Il fut le premier maire de Paris élu au suffrage universel depuis que Thiers avait supprimé la mairie en 1871 ; il mourut en laissant une réputation ambivalente que la France ne sut pas trancher.
Jacques Chirac meurt le 26 septembre 2019, dans son appartement du 4 rue de Tournon, dans le 6e arrondissement. Il avait quatre-vingt-six ans.
Sa place dans l'histoire de Paris est précise : il fut, le 25 mars 1977, le premier maire de Paris élu au suffrage universel depuis la suppression de la mairie par la IIIe République en 1871. Après la Commune, Thiers avait jugé prudent d'ôter à Paris le droit d'élire son propre chef municipal : la ville avait trop de fois renversé les gouvernements qui la gouvernaient. Pendant cent six ans, Paris avait été administrée par la préfecture de la Seine. La loi du 31 décembre 1975, votée sous Valéry Giscard d'Estaing, restaura une mairie élue. Chirac fut le premier à en occuper le fauteuil. Il le conserva jusqu'en 1995, quand il accéda à la présidence de la République.
Sa présidence dura jusqu'en 2007, soit deux mandats. Elle est marquée par deux actes qui tranchent sur la tradition du gaullisme dont il se réclamait. Le 16 juillet 1995, lors de la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv, il prononça un discours reconnaissant pour la première fois officiellement la responsabilité de l'État français, et non du seul régime de Vichy, dans la déportation des Juifs de France. La formule rompt avec des décennies de déni républicain. En 2003, il refusa l'engagement de la France dans la guerre d'Irak conduite par George W. Bush et Tony Blair, opposant un veto français au Conseil de sécurité de l'ONU. Les deux actes lui valurent une popularité qui survécut à sa condamnation en 2011 pour détournement de fonds publics lors de ses mandats à la mairie de Paris.
En 2019, la France pleure un président comme elle pleure rarement un ancien chef d'État de droite : avec une tendresse qui dit moins l'approbation politique que le regret d'une époque où les adversaires se respectaient encore.