À l'assaut du ciel et de la Butte : de la station Anvers au sommet du Sacré-Cœur, sur les traces de la Commune, des meuniers, des anarchistes et des peintres de Montmartre.
📍 13 arrêts
🚶 ~4.5 km
⏱ ~3h30
📖 18e arr.
À l'assaut du ciel… et de la butte Montmartre. Cette première partie part de la station de métro « Anvers », devant la bouche de style Art nouveau d'Hector Guimard. Nous nous trouvons alors exactement sur le tracé du Mur des Fermiers généraux, construit juste avant la Révolution (ce mur murant Paris qui rendit Paris murmurant) et démoli en 1860, lors du rattachement de Montmartre à la ville.
De là, l'itinéraire grimpe vers le sommet de la Butte en traversant deux mille ans d'histoire : les carrières de gypse qui firent la réputation du « plâtre de Paris », les moulins des Debray, les barricades et les exécutions de la Commune, les cabarets et les ateliers où se croisèrent Utrillo, Valadon, Picasso, Modigliani, Bruant ou Erik Satie, jusqu'au parvis polémique du Sacré-Cœur, élevé pour expier les « crimes » de la Commune.
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Arrêt 1
★ Incontournable~8 min
Rue de Steinkerque
Les premières adresses au pied de la Butte
📍 Rue de Steinkerque, 18e arr.
Depuis la sortie du métro Anvers, on remonte la rue de Steinkerque, jalonnée de demeures d'artistes et de militants.
2 — Henri Casadesus
Demeure de 1911 à 1947 du compositeur Henri Casadesus, qui fonda en 1901 la « Société des instruments anciens ».
Demeure d'Henri Casadesus (plaque) — Société des instruments anciens
12 — Michel Zévaco
Demeure de Michel Zévaco, militant anarchiste, auteur de nombreux romans dont la série des « Chevalier de Pardaillan ».
Michel Zévaco — sa demeure au coin de la rue d'Orsel
Vers l’arrêt 2 →
On monte vers la place St Pierre et les jardins qui s'étagent au pied du Sacré-Cœur.
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Arrêt 2
★ Incontournable~12 min
Place St Pierre et jardins du Sacré-Cœur
Le square des ballons, des caricaturistes et des carrières
📍 Place St Pierre / square Louise Michel, 18e arr.
Ancien square Willette, rebaptisé récemment square Louise Michel après qu'on se soit souvenu que ce caricaturiste montmartrois, farouche opposant au Sacré-Cœur où il pénétrait en criant « vive le Diable », s'était présenté comme « Candidat antisémite » aux élections de l'arrondissement en 1889.
C'est de cette place que s'envola le 1er ballon postal, le Neptune, pendant le siège de Paris, le 23 septembre 1870. Les principales entrées des carrières de gypse de Montmartre se trouvaient à la hauteur du bassin haut. Nombre d'insurgés y furent massacrés après s'y être réfugiés lors de la répression des révolutions de Juin 1848 et de 1871.
Adolphe Willette — son affiche antisémite pour les élections de 1889
Le départ des ballons — Gambetta
Léon Gambetta quitte la capitale assiégée pour rejoindre Bordeaux avec le ballon « Armand Barbès », affrété par Nadar, le 7 octobre 1870. Plusieurs ballons postaux quitteront Paris depuis cette place.
Gonflage d'un ballon — Le départ de Gambetta
Vers l’arrêt 3 →
On rejoint la rue Ronsard, en contrebas, creusée d'anciennes carrières.
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Arrêt 3
★ Incontournable~6 min
Rue Ronsard
Les carrières de gypse et le plâtre de Paris
📍 Rue Ronsard, 18e arr.
Ancienne carrière où Cuvier, promoteur de la paléontologie mais aussi du racisme, découvrit ses premiers fossiles d'animaux préhistoriques en 1798.
La Butte était alors un véritable gruyère, du fait de la qualité de son gypse, et donc de celle, réputée, du « plâtre de Paris » dont il était le principal constituant. Ce plâtre épargna à la ville les gigantesques incendies qui ravagèrent toutes les grandes capitales européennes, grâce à l'obligation qui fut faite d'en enduire la façade de bâtiments alors essentiellement en bois, afin d'éviter la propagation des flammes d'un pâté de maisons à l'autre.
