Philippe de Champaigne, portraitiste de Richelieu et peintre de Port-Royal, meurt dans le Marais

Demeure de Philippe de Champaigne

Autoportrait de Philippe de Champaigne.

Musée de Grenoble.

Il avait peint le cardinal le plus puissant de France et les religieuses les plus persécutées de son époque, et les deux portraits sont restés.

Philippe de Champaigne naquit à Bruxelles le 26 mai 1602, dans ce qui était alors les Pays-Bas espagnols. Il arriva à Paris en 1621, entra au service de Marie de Médicis, puis de Louis XIII, et devint l'un des principaux portraitistes de la cour de France. Il est mort le 12 août 1674 dans sa maison du 20 rue des Écouffes, dans le Marais.

Son nom reste attaché à deux œuvres qui semblent appartenir à deux vies différentes. La première est le portrait triple de Richelieu, conservé à la National Gallery de Londres : le cardinal y est représenté de face, de trois quarts et de profil sur une seule toile, destinée à permettre au sculpteur Bernin de tailler un buste sans voir le modèle. C'est le portrait d'un homme d'État au sommet de sa puissance. La seconde est l'Ex-voto de 1662, conservé au Louvre : deux femmes en habit de religieuses, l'une assise, l'autre agenouillée, dans un espace austère. C'est sa fille Catherine, religieuse à Port-Royal, miraculeusement guérie d'une paralysie, et la mère Agnès Arnauld qui pria avec elle.

Entre ces deux tableaux, il y a toute l'histoire d'une conversion. Champaigne avait peint Richelieu avec exactitude et fidélité. Mais la persécution de Port-Royal, communauté janseniste que les jésuites et la couronne s'acharnaient à détruire, l'avait rapproché des religieuses. Sa fille était entrée dans cet ordre. Sa foi prit la forme d'une peinture sobre, directe, sans artifice baroque : la lumière vient d'une fenêtre invisible, les vêtements tombent sans drapé théâtral.

Il avait soixante et onze ans. Ses élèves continuèrent son œuvre. L'abbaye de Port-Royal fut rasée en 1711 sur ordre de Louis XIV.