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Balade · 1er–8e arr.

Rue Saint-Honoré : de la voie romaine à celle de la Révolution

De la Concorde aux Halles, une remontée de l'axe le plus révolutionnaire de Paris — la rue où logeait Robespierre, où siégeaient les Jacobins et les Feuillants, entre salons des Lumières et barricades.
📍 12 arrêts
🚶 ~3.5 km
⏱ ~3h
📖 1er–8e arr.
Rue Saint-Honoré : de la voie romaine à celle de la Révolution

Notre itinéraire part de la place de la Concorde — que nous laisserons derrière nous, car elle fait l'objet d'une autre promenade intitulée « Du Louvre à la place de la Révolution, à l'assaut des Tuileries » — pour remonter la rue Saint-Honoré jusqu'aux Halles.

C'est un tronçon de l'ancienne voie romaine qui traversait la Gaule d'Ouest en Est. Devenue rue Saint-Honoré, elle fut l'axe majeur de la Révolution : Robespierre y logeait chez le menuisier Duplay, les Jacobins et les Feuillants y tenaient leurs clubs, les salons des Lumières y voisinaient avec les barricades de 1830, 1848 et de la Commune. Chaque numéro, ou presque, cache une adresse où l'Histoire a basculé.

En fichier Word également, les textes du « Chant des Égaux » de Charles Germain et de la « Chanson nouvelle à l'usage des faubourgs » de Sylvain Maréchal.

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Arrêt 1
★ Incontournable ~15 min

La rue Royale, de la Concorde à la Madeleine

Une rue née dans le sang d'un feu d'artifice, devenue rue de la Révolution.
📍 Rue Royale, 8e arr.

Nous prenons la rue Royale. C'est à son entrée, encore en travaux le 30 mai 1770, qu'on releva au moins 103 morts suite à la panique provoquée par un incendie déclenché par le feu d'artifice tiré pour célébrer le mariage du futur Louis XVI avec Marie-Antoinette d'Autriche. D'aucuns prirent cela pour un mauvais présage ; l'histoire de ce lieu leur donna raison.

Elle fut rebaptisée rue de la Révolution en 1792. D'importants combats s'y déroulèrent le 23 mai 1871 sur une barricade qui en défendait l'entrée. Une affiche de mobilisation générale datant du 2 août 1914 est conservée à l'angle de la place de la Concorde.

N° 1 — Hôtel de Coislin (Philippe de Girard)

Demeure, de 1810 à 1845, de Philippe de Girard, génial inventeur d'une machine à filer le lin qui permit le développement de l'industrie textile en France. Une France qui le lui rendit bien mal, en l'emprisonnant pour dettes à Sainte-Pélagie parce que Napoléon ne lui avait jamais versé la prime promise pour son invention.

N° 2 — Ministère de la Marine (Guy de Maupassant)

Guy de Maupassant y fut employé pendant 4 ans, de février 1873 à 1878.

N° 3 — Maxim's

Boutique du glacier Imoda, saccagée le 14 juillet 1890 parce que son propriétaire l'avait pavoisée, parmi d'autres, d'un drapeau allemand. Elle fut remplacée, en 1893, par le fameux restaurant Maxim's, qui accueillait d'abord les cochers avant de devenir le symbole de la Belle Époque.

Il était fréquenté pendant l'Occupation par le Tout-Paris allemand. Un dîner réunissant Pierre Laval, Fernand de Brinon, Otto Abetz, Rudolf Schleier et le général Alfred Streccius y fut donné le 19 juillet 1940, au cours duquel furent jetées les bases de la Collaboration.

N° 6 et 8 — Mme de Staël, Ange-Jacques Gabriel

Au n° 6, demeure de Mme de Staël pendant la Restauration, en 1816 et 1817. Au n° 8, demeure de l'architecte Ange-Jacques Gabriel, qui avait réalisé la place de la Concorde.

N° 9, 13, 14, 21 — De La Rochefoucauld-Liancourt à Brunel

Au n° 9, demeure de François de La Rochefoucauld-Liancourt, qui fonda l'école des Arts et Métiers le 27 mars 1827. Au n° 13, demeure d'Antoine Suard, académicien et censeur royal qui interdit la représentation du « Mariage de Figaro » en 1778.

Au n° 14, ancien siège du groupe L'Oréal, où se tenaient en 1942 les réunions de la direction du MSR (Mouvement social révolutionnaire) créé, avec l'appui des autorités nazies, par Eugène Deloncle et Eugène Schueller, des anciens de la Cagoule — dont André Bettencourt, ami d'un certain François Mitterrand, deviendra directeur du groupe et épousera la fille de Schueller, Liliane. Au n° 21, la Taverne anglaise abrita l'état-major de Brunel, général de la Commune chargé de la défense de la Concorde, le 22 mai 1871.

C'est là qu'était l'emplacement, de 1865 à 1961, du café-restaurant « Le Weber », fréquenté par Alphonse Daudet, François Coppée, Marcel Proust, Jean-Louis Forain et Claude Debussy. Il fut transformé en infirmerie le 6 février 1934 pour accueillir les blessés de la manifestation d'extrême droite de la place de la Concorde — tentative de putsch manquée qui fit 11 morts et 300 blessés, et provoqua la réaction de gauche aboutissant au Front populaire.

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Arrêt 2
★ Incontournable ~15 min

Rue Boissy d'Anglas et Galerie de la Madeleine

De Wellington au Bœuf sur le Toit, un tribunal militaire allemand et la mort de Lully.
📍 Rue Boissy d'Anglas et Galerie de la Madeleine, 8e arr.

Prenant la rue Boissy d'Anglas à droite, nous longeons d'abord (n° 1 à 5) l'Hôtel Grimod de la Reynière, résidence de Wellington de 1815 à 1818 après Waterloo, pendant l'occupation de Paris par les anglo-austro-prussiens. Il abrite aujourd'hui l'ambassade des États-Unis, entourée en permanence d'un imposant dispositif policier.

À l'angle de la rue du Faubourg-Saint-Honoré se trouvaient les bureaux du « Tribun du Peuple ». Ils firent l'objet d'une perquisition le 5 décembre 1795, mais Gracchus Babeuf échappa pour cette fois à l'arrestation. On peut faire une incursion dans la cité Berryer, encore appelée Village royal — un havre de paix dans ce quartier bien agité. Puis, prenant à droite la Galerie de la Madeleine, construite par Théodore Charpentier en 1845, on gagne la place de la Madeleine (objet d'une autre promenade).

N° 11 bis — Tribunal militaire allemand

Tribunal militaire allemand — le Gross-Paris Feldkriegsgericht — par lequel furent condamnés les premiers résistants, parmi lesquels Honoré d'Estienne d'Orves, le 13 mai 1941.

N° 18, 21, 28, 35 — Sieyès, Courbet, Lully, Cité du Retiro

Au n° 18, demeure en 1794 de l'ex-abbé Emmanuel Joseph Sieyès. Au n° 21, demeure d'Ernest Courbet, dont Leconte de Lisle utilisa les notes pour écrire son « Catéchisme républicain » en 1870, et qui fit publier par Alphonse Lemerre bon nombre de poètes.

Au n° 28, emplacement de la demeure de Jean-Baptiste Lully, dit Lully, à partir de 1684. Il y mourut le 22 mars 1687 des suites d'un coup de canne qu'il s'était donné sur le pied en dirigeant un orchestre — que n'avait-on encore inventé la baguette ! Pendant les « Années folles » se tenait à cette adresse le « Bœuf sur le Toit », cabaret mondain créé en 1922 par Louis Moysés, animé par Jean Cocteau et fréquenté par Picasso, Breton, Aragon, Coco Chanel, Mme Daudet, la princesse Murat et Georges Simenon. Au n° 35, la Cité du Retiro servait en 1785 de remise pour les voitures publiques desservant la « banlieue ».

Vers l’arrêt 3 →
Traversez la rue Royale et prenez le trottoir de gauche vers la Concorde, puis engagez-vous dans la rue Saint-Honoré. Au n° 24 demeurait l'écrivain humoriste [Alphonse Allais](http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_Allais) en 1900 ; au n° 16, la pâtisserie Ladurée au superbe décor de 1871, réputée pour ses macarons ; au n° 14, le physiologiste [Claude Bernard](http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Bernard) logeait au 1er étage de 1859 à 1864.
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Arrêt 3
★ Incontournable ~15 min

Rue Saint-Honoré — l'ancienne voie romaine

La rue de la Révolution : Drouet, Couthon, Fouché et la conjuration des Égaux.
📍 Rue Saint-Honoré (numérotation ancienne), 1er arr.

Nous prenons la rue Saint-Honoré à gauche : c'est un tronçon de l'ancienne voie romaine qui traversait la Gaule d'Ouest en Est. Un changement de numérotation fait que certains numéros ont disparu, dont nous ne connaissons plus la correspondance.

Au n° 24 (bis), Alphonse Allais demeurait en 1900 ; au n° 14, Claude Bernard vécut de 1859 à 1864.

Drouet et la conjuration des Égaux, Rabaut Saint-Étienne

Jean-Baptiste Drouet, qui avait arrêté Louis XVI à Varennes, habitait dans cette rue, au-dessus d'une parfumerie, et y prépara l'insurrection des « Égaux » avec Augustin Darthé, Charles Germain (auteur du Chant des Égaux), Claude Javogues, Marc-Antoine Huguet, Jean-François Ricord et Jean-Antoine Rossignol, le 7 mai 1796.

Au 377 demeurait Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne, Conventionnel girondin protestant guillotiné, qui avait proposé d'introduire la « liberté de conscience » dans la Déclaration des droits. Au 367, dans la chapelle Saint-Hyacinthe, siégeait en 1848 la société démocratique des Libres-Penseurs.

N° 343 — Lamourette, Couthon et Lindet

Au 359 siégeait à la même époque le Club des Condamnés politiques. Au 343 demeurait Adrien Lamourette, évêque constitutionnel de Lyon, à l'initiative du baiser de réconciliation instauré à la Convention le 7 juillet 1792, qu'on nomma « baiser Lamourette ».

Dans le même immeuble habitait Georges Couthon, Conventionnel montagnard, membre du Comité de Salut public, promoteur actif de la Terreur, guillotiné en Thermidor. C'est là encore que demeurait Robert Lindet, ex-évêque marié en 1792, Conventionnel, membre du Comité de Salut public et Thermidorien.

N° 339, 317, 315 — De Bry, Fauchet, Fouché

Au 339 habitait Jean-Antoine De Bry, qui avait prononcé l'éloge funèbre de Mirabeau, Conventionnel opportuniste rallié à Bonaparte puis à Louis XVIII. Au 317 demeurait l'évêque constitutionnel Claude Fauchet, fondateur du journal « La Bouche de fer », guillotiné avec les Girondins ; on y trouvait aussi le marquis de Pastoret, membre de la Législative.

Au 315, Nicolas-Louis François de Neufchâteau, député à la Législative, et Joseph Fouché, futur duc d'Otrante — le prototype de l'opportuniste, Conventionnel régicide qui parvint à rester ministre de la police de tous les régimes.

Vers l’arrêt 4 →
Reprenez la numérotation actuelle en poursuivant la rue Saint-Honoré. Au n° 422 se trouvait la 3e porte Saint-Honoré de l'[enceinte de Louis XIII](http://fr.wikipedia.org/wiki/Enceintes_de_Paris) (1634) ; les grandes adresses révolutionnaires vous attendent un peu plus loin.
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Arrêt 4
★ Incontournable ~15 min

Chez Duplay — Robespierre au 398

La maison où l'Incorruptible prépara le 10 Août et vécut jusqu'à Thermidor.
📍 Rue Saint-Honoré (numérotation actuelle), 1er arr.

Reprenant la numérotation actuelle : au n° 422, emplacement de la 3e porte Saint-Honoré de l'enceinte de Louis XIII, construite en 1634. Au n° 281 demeura, en 1848, François-Jean-Félix Cantagrel, fouriériste, pionnier du phalanstère aux USA, auteur du « Fou du Palais-Royal ».

N° 275 et 273 — Marat, Héron et Sieyès

Au n° 275, Jean-Paul Marat, recherché pour avoir appelé à pendre les 800 députés de la Constituante en 1790, se cacha au 3e étage chez Héron — François Héron fut un grand pourvoyeur du Tribunal révolutionnaire pendant la Terreur. Marat dut s'exiler à Londres de février à mai de cette même année.

Au n° 273, demeure en 1792-1793 de l'ex-abbé Emmanuel Joseph Sieyès, auteur début 1789 de « Qu'est-ce que le Tiers-État ? » ; « la taupe de la Révolution » selon Robespierre, dont il sera le fossoyeur en fomentant le coup d'État du 18 Brumaire, en 1799.

N° 398 — La maison Duplay, chez Robespierre

Ex-n° 366 : emplacement de la maison du menuisier Maurice Duplay, qui héberge Maximilien Robespierre du 7 juillet 1791 à sa mort en 1794. C'est là que l'Incorruptible prépare la journée du 10 Août 1792 avec Camille Desmoulins, Jérôme Pétion, Pierre-Gaspard Chaumette et Fournier l'Américain.

Il y aurait fait l'objet d'une tentative d'assassinat controversée, le 23 mai 1794. Le convoi qui l'emmène, déjà mourant, avec ses partisans vers la guillotine, le 28 juillet 1794, fait halte devant la façade de cette maison, badigeonnée de sang pour l'occasion.

N° 382 et 263 — Mme de Tencin, couvent de l'Assomption

Au n° 382, demeure de Mme de Tencin, mère supposée de Jean le Rond d'Alembert, qu'elle abandonna à la naissance sur les marches de la chapelle dont il porte le nom. Son salon, où elle recevait Fontenelle et Marivaux, prit la suite de celui de Mme de Lambert, de 1717 à 1728.

Au n° 263, couvent des Dames de l'Assomption, dit aussi des Nouvelles Haudriettes, transformé en caserne pendant la Révolution : cachette de Gracchus Babeuf, recherché pour le « Manifeste des Plébéiens », le 5 décembre 1795. C'est dans sa chapelle que furent célébrées les obsèques du général Lamarque, le 5 juin 1832, provoquant l'insurrection qui inspira à Victor Hugo l'épisode célèbre de ses « Misérables ». Le Club de la Butte des Moulins l'occupa en 1848.

Vers l’arrêt 5 →
Faites un aller-retour dans la rue Cambon (ancienne rue du Luxembourg), à droite, avant de revenir vers la rue Saint-Honoré et la place Vendôme.
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Arrêt 5
Optionnel ~10 min

Rue Cambon

De Joseph Cambon à Coco Chanel, en passant par Herzl et Hemingway.
📍 Rue Cambon, 1er arr.

Un aller-retour dans la rue Cambon, ancienne rue du Luxembourg. Au n° 15, demeure de Joseph Cambon, Conventionnel, auteur du grand livre de la dette publique, membre du Comité de Salut public — on a conservé le verbe « camboniser » comme synonyme de « désorganiser les finances de l'État ».

N° 21 — Eugène Sue et Coco Chanel

Maison natale d'Eugène Sue, auteur des « Mystères de Paris », en 1804. C'est aussi à cette adresse que Coco Chanel installa son atelier et inventa la « ligne de mode », en 1912.

N° 27, 37 — Marmontel, Herzl

Au n° 27, demeure de l'encyclopédiste Jean-François Marmontel en 1777. Au n° 37, demeure de Theodor Herzl, fondateur du sionisme, auteur de « l'État juif » en 1896, à l'époque de l'affaire Dreyfus. Jean Cocteau séjourna à l'hôtel de Castille début 1938.

N° 39 et 38 — Enceinte de Louis XIII, Hôtel Ritz

Au n° 39, seul vestige subsistant de l'enceinte dite de Louis XIII, construite en 1566, au 2e sous-sol d'Euronext : un fragment de l'angle nord-est du bastion Saint-Honoré. Au n° 38, l'Hôtel Ritz, où séjourne Ernest Hemingway, premier à investir son bar lors de la Libération de Paris ; Sartre, Beauvoir, Orson Welles, Francis Scott Fitzgerald et George Orwell en furent des habitués.

Vers l’arrêt 6 →
Revenez rue Saint-Honoré : la suite égrène quelques-uns de ses salons les plus fameux, de Mme Geoffrin à la Pompadour, jusqu'à la salle Valentino.
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Arrêt 6
★ Incontournable ~15 min

Rue Saint-Honoré — les grands salons

Mme Geoffrin, la Pompadour, Chateaubriand, et la salle Valentino des révolutions de 1848.
📍 Rue Saint-Honoré (n° 374 à 239), 1er arr.

Au n° 374, salon de Mme Geoffrin, où elle reçoit et soutient les philosophes des Lumières entre 1749 et 1777 : Helvétius, d'Holbach, Fontenelle, Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Grimm, d'Alembert, Marmontel, Diderot, Hume, Boucher, Van Loo. Elle héberge en particulier l'abbé Morellet, encyclopédiste embastillé en 1760. Ce sera aussi la demeure de Chateaubriand, ministre sous la Restauration, en 1825.

N° 370 et 368 — Marquise de Pompadour, général Lamarque

Au n° 370, demeure parisienne de Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, maîtresse de Louis XV et protectrice des encyclopédistes, qui y tint un salon réputé où elle reçut Voltaire et Crébillon père. Au n° 368, demeure du général Lamarque, où il mourut du choléra le 1er juin 1832.

N° 251 — La salle Valentino, foyer des clubs de 1848

Salle Valentino, ancien cirque transformé en salle de bal. Cabet, Louis Blanc et Ferdinand Flocon y organisent des réunions politiques ; Friedrich Engels, qui y assiste, raconte comment il sème les mouchards en 1844. Le 29 novembre 1847 s'y déroule un banquet de 1500 couverts en soutien à la Pologne insurgée, et la « polka » y est introduite à Paris.

En février 1848 s'y tient la Société Fraternelle centrale des Icariens autour de Cabet ; en mars, le Club des Condamnés politiques présidé par Armand Barbès, avec Blanqui, Martin-Bernard, Joseph-Marie Sobrier et Benjamin-Pierre Flotte. S'y réunit aussi le Club des Travailleurs Socialistes, très actif le 15 mai 1848, puis le 1er banquet des Femmes socialistes le 25 décembre, et enfin le Club de la Délivrance sous la Commune.

N° 247 et 239 — Horloges Lepaute, salon de Mme d'Épinay

Au n° 247, emplacement des ateliers Henry Lepaute, fondés en 1829, célèbre fabricant de pendules pour édifices publics équipant encore certaines gares et mairies. Au n° 239, premier salon de Mme d'Épinay, près du cimetière des Capucins, où elle reçoit artistes et philosophes de 1748 à 1762. Au n° 241, dans l'église du couvent des Capucins, se tint le 14 avril 1790 une réunion de nobles et de curés protestant contre le refus de l'Assemblée de déclarer le catholicisme religion d'État.

Vers l’arrêt 7 →
Prenez à gauche la cour de Vendôme pour déboucher sur la place Vendôme.
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Arrêt 7
★ Incontournable ~20 min

Place Vendôme

La colonne abattue par la Commune, les statues renversées, la vitrine de l'impérialisme français.
📍 Place Vendôme, 1er arr.

Sa vocation de vitrine de l'impérialisme français s'affirme dès l'origine : Louis XIV, qui la fait aménager en 1685, lui donne le nom de « place des Conquêtes », puis « place Louis-le-Grand ».

Une émeute contre les « affameurs » s'y déclenche le 12 juillet 1789 devant l'Hôtel des Fermiers généraux, violemment réprimée par un peloton de dragons qui détruit le buste de Necker brandi par les insurgés. La statue équestre de Louis XIV est abattue le 20 août 1792. La dépouille de Le Peletier de Saint-Fargeau est exposée sur le socle vide après son assassinat, la veille de l'exécution de Louis XVI, le 21 janvier 1793. La place prend le nom de « place des Piques » ; le marquis de Sade sera un temps secrétaire de la Section des Piques. La colonne « aux vainqueurs d'Austerlitz » est inaugurée le 15 août 1810, l'effigie de Napoléon abattue en 1815, remplacée par une fleur de lys. Un des premiers essais d'éclairage public au gaz, par Philippe Lebon, a lieu ici le 3 juin 1825.

La colonne, symbole abattu par la Commune

Sous Louis-Philippe, une effigie du « petit caporal » est remise sur la colonne, abattue à son tour en 1848 et jetée à la Seine (elle est aujourd'hui aux Invalides). Napoléon III lui substitue à nouveau une caricature d'empereur romain. Sous la Commune, une manifestation des « Amis de l'ordre » est dispersée le 22 mars 1871. La place est rebaptisée « place Internationale » et la colonne, symbole de l'impérialisme français, est abattue le 16 mai 1871 ; Gustave Courbet sera faussement accusé d'en être l'instigateur et condamné à en payer les réparations.

Une cour prévôtale fonctionnera ici pendant la Semaine sanglante, envoyant au massacre nombre de Fédérés — on fusilla même trois sosies de Jules Vallès dans la même période.

N° 5 et 7 — Roger Ducos, Hôtel d'Hénault, arrestation du général Malet

Au n° 5, demeure de Roger Ducos, un des 5 Directeurs, démissionnaire le 9 novembre 1799, veille du 18 Brumaire. Au n° 7, Hôtel d'Hénault, où se tenaient à l'entresol les réunions du Club de l'Entresol, fondé en 1720 par l'abbé d'Alary, avec Montesquieu, Helvétius, l'abbé de Saint-Pierre et Mme du Deffand, jusqu'à leur interdiction par Fleury en 1731.

Cet immeuble abrita le quartier général de l'état-major sous le 1er Empire : c'est là que fut arrêté le général Malet lors de sa tentative de coup d'État contre Napoléon, le 23 octobre 1812, après avoir grièvement blessé le général Hulin, ancien Vainqueur de la Bastille. Devenu QG de la Garde nationale, Eugène Varlin l'investit le 18 mars avec 4 bataillons des Batignolles ; tous ses défenseurs seront massacrés pendant la Semaine sanglante.

N° 11-13 — Ministère de la Justice, Danton, le mètre étalon

Siège du Comité d'aliénation des biens nationaux (n° 9) en 1792, puis Ministère de la Justice (n° 11-13), où Danton, ministre, est accusé de détournement de fonds en 1792. Exposition du « mètre étalon » en 1795 lors de l'adoption du système métrique — un des 16 installés dans Paris, dont il ne reste, à part celui-ci, que celui de la rue de Vaugirard. Investi par quatre bataillons des Batignolles et de Montmartre le 18 mars 1871, Eugène Protot y est nommé délégué à la Justice ; le général Dombrowski y installe son PC pendant la Semaine sanglante, et tous ses défenseurs sont massacrés le 23 mai 1871.

N° 13 et 15 — Odilon Barrot, l'Hôtel Ritz de l'Occupation

Au n° 13, demeure de Camille Odilon Barrot, chef de la gauche dynastique ; c'est là que Raphaël Alibert et Alfred Baudrillart promulguent les lois antisémites et la dissolution des sociétés secrètes dès le 13 août 1940. Au n° 15, ancien Hôtel de Gramont, siège du Crédit mobilier créé par les frères Émile et Isaac Pereire en 1852.

L'Hôtel Ritz est la résidence des dirigeants nazis pendant l'Occupation, fréquenté par Laval, De Brinon, René Bousquet et Marcel Déat pour les « déjeuners de la trahison ». Son bar est aussi le rendez-vous des écrivains américains — Francis Scott Fitzgerald, Hemingway — et Marcel Proust y recevait ses amis.

N° 21 à 1 — Lhéritier, Law, Vergniaud, Chopin, Lavoisier

Au n° 21, demeure de Lhéritier de Brutelle, botaniste incarcéré pendant la Terreur et assassiné en 1800 ; au n° 25, une importante barricade de la Commune. Au n° 28, Hôtel de Law, qui manque y être massacré après sa banqueroute, le 14 décembre 1720. Au n° 22, demeure du général Hulin, blessé par Malet. Au n° 16, demeure de Vergniaud, porte-parole des Girondins, guillotiné le 30 octobre 1793 ; siège du « Moniteur universel » fondé par Panckoucke en 1799.

Au n° 12, les Girondins se réunissent en 1792 chez Mme Dodun ; le Club de Clichy royaliste y siège avec Barbé-Marbois, Portalis et le général Mathieu Dumas ; Marie-Joseph Chénier, co-auteur du « Chant du départ », y demeure en 1803, et Frédéric Chopin y meurt le 17 octobre 1849. Au n° 8, Hôtel de Chimay, où Le Peletier de Saint-Fargeau est transporté après son assassinat ; premières communications radio avec Londres par le réseau Saint-Jacques en avril 1941. Au n° 6, Hôtel de Jacques Paulze, fermier général guillotiné avec son gendre Lavoisier, le 8 mai 1794. Au n° 4, Hôtel du Rhin, résidence de Louis-Napoléon Bonaparte en 1848. Au n° 1, éphémère ambassade de la République du Texas en 1842-1843.

Vers l’arrêt 8 →
Rejoignez la rue de Castiglione, puis la rue Saint-Honoré à hauteur du couvent des Feuillants — le cœur institutionnel de la Révolution.
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Arrêt 8
★ Incontournable ~15 min

Rue de Castiglione et le couvent des Feuillants

Orwell plongeur, le club des Feuillants, les procès du groupe Manouchian.
📍 Rue de Castiglione et rue Saint-Honoré (n° 229-235), 1er arr.

Rue de Castiglione : au n° 12, emplacement de l'église du couvent des Feuillants, qui abrita la Section des Tuileries pendant la Révolution, à partir du 21 mai 1790. Au n° 7, Erik Blair, alias George Orwell, travailla comme plongeur à l'hôtel Lotti en 1928, avant de devenir l'auteur de « 1984 ».

N° 1-3 — Hôtel Continental (clubs de 1848, kommandantur)

Aujourd'hui hôtel Intercontinental. Pendant la révolution de 1848 s'y tinrent les réunions de la Société des Représentants républicains, avec Victor Considérant, Félix Pyat, Louis Blanc, Ferdinand Gambon et Eugène Raspail. Lawrence d'Arabie y participa à la Conférence de Paris sur le Moyen-Orient en 1919.

L'état-major de la kommandantur du Gross-Paris s'y installe en 1940, puis son tribunal en 1942 : le 24 août 1942 s'y déroule le procès de 33 membres de l'Organisation Spéciale du groupe de la Butte du Chapeau Rouge, dont Pierre Rebière ; le 17 février 1944, celui des 23 du groupe Manouchian. Heinrich von Stülpnagel et les officiers de la SD y sont arrêtés après l'attentat contre Hitler, le 29 juillet 1944.

N° 229-235 — Couvent des Feuillants et le club des Feuillants

Couvent des Feuillants, construit en 1587. En 1789, il abrite les bureaux de l'Assemblée Constituante installée au Manège voisin. Une scission du club des Jacobins, née de la pétition sur la déchéance de Louis XVI qui entraînera la fusillade du Champ-de-Mars, s'y installe le 16 juillet 1791, regroupant La Fayette, Barnave, Lameth, Duport, Le Chapelier, Sieyès et Talleyrand.

La famille royale y est détenue trois jours après le 10 août, avant d'être conduite au donjon du Temple. David y peint son « Serment du jeu de paume » en 1790.

N° 352 à 209 — Condorcet, Marivaux, La Fayette, Barère, Guillotin

Au n° 352, demeure de Sophie de Condorcet, « la marquise des Lumières », en 1795. Au n° 350, Savalette y cache Barère de Vieuzac en 1794. Au n° 334, petit hôtel de Noailles, demeure de Marivaux en 1744. Au n° 219, une salle abrita nombre de clubs de 1848 (Amis fraternels, Bureaucrates, Hommes libres, Incorruptibles, Triomphe). Au n° 328, entrée principale du couvent des Jacobins.

Au n° 211, Hôtel de Noailles : demeure et mariage de La Fayette, le 11 avril 1774, dont la femme était une amie intime de Marie-Antoinette ; demeure de Lebrun, troisième Consul, en 1802. Devenu hôtel Saint-James et Albany, il accueille Francis Scott et Zelda Fitzgerald en mai 1921, rejoints par Sinclair Lewis, et cité par Graham Greene. Au n° 320, demeure de Bertrand Barère de Vieuzac, « l'Anacréon de la guillotine ». Au n° 209, demeure et cabinet du docteur Joseph Ignace Guillotin, qui exerça la médecine jusqu'à sa mort en 1814.

N° 308 à 203 — La Fontaine, Ravaillac

Au n° 308, emplacement de la demeure de Jean de La Fontaine, dans une maison louée par Mme de La Sablière. Au n° 203, Hôtel des Trois Pigeons, où descend Ravaillac la veille de l'assassinat d'Henri IV, le 13 mai 1610.

Vers l’arrêt 9 →
Faites un crochet par la rue de la Sourdière à gauche, puis la rue Saint-Hyacinthe et la rue du Marché-Saint-Honoré, où se trouvait le foyer même des Jacobins.
9
Arrêt 9
★ Incontournable ~15 min

Autour du Marché-Saint-Honoré — le couvent des Jacobins

Le club le plus puissant de la Révolution, et une place un temps baptisée « Robespierre ».
📍 Rue de la Sourdière, rue Saint-Hyacinthe et rue du Marché-Saint-Honoré, 1er arr.

Incursion dans la rue de la Sourdière : au n° 11, demeure du compositeur espagnol Juan Crisóstomo de Arriaga, mort ici à 20 ans le 16 janvier 1826 ; au n° 18, demeure de Louis Aragon et d'Elsa Triolet à partir de février 1935 ; au n° 74, Robert Lindet, qui rédigea l'acte d'accusation de Louis XVI. C'est dans cette rue que débute la vie commune de Franz Liszt et Marie d'Agoult, en 1833. Puis, rue Saint-Hyacinthe (n° 8), entrée du couvent des Jacobins pendant la Révolution, dont on voit encore une trace du porche.

N° 10 rue du Marché-Saint-Honoré — le couvent des Jacobins

Emplacement du couvent des Jacobins, où le duc Henri de Guise crée à Paris la Sainte Ligue catholique en novembre 1576. Le club Breton, devenu « Société des amis de la Constitution », s'y installe le 27 octobre 1789. La « Société fraternelle des patriotes de l'un et l'autre sexe », créée par l'instituteur Claude Dansard, s'y réunit à partir du 2 février 1790, avec Olympe de Gouges parmi ses membres actifs.

Robespierre y fait adopter son projet de « Déclaration des Droits » le 21 avril 1793. Le club est attaqué par les Muscadins le 9 novembre 1794 et fermé le 12.

La place, un temps baptisée « place Robespierre »

La place du Marché-Saint-Honoré est rebaptisée place Robespierre en 1946, alors que des ministres communistes sont au gouvernement. La décision sera annulée en 1950 : aucun « terroriste » ne doit donner son nom à une rue parisienne. Il faut aller à Saint-Denis pour trouver un buste de l'Incorruptible, et à Montreuil pour une station de métro à son nom.

Vers l’arrêt 10 →
Prenez à droite la rue Gomboust, puis la rue Saint-Roch, la rue d'Argenteuil et la rue des Pyramides, en direction de l'église Saint-Roch.
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Arrêt 10
★ Incontournable ~15 min

De Saint-Roch aux Pyramides

L'église Saint-Roch et le « coup de canon » du 13 Vendémiaire de Bonaparte.
📍 Rue Saint-Roch, rue d'Argenteuil, passage Saint-Roch et rue Saint-Honoré (n° 296), 1er arr.

Rue Saint-Roch à droite (n° 45), la belle façade du Secours mutuel des Cuisiniers de France (1917), avec ses deux atlantes, vaut le détour. Rue d'Argenteuil : au n° 6, demeure de Pierre Corneille, où il meurt le 1er octobre 1684 ; au n° 36, François Germain, serrurier de Louis XVI qui révéla le secret de l'armoire de fer le 11 août 1792, ce qui valut à Mirabeau son expulsion du Panthéon ; Joseph Le Bon, premier prêtre à se marier en 1793, y habitait. Dans une chambre du passage Saint-Roch, Victor Hugo échappa à une arrestation pour adultère — pas sa maîtresse Léonie Biard, enfermée à Saint-Lazare.

N° 296 — L'église Saint-Roch et le 13 Vendémiaire

Au n° 284, demeure du marquis Louis de Fontanes, ami de Chateaubriand, en 1800. Au n° 296, l'église Saint-Roch, une des plus grandes de Paris : en 1719, Law s'y convertit au catholicisme ; une émeute s'y déclenche le 23 mai 1750 contre les rafles pour peupler la Louisiane ; Denis Diderot y est inhumé le 2 août 1784. Elle devient le siège de la Section du Palais-Royal, puis de la Butte des Moulins, puis de la Montagne.

C'est sur ses marches que se déroule un des principaux épisodes de la répression, commanditée par Barras, de l'insurrection du 13 Vendémiaire (5 octobre 1795), qui marque la promotion de Bonaparte comme « canonneur » de la Révolution. Elle devient Temple du Génie, en l'honneur de Corneille, en 1798. Une foule de 5000 personnes la saccage au cri de « mort aux prêtres » pour les obsèques de Mlle Raucourt, le 7 janvier 1815.

N° 195 et 300 — Nadar, d'Artagnan

Au n° 195, maison natale, le 6 avril 1820, de Félix Tournachon, alias Nadar : photographe, inventeur, aérostier, mécène. C'est près de l'église que Balzac situe la parfumerie de César Birotteau. Au n° 300, Auberge du Lion d'Or, où demeura le vrai d'Artagnan.

Rue Saint-Roch à gauche — Fourier, Flaubert, Vauban

Rebaptisée rue de la Convention pendant la Révolution. Au n° 39, hôtel Saint-Roch, demeure de Charles Fourier après son arrivée à Paris en 1822. Au n° 9 bis, emplacement d'une batterie de canons placée par Bonaparte contre les insurgés du 13 Vendémiaire. Au n° 6, hôtel Sully, demeure de Gustave Flaubert et sa mère. Au n° 1, demeure de Sébastien Le Prestre de Vauban, architecte militaire mort de chagrin après la mise au pilori de sa « Dixme royale », en 1707.

Vers l’arrêt 11 →
Gagnez la rue de Rivoli et la place des Pyramides, puis la rue des Pyramides, où les Trois Glorieuses ont laissé leur empreinte.
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Arrêt 11
Optionnel ~10 min

Place et rue des Pyramides

La statue de Jeanne d'Arc, Marmont massacreur de 1830 et le 5e Salon impressionniste.
📍 Place des Pyramides et rue des Pyramides, 1er arr.

Place des Pyramides : statue de Jeanne d'Arc autour de laquelle se déroulent des manifestations d'extrême droite tous les 1er mai. Rue des Pyramides : un coup de feu parti de l'hôtel Royal déclenche la répression par les troupes de Marmont le 27 juillet 1830.

N° 3 et 10 — La Gerbe, le 5e Salon impressionniste, le PPF

Au n° 2, demeure de l'auteur dramatique Émile Augier de 1858 à 1862. Au n° 3, siège du journal collaborationniste « La Gerbe » en 1943 ; à la Libération, la revue « Action » liée au PCF s'y installe, avec Kriegel-Valrimont, Claude Roy et Robert Doisneau.

Au n° 10 se tient le 5e Salon impressionniste, boycotté par Monet, Renoir et Sisley, en avril 1880 ; ce sera pendant l'Occupation le siège du PPF fondé par Jacques Doriot, avec son journal « le Cri du peuple ».

Vers l’arrêt 12 →
Revenez rue Saint-Honoré, à droite : la dernière ligne droite vous mène des Tuileries de Fersen au quartier des Halles.
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Arrêt 12
★ Incontournable ~20 min

Rue Saint-Honoré — des Tuileries aux Halles

Fersen et la fuite à Varennes, La Liberté guidant le peuple, Molière et le carrefour du Trahoir.
📍 Rue Saint-Honoré (n° 185 au n° 19) et rue de l'Échelle, 1er arr.

Rue Saint-Honoré, à droite : au n° 185, demeure d'Alexandre Dumas père de 1864 à 1866 ; au n° 272, Marc Vadier, membre du Comité de sûreté générale ; au n° 270, Olympe de Gouges, qui rédigea la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » et fut guillotinée ; au n° 173, les bureaux du « Canard enchaîné », théâtre de l'affaire des micros posés par la DST en 1973.

Rue de l'Échelle — la fuite à Varennes et La Liberté guidant le peuple

Lieu de regroupement prévu par Axel de Fersen pour la famille royale évadée des Tuileries le 20 juin 1791. Un carrosse les attend pour l'Autriche, mais Marie-Antoinette, qui connaît mal le quartier, arrive avec deux heures de retard — un retard qui participa peut-être à l'arrestation des fuyards à Varennes. Une fosse commune y fut creusée pour les 1200 victimes de la prise des Tuileries du 10 août 1792. C'est de l'affrontement sur une barricade dressée à l'angle de cette rue le 27 juillet 1830 que s'inspirera Eugène Delacroix pour « La Liberté guidant le peuple ». Au n° 6, hôtel du Gaillard-Bois où séjourne Vidocq en 1796 ; au n° 7, hôtel de Normandy où séjourne Mark Twain en 1879.

N° 161 — La porte Saint-Honoré et le café de la Régence

Emplacement de la seconde porte Saint-Honoré de l'enceinte de Charles V (1380), dite porte des Aveugles ; Jeanne d'Arc y est blessée en lui donnant l'assaut le 8 septembre 1429. C'est par là que les troupes d'Henri III entrent dans Paris le 12 mai 1588, et qu'a lieu la « Journée des Farines » du 20 janvier 1591. Le second café de la Régence, haut lieu du jeu d'échecs, s'y installe en 1854.

Place André-Malraux et rue de Rohan — Trois Glorieuses, Quinze-Vingts, café de la Régence

À l'angle de la rue de Rohan fut dressée la première barricade des Trois Glorieuses, le 27 juillet 1830 ; en 1905, un attentat contre le roi d'Espagne Alphonse XIII à l'intersection de la rue de Rivoli. Au n° 155, Louis IX fit construire vers 1254 l'hospice des Quinze-Vingts pour 300 chevaliers aveugles, transféré rue de Charenton en 1780. Sur son emplacement s'ouvrit en 1681 le premier café de la Régence, fréquenté par Voltaire, Rousseau, Diderot, d'Alembert, Marmontel et Benjamin Franklin ; la mise au point de l'Encyclopédie s'y fit en 1750, et Diderot y situe le début de son « Neveu de Rameau ».

Jacques-Louis David s'installa à sa terrasse pour peindre Marie-Antoinette et Danton sur le chemin de l'échafaud. Karl Marx et Friedrich Engels s'y retrouvent le 26 août 1844, venus créer les « Annales franco-allemandes » et écrire « la Sainte Famille ».

N° 216 à 129 — Barras, église collégiale Saint-Honoré, Oratoire du Louvre

Au n° 216, bureau d'Alexandre Dumas père, secrétaire de Louis-Philippe de 1823 à 1830 ; au n° 198, l'abbé Barbotin, député du clergé de 1789 ; au n° 194, demeure de Paul Barras en 1789. Au n° 182, emplacement de l'église collégiale Saint-Honoré, qui abrita la Section de la Halle aux Blés et où fut inhumé l'abbé Guillaume Dubois. Au n° 148-152, la Porte Saint-Honoré de l'enceinte Philippe Auguste (vers 1190) ; au n° 145, l'Oratoire du Louvre, ancienne chapelle royale de 1630, qui abrita la Section de l'Oratoire ; au n° 129, maison natale de Louis Hébert, premier colon d'Acadie en 1575.

N° 121-125 à 111 — Curtius et Mme Tussaud, Fersen, carrefour du Trahoir

Au n° 118, demeure de Jean-Baptiste Treilhard, membre du Comité de Salut public puis Directeur. Au n° 121-125, hôtel d'Aligre, premier atelier de Curtius, qui forma à la cire sa nièce Marie Grosholtz, future Madame Tussaud. Au n° 115, pharmacie où Axel de Fersen achetait l'encre sympathique de ses lettres à Marie-Antoinette. Au n° 111, carrefour de la Croix du Trahoir, lieu patibulaire d'où partit, le 26 août 1648, la Fronde, après l'arrestation par Mazarin de Pierre Broussel ; la fontaine actuelle fut dessinée par Soufflot en 1776.

N° 96 à 47 — Molière, Wagner, Chabot, Lavoisier

Au n° 108, demeure de Jean-Jacques Pillot, élu de la Commune en 1871, signataire de l'affiche rouge. Au n° 96, Pavillon des singes, emplacement controversé de la maison natale de Molière, le 15 janvier 1622 ; l'immeuble actuel fut la demeure de Richard Wagner en 1839. Au n° 93, boutique de l'apothicaire d'Henri IV. Au n° 82, François Chabot, auteur du « catéchisme des Sans-culottes », guillotiné le 5 avril 1794. Au n° 47, demeure d'Antoine-Laurent de Lavoisier, membre de la « Société des Amis des Noirs », guillotiné avec les Fermiers généraux le 1er novembre 1794. Aux n° 22 et 19, magasin coopératif et Club des Amis fraternels des ouvriers cordonniers, en 1848-1849. Nous débouchons ainsi sur le quartier des Halles — mais ceci fera l'objet d'une autre aventure.

⚠︎ Notice en cours de relecture (contenu issu des archives, enrichi puis vérifié) — découpe, légendes et crédits d’images susceptibles d’évoluer.