Portrait photographique par Nadar.
Juliette Adam, née Juliette Lambert le 4 octobre 1836 à Verberie (Oise) et morte le 23 août 1936 à Callian (Var), est une figure majeure de la vie intellectuelle, littéraire et politique française de la seconde moitié du XIXe siècle. Fille d’un médecin de province, elle épouse en premières noces l’avocat Alexis La Messine, puis, devenue veuve en 1867, se remarie avec Edmond Adam, avocat, député de la gauche républicaine, fondateur du Crédit foncier et préfet de police en 1870.
Dès sa jeunesse, Juliette Adam s’engage dans la défense des droits des femmes, publiant en 1858 Idées antiproudhoniennes sur l’amour, la femme et le mariage, un plaidoyer en faveur de George Sand et de Marie d’Agoult. Son salon parisien, fréquenté par Léon Gambetta, Adolphe Thiers, Victor Hugo, Gustave Flaubert, Georges Clemenceau et de nombreux autres intellectuels et hommes politiques, devient un foyer actif d’opposition à Napoléon III et un creuset républicain influent. Après la chute du Second Empire, ce cercle fournit plusieurs membres du nouveau gouvernement.
En 1879, elle fonde La Nouvelle Revue, qu’elle dirige pendant vingt ans, y publiant les premiers romans de Paul Bourget, Octave Mirbeau, Pierre Loti, Alexandre Dumas fils et Léon Daudet. Elle encourage ainsi une nouvelle génération d’écrivains. Auteure prolifique, elle signe une cinquantaine d’ouvrages — romans, mémoires, essais politiques — et des centaines d’articles, défendant une certaine idée de la France et œuvrant pour le rayonnement national, notamment en prônant une alliance avec la Russie.
Engagée dans le féminisme, elle soutient des associations comme l’Avant-Courrière, qui milite pour les droits civils des femmes. Malgré les contraintes de son époque, elle parvient à exercer une influence notable sur la vie publique, tant par ses écrits que par son action de salonnière et d’éditrice. Elle s’éloigne de Gambetta lorsqu’il accède à la présidence de la Chambre et se consacre alors davantage à la littérature.
Juliette Adam meurt à presque cent ans, laissant derrière elle l’image d’une « Grande Française », déterminée à rendre à son pays son rang en Europe.