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Balade · 5e arr.

Quartier latin 1ère partie : la montagne Sainte-Geneviève

De la place Maubert au Panthéon, la colline du savoir et de la contestation, ses collèges disparus et ses pavés soulevés.
📍 12 arrêts
🚶 ~2.5 km
⏱ ~2h30
📖 5e arr.
Quartier latin 1ère partie : la montagne Sainte-Geneviève

La montagne Ste Geneviève, colline du savoir… et de la contestation

« Congénitale », cette contestation. C'est elle déjà qui va présider, en 1108, à l'établissement par Guillaume de Champeaux, puis Pierre Abélard, d'une université dissidente de celle du Cloître Notre-Dame sur les pentes de l'ancien Mons Lucotitius — une éminence marquée par la présence romaine dont on voit encore les traces aujourd'hui, dont certaines bien cachées, comme celles du Forum de Lutèce.

De la « Maube », une des places les plus animées de Paris, foyer d'agitation depuis le Moyen Âge, soigneusement effacée par le baron Haussmann et son bd St Germain… à la place du Panthéon, point de départ de la révolution de Juin 1848, ce quartier fut de tous temps un des plus « bouillonnants » de la capitale. Rien d'étonnant à cela : nous sommes dans un quartier étudiant, bien sûr, mais aussi tout proches du Faubourg St Marceau et de la vallée de la Bièvre, anciens secteurs ouvriers de la rive gauche.

Mais l'activité de ce « Quartier Latin » fut d'abord intellectuelle ; d'où son nom. Nous y retrouverons les traces méconnues d'anciens collèges — les Trente-trois, Ste Barbe, le collège de Fortet dont subsiste une tour médiévale, ceux de Dormans-Beauvais et des Irlandais avec leurs chapelles remarquables… Il reste encore aujourd'hui un bastion de la connaissance, avec ses universités dont la vieille Sorbonne, le Collège de France, l'institut Curie, la bibliothèque Ste Geneviève, ses grandes écoles dont Normale Sup, et ses lycées réputés.

Lieu également de contestation religieuse : c'est là que germèrent les idées de Calvin, mais là aussi que se reconstitua la « Sainte Ligue » et que furent brûlés vifs, sur la place Maubert, tant d'« hérétiques ». Nous découvrirons enfin ces vieilles cours tranquilles, et comment ne pas évoquer ce beau mois de Mai qui souleva les pavés pour découvrir une plage de liberté. Notre pérégrination partira de la place Maubert.

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Arrêt 1
★ Incontournable ~15 min

La place Maubert

Un simple carrefour aujourd'hui, un des foyers d'agitation les plus anciens de Paris.
📍 Place Maubert, 5e arr.

Ce qui n'est plus aujourd'hui qu'un carrefour fut, depuis le Moyen Âge, une des places les plus animées de Paris. Sous Louis IX, Albert le Grand y commenta la physique d'Aristote de 1240 à 1248 ; le nom de la place pourrait venir d'une contraction de son surnom, Maître Albert. Du fait de l'affluence des étudiants, les cours s'y tenaient en plein air. C'est là que se trouvait la Croix Hémon, lieu de supplices où l'on exécutait, entre autres, les « huguenots ».

La place Maubert fut un bastion de la « Sainte Ligue », dirigée par Henri de Guise. Des échauffourées s'y produisirent lors de la journée des Barricades, le 12 mai 1588. Traditionnellement lieu de rassemblement et d'ébullition populaire, elle connut de violents combats en Juillet 1830, en Février 1848 — le corps de garde y fut incendié — et en Juin 1848, où un insurgé bon tireur tint à lui seul, pendant des heures, une barricade qui barrait la rue des Noyers. À la fin du 19e siècle s'y tenait le marché aux mégots, où les clochards venaient vendre le tabac qu'ils avaient ramassé.