Georges Cuvier — plaque indiquant l'emplacement des carrières
Rue André del Sarte, 17bis — le dernier puits
Dernier puits de Montmartre retrouvé en 1988. Il s'est créé depuis une « Association des Amis du Puits ».
Le dernier puits
Vers l’arrêt 4 →
On descend la rue de Clignancourt, à gauche, vers les grands magasins et les demeures des Communards.
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Arrêt 4
★ Incontournable~15 min
Rue de Clignancourt
Le Château Rouge, le magasin Dufayel et les Communards
📍 Rue de Clignancourt, 18e arr.
La rue de Clignancourt aligne les temples de la consommation naissante et les demeures des militants de la Commune.
15 — la bourse des cataplasmes
À la Brasserie Suisse se tenait la bourse commerciale des ramasseurs de cataplasmes, pour le recyclage de l'huile…
24-26 — Magasin Dufayel
Magasin Dufayel, un des premiers « temples de la consommation ». Il prit le titre de Palais de la Nouveauté puis de Palais du travailleur. Le fronton, sculpté par Dalou, représente le char du progrès entraînant le commerce et l'industrie. Premier magasin à stratégie commerciale moderne qui instaura un système d'abonnement et promut la vente à crédit, entre 1856 et 1930.
Le temple de la consommation Dufayel, avec son dôme Ses employés — son escalier
41 — Théophile Ferré
Demeure du blanquiste Théophile Ferré, dit Théo, membre de la Commune exécuté à Satory. Se tenaient chez lui des réunions du Comité de vigilance du 18ème arrondissement auxquelles participait Louise Michel en 1870-1871.
Théo Ferré
42-54 — le Château Rouge
Emplacement du Château Rouge, construit en 1780. Bal depuis 1844, détruit en 1882. Joseph Bonaparte (frère de Napoléon) y installe avec Marmont et Mortier son poste de commandement et le Conseil de défense le 30 mars 1814, en vue d'organiser la résistance de Paris contre l'avancée des coalisés. Il abrite en 1847 le « Nouveau Tivoli » où se tient le premier des banquets réformistes contre la Monarchie de juillet ; à l'initiative d'Odilon Barrot, il réunit 1200 personnes, dont 86 députés — campagne qui aboutira à la Révolution de 48. Les généraux Lecomte et Clément-Thomas y sont détenus lors de leur arrestation, le 18 mars 1871, avant d'être transférés au poste de la rue des Rosiers où ils seront exécutés. Transformé en cour martiale, il verra le massacre de nombreux Communards pendant la Semaine sanglante.
Le Château rouge pendant la Commune
Vers l’arrêt 5 →
On traverse l'ancienne place des Hirondelles — où stationnaient en 1840 les voitures à chevaux de la compagnie du même nom — pour gagner les petites rues de la Chapelle et de la Goutte-d'Or.
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Arrêt 5
★ Incontournable~12 min
Rues Christiani, Myrha, Ramey et Nicolet
Bruant, Pottier et l'Internationale, Verlaine et Rimbaud
📍 Quartier de la Goutte-d'Or, 18e arr.
Ce lacis de rues abrite quelques adresses majeures de la chanson, de la poésie et de la Commune.
Rue Christiani, 17 — Aristide Bruant
Demeure du chansonnier et poète Aristide Bruant, animateur du Chat noir et du Concert Pacra, propriétaire du Lapin Agile, auteur des « Canuts ». Il meurt là à 73 ans, le 12 février 1925.
Aristide Bruant
Rue Myrha, 80 — Eugène Pottier
Cachette d'Eugène Pottier après la Commune. Il y écrit les paroles de l'Internationale, en juin 1871.
Eugène Pottier
Rue Myrha, 63 — la barricade de Dombrowski
Barricade sur laquelle le général polonais Dombrowski, diffamé par le provocateur Veysset, se fait tuer le 23 mai 1871. Eugène Varlin est blessé le même jour sur une barricade dressée en travers du boulevard Barbès.
Rue Ramey, 8 — la salle Maurer
Emplacement de la salle Maurer, lieu de représentations du « Théâtre social » au début du 20ème siècle.
Rue Nicolet, 14 — Verlaine et Rimbaud
Demeure de Paul Verlaine chez ses beaux-parents Mauté. C'est là que Rimbaud le rejoint en septembre 1871.
