre en 1848.

Au n°28 : demeure, de 1893 à 1896, de Sidonie Gabrielle Colette avec Henry Gauthier-Villars, dit « Willy ». Au n°27 : demeure en 1841 de Jean-Auguste-Dominique Ingres, et siège de la revue « Esprit », rétablie en 1944 par Emmanuel Mounier et Georges Izard. Au n°29 : demeure d’Adam Philippe de Custine, général rallié à la Révolution, guillotiné en 1794. Aux n°29-32, pendant la Semaine sanglante, le 24 mai 1871, Salvador Daniel, musicologue et Communard, est ramené sur la barricade où il avait lutté pour y être fusillé par les versaillais d’Adolphe Thiers. Au n°31 : premier siège, en 1911-1912, de la maison d’édition Gallimard, fondée par Gaston Gallimard — qui publie Alain, Guillaume Apollinaire, Paul Claudel, André Gide, Marcel Proust, Paul Valéry, Valery Larbaud... — puis librairie des sciences politiques, siège de « La Critique sociale » de Boris Souvarine, à laquelle collaborent Raymond Queneau, Georges Bataille, Michel Leiris, Jacques Baron… Marguerite Duras était, en voisine, une habituée du café le Pré aux Clercs dans les années 50.

Vers l’arrêt 8 →
Rejoignez la rue Bonaparte, que vous parcourrez en aller-retour.
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Arrêt 8
★ Incontournable ~20 min

Rue Bonaparte

La Noue comblée, Hemingway, Auguste Comte, Henry Miller et les Beaux-Arts.
📍 Rue Bonaparte, 6e arr.

La rue Bonaparte suit le tracé de la Noue, appelée aussi la Petite Seine, canal creusé vers 1358 pour irriguer les fossés de l’enceinte de l’abbaye ; elle remplace une allée du parc de l’Hôtel de la reine Margot. Au n°30 : restaurant « Le Pré aux Clercs » fréquenté en 1921 par Ernest Hemingway, alors reporter au Toronto Star, avec sa femme Hadley. Au n°36 : demeure d’Auguste Comte de 1826 à 1828 (plaque).

En revenant dans l’autre sens, au n°24 : demeure en 1877-1878 du poète et dessinateur Germain Nouveau, qui séjourna à Londres avec Arthur Rimbaud ; emplacement aussi de l’hôtel de Paris, séjour de June et Henry Miller en 1928. Au n°18 : demeure de 1818 à 1821 du jeune Victor Hugo avec sa mère, et siège du Conseil national tchécoslovaque en exil, dirigé par Tomáš Garrigue Masaryk en 1916 (plaque). Au n°16 : demeure de Prosper Mérimée en 1837 et ancien établissement du Mont de Piété où, le 12 mai 1871, Augustin Avrial et Francis Jourde font voter par le Conseil de la Commune le dégagement gratuit des objets de moins de 20 F déposés au Mont de Piété.

14 — La chapelle des Louanges et les Beaux-Arts

Au n°14 : emplacement de la chapelle des Louanges des Petits Augustins que Marguerite de Valois, dite la reine Margot, avait autorisés à s’installer en 1608, avant de les chasser cinq ans plus tard sous prétexte qu’ils chantaient trop fort, et faux. La coupole de cette chapelle fut la première construite à Paris ; l’ancien cloître est devenu la cour du Mûrier de l’École des Beaux Arts. En 1792, Alexandre Lenoir, assisté de François Debret et Félix Duban, crée un musée lapidaire dans l’ancien couvent, qui deviendra le 1er septembre 1794 le « Musée des Monuments français » jusqu’en 1816. À partir de 1862, Charles Gleyre y donnera des cours à plus de 500 peintres, dont Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, Frédéric Bazille, Jean-Léon Gérôme, Jean-Louis Hamon, Henry-Pierre Picou… Pendant la guerre de 1870, Charles Floquet transforme l’école en atelier de confection pour la Garde nationale ; un groupe de Fédérés s’y retranche le 24 mai 1871, inscrivant sur un mur : « nous serons tous fusillés, mais nous nous en foutons ». Au n°13, en 1926, la galerie Pierre expose Joan Miró, puis « la peinture surréaliste » préfacée par Breton et Desnos, avec Man Ray, Pablo Picasso, Giorgio De Chirico, Jean Arp dit Hans Arp, Paul Klee, André Masson, Max Ernst.

Vers l’arrêt 9 →
Revenez en arrière pour vous engager dans l’étroite rue Visconti, cœur de la Petite Genève.
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Arrêt 9
Optionnel ~15 min

Rue Visconti

La Petite Genève protestante, Racine, Balzac imprimeur et les impressionnistes.
📍 Rue Visconti, 6e arr.

La rue Visconti fut tracée à l’emplacement du petit Pré aux Clercs, au cœur de ce que l’on appellera la Petite Genève, le quartier protestant hors les murs de la capitale ; un rassemblement de plusieurs milliers de huguenots y eut lieu le 13 mai 1558. Au n°24 : demeure à partir de 1692 de Jean Racine, qui y meurt le 21 avril 1699 (une plaque erronée indique le n°26 actuel). Au n°21 : demeure de Mlle Clairon de 1750 à 1768, du pamphlétaire Louis Blanc, et siège de l’Union pour la Vérité de Paul Desjardins, autour d’André Gide. Au n°20 : demeure de Prosper Mérimée de 1836 à 1838 où il rédige « Les âmes du purgatoire », et atelier de Frédéric Bazille, qu’il partage en 1866-1867 avec Auguste Renoir, visités par Claude Monet et Alfred Sisley.

Au n°18 : imprimerie du journal « Les Révolutions de Paris », fondé par Louis Prudhomme, avec pour rédacteur Élisée Loustalot ; y contribueront Antoine Tournon, Sylvain Maréchal, Pierre-Gaspard Chaumette, Fabre d'Églantine… le journal tira jusqu’à 200 000 exemplaires. Aux n°19-17 : imprimerie et demeure d’Honoré de Balzac, financée par Mme de Berny ; il y publie le Rouge et le noir de Stendhal mais fait faillite en un peu plus d’un an, de juin 1826 à 1827. Au n°19 : demeure et atelier du peintre Paul Delaroche de 1827 à 1835. Au n°17 : demeure et atelier d’Eugène Delacroix de 1835 à 1844, où il réalise les portraits de George Sand et de Frédéric Chopin.

Aux n°26-16 : demeure de Bernard Palissy à partir de 1584 ; arrêté et condamné à la pendaison pour hérésie, enfermé à la Bastille, il y meurt en 1590 « de faim, de froid et de mauvais traitements ». Au n°16 : demeure d’Adrienne Lecouvreur à partir de 1718 ; comédienne excommuniée, l’Église lui refuse une sépulture chrétienne à sa mort le 20 mars 1730. Aux n°8 ou 10 : atelier de Jean-Auguste-Dominique Ingres vers 1825. Au n°4 : emplacement de « l’auberge du Vicomte » où fut célébré en 1555 le premier baptême réformé du quartier, et où se tint le 25 mai 1559 le premier synode protestant, organisé par François de Morel, dit de Collonges, aboutissant à l’Église Réformée de France. Aux n°4-2 : demeure de 1547 à 1570 de Jean Cousin, peintre et sculpteur. Au n°2 : second siège, en 1791, du journal « Le Mercure national » de Louise de Kéralio et François Robert, premier journal ayant prôné le républicanisme, le tutoiement et l’usage du terme citoyen.

Vers l’arrêt 10 →
Revenez rue de Seine, côté nord, vers la Seine.
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Arrêt 10
★ Incontournable ~18 min

Rue de Seine (côté quais) et rue des Beaux-Arts

Le cabaret du Petit Maure, George Sand, David et les galeries surréalistes.
📍 Rue de Seine et rue des Beaux-Arts, 6e arr.

Au n°26 de la rue de Seine : le cabaret du Petit Maure subsiste quasi tel quel, avec sa grille et son enseigne ; tenu par un certain Montglat, il était fréquenté par Vincent Voiture, Gédéon Tallemant des Réaux et Marc-Antoine Girard de Saint-Amant, roué de coups sur le Pont Neuf pour s’être moqué de Condé, le 1er décembre 1661. Au n°31 : demeure de George Sand chez son demi-frère Hippolyte Chatiron après sa séparation d’avec Casimir Dudevant en 1831 ; en 1933, André Breton y ouvre la Galerie Gravida. Au n°18 : librairie Pagnerre, siège du journal « Paris Révolutionnaire » auquel collaborent Philippe Buonarroti et Louis-Auguste Blanqui, dirigé par Laurent-Antoine Pagnerre en 1847.