Statue d'Étienne Dolet

Étienne Dolet y fut brûlé vif, le 5 août 1546, pour avoir nié l'immortalité de l'âme. Autour de sa statue, érigée sur cette place à l'emplacement même de son bûcher, se rassemblèrent au 19e siècle des manifestations de Libres-penseurs dont une, le 3 août 1896, réunit 20 000 personnes. Elle a été détruite par Pétain pour le compte des nazis pendant l'Occupation.

Vers l’arrêt 2 →
Engagez-vous dans la rue de la Montagne Ste Geneviève, qui monte vers le sommet de la colline.
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Arrêt 2
★ Incontournable ~12 min

Rue de la Montagne Ste Geneviève

L'ancienne voie romaine qui menait vers Lyon et l'Italie, bordée de cours cachées.
📍 Rue de la Montagne Ste Geneviève, 5e arr.

C'est l'ancienne voie romaine qui, passant par les actuelles rue Descartes et Mouffetard, menait vers Lyon et l'Italie. À l'angle de la rue des Écoles, des Communards furent massacrés pendant la Semaine sanglante.

32 : le bar du Tonneau d'Or

Le bar du Tonneau d'Or fut, de 1953 à 1957, le siège de l'Internationale Lettriste, fondée à Aubervilliers en décembre 1952 et animée par Guy-Ernest Debord, Gil Joseph Wolman, Ivan Vladimirovitch Chtcheglov (dit Gilles Ivain), Jean-Louis Brau, [Serge Berna]... puis celui de l'Internationale Situationniste jusqu'en 1962.

34 : Hôtel d'Albiac, collège des Trente-Trois

Hôtel d'Albiac qui abrita, de 1654 à 1797, le collège des Trente-Trois : séminaire créé par le père Bernard et réservé aux élèves indigents faisant des études ecclésiastiques. Une des plus belles cours du quartier ! En montant au 1er étage de la salle de sport par un escalier muni d'une rampe Louis XIII remarquable, on trouve une porte qui donne sur l'impasse des Bœufs.

Vers l’arrêt 3 →
Bifurquez dans la rue de Lanneau, puis explorez l'impasse Chartière et la rue d'Écosse toutes proches.
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Arrêt 3
★ Incontournable ~12 min

Rues de Lanneau, d'Écosse et impasse Chartière

Les plus vieilles ruelles du quartier, berceau de la Pléiade et de la langue française.
📍 Rue de Lanneau / impasse Chartière / rue d'Écosse, 5e arr.

La rue de Lanneau (ex rue St Hilaire) est une des plus vieilles de Paris ; elle comptait en 1571 pas moins de 14 librairies. Un aller-retour s'impose pour en découvrir les échoppes.

L'impasse Chartière occupe, aux numéros 1-11, l'emplacement du collège de Coqueret, créé en 1439, où se rencontrèrent les auteurs de la Pléiade : Ronsard, Du Bellay, Baïf, Dorat, Jodelle, de Tyard, Rémy Belleau. Ils présidèrent à la naissance du français classique.

La rue d'Écosse, petite impasse, abrita trois collèges — de Reims, de Toul et de Coqueret donc — de 1333 à 1603.

Rue de Lanneau, 1 bis : la chapelle St Hilaire

Au fond de la boutique, on peut voir des vestiges de l'église St Hilaire du Mont. Il s'y déroula en 1513, à propos d'un tableau représentant le jardin d'Éden, une querelle sur le nombril d'Adam et Ève : fallait-il ou non leur en dessiner un ? Grande question métaphysique ! La dispute dégénéra en rixe, le sang coula ; la chapelle fut déclarée profanée et fermée.

Rue de Lanneau, 11 : le Coupe-Chou

Restaurant à l'enseigne du Coupe-Chou, ancienne échoppe d'un barbier dont certains clients ressortaient par la boutique contiguë dont la cave communiquait — celle d'un charcutier-traiteur réputé — sous forme de succulents pâtés. Rassurez-vous ; cela se passait en 1335. Dans la cave de l'actuel restaurant subsistent des traces du puits Certain.

Vers l’arrêt 4 →
Rejoignez la rue Valette, l'épine dorsale médiévale du Quartier Latin.
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Arrêt 4
★ Incontournable ~12 min

Rue Valette

L'ancienne rue des Sept Voies, colonne vertébrale du Quartier Latin et pépinière de collèges.
📍 Rue Valette, 5e arr.