Revenons sur nos pas pour prendre la rue du Chevalier de la Barre : c'est l'itinéraire par lequel Eugène Varlin fut ramené jusqu'au sommet de la Butte, lieu de son exécution.
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Arrêt 6
★ Incontournable~15 min
Rue du Chevalier de la Barre
Le calvaire de Varlin et les exécutions de la Semaine sanglante
📍 Rue du Chevalier de la Barre, 18e arr.
Nous empruntons l'itinéraire par lequel Eugène Varlin, dénoncé par un prêtre et capturé près du square Montholon, fut ramené jusqu'au sommet de la Butte, lieu de son exécution sommaire. Un infâme calvaire, d'une violence inouïe, à la mesure de la trouille que venait de connaître la bourgeoisie parisienne. Elle s'acharna contre celui que ses camarades appelaient « l'Honneur du Prolétariat » et qui fut sans doute un des plus valeureux dirigeants du mouvement ouvrier français.
22 — le journal l'Anarchie
Siège du journal « l'Anarchie » d'Albert Libertad. Il y tient ses « causeries populaires » à partir d'octobre 1902.
Albert Libertad — L'Anarchie (1907)
Rue Lamarck, 5 — le moulin de la Lancette et la tour de Solférino
Emplacement du moulin de la Lancette de 1635 à 1836. 4ème moulin de Montmartre ; le seul ayant appartenu à l'abbaye. Son premier propriétaire était un chirurgien, d'où son nom. À sa place sera construite en 1859 la Tour de Solférino, que l'on voit sur nombre de gravures d'époque dominant Paris. Elle sera partiellement démolie en 1870 pour ne pas servir de repère à l'artillerie prussienne.
La tour de Solférino pendant le siège de 1870
Rue Lamarck, 12-16 — Turpin, la Turlure et la crèche israélite
Au 12, Bal de la Tour de Solférino : c'est là qu'est tué le Garde national Turpin, 1er mort de la Commune, abattu par les versaillais venus enlever les canons le 18 mars 1871. Personne n'a été inquiété pour ce meurtre-là !… Au 15, emplacement du moulin de la Turlure, construit en 1770 par la famille Debray, célèbre dynastie de meuniers de Montmartre : les futurs propriétaires du Blute-Fin, alias le Moulin de la Galette. Au 16, restaurant « Le Rocher suisse », lieu de réunions socialistes à la fin du 19ème siècle, remplacé par la crèche israélite où étaient hébergés 79 enfants juifs déportés par les nazis en 1943.
36 — exécution de Lecomte et Clément-Thomas
Poste de la Garde nationale, alors 6 rue des Rosiers. Lecomte et Clément-Thomas y sont exécutés spontanément par la foule et leurs propres soldats, l'un pour avoir commandé le feu sur le peuple, l'autre pour le massacre des insurgés de Juin 1848. À l'angle de la rue de la Bonne : exécution vengeresse d'Eugène Varlin le 28 mai 1871 ; 50 Fédérés, dont des femmes et des enfants, seront également abattus sans jugement à cet endroit.
Elle tient son nom d'une fontaine de la Bonne Eau ou de la Bonne Étoile. On peut faire une petite halte dans le sympathique parc de la Turlure.
Vers l’arrêt 7 →
On rejoint la rue St Vincent, versant nord de la Butte, encore champêtre.
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Arrêt 7
★ Incontournable~12 min
Rue St Vincent et rue Becquerel
La maison d'Henri IV, Berlioz, l'école de Louise Michel
📍 Rue St Vincent / rue Becquerel, 18e arr.
Ce versant nord de la Butte, longtemps rural, fut le refuge des peintres — Utrillo en tête — et le décor de la Commune libre de Montmartre.
St Vincent, 7 — la maison d'Henri IV
Emplacement de la « maison d'Henri IV », connue comme rendez-vous de chasse du Vert-galant ; une des dernières à Paris recouverte d'un toit de chaume ; démolie en 1908. De nombreuses cartes postales la représentent.
