Léo Frankel en 1876
Léo Frankel, né le 25 février 1844 à Óbuda (aujourd’hui intégré à Budapest, Hongrie) et mort le 29 mars 1896 à Paris, est un militant syndicaliste et socialiste libertaire d’origine juive ashkénaze. Fils d’un médecin, il devient ouvrier d’art en orfèvrerie, suivant la tradition familiale. Après des séjours en Allemagne et au Royaume-Uni, il s’installe à Paris en 1867 comme ouvrier-bijoutier. Il y représente la section allemande de l’Association internationale des travailleurs (AIT) et collabore à la presse ouvrière viennoise. Arrêté en 1870 pour ses activités politiques, il est libéré à la chute du Second Empire.
Pendant la Commune de Paris (1871), Fränkel s’engage activement : élu par le 13e arrondissement, il est le seul membre étranger du Conseil de la Commune. Il est nommé délégué à la commission du Travail, de l’Industrie et de l’Échange, où il œuvre pour la syndicalisation, la réglementation du travail et le développement des coopératives. Blessé lors de la Semaine sanglante, il parvient à fuir en Suisse, puis rejoint Londres. Condamné à mort par contumace en France, il échappe à l’extradition grâce à la protection britannique. À Londres, il intègre le Conseil général de l’AIT, travaillant aux côtés de Karl Marx et Friedrich Engels, et devient responsable des relations avec l’Autriche-Hongrie.
De retour à Budapest en 1876, il fonde le Parti général des ouvriers de Hongrie (1880), rédigeant un programme socialiste réclamant la nationalisation des moyens de production. Arrêté pour ses écrits, il purge une peine de prison avant de s’exiler à Vienne, puis de revenir à Paris, où il meurt de la tuberculose en 1896. Sa vie illustre l’engagement internationaliste du mouvement ouvrier du XIXe siècle.
Sources
- Léo Frankel – Wikipédia
- FRANKEL Léo – Maitron
- Léo Frankel, un Hongrois au cœur de la Commune de Paris – Courrier d’Europe centrale