François II d'Orbay


François de Troy (1645-1730) - Portrait de François d'Orbay (1634-1697), architecte de Louis XIV – Cherbourg-Octeville, Musée Thomas Henry

Le bras droit de Le Vau à Versailles, dont le nom s'est effacé derrière celui de son maître.

Il naît à Paris en 1634, dans une famille déjà dans le métier : son père, François I d'Orbay, est maître maçon et architecte, actif sur plusieurs chantiers parisiens de la première moitié du siècle. L'enfant grandit au milieu des plans, des épures, des devis. À vingt ans, il entre dans l'atelier de Louis Le Vau, premier architecte du roi — la plus grande agence de l'époque, celle qui construit Vaux-le-Vicomte pour Fouquet puis, à partir de 1661, Versailles pour Louis XIV.

D'Orbay y devient vite indispensable. Il dessine, il trace, il surveille les chantiers quand Le Vau est ailleurs. On lui doit en particulier les plans de la chapelle du château de Versailles, ceux de l'Orangerie, et une part considérable des façades côté jardin. En 1663, il accompagne Le Vau à Rome pour étudier l'architecture baroque — voyage qui marquera toute son œuvre ultérieure.

Quand Le Vau meurt brusquement en 1670, d'Orbay continue seul. Il achève le Collège des Quatre-Nations — la fondation posthume de Mazarin, future Institut de France, dont la coupole ferme majestueusement la perspective du Pont des Arts. Il achève également l'hôpital de la Salpêtrière, monumentale et austère. En province, il construit l'Hôtel de Ville de Lyon et la cathédrale de Montauban, où il introduit le vocabulaire parisien du Grand Siècle.

Membre de l'Académie royale d'architecture dès sa fondation en 1671, d'Orbay y enseigne les principes de la composition classique. Il conçoit encore, sur commande privée, la salle de la Comédie-Française rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés, inaugurée le 18 avril 1689 — première salle italienne de Paris, modèle qui fera école pendant un siècle.

Il meurt à Paris le 26 janvier 1697, à l'âge de soixante-deux ans. Son œuvre est immense, mais il a le tort historique d'avoir succédé à Le Vau et précédé Jules Hardouin-Mansart — deux noms plus éclatants qui ont longtemps masqué le sien. C'est dans les archives de Versailles et dans les tracés des bâtiments eux-mêmes que les historiens, depuis le XXe siècle, reconstituent patiemment la part qui lui revient.

France
Né à Paris en 1634, mort à Paris le 4 septembre 1697
architecte.

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