Emplacement, en 1834, de la maison de Berlioz (petit bas-relief sur la façade de l'immeuble qui l'a remplacée), démolie en 1926. Ici se retrouvaient Liszt, Chopin, Eugène Sue, Jules Janin, Alfred de Vigny…
Rue Becquerel, 7 et 22 — Paul Éluard, l'école de Louise Michel
Au 7, domicile de Paul Éluard au 1er étage, de 1932 à 1934. À l'angle de la rue du Mont Cenis (ancienne rue St Denys) : école tenue par Louise Michel à l'époque de la Commune.
Louise Michel — l'école qu'elle dirigeait en 1871
St Vincent, 12 et 15 — La Belle Gabrielle, le jardin sauvage
Au 12, pension « La Belle Gabrielle », tenue par Marie Vizier. Maison tant de fois peinte par Maurice Utrillo qui y logea en 1912 (il payait en tableaux). Y demeura également Jules Depaquit, premier maire de la Commune libre de Montmartre. Au 15, jardin St Vincent : jardin sauvage depuis 1985, écologique vestige de la forêt montmartroise.
Demeure, en 1890, d'Erik Satie, qui gagne sa vie comme pianiste au Chat Noir. Il est amoureux fou de Suzanne Valadon. Il compose là « Gnossiennes », « Airs à faire fuir » et « Danses de travers ». Sa maison est transformée en un petit musée surnommé le Placard.
Erik Satie
Cortot, 8-10 — l'hôtel Demarne et le père Tanguy
Hôtel Demarne dont le concierge, un certain Julien-François Tanguy dit le « Père Tanguy », immortalisé par Vincent Van Gogh, fabriquait et vendait de la peinture à ses heures. Il connaîtra la prison et les pontons pour sa participation à la Commune de Paris. Auguste Renoir peint ici « La Balançoire » et « Danse à la campagne » en 1876.
Musée du Vieux Montmartre. Maison construite pour Jean-Baptiste Dumesnil, dit Claude de la Roze ou Rosimond de son nom de théâtre, acteur qui avait repris la troupe de Molière et mourut sur les planches comme lui. Demeure et atelier de nombreux artistes : Van Gogh, Gauguin, Dufy, Poulbot, Reverdy, André Antoine, Léon Bloy, Maximilien Luce… Renoir y loue un atelier dans les combles pour peindre son moulin de la Galette en 1876. Suzanne Valadon s'y installe avec son fils en 1893. C'est là que se trouve aujourd'hui l'original de l'enseigne d'André Gill qui orne le fameux Lapin.
Le musée de Montmartre
Vers l’arrêt 9 →
On descend la rue des Saules, vers le célèbre cabaret du Lapin Agile et la vigne de Montmartre.
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Arrêt 9
★ Incontournable~15 min
Rue des Saules — Le Lapin Agile et la vigne
Le plus célèbre cabaret de la Butte et son Clos Montmartre
📍 Rue des Saules, 18e arr.
La rue des Saules concentre deux emblèmes de Montmartre : le cabaret du Lapin Agile et la vigne du Clos Montmartre.
10-12 — Aristide Bruant et la vigne
Demeure, de 1896 à 1910, du « chanteur à la voix d'émeute et de barricades » : Aristide Bruant. Son jardin, celui de l'ancien manoir de Gabrielle d'Estrée, deviendra le parc de la Belle Gabrielle, où s'installera quelque temps la guinguette du « Butta Parc ». Le 9 juin 1929, alors que les promoteurs ont déjà la dent dessus, ce terrain est transformé en 2 nuits en « square de la Liberté » sur l'initiative de Pierre Labric (maire de la Commune Libre) et grâce à la mobilisation des Montmartrois. En 1933 y sera plantée, par Victor Perrot, la vigne qui s'y trouve encore aujourd'hui et qui fournit tous les ans un « Clos Montmartre ».
