Mort du peintre et sculpteur allemand Max Ernst, naturalisé américain en 1948, puis français en 1958, dadaïste et surréaliste.
Max Ernst meurt le 1er avril 1976 au 19 rue de Lille, à quatre-vingt-quatre ans, le lendemain de son anniversaire. Il avait dit qu'il voulait mourir un jour de poisson d'avril. Il fut exaucé.
Sa vie avait été aussi impossible que ses tableaux. Né en Allemagne en 1891, combattant de 14-18 malgré lui, il émerge de la guerre convaincu que la civilisation bourgeoise qui avait organisé ce carnage ne mérite aucun respect. Il cofonde Dada à Cologne, puis rejoint le surréalisme à Paris au milieu des années 1920. Ses techniques — le frottage, le grattage, le collage — inventent des images que le cerveau reconnaît sans pouvoir les nommer : forêts pétrifiées, oiseaux-hommes, paysages d'une autre planète.
En 1939, il est interné comme "ressortissant ennemi" par la France — l'Allemand antinazi emprisonné par le pays qui l'avait accueilli. Libéré grâce à Paul Éluard, il est arrêté à nouveau après l'armistice, cette fois par les nazis. Il s'échappe, gagne les États-Unis avec l'aide de Peggy Guggenheim, qu'il épousera brièvement. À New York, il contribue à former toute une génération d'expressionnistes abstraits américains.
Il revient en Europe dans les années 1950, s'installe définitivement à Paris en 1962. La France finit par le naturaliser en 1958 — vingt ans après l'avoir mis en cage.
Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise. Son oiseau fétiche, Loplop, veille encore sur son œuvre.![[Max Ernst, Dimitriscu Istrati, 1848, Wikimedia|Ernst Max, Dimitriscu Istrati, 1848, Wikimedia.jpeg]]
Max Ernst, Dimitriscu Istrati, 1948, Wikimedia