C'est une rue très ancienne. D'abord appelée rue des Sept Voies, elle constituait l'épine dorsale du Quartier Latin au Moyen Âge. Au n° 2 se trouvait l'entrée de la chapelle St Hilaire, dépendant de l'abbaye de St Marcel, où Abélard aurait repris son enseignement après avoir quitté, vers 1110, l'île de la Cité et le cloître Notre-Dame.

4 : collège Ste Barbe

Collège Ste Barbe, plus ancien établissement d'instruction publique de Paris, créé en 1460 par Geoffroy Lenormand. Collège d'où sortirent les fondateurs de l'ordre des Jésuites, Ignace de Loyola et François Xavier. Jean Calvin y étudia également en 1527.

8 : collège de Montaigu

Collège des Aicels, puis de Montaigu, fondé en 1314, situé à l'emplacement de la Bibliothèque Ste Geneviève. Érasme et Rabelais y firent leurs études et en subirent la discipline particulièrement sévère. Désaffecté à la Révolution, il abrita de 1792 à 1800 le premier « Hôtel des Haricots », prison de la Garde nationale.

19-21 : collège de Fortet et la tour de Calvin

Vestiges du collège de Fortet, où Jean Calvin aurait demeuré dans la tour qui existe toujours et porte son nom. C'est de là qu'il s'enfuit en 1532, d'abord à Angoulême puis à Ferrare, alors qu'on venait l'arrêter pour luthérianisme. Le bâtiment possédait des caves gothiques où se réfugièrent des Huguenots pendant le massacre de la St Barthélemy, le 24 août 1572. Ce lieu vit aussi, le 1er janvier 1585, la refondation de la « Très Sainte Ligue », interdite une première fois par Henri III, et reconstituée ici par 80 personnes dont le duc Henri de Guise, Jean Prévost, Jean Boucher et De Launay.

Vers l’arrêt 5 →
Faites un crochet par la rue Laplace, toute proche.
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Arrêt 5
Optionnel ~5 min

Rue Laplace

L'entrée d'un collège où grandit un maître de la maxime.
📍 Rue Laplace, 5e arr.

Au n° 12 s'ouvre la porte du collège des Grassins où fut élevé, en 1755, Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort, auteur d'un célèbre recueil de maximes. Il tint également la plume pour la rédaction des discours de Mirabeau, ce qui minimise un peu le talent du traître orateur. Au n° 1 se trouvait l'Épicerie de l'Union des Coopératives en 1919.

Vers l’arrêt 6 →
Redescendez la rue de la Montagne Ste Geneviève vers son bas, en direction de la rue Descartes.
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Arrêt 6
★ Incontournable ~15 min

Le bas de la Montagne et la rue Descartes

Les barricades de Juin 1848 et le plus prestigieux collège de Paris, futur berceau de Polytechnique.
📍 Rue de la Montagne Ste Geneviève / rue Descartes, 5e arr.

En descendant la rue de la Montagne Ste Geneviève, le n° 64 fut le poste de commandement des insurgés du quartier, un des points de départ de l'insurrection du 24 Juin 1848. Le n° 58 conserve une porte basse et un escalier à vis à la rampe moulurée remarquable ; le n° 48 un très bel escalier Louis XIII. Le n° 45-47 occupe l'emplacement du collège de Huban, et le n° 40 celui de la ferme Ste Geneviève, rendez-vous des Sans-culottes en 1792 et 1793.

La rue Descartes conserve, au n° 2, l'emplacement du cimetière St Pierre - St Paul, nécropole datant de l'époque mérovingienne.