Aristide Bruant Butta parc — Le manoir de Gabrielle d'Estrée La vigne du Clos Montmartre
4 — Le Lapin Agile
Le Lapin agile s'est d'abord appelé « Ma Campagne », auberge tenue par Adèle Decerf (la Mère Adèle) en 1860, puis le Rendez-vous des Voleurs et le cabaret des Assassins… jusqu'à ce qu'André Gill, caricaturiste et Communard, peigne en 1880 sa fameuse enseigne, le lapin à Gill, qui lui donna le nom qu'il porte encore aujourd'hui. Racheté par Aristide Bruant, qui le confie à Frédéric Gérard (Frédé) et Berthe Luc, il accueille nombre d'artistes de la Butte : Verlaine, Courteline, Léon Bloy, Caran d'Ache, Renoir, Alphonse Allais… Georges Clemenceau y a ses habitudes, mais aussi plus tard Victor Serge. En 1910, Roland Dorgelès et sa bande — André Warnod, Léon-Paul Fargue… — montent un célèbre canular en faisant peindre avec sa queue par Lolo, l'âne de Frédé, un tableau présenté au salon comme une œuvre de l'école « Excessiviste », signée Boronali (anagramme d'Aliboron). Le fréquentent aussi des inconnus : Maurice Utrillo, Suzanne Valadon, Francisque Poulbot, Pablo Picasso, Francis Carco… C'est là qu'est proclamée en 1920 l'indépendance de la Commune libre de Montmartre par Jules Depaquit. Pierre Mac Orlan en fait le décor de son roman « Quai des Brumes », écrit en 1927.
Le Lapin à Gill — Le Lapin agile Coucher de soleil sur l'Adriatique — l'artiste : l'âne Lolo, et son maître
St Vincent, 30 et 36 — Bruant, Depaquit, André Salmon
Aller-retour à droite : au 30, une des demeures d'Aristide Bruant, en 1910 ; il y écrit sa fameuse chanson « Rose Blanche » (rue St-Vin-cent). Ce sera aussi en 1921 la demeure de Depaquit et le second siège de la Commune libre de Montmartre. Au 36, demeure du poète et critique d'art André Salmon en 1907 et 1908.
Vers l’arrêt 10 →
On descend vers la rue Caulaincourt et le cimetière St Vincent, dernière demeure de nombreux artistes.
10
Arrêt 10
Optionnel~15 min
Cimetière St Vincent, square Steinlen et château des Brouillards
Utrillo, Steinlen, Nerval et Renoir sur le versant nord
📍 Rue Lucien Gaulard / place Constantin Pecqueur / allée des Brouillards, 18e arr.
Ce détour par le versant le plus champêtre de la Butte réunit le cimetière St Vincent, le monument à Steinlen et le romantique château des Brouillards.
Rue Lucien Gaulard, 6 — le cimetière St Vincent
Cimetière St Vincent où se trouvent les tombes de nombreux artistes dont Eugène Boudin, Roland Dorgelès, Alexandre Steinlen, Maurice Utrillo, Arthur Honneger, Marcel Aymé, Gen Paul… Les généraux Lecomte et Clément-Thomas y sont inhumés provisoirement avant d'être transférés au Père Lachaise.
Place Constantin Pecqueur — square Steinlen
Square Steinlen et monument au dessinateur suisse installé à Montmartre.
Alexandre Steinlen et le monument qui lui est consacré
Place Dalida — la fontaine du But
C'est dans ces parages que se trouvait la Fontaine du But ou du Buc, ou du Bue, citée par Gérard de Nerval. Elle alimentait un abreuvoir. La brume due à l'humidité qui régnait en ce lieu a probablement donné son nom à la bâtisse voisine ; et c'est sans doute dû au manque de visibilité subséquent qu'on lui a attribué le statut de château…
La fontaine du But et la rue de l'Abreuvoir
Allée des Brouillards — Nerval et Renoir
Gérard de Nerval habite ce Château des Brouillards de 1828 à 1833. Il y rédige son « Voyage en Orient ». Dans un des pavillons faisant face audit château demeure Auguste Renoir de 1890 à 1894 ; c'est là que naît son fils Jean, le futur cinéaste.
Gérard de Nerval — Le château des Brouillards Auguste Renoir et le pavillon où naquit son fils Jean
Rue de l'Abreuvoir, 2 — la Petite Maison Rose
La Petite Maison Rose peinte par Utrillo. C'est cette toile qui le fait connaître.
On remonte vers la rue St Rustique et le cœur du vieux village, autour de la place du Tertre.
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Arrêt 11
★ Incontournable~18 min
Rue St Rustique, rue du Mont Cenis et place du Tertre
Le vieux village, ses cabarets et l'église St Pierre
📍 Rue St Rustique / rue du Mont Cenis / place du Tertre, 18e arr.
Au sommet de la Butte, le vieux village conserve ses rues étroites, ses cabarets d'artistes et la très ancienne église St Pierre de Montmartre.
