Face au Paris de la collaboration, il y eut l'autre Paris — clandestin, obstiné, minoritaire d'abord, puis grandissant. Dès 1940, des femmes et des hommes refusent la défaite et l'occupant, et font de la ville un champ de bataille invisible.
La Résistance parisienne est d'abord une affaire de réseaux. Des services centraux s'organisent dans le 3e ; le « Travail allemand » — dont le jeune Gerhard Leo, fils d'un libraire du Marais — noyaute les troupes d'occupