Jacques Roux


Jacques Roux

Jacques Roux est l’une des figures les plus radicales et les plus tragiques de la Révolution française. Né en 1752 à Pranzac (Angoumois), il est ordonné prêtre avant 1789, mais rompt rapidement avec l’Église institutionnelle pour se consacrer à la cause révolutionnaire et aux revendications populaires.

Installé à Paris dès les premières années de la Révolution, Roux devient un orateur influent des sections populaires et du club des Cordeliers. Il se fait le porte-parole des plus démunis, notamment des travailleurs et des sans-culottes confrontés à la cherté des denrées. Son engagement est indissociable de son combat pour le droit à l’existence, qu’il place au-dessus du droit de propriété.

Chef de file du courant des Enragés, Jacques Roux réclame la taxation stricte des produits de première nécessité, la répression des accapareurs et l’intervention directe de l’État dans l’économie. Le 25 juin 1793, il prononce devant la Convention son célèbre discours contre les « riches égoïstes », dénonçant une Révolution politique qui laisse subsister l’injustice sociale.

Cette radicalité lui vaut une hostilité croissante. Accusé de démagogie et de menacer l’unité révolutionnaire, Roux est marginalisé, exclu du club des Cordeliers, puis poursuivi par les autorités. Arrêté à l’automne 1793, il est incarcéré alors même qu’il continue de se revendiquer fidèle aux principes les plus égalitaires de 1793.

Le 10 février 1794, Jacques Roux se suicide dans sa cellule, préférant la mort à un procès qu’il juge inique. Longtemps occulté par l’historiographie dominante, il demeure l’un des premiers théoriciens d’une Révolution sociale poussée jusqu’à ses conséquences économiques. Son héritage irrigue les traditions révolutionnaires ultérieures qui placent l’égalité matérielle au cœur de l’émancipation politique.

France  
Né à Pranzac (Charente) (21 août 1752) – Mort à Bicêtre (10 février 1794)  
Prêtre constitutionnel, révolutionnaire, chef des Enragés

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