Rue St Rustique, 18 — Aux Billards en Bois
Ce n'est pas la plus ancienne rue de la Butte, contrairement à ce qu'indique une inscription à son entrée : elle ne fut longtemps qu'un chemin de terre parallèle à la rue Norvins, qui s'appelait alors la rue Traînée. Au 18, Aux Billards en Bois, lieu de rencontre de nombreux peintres : Pissaro, Monet, Sisley, Cézanne, Toulouse-Lautrec, Renoir, Gauguin. C'est là que Van Gogh aurait peint « la guinguette ».
Rue du Mont Cenis, 11-15bis — Marcel Aymé, Simenon, Patachou
Au 11, ex épicerie chez Juliette, tenue par Henri Marchénoir et sa femme surnommée Mouton, qui servit de modèle à Marcel Aymé pour sa « Traversée de Paris » écrite en 1947, dont s'inspira Claude Autant-Lara. Au 13, atelier du peintre et photographe belge Luc Lafnet, rendez-vous des Liégeois de Paris où débarqua en 1922 un jeune homme de 19 ans nommé Georges Simenon ; aujourd'hui galerie Roussard. Cette promenade doit beaucoup à André Roussard, son propriétaire, auteur d'un « Dictionnaire des lieux de Montmartre ». Au 15 bis, ex cabaret d'Henriette Ragon dite Patachou, où ont débuté de nombreux artistes dont Brassens et Brel ; devenu, à la suite d'un divorce conflictuel, chez « Tartempion ».
Je refuse que le cabaret garde mon nom… je m'en fiche ; si tu veux on l'appellera Tartempion !
Rue du Chevalier de la Barre, 38-55 — Clemenceau, Courteline, Léon Bloy
Au 55, emplacement de la première école publique montmartroise, créée après la Révolution. Au 42, La Grange au Bouc, dernière ferme de Montmartre, permanence électorale de Clemenceau en 1876. Aux 38-40, villa décrite par Georges Moinaux, alias Courteline, dans « La maison de mon enfance » en 1877 ; demeure, en 1905, de Léon Bloy.
La rue du Chevalier de la Barre hier et aujourd'hui
Rue du Mont Cenis, 1-5 — l'église St Pierre et le vieux village
Au 2, un temple à la déesse Mars aurait été érigé à l'emplacement du flanc Sud de l'église à l'époque gallo-romaine ; les deux colonnes à l'entrée de l'église St Pierre en seraient des vestiges. Une nécropole mérovingienne du 7ème siècle a été mise au jour à l'Ouest du mur de clôture du cimetière. St Pierre de Montmartre conserve une partie de l'église primitive de 1133, une des plus anciennes subsistant à Paris. Dans le petit cimetière du calvaire, aujourd'hui fermé, se trouvent les tombes de Bougainville, de Félix Desportes (premier maire de Montmartre) et de la famille Debray, meuniers du moulin de la Galette. Transformée en temple de la Raison en 1794, l'église vit installer une station du télégraphe de Chappe sur son clocher : la première transmission Paris-Lille eut lieu à partir de celle-ci le 1er octobre 1794. Pendant la Commune, la journaliste féministe et socialiste Paule Minck y crée une école professionnelle gratuite pour jeunes filles. Aux 1-3, café-restaurant Bouscarat et hôtel du Tertre : séjour de Gaston Couté, poète beauceron et chansonnier montmartrois, en 1911 ; y demeura également Pierre Dumarchey, dit Mac Orlan. Cabaret « La Bohème », fréquenté par Suzanne Valadon, Henri Laurens, Vlaminck, Derain, Picasso, Modigliani, Erik Satie, Max Jacob… Au 5, restaurant « Le Moulin Joyeux » où venaient dîner Suzanne Valadon et son fils Maurice Utrillo.