Rue Descartes, 5 : le collège de Navarre

Collège de Navarre, fondé par Jeanne de Navarre, femme de Philippe IV le Bel, en 1304. Le plus prestigieux de Paris. Richelieu, Bossuet, Condorcet, entre autres, y firent leurs études. Il fut mis à sac par les partisans des Bourguignons qui venaient de reprendre Paris, en juin 1418 ; Benoît Gencien, moine de St Denis et docteur en théologie favorable aux Armagnacs, y fut assassiné. Rabelais y fait évoluer Panurge dans son « Pantagruel », et François Villon est impliqué dans le vol de 500 écus qui y est commis en décembre 1456 ; ce qui vaudra, à lui la prison, et à nous parmi les plus beaux poèmes de la langue française.

Son église abrite, à partir du 21 mai 1790, le siège de la Section de Ste Geneviève puis du Panthéon français, animée par Gadeau, Lorinet, Pâris. En 1804, l'École polytechnique, créée en 1794, y est transférée sur ordre de Napoléon 1er ; elle y restera jusqu'en 1977. Le 13 avril 1816, l'école est fermée et tous ses élèves licenciés pour sympathies envers l'Empire. Elle est l'un des quartiers généraux de la révolution de Février 1848 : ses élèves, consignés pendant deux jours, en forcent les portes pour se joindre aux insurgés. Pendant la Semaine sanglante, en mai 1871, s'y tient une cour prévôtale ; des centaines de Fédérés y sont exécutés dans la grande cour, parmi eux Maurice Treillard, directeur de l'Assistance Publique pendant la Commune — le tas des cadavres faisait, selon des témoins, plus de 100 mètres de longueur. La première femme admise à Polytechnique, le 29 avril 1970, sera Anne Chopinet, reçue major en 1972.

Rue Descartes, 25 : le cabaret du Roi Clovis

Cabaret du Roi Clovis où se réunissaient Jean-François Bories, Charles Goubin, Jean Pommier et Charles Raoulx : les 4 sergents de La Rochelle, membres de la Charbonnerie, exécutés le 21 janvier 1822 pour complot contre la monarchie.

Vers l’arrêt 7 →
Prenez la rue Clovis pour longer les vestiges de l'enceinte de Philippe Auguste et l'ancienne abbaye Ste Geneviève.
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Arrêt 7
★ Incontournable ~15 min

Rue Clovis et le lycée Henri IV

Un pan de muraille du XIIIe siècle, une abbaye devenue le plus illustre des lycées.
📍 Rue Clovis, 5e arr.

Aux n° 3-7 subsistent des vestiges de l'enceinte de Philippe Auguste, construite vers 1209 ; on en aperçoit le chemin de ronde.

Le n° 23 occupe l'emplacement de l'abbaye de Ste Geneviève. Le clocher de son église est aujourd'hui la tour Clovis, comprise dans l'enceinte du lycée Henri IV. Désaffectée pendant la Révolution, l'abbaye fut le siège, à partir de novembre 1795, du Club du Panthéon, aux réunions duquel participaient Gracchus Babeuf, Philippe Buonarroti, Sylvain Maréchal, Augustin Darthé, Félix Lepeletier de Saint-Fargeau, Jean-Baptiste Drouet (le maître de poste de Varennes)… tous membres de la Conjuration des Égaux, d'où leur surnom de « Panthéonistes ». Ce club fut fermé le 28 février 1796.

Le lycée Henri IV

Peu après, l'abbaye fut démolie et remplacée par l'école centrale du Panthéon, qui devint le lycée Napoléon en 1804, puis le lycée Henri IV. Musset, Scribe, Viollet-le-Duc, Haussmann… y poursuivirent leurs études. Olinde Rodrigues, futur saint-simonien qui y était répétiteur, y fit la connaissance du jeune lycéen Prosper Enfantin. Le philosophe Émile-Auguste Chartier, dit Alain, fut le professeur de Simone Weil en classe de khâgne, en 1928. Jean-Paul Sartre y fut interne en 1920 et s'y lia avec Paul Nizan. Pendant le siège de Paris et la Commune, en 1870 et 1871, le lycée Napoléon fut transformé par le syndicat de métier des Tailleurs en atelier de confection de vareuses, tuniques et pantalons pour la Garde nationale.

