Portrait de Marceline Desbordes-Valmore de Constant-Joseph Desbordes (1761–1828).
Elle avait tout perdu plusieurs fois — des enfants, des amours, sa voix de cantatrice. Il lui resta la poésie, et elle fut la seule.
Marceline Desbordes naît en 1786 à Douai, dans une famille modeste. Elle vient à Paris chercher un emploi de comédienne et de chanteuse, perd sa voix après une maladie, perd un fils en bas âge, traverse des amours malheureuses. Elle épouse l'acteur Prosper Valmore et mène avec lui une vie de tournées et de petites salles de province. Elle publie ses premiers poèmes en 1819 : des élégies, des romances, des textes sur l'amour et la perte, d'une musicalité qui n'appartient qu'à elle.
Baudelaire la lut. Verlaine, dans Les Poètes maudits (1884), lui consacra une notice aux côtés de Rimbaud et de Corbière — seule femme du recueil — et la décrivit comme une voix à part entière de la poésie française, injustement méconnue.
Elle mourut le 23 juillet 1859, au 59 de la rue de Rivoli, à soixante-treize ans. Elle est enterrée au Père-Lachaise.
Son poème le plus connu, Les Roses de Saâdi, commence ainsi : « J'ai voulu ce matin te rapporter des roses / Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes / Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir. » Trois vers d'amour et de débordement, qui n'ont pas vieilli.