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1884
Événement

Enrichie par Mam'zelle Nitouche, Anna Judic se fait bâtir rue Nouvelle un petit château Renaissance

Hôtel Judic
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L'hôtel Judic, 12 rue du Cardinal-Mercier, en 2012. Vinceloo · CC BY-SA 3.0 — Wikimedia Commons

En 1884, la chanteuse d'opérette Anna Judic, enrichie par le triomphe de Mam'zelle Nitouche, s'installe rue Nouvelle, l'actuelle rue du Cardinal-Mercier, dans un hôtel qui rappelle, écrit un visiteur, « les petits châteaux du Blaisois ». Sept ans plus tard, à court d'argent, elle doit tout vendre.

Fille d'un marchand de Semur-en-Auxois, placée très jeune chez une lingère, Anne-Marie-Louise Damien entre au Conservatoire en 1865 et prend le nom de scène de son mari, Émile Judic, régisseur du café-concert l'Eldorado. En 1883, Mam'zelle Nitouche lui rapporte « plus d'un million de francs ». Le couple achète pour 48 190 francs une parcelle de 271 m² au fond d'une impasse fermée par une fontaine, et confie l'hôtel à l'architecte Jacques Drevet ; Georges Trugard sculpte la façade, Charles Champigneulle signe le vitrail du grand hall, et Georges Clairin peint au plafond de la galerie Judic dans tous ses rôles. Un ascenseur ingénieux monte les voitures des écuries du sous-sol, « comme les décors de l'Opéra ».

Émile Judic meurt en mai 1884. La loi sur les héritages impose la vente : l'hôtel est adjugé en janvier 1885, au Palais de justice, à son avoué, qui le rachète pour elle. En décembre 1891, en proie à des difficultés financières, elle vend sur place ses bijoux, ses tableaux et ses meubles, 970 numéros pour un total « décevant » de 234 900 francs, et se retire à Chatou. L'hôtel est inscrit aux monuments historiques en 1990, l'appartement sur deux niveaux classé en 1995.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.