Vers l’arrêt 8 →
Entrez dans l'église St Étienne du Mont par sa porte latérale, sur la place voisine.
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Arrêt 8
★ Incontournable ~12 min

Église St Étienne du Mont

Le dernier jubé de Paris, les tombes de Pascal et Racine, un passage de la châsse de sainte Geneviève.
📍 Place Ste Geneviève, 5e arr.

On traverse l'église en entrant par sa porte latérale. Elle recèle le dernier jubé de Paris, la châsse qui contient un morceau du sarcophage de Ste Geneviève, patronne de la ville, de très beaux vitraux du 13e siècle et un buffet d'orgues de 1630 restauré par Cavaillé-Coll.

On y trouve aussi les tombes de Blaise Pascal et de Jean Racine. Les cendres de Mirabeau, puis de Marat, y furent transférées provisoirement après leur éviction du Panthéon, l'un en 1793, l'autre en 1795. Elle devint en 1798 le temple de la Piété filiale, où des cérémonies théophilanthropiques étaient célébrées depuis 1795. On y assiste, dans le roman éponyme de Balzac, aux funérailles du Père Goriot.

Place Ste Geneviève, rue St Étienne du Mont et rue Clotilde

On débouche sur la place Ste Geneviève. Un aller-retour dans la rue St Étienne du Mont permet de voir, au n° 18, des crochets de chaînes anti-émeutes : les manifestations estudiantines ne datent pas d'hier… Au n° 1 de la rue Clotilde se trouvait l'emplacement de l'entrée de l'abbaye de Ste Geneviève, une des principales abbayes de Paris jusqu'à la Révolution.

Vers l’arrêt 9 →
Gagnez la rue de l'Estrapade, riche en demeures d'écrivains.
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Arrêt 9
★ Incontournable ~12 min

Rue de l'Estrapade

Diderot y écrivit l'Encyclopédie, tout un cortège d'écrivains y logea.
📍 Rue de l'Estrapade, 5e arr.

De violents combats ont lieu dans cette rue, alors nommée rue de la Vieille Estrapade, en Juin 1848 : le général Damesme y est tué en donnant l'assaut à une barricade.

3 : Denis Diderot

Demeure de Denis Diderot de 1747 à 1754, au 2e étage. Il fit là la traduction en français d'une encyclopédie anglaise, travail qui devait déboucher sur la rédaction de l'Encyclopédie des Lumières. C'est ici qu'il fut arrêté et conduit au château de Vincennes pour avoir écrit la « Lettre aux aveugles à l'usage de ceux qui voient », le 24 juillet 1749. Demeure également d'Hippolyte Fizeau, physicien qui obtint le premier daguerréotype de la surface solaire, en 1845.

5-7 : Louis Pergaud

Demeure de Louis Pergaud, auteur de « La guerre des boutons ».

7 : Charles Péguy

Demeure, en 1896, de Charles Péguy, qui lutte aux côtés d'Émile Zola et de Jean Jaurès dans l'affaire Dreyfus.

9, 11, 19 : brûlerie, Paul-Louis Courier et Prosper Mérimée

Au n° 9, une ancienne brûlerie de café conserve un puits dans la cour, visible depuis la rue. Le n° 11 fut la demeure, de 1785 à 1791, du pamphlétaire Paul-Louis Courier, futur opposant à la Restauration. Le n° 19 fut la maison d'enfance, en 1814, de Prosper Mérimée, dont le père était professeur au lycée Henri IV.

Vers l’arrêt 10 →
Faites un détour par la rue des Irlandais, puis remontez la longue rue Lhomond.
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Arrêt 10
★ Incontournable ~15 min

Rues des Irlandais et Lhomond

Un séminaire irlandais, la pension Vauquer du Père Goriot et les Misérables de Hugo.
📍 Rue des Irlandais / rue Lhomond, 5e arr.

Au n° 5 de la rue des Irlandais s'ouvre le Collège des Irlandais, séminaire ouvert en 1755, dont la chapelle St Patrick et le jardin sont remarquables.