Au n°29 : demeure de Jean Lacaze, qui cache Joël Le Tac et Fred Scaramoni, alias Séveri, en attente de départ pour Londres fin décembre 1941. Au n°27 : une des adresses de Charles Baudelaire en juillet 1855, et demeure d’Eugène Vermersch, où se tiennent des réunions en février 1871 en vue de la création du « Père Duchêne ». Au n°21 : Café Chez Fraysse où a lieu en 1947 une rencontre entre Jacques Prévert et Robert Giraud, illustrée par Robert Doisneau. Aux n°18-14 : demeure d’Alexandre de Beauharnais, premier mari de Joséphine, guillotiné en 1794, et du peintre Jacques-Louis David, ordonnateur des grandes cérémonies révolutionnaires et député montagnard. Au n°13 : emplacement de l’entrée de la salle des Métayers, où fit ses débuts l’Illustre Théâtre de Molière et de Madeleine Béjart en janvier 1644.

Rue des Beaux-Arts — Nerval, Wilde et les ateliers de peintres

À l’angle de la rue de Seine, un autre médaillon Arago marque le passage de la méridienne de Paris. Au n°2 : seconde galerie Pierre, créée par Pierre Loeb, où se tint en 1926 une exposition commune d’Alberto Giacometti, Max Ernst et Jean Arp. Au n°3 bis : la pionnière des écoles « libres », fondée par Henri Lacordaire, disciple de Félicité Lamennais, Charles de Montalembert et Charles de Coux le 9 mai 1831. Au n°4 : demeure de James Pradier. Au n°4 bis : hôtel de Nice, où Jacques Prévert séjourne en 1943 pour le tournage des « Enfants du paradis », y revient en 1945 comme vedette de St Germain, et rencontre en 1947 Paul Grimault et Joseph Kosma pour « Le Petit soldat ». Au n°5 : Félicité Lamennais fonde le journal « L’Avenir » en 1830, et y demeure Gérard de Nerval. Au n°8 : atelier en 1868 d’Henri Fantin-Latour, qui y peint le « Coin de table » représentant Verlaine et Rimbaud. Au n°10 : demeure de Prosper Mérimée et du peintre Camille Corot. Au n°13 : demeure d’André-Marie Ampère en 1811, où Oscar Wilde meurt le 30 novembre 1900 sous le pseudonyme de Sébastian Melmoth ; l’hôtel accueillera aussi Pierre Loti et Jorge Luis Borges entre 1977 et 1984.

Vers l’arrêt 11 →
Reprenez la rue Bonaparte, côté nord, en direction des quais.
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Arrêt 11
★ Incontournable ~18 min

Rue Bonaparte (côté quais) et quai Malaquais

Manet, Courbet, Fouché, Marx et les statues de la République.
📍 Rue Bonaparte et quai Malaquais, 6e arr.

Rue Bonaparte, aux n°7-9 : demeure de 1803 à 1818 de Gaspard Monge, initiateur de la géométrie descriptive, destitué de l’École polytechnique en 1815 par Louis XVIII. Au n°7 : hôtel Persan, demeure de 1768 à 1773 de Mlle Clairon. Au n°8 : demeure en 1801 de Bernard-Germain Étienne de Lacépède, naturaliste, continuateur de Buffon. Au n°5 : maison natale d’Édouard Manet, né ici le 23 janvier 1832, et demeure de 1911 à 1934 d’Hubert Lyautey, maréchal de France. Au n°4 : première adresse de Gustave Courbet à son arrivée à Paris en 1842. Aux n°1-3 : hôtel de Chavandon, demeure en 1789 d’Alexandre et de Joséphine de Beauharnais. Au n°1 : siège du Cercle de la Librairie.

Le quai Malaquais surplombait le port des Saints-Pères et s’appelait initialement quai Mal-Acquest, nom qui lui serait venu d’une des cours des miracles de la capitale ; sa réalisation en 1532 fut permise par le rattachement de l’Îlot de la Butte à la rive gauche. Face au n°1 : la statue de Voltaire, de 1885, réalisée par Joseph-Michel Caillé, fut détruite par Pétain pour le compte des nazis sous l’Occupation en 1942. Face au n°3 : la statue de Jean-François Soitoux fut, en 1848, la première représentation officielle de la République. Au n°3 : demeure pendant la Révolution de François Nicolas Léonard Buzot, Girondin qui se suicida en 1794 en même temps que Jérôme Pétion, du naturaliste Alexander von Humboldt, et de Léo Lagrange, ministre des Loisirs et des Sports du Front Populaire.

