Quatre jours après le saccage des Champs-Élysées du 16 mars 2019, le gouvernement tranche : le mercredi 20 mars, en Conseil des ministres, Michel Delpuech est limogé de la préfecture de police de Paris et remplacé par Didier Lallement, alors préfet de la Nouvelle-Aquitaine. C'est la première fois depuis des décennies qu'un préfet de police est relevé de ses fonctions dans de telles conditions, en pleine crise.
Delpuech, en poste depuis juin 2017, avait déjà été fragilisé par l'affaire Benalla à l'été 2018, puis par la succession des samedis noirs des Gilets jaunes. Son approche, jugée trop prudente par l'exécutif, était devenue politiquement intenable après les images du Fouquet's en flammes. Son successeur, Didier Lallement, a au contraire une réputation de fermeté et un profil directif ; sa gestion des Gilets jaunes à Bordeaux avait été saluée dans les cercles gouvernementaux. Il prendra ses fonctions sur le perron de l'hôtel de la préfecture, quai du Marché-Neuf sur l'île de la Cité, avec une consigne simple : que plus jamais une telle scène ne se reproduise sur les Champs-Élysées.
Le samedi suivant, 23 mars, un dispositif inédit est déployé : interdiction de manifester sur les Champs-Élysées et dans plusieurs quartiers du 8e arrondissement, déploiement de militaires de l'opération Sentinelle en appui statique des forces de l'ordre, usage autorisé du chien de service pour le maintien de l'ordre. À partir de cette date, les Gilets jaunes ne parviendront plus jamais à tenir la grande avenue un samedi entier. Lallement restera en poste jusqu'en juillet 2022, marquant durablement la doctrine parisienne du maintien de l'ordre.