St Pierre de Montmartre Plan du cimetière du calvaire — voir le document joint pour la nomenclature La tombe de Bougainville et celle des meuniers Debray Paule Minck, avec Louise Michel et Marie Ferré Gaston Couté Hôtel du Tertre, chez Bouscarat, et la Bohème Suzanne Valadon et son fils, Maurice Utrillo — Les Coulisses
Rue Norvins, 2bis-6 — la mairie, la Mère Catherine
Au 2bis, emplacement des culs de basse-fosse de la prison des abbesses. Les Bénédictines de Montmartre avaient le droit de basse, moyenne et haute justice depuis 1133 ; leur échelle de justice, comportant potence et carcan, se trouvait sur la place du Tertre. La dernière pendaison eut lieu le 28 juin 1775. Le bâtiment actuel abrita la seconde mairie de Montmartre ; Félix Desportes fut le premier maire extra-muros en 1790. Au 5, restaurant « Chez Tonton », fréquenté par Vlaminck, Dufy, Bernard Buffet, Gen Paul… Au 6, restaurant de Mme Lamothe, dite « la Mère Catherine » : en 1815, les cosaques occupant Montmartre auraient inventé ici la restauration rapide en introduisant le mot « bistro », qui signifie « vite » en russe.
La première mairie de Montmartre Anatole, garde champêtre de la Commune libre de Montmartre — La Mère Catherine
Place du Tertre
Elle fut le lieu patibulaire des abbesses de Montmartre, mais aussi un champ de tir à l'arc. Henri IV y installa son quartier général lors du siège de Paris en 1590 ; il en profita pour « dévoyer » la jeune abbesse Catherine de Beauvilliers, cousine de Gabrielle d'Estrée qu'il allait « enlever » à son tour. La place est transformée en parc d'artillerie par la Commune en 1871. Le 24 décembre 1898, Louis Renault lance une des premières opérations publicitaires pour la promotion de l'automobile en faisant gravir la Butte par un de ses véhicules.
Renault — la pub, déjà !…
Vers l’arrêt 12 →
On rejoint, par les ruelles pittoresques (rue Poulbot, place du Calvaire), le sommet même de la Butte et le parvis du Sacré-Cœur.
12
Arrêt 12
★ Incontournable~15 min
Rue Poulbot, place J.-B. Clément et rue Norvins
Modigliani, Picasso, le château d'eau du Clos Montmartre
📍 Rue Poulbot / place Jean-Baptiste Clément / rue Norvins, 18e arr.
Autour de la place du Tertre, un dernier lacis de ruelles conserve les ateliers de Modigliani et de Picasso et quelques cabarets historiques.
Place du Calvaire et rue Poulbot
Au 1 de la place du Calvaire, curieuse maison de style Arts déco construite pour Maurice Neumont. La rue Poulbot est l'ancienne impasse Traînée, vieille rue pittoresque de Montmartre.
L'impasse Traînée
Rue Norvins, 8-18bis — cabarets et château d'eau
Aux 8-10, cabaret « Le Pichet du Tertre », tenu par Oberto Attilio dit Toto, où débutèrent Mouloudji, Cora Vaucaire, Roger Pierre, Jean-Marc Thibaud, Jean Yanne… Au 9, cabaret « Le Tire-Bouchon » où Georges Brassens fit ses débuts, ainsi que Jacques Brel, avant d'aller chez Patachou. Au 18bis, le Consulat d'Auvergne, aujourd'hui Ambassade de Savoie, peint par Utrillo et fréquenté par Monet, Sisley, Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Díaz, Picasso, Mac Orlan… Au 11, ancien château d'eau, aujourd'hui siège de la Commanderie du Clos Montmartre.
Le Consulat et la rue Norvins Un château d'eau voué au culte du vin…
Place Jean-Baptiste Clément — Modigliani
Une des seules voies à Paris portant le nom d'un membre de la Commune, mais c'est en tant que poète qu'il est ainsi honoré. Son prénom ne comporte pas de tiret, selon la volonté de ses parents. Au 7, demeure et atelier d'Amedeo Modigliani de 1907 à 1908.
Rue Gabrielle, 17-49 — Picasso, Élisée Reclus, Max Jacob
Au 49, demeure de Picasso et de Carlos Casagemas à leur arrivée à Paris en 1900 ; Casagemas se suicide en 1902. Au 32, siège de la « Revue anarchiste », dirigée par Élisée Reclus en 1890. Au 17, demeure, de 1914 à 1921, du poète Max Jacob qui écrit là sa « Complainte du Chevalier de la Barre » ; en 1919, un jeune homme nommé André Malraux, âgé de 18 ans, vient lui présenter un de ses poèmes. Au 29, siège de l'association Tramway, qui organise dans Paris des balades d'une grande originalité.