5 à 23 quai Malaquais — Fouché, Marx, Anatole France, Nadja

Au n°5 : hôtel de Châteauneuf, demeure du maréchal Maurice de Saxe en 1748, puis en 1791 de la baronne de Korff, amie d’Axel de Fersen, qui procure un passeport à son nom à Louis XVI pour la « fuite à Varennes » ; y demeure aussi le physiologiste François Magendie. Aux n°11-13 : emplacement de l’Hôtel de Juigné, ministère de la Police sous Joseph Fouché, nommé ministre en janvier 1796. Au n°15 : librairie qui recevait les abonnements au « Vorwärts », journal des immigrés germanophones auquel collabora Karl Marx en 1844, et demeure d’enfance d’Anatole France. Au n°19 : autre adresse de François Buzot, lié à Mme Roland, demeure de George Sand d’octobre 1832 à 1836 dans sa « mansarde bleue » où elle écrit « Lélia » au début de sa liaison avec Alfred de Musset, et librairie de François-Noël Thibault, père d’Anatole France, qui y naît le 16 avril 1844 — décor du magasin de « Boudu sauvé des eaux » de Jean Renoir en 1932. Aux n°21-23 : hôtel de Falcony, demeure de Eugène Viollet-le-Duc et du chirurgien Paul Broca, mort ici le 9 juillet 1880. Au n°23 : André Breton dîne avec « Nadja », Léona Delcourt, au restaurant Delaborde, le 10 octobre 1926. En juin 1870, Jules Verne amarre son bateau, le St Michel, à hauteur du quai ; il y est décoré de la Légion d’honneur par Eugénie de Montijo.

Vers l’arrêt 12 →
Gagnez la rue des Saints-Pères, à la lisière du 7e arrondissement.
12
Arrêt 12
★ Incontournable ~15 min

Rue des Saints-Pères

L’homme-oiseau, Michelet, Manet mourant et l’hôpital de la Charité.
📍 Rue des Saints-Pères, 6e arr.

Au n°2 : demeure de Jean-François Boyvin de Bonnetot, marquis de Bacqueville, « homme oiseau » qui se lança en 1745 du toit de son Hôtel pour traverser la Seine en vol plané — l’expérience se solda par une jambe brisée ; y demeurèrent aussi le maréchal Thomas-Robert Bugeaud, boucher de la rue Transnonain, et James Pradier, amant de Juliette Drouet. Au n°5 : demeure d’Édouard Manet, qui meurt de la syphilis le 30 avril 1883. Au n°6 : demeure de Pierre-François Réal, ami de Danton, accusateur public au Tribunal Révolutionnaire en 1792. Au n°7 : demeure de Joseph Lakanal, député Montagnard qui créa en 1795 les écoles centrales. Au n°10 : demeure de jeunesse de l’historien Jules Michelet. Au n°13 : demeure d’enfance de Mme Récamier de 1777 à 1793, puis siège des archives de la police secrète sous le Premier Empire et de la Librairie des Sciences sociales dirigée par Charles-Mathieu Limousin avec Antoine Bourdon, fondateurs de la section française de l’Association Internationale des Travailleurs.

Au n°26 : salon d’Hippolyte Carnot, fils de Lazare Carnot, où se tiennent les premières réunions des saint-simoniens jusqu’en 1828 ; siège de « La Revue encyclopédique » où Pierre Leroux utilise pour la première fois en français le mot « socialisme » en mars 1834 ; et du Comité Carnot pour les élections de 1863 avec Louis-Antoine Garnier-Pagès et Charles Beslay, futur membre de la Commune. Au n°29 : demeure d’Auguste Vermorel, journaliste et membre de la Commune, directeur de l’Ami du Peuple, grièvement blessé sur une barricade en secourant Maxime Lisbonne. Au n°30 : emplacement du cimetière de l’hôpital de la Charité, qui accueillit de 1604 à 1685 les dépouilles des protestants chassés du cimetière St Germain. Au n°35 : planque de Louis Coquillet, membre des Jeunesses communistes, arrêté après l’attentat manqué de la rue Buffault le 3 janvier 1942.

39-45 — L’hôpital de la Charité

Aux n°39-45 : l’Hôpital de la Charité, fondé en 1606 par Marie de Médicis, le plus réputé de Paris, tenu par les frères de la Charité, fermé en 1935. C’est ici que meurt Alfred Jarry, créateur du père Ubu, le 1er novembre 1907, ainsi que le peintre Amedeo Modigliani, de la tuberculose, le 24 janvier 1920, assisté jusqu’à la fin par Moïse Kisling.

Vers l’arrêt 13 →
Rejoignez la partie basse de la rue Jacob, vers les quais.
13
Arrêt 13
★ Incontournable ~18 min

Rue Jacob (côté quais) et rue Saint-Benoît

Le traité d’indépendance des États-Unis, Duras et le Club Saint-Germain.
📍 Rue Jacob et rue Saint-Benoît, 6e arr.

