Jardin d'agronomie tropicale René-Dumont
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1 événement · 1907Le 14 mai 1907, le ministre des Colonies inaugure au jardin colonial, à la pointe est du bois de Vincennes, une exposition qui reconstitue l'Empire en six « villages ». Leurs habitants, recrutés dans les colonies, sont payés pour jouer leur propre rôle devant un à deux millions de visiteurs.
Le jardin est né en 1899. L'agronome et explorateur Jean Dybowski y crée un jardin d'essai pour coordonner les expériences sur les plantes des colonies : caféiers, bananiers, arbres à caoutchouc, cacaoyers, vanilliers. Le but est d'accroître les productions coloniales pour mieux approvisionner la métropole ; chaque année, ses serres expédient outre-mer dix mille boutures et quarante mille graines. Le jardin recueille aussi les pavillons des expositions : le kiosque de la Réunion et la serre du Dahomey de l'Exposition universelle de 1900, le pavillon du Congo et la maison cochinchinoise de l'exposition coloniale de Marseille, en 1906.
En 1907, la Société française de colonisation y organise la quatrième exposition coloniale de France, après Rouen, Rochefort et Marseille. Le ministre Raphaël Milliès-Lacroix l'inaugure le 14 mai ; le président Armand Fallières la visite le 8 juin. Six sites sont reconstitués : les villages congolais, indochinois, kanak et malgache, la ferme soudanaise et le campement touareg. On les bâtit avec leurs monuments, leurs productions et leurs habitants : des hommes et des femmes recrutés dans les colonies, transportés en France, installés dans ces décors, costumés de façon plus ou moins traditionnelle et payés pour donner le spectacle. Au campement touareg, de prétendus nomades rebelles attaquent le courrier. Le public afflue : 1,8 million de visiteurs, et la clôture, prévue le 19 septembre, est repoussée au 7 octobre. Ces exhibitions et leurs pavillons ont plus tard valu à ce genre d'exposition le nom de « zoo humain ».
Pendant la Première Guerre mondiale, les pavillons deviennent un hôpital pour les troupes coloniales, et la première mosquée de France métropolitaine y est inaugurée le 14 avril 1916 ; la Grande Mosquée de Paris la remplace après la guerre. Le jardin se couvre de monuments aux soldats des colonies morts pour la France, Malgaches, Cambodgiens et Laotiens, Indochinois chrétiens, « soldats noirs ». En 1921, il devient l'Institut d'agronomie coloniale, qui prépare la section des produits coloniaux de l'Exposition coloniale de 1931, à l'autre bout du bois.
La Ville de Paris en est propriétaire depuis 2003 ; le jardin porte le nom de l'agronome René Dumont. On y entre par l'avenue de la Belle-Gabrielle, près de la gare de Nogent-sur-Marne. Parmi les arbres redevenus sauvages subsistent les pavillons de l'Indochine, restauré en 2011, de la Tunisie, restauré en 2020 et devenu restaurant, du Maroc, très délabré, et de la Guyane ; la maison cochinchinoise a brûlé en 1984, le pavillon du Congo en 2004.