Elisabeth Dmitrieff


Élisabeth Dmitrieff

Élisabeth Dmitrieff, née Elizaveta Lukinichna Kusheleva le 1er novembre 1850, est une révolutionnaire et féministe russe, connue pour son engagement dans la Commune de Paris. Fille illégitime d’un aristocrate russe et d’une infirmière allemande, elle grandit dans un milieu aisé mais marginalisée par sa condition, ce qui l’amène très tôt à s’intéresser aux idées socialistes et à la critique des hiérarchies de genre et de classe. Pour s’émanciper de sa famille et accéder à son héritage, elle contracte en 1867 un mariage blanc avec le colonel Mikhaïl Tomanovski, un partisan de l’émancipation féminine. Grâce à cette union, elle peut quitter la Russie et poursuivre ses études à Genève, où elle participe à la fondation de la section russe de la Première Internationale.

En 1870, elle rejoint Londres et se lie d’amitié avec Karl Marx, qui l’envoie à Paris en mars 1871 pour suivre les événements de la Commune. Elle y devient l’une des figures féminines les plus actives, cofondant en avril l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés, la première organisation à promouvoir spécifiquement les droits des femmes et de meilleures conditions de travail. Elle participe à la défense de Paris lors de la Semaine sanglante, soignant même le blessé Frankel sur une barricade. Après la défaite des Communards, elle fuit à Genève puis retourne en Russie, où elle est condamnée par contumace à la déportation en 1872, peine finalement commuée en 1879.

En 1877, elle épouse Ivan Davidovski, un condamné qu’elle suit en exil en Sibérie. Obligée de cacher son passé révolutionnaire, elle passe ses dernières années dans l’anonymat. La date exacte de sa mort reste incertaine, située entre 1910 et 1918. Longtemps éclipsée par d’autres figures de la Commune, son parcours a depuis inspiré de nombreux biographes. Une place à Paris et un musée dans son village natal de Volok portent aujourd’hui son nom.

spinner.loading