🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos
Ernest Pichio
Ernest Pichio
Personnage

Ernest Pichio

Aussi connu sous : Picq
Naissance 9 octobre 1826 · Paris (Île-de-France), France
Décès 22 août 1893 · Paris (Île-de-France), France

Biographie

Ernest Pichio (ou Picchio), dit « Piq », est un peintre français né en 1840 dans l’ancien 1er arrondissement de Paris et mort en 1893 à l’hôtel de Sens, dans la même ville. Fils de Thérèse-Rosalie-Victoire Simonet et de Jean-Baptiste-Antoine Pichio, il débute sa carrière dans les arts industriels, exerçant comme graveur, dessinateur et chimiste, avant de diriger une fabrique de bijoux.

Vers 1860, il se tourne vers la peinture, étudiant auprès de Juan Vialle et d’Auguste Couder, et expose au Salon à partir de 1864. Opposant au Second Empire, il accueille dans son atelier une réunion républicaine avant les élections législatives de 1869. Cette même année, il peint un hommage au député Alphonse Baudin, tué lors du soulèvement républicain de 1851. Refusé au Salon de 1869, le tableau, reproduit par le photographe Pierre Petit, est interdit de diffusion par le ministère de l’Intérieur, ce qui contribue paradoxalement à sa notoriété. L’œuvre est finalement exposée au Salon de 1870, profitant de la libéralisation du régime.

Pendant le siège de Paris, Pichio est délégué du Comité de défense du 9e arrondissement, s’engageant dans la formation de bataillons de gardes nationaux et la vente à prix coûtant de denrées aux assiégés. Partisan de la Commune de Paris, il est élu membre de la commission de la Fédération des artistes en avril 1871. Durant la Semaine sanglante, il se cache avec son ami André Gill dans les caves du théâtre de Cluny.

En 1875, il souhaite exposer au Salon Le Triomphe de l’ordre, une grande toile évoquant les exactions de la répression versaillaise, mais l’œuvre est jugée trop sensible politiquement et interdite d’exposition par le directeur des Beaux-arts. Quatre ans plus tard, la diffusion de reproductions de La Veuve du fusillé, une autre œuvre consacrée à la répression de la Commune, est également censurée.

Installé successivement rue Bréda, à Billancourt puis à l’hôtel de Sens, Pichio y meurt en 1893. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, où sa tombe est ornée d’un buste en pierre sculpté par Garraud. Moins d’un an après sa mort, sa veuve décède, laissant deux orphelins recueillis par l’ancien communard Raoul Urbain.

Lieux associés

Chronologie des événements liés

Préparation d'une exposition de peinture et de sculpture, qui finalement n'aura pas lieu, par la Fédération des artistes
Voir la fiche
L'élection au suffrage universel des quarante-sept membres du Comité de la Fédération — Courbet, Corot, Daumier, Manet, Millet réunis sous les statues antiques. Depuis le 10 avril, les artistes parisiens se concertent…
Lire le récit
André Gill assiste par un soupirail à la mutilation de cadavres de Fédérés par des soldats versaillais ; cela participera certainement au déclenchement des troubles psychiques qui le conduiront à l'asile de Charenton, où il mourra
Voir la fiche
Peintre et portraitiste, dit « Piq », Ernest Pichio combat pour la Commune, puis peint Le Triomphe de l'Ordre, une scène d'exécution de communards. Il meurt à Paris le 22 août 1893 ; sa veuve meurt moins d'un an plus tard, et l'ancien communard Raoul Urbain recueille leurs deux enfants. Inhumé au cimetière de Bagneux après des funérailles civiles, il est transféré le 7 décembre 1898 au Père-Lachaise, dans la 76e division, face au Mur des Fédérés ; sa tombe portait un buste de pierre sculpté par Garraud.
Voir la fiche