La rue Lhomond aligne un chapelet de demeures et d'institutions. Au n° 26, Napoléon 1er crée une seconde École Normale le 17 mai 1808 ; le n° 27 abrite l'hôtel Ménestrel de Hauguel de 1736, à l'architecture remarquable (cour intérieure, mansardes, puits dans le hall) ; les n° 28-30 accueillent le Séminaire Colonial, construit par Chalgrin, créé en 1731 pour former des missionnaires pour les colonies, établissement de la congrégation du Saint-Esprit aux bâtiments remarquables (chapelle, réfectoire, escalier de Soufflot). Au n° 34, un puits sans margelle sert de baie d'éclairage pour le sous-sol ; au n° 54, l'emplacement de la salle du Concert du Châtelet vit se tenir 12 réunions politiques publiques à la fin du Second Empire ; au n° 68, un puits communique avec d'anciennes carrières dans le jardin.

Rue des Irlandais, 5 : le collège des Irlandais

Chapelle St Patrick et jardin remarquables au sein de ce séminaire ouvert en 1755.

Rue Lhomond, 10 : Jules Michelet

Demeure de Jules Michelet en 1839.

Rue Lhomond, 18 : l'école des dominicains sous la Commune

École jésuite tenue par les dominicains d'Arcueil, accusés d'espionnage pour le compte de Versailles le 4 avril 1871 et abattus avec 7 autres personnes durant les combats de l'avenue d'Italie le 25 mai 1871. Elle est transformée en poste des fédérés du 204e bataillon de la Garde nationale pendant la Commune. Cette dernière prévoit d'y ouvrir, à l'initiative d'Édouard Vaillant, la première école publique professionnelle pour garçons ; l'ouverture étant prévue le 22 mai 1871, elle ne verra jamais le jour, les versaillais étant rentrés dans Paris la veille.

Rue Lhomond, 29-33 : la maison de Ste Aure et les Misérables

Ancienne maison de la communauté de Ste Aure, que Victor Hugo prend comme modèle du couvent des Bernardines où se réfugie Jean Valjean avec Cosette dans les Misérables, sous le nom de Fauchelevent ; couvent qu'il transpose pour des raisons de sécurité à l'adresse imaginaire du 62 rue de Picpus. Le poète est alors en exil ; il écrit à partir de notes prises avant le Second Empire, et son chef-d'œuvre de roman sera publié en 1867.

Rue Lhomond, 45 : la pension Vauquer du Père Goriot

Lieu où Honoré de Balzac situe, donnant sur la rue Tournefort, la pension Vauquer de son « Père Goriot », « dans le bas de la rue Neuve-Sainte-Geneviève, à l'endroit où le terrain s'abaisse vers la rue de l'Arbalète par une pente si brusque et si rude que les chevaux la montent ou la descendent rarement ». Pavillon remarquable de style Directoire, cour pavée.

Vers l’arrêt 11 →
Rejoignez la rue d'Ulm, à gauche puis à droite, pour découvrir l'École Normale Supérieure.
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Arrêt 11
★ Incontournable ~15 min

Rue d'Ulm et l'École Normale Supérieure

Le laboratoire de Pasteur, les normaliens engagés, de l'affaire Dreyfus à la Gauche prolétarienne.
📍 Rue d'Ulm, 5e arr.

Au n° 17, une église maronite, Notre-Dame du Liban, se cache dans la cour. Au n° 45, l'École Normale Supérieure s'installe en 1847.

Revenons ensuite sur nos pas : le n° 5 fut l'emplacement de la demeure d'Auguste Comte de 1838 à 1841. Le n° 4 marque l'emplacement de la porte Papale, ou Ste Geneviève, de l'enceinte de Philippe Auguste, puis de Charles V, murée en 1556 ; elle se trouvait alors à l'extrémité de la rue des 7 voies, l'actuelle rue Valette. L'assaut de l'enceinte que tenta Henri IV à cet endroit le 10 septembre 1590 fut déjoué par des jésuites.

45 : Pasteur, l'affaire Dreyfus et Léon Blum

Louis Pasteur y a son laboratoire dans le grenier d'un des pavillons, entre 1864 et 1888 ; c'est là qu'il met au point le vaccin contre la rage en 1885. Léon Blum y fait la connaissance de Lucien Herr, bibliothécaire de l'école de 1888 à 1926, qui va l'amener, en 1897, à s'engager aux côtés de Lévy-Bruhl dans l'affaire Dreyfus, dont l'innocence n'était alors acquise que pour une minorité ; Jean Jaurès les rejoindra en 1898. La première femme, Mlle Robert, ne sera admise à Normale Sup, section sciences, que le 12 octobre 1906 ; elle sera la première agrégée de sciences naturelles.

45 : Césaire, Senghor, la Résistance et la Gauche prolétarienne

Aimé Césaire y fait ses études en 1935, ainsi que Léopold Sédar Senghor, Jean-Paul Sartre, Édouard Herriot. Un réseau de Résistance y est créé en 1940 par Raymond Croland et Pierre Piganiol ; il prend d'abord le nom de « Couleuvre », puis « Vélite-Thermopyles ». Des réunions de la direction de la Gauche prolétarienne s'y tinrent entre 1970 et 1972, salle Cavaillès dite des Résistants, avec Benny Levy dit Pierre Victor, Alain Geismar, Maurice Clavel, Jean-Edern Hallier, Serge July. Amusant quand on sait ce que sont devenus certains d'entre eux…

Vers l’arrêt 12 →
Nous débouchons sur la place du Panthéon, terme de cette première partie.
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Arrêt 12
★ Incontournable ~15 min

Le Panthéon

L'ancienne église Ste Geneviève devenue temple des grands hommes — et des grandes femmes.
📍 Place du Panthéon, 5e arr.

C'est l'ancienne église Ste Geneviève, qui venait à peine d'être terminée au moment de la Révolution. À partir du 2 février 1790, elle accueille les réunions de la Société fraternelle des patriotes de l'un et l'autre sexe, fondée par le maître de pension Claude Dansard.

Elle est affectée à la sépulture des grands hommes le 2 avril 1791 et devient le « Panthéon ». Les cendres de Voltaire, Rousseau, Mirabeau, Le Peletier de Saint-Fargeau, Marat y sont transférées. Mirabeau en est retiré après la découverte de l'armoire de fer, et Marat après Thermidor. L'édifice est rendu au culte catholique en 1806 par le dictateur Bonaparte, devenu Napoléon 1er — le même qui venait de rétablir l'esclavage deux ans plus tôt.

Le 31 mars 1871, sous la Commune, il revient à la célébration des grands hommes ; les bras de la croix de bois installée par Napoléon III sur son dôme sont sciés pour servir de hampe à un immense drapeau rouge. Jean-Baptiste Millière, avocat et journaliste, député de la Seine, est fusillé le 26 mai à genoux sur les marches du Panthéon pour sa participation à la Commune. Il meurt en criant : « vive l'humanité ! ».

Les grands hommes et les grandes femmes

La Troisième République maintient le monument comme lieu de culte. Il faudra attendre le 1er juin 1885 et le transfert de la dépouille de Victor Hugo pour qu'il soit consacré définitivement à la célébration des grands hommes. Et il faudra attendre beaucoup plus longtemps encore pour qu'il le soit aussi à la mémoire des « Grandes femmes », avec le transfert de Marie Curie, accompagnée de son mari, le 25 avril 1995. La cérémonie du transfert d'Émile Zola, le 4 juin 1908, sera entachée d'un attentat contre Alfred Dreyfus. Rouget de Lisle y est transféré le 14 juillet 1915 ; il était d'actualité « qu'un sang impur abreuve nos sillons ». Jean Jaurès, accompagné par 100 000 personnes, y entre le 23 novembre 1924.

Fin de cette première partie du parcours. Nous repartirons d'ici pour la seconde, « autour de la Sorbonne ».

⚠︎ Notice en cours de relecture (contenu issu des archives, enrichi puis vérifié) — découpe, légendes et crédits d’images susceptibles d’évoluer.