Rue Jacob, au n°60 : restaurant Michaud, « Comptoir des Saints Pères », fréquenté vers 1920 par la « Lost generation » — James Joyce, Ernest Hemingway, Francis Scott Fitzgerald… Au n°58 : QG du général Wladyslaw Sikorski en 1939-1940 (plaque). Au n°56 : hôtel d’York, demeure de Benjamin Franklin, où fut signé avec John Jay, John Adams et David Harley le traité reconnaissant l’indépendance des États-Unis d’Amérique le 3 septembre 1783. Au n°54 : siège du journal « La Démocratie pacifique » où Alexandre Ledru-Rollin et Martin Nadaud organisèrent la protestation contre l’envoi de l’armée à Rome le 13 juin 1849. Au n°45 : emplacement de la pharmacie de Guillaume François Rouelle, maître d’Antoine Lavoisier. Au n°39 : Simone de Beauvoir fait sa scolarité à l’institut Désir entre 1913 et 1925. Au n°44 : hôtel d’Angleterre, où ont lieu en 1783 les négociations du traité d’indépendance ; hôtel de Modène, demeure en 1791 d’Anacharsis Cloots, guillotiné le 24 mars 1794 avec les Hébertistes ; séjour en 1805 de Washington Irving et, en 1921, d’Ernest Hemingway avec sa femme Hadley. Au n°33 : emplacement du grand Pré aux Clercs passé de l’abbaye à l’Université en 1163. Au n°40 : demeure d’Anne Pingeot au moment de la naissance de Mazarine Mitterrand, le 18 décembre 1974.

Rue Saint-Benoît — Duras, la Commune et le jazz

Au n°1 : emplacement de la chapelle St Martin le Vieux, dite chapelle des Orges, de 1230 à 1358. Au n°4 : restaurant « Au Petit St Benoît », où Jacques Prévert fit avec Alexandre Trauner et Nicolas Bataille un repas juste avant sa chute accidentelle de 1948. Au n°3 : second siège de la maison d’édition Gallimard, de 1912 à 1921. Au n°5 : demeure du poète Charles-Augustin Sainte-Beuve en 1849, et, au 3ème étage, de Marguerite Duras, chez qui se réunissait le « groupe de la rue St Benoît » — Robert Antelme, Jean Genet, Henri Michaux, Georges Bataille, Maurice Merleau-Ponty, Dionys Mascolo, Albert Camus, René Leibowitz, Claude Roy, André Malraux… à partir de 1942 ; François Mitterrand y tente d’organiser un réseau, tandis que deux étages plus bas Ramon Fernandez reçoit des écrivains collabos — Pierre Drieu La Rochelle, Marcel Arland, Gerhard Heller, Ernst Jünger…

Au n°7 : imprimerie Claye, qui publiait des textes de l’Association Internationale des Travailleurs en 1871. Au n°9 : emplacement de la porte Papale de l’enceinte de St Germain, nommée en mémoire de la visite du pape Alexandre III le 21 avril 1163. Aux n°16-18 : école des filles où se réunissait pendant la Commune le Comité des Femmes du 6ème arrondissement, antenne de l’Union des Femmes pour la défense de Paris, animée par Elisabeth Dmitrieff et Nathalie Le Mel. Au n°13 : le Club St Germain, club de jazz créé en février 1948, où Boris Vian popularisa le Bebop et où jouèrent Charlie Parker, Miles Davis, Duke Ellington. Au n°20 : bureaux en 1851 de la « Revue des Deux Mondes », créée en 1829 par François Buloz. Aux n°15-17 : vestiges d’une tour de l’enceinte de l’abbaye construite en 1368. Au n°28 : hôtel Montana, demeure de Jacques Prévert en 1935. Étienne Cabet demeura dans la rue à son retour d’exil en 1839.

Vers l’arrêt 14 →
Regagnez le boulevard St Germain, à gauche, pour revenir à votre point de départ.
14
Arrêt 14
★ Incontournable ~5 min

Retour sur la place Saint-Germain-des-Prés

Fin de la première partie du parcours, au pied du vieux clocher.
📍 Place Saint-Germain-des-Prés, 6e arr.

Nous revenons à notre point de départ, sur la place St Germain des Prés, après avoir arpenté quinze siècles d’histoire concentrés dans quelques rues. Fin de la première partie du parcours.

⚠︎ Notice en cours de relecture (contenu issu des archives, enrichi puis vérifié) — découpe, légendes et crédits d’images susceptibles d’évoluer.