L'Octroi est aboli en 1943 : mettant fin à la taxe en échange de l'entrée de marchandises

Inscription de l'octroi (sur une maisonnette) !!!

 Adresse inconnue - 20e arr. (porte de Bagnolet)

Attention : incertitude sur l'adresse

L'Octroi, par Henri Rousseau, vers 1890.

L'octroi avait survécu à la Révolution, à l'Empire, à six régimes différents et à deux guerres mondiales. Il fallut l'Occupation pour l'abolir.

L'octroi était la taxe prélevée sur les marchandises entrant dans Paris — farine, vin, charbon, bétail. Le mot venait du verbe « octroyer » : la ville accordait l'entrée des biens contre paiement. Cette pratique remontait au Moyen Âge. Sous l'Ancien Régime, la Ferme générale avait fait construire entre 1784 et 1787 un mur de vingt-quatre kilomètres autour de Paris pour mieux collecter la taxe — le Mur des Fermiers généraux, avec ses cinquante-cinq barrières conçues par l'architecte Ledoux. Le peuple parisien, qui payait le pain plus cher à cause de cette taxe, l'avait surnommé d'une formule : « Le mur murant Paris rend Paris murmurant. »

La Révolution abolit la Ferme générale en 1791, mais l'octroi survécut sous d'autres formes. Le mur de Ledoux fut démoli en grande partie lors de l'annexion des communes périphériques en 1860, mais la taxe continua. On construisit alors, aux nouvelles limites de Paris, de petits pavillons en brique rouge pour y percevoir les droits d'entrée. Ces bâtiments subsistent encore en plusieurs points de la ville — aux portes, aux anciennes barrières, le long des boulevards des Maréchaux.

Le 23 juillet 1943, le gouvernement de Vichy supprime l'octroi par décret. La mesure était économiquement logique dans le contexte de l'économie de guerre et de l'intégration forcée dans l'espace économique du Reich. Ce que six révolutions n'avaient pas fait, l'Occupation le fit.

Les petits pavillons rouges sont toujours là.