Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux, couverture, Seuil
Mort de Roland Barthes, un des principaux animateurs du post-structuralisme et de la sémiologie linguistique et photographique en France.
Roland Barthes meurt le 26 mars 1980 au 11 rue Servandoni, où il vivait depuis 1960. Il a soixante-quatre ans. Un mois plus tôt, le 25 février, il avait été renversé par une camionnette de blanchisserie rue des Écoles, en sortant d'un déjeuner chez Jack Lang. Il n'avait pas repris connaissance.
La mort est absurde — et Barthes aurait sans doute trouvé quelque chose à en dire. L'homme qui avait écrit La Mort de l'auteur mourait écrasé par une camionnette, après un déjeuner politique, dans le Paris des années Giscard. Il avait passé sa vie à lire les signes de la culture — les luttes de catch, les voitures Citroën, les photos de presse, le visage de Greta Garbo — et à montrer ce qu'ils dissimulaient.
Ses livres avaient fait de lui l'une des figures intellectuelles les plus influentes de sa génération : Mythologies (1957), démontage ironique des idéologies quotidiennes ; S/Z (1970), analyse phrase par phrase d'une nouvelle de Balzac ; Roland Barthes par Roland Barthes (1975), autobiographie qui se démonte elle-même ; La Chambre claire (1980), méditation sur la photographie et le deuil, publiée quelques semaines avant l'accident.
Ce dernier livre, écrit après la mort de sa mère, est peut-être le plus personnel — et le plus lu aujourd'hui. Il y cherche dans une vieille photographie d'enfance ce qu'il appelle le punctum : le détail qui perce, qui touche, qui fait mal.
Il est enterré au cimetière d'Urt, dans les Pyrénées-Atlantiques, où il était né.