Rue des Trois Frères, 23-39 — Clemenceau, Steinlen, la revue La Sociale
Au 39, Le Tremplin, plus petit théâtre de Montmartre avec ses 48 places, théâtre-école de mime créé par Pinok et Matho en 1990. Au 23, Georges Clemenceau ouvre un dispensaire qu'il dirige en tant que médecin de 1870 à 1889 ; ce sera par la suite le siège de la revue anarchiste « La Sociale », créée le 12 mai 1895 par Émile Pouget, fondateur du « Père Peinard ». Alexandre Steinlen ouvre dans cette rue son propre théâtre d'ombres à l'enseigne de la Pie Borgne, que décrit Georges Courteline dans « Les Linottes ». On y trouve aussi le café des Enfants Terribles, fréquenté par Guillaume Apollinaire ; Georges Braque y demeure à son arrivée à Paris, à 18 ans, en 1900-1901.
Le Tremplin Georges Clemenceau et son dispensaire
Rue Tardieu, 1-1bis — Souvestre, Fantômas, Mac Orlan
Au 1, demeure, de 1906 à 1914, du romancier Pierre Souvestre, créateur du personnage de Fantômas qu'il fait habiter à la même adresse ; demeure également de son secrétaire, Marcel Allain, qui continuera la série. Au 1bis, demeure de Pierre Dumarchey, dit Mac Orlan, à partir de novembre 1934.
Vers l’arrêt 13 →
On gagne enfin le sommet de la Butte : le parvis du Sacré-Cœur, le square Nadar et l'église St Pierre.
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Arrêt 13
★ Incontournable~25 min
Le sommet — Sacré-Cœur, square Nadar et St Pierre
Le parvis polémique, le champ des Polonais et le chevalier de la Barre
📍 Parvis du Sacré-Cœur / square Nadar / rue Azaïs, 18e arr.
La basilique du Sacré-Cœur est construite officiellement suite aux vœux, d'abord d'un certain Alexandre Legentil, puis du cardinal Guibert, archevêque de Paris, à propos de l'Adoration perpétuelle, et financée par souscription ; en fait pour expier les crimes de la Commune — c'est du moins ainsi que l'ont vécu, et le vivent encore, les successeurs des Communards. La première pierre en fut posée le 16 juin 1875 ; l'édifice ne fut achevé qu'en 1912. On aperçoit, derrière l'église et le cimetière, le calvaire érigé en 1833 par l'abbé Ottin, dernier de ce type à Paris.
Le calvaire de Montmartre
Rue Azaïs — le pressoir de l'abbaye
Emplacement du pressoir banal de l'abbaye de Montmartre que les vignerons étaient obligés d'utiliser moyennant une redevance à l'abbaye.
Square Nadar — le champ des Polonais et le chevalier de la Barre
C'est sur cet emplacement, nommé Champ des Polonais, que se trouvaient les canons dont l'enlèvement provoqua le mouvement de révolte qui marqua le début de la Commune, le 18 mars 1871. Une nouvelle statue, par Jean-François Lefebvre, du chevalier de la Barre, torturé et supplicié à 19 ans en 1765 pour anticléricalisme, a remplacé celle qui fut détruite par les nazis pour récupérer son métal. La première avait été érigée en 1905, en pleine lutte pour la séparation de l'Église et de l'État, sur le parvis même de la basilique alors en construction ; sa remplaçante a été financée par souscription populaire en 2001. Voltaire avait fait de son martyre le symbole de l'obscurantisme.
Le champ des Polonais et son parc à canons Le chevalier de la Barre — la statue originale, et celle qui l'a remplacée
Rue St Éleuthère
Très ancienne voie, qui s'appela d'abord impasse du pressoir. C'est là que se trouvait le poste de garde du parc à canons de Montmartre, le champ des Polonais, où se déroula une fusillade le 18 mars 1871.
Place St Pierre — la vue sur Paris
Du haut du Sacré-Cœur, la place St Pierre et Paris s'offrent au regard.
Vers l’arrêt 14 →
On redescend vers la rue de Steinkerque et la station de métro Anvers, terme de cette première partie. Fin du parcours.
⚠︎ Notice en cours de relecture (contenu issu des archives, enrichi puis vérifié) —
découpe, légendes et crédits d’images susceptibles d’évoluer.