Mort de Simone Veil au 15 place Vauban, survivante d'Auschwitz et auteure de la loi sur l'IVG

Demeure de Simone Veil

Mme Simone Veil préside une séance du Parlement européen à Strasbourg le 12 octobre 1979 au Palais de l’Europe.

Le registre de l'état civil du 7e arrondissement, le 30 juin 2017, porte un nom entré dans l'histoire quarante-deux ans plus tôt.

Simone Veil naît le 13 juillet 1927 à Nice, dans une famille de la bourgeoisie juive française. Elle a seize ans quand, en mars 1944, elle est arrêtée avec sa mère et sa sœur, déportée à Auschwitz-Birkenau, tatouée du numéro 78651, puis transférée à Bergen-Belsen. Sa mère meurt du typhus en avril 1945, quelques jours avant la libération du camp.

Elle rentre à Paris. Elle fait ses études de droit, épouse Antoine Veil en 1946, entre à la magistrature. Pendant vingt ans, elle est l'une des réformatrices discrètes de la Justice française — notamment comme secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature.

En juillet 1974, Valéry Giscard d'Estaing la nomme ministre de la Santé. Elle a quarante-six ans. Il lui confie une mission politiquement explosive : faire adopter une loi dépénalisant l'avortement.

La discussion à l'Assemblée nationale s'ouvre le 26 novembre 1974. Simone Veil sait ce qui l'attend. Des parlementaires qui n'ignorent pas qu'elle a survécu à Auschwitz n'hésiteront pas à user de comparaisons avec l'extermination nazie. Elle défend la loi sur plusieurs séances, avec une froideur qui est une forme de courage. Elle dit qu'elle parle « au nom de toutes les femmes » et qu'elle ne juge personne. La loi est adoptée le 17 janvier 1975 à 284 voix contre 189.

Elle siège ensuite au Parlement européen, dont elle préside la première législature directement élue au suffrage universel (1979-1982). Elle entre au Conseil constitutionnel en 1998. À l'Académie française en 2008, fauteuil 13.

Le 30 juin 2017, elle meurt à son domicile, au 15 place Vauban, dans le 7e arrondissement, à quatre-vingt-neuf ans. La place donne sur l'esplanade des Invalides, à quelques pas du tombeau de Napoléon.

Le 1er octobre 2018, ses cendres entrèrent au Panthéon — avec celles d'Antoine, mort en 2013. Au fronton du monument, depuis l'Empire, on peut lire : « À ses grands hommes, la Patrie reconnaissante. »

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