Le 15 janvier 1826, niché au fond d'une cour du Passage du Commerce (Cour du Commerce Saint-André) naît un journal au ton assez mordant pour défier la monarchie de Charles X : Le Figaro. Fondé par le chansonnier Maurice Alhoy et le romancier Étienne Arago, il est propriété au départ de Maurice Alhoy, qui en assume la direction tout en s’appuyant sur un réseau d’hommes de lettres. Le journal se présente comme un hebdomadaire « littéraire, satirique, spirituel et batailleur », officiellement non politique… du moins en apparence.
Le choix du titre renvoie au personnage de Beaumarchais, valet frondeur du Mariage de Figaro, et sa devise : « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ». Tout un programme : la feuille de quatre pages mêle critiques de théâtre, échos de salons, anecdotes et piques contre les puissants, en jouant avec les limites de la censure.
Les débuts restent fragiles, marqués par des difficultés financières, des suspensions et des changements de main, mais la formule initiale fixe déjà une identité : un journal qui combine littérature, satire et goût affiché pour la liberté d’expression. Le passage au quotidien en 1866 fera de ce premier hebdomadaire satirique un acteur durable de la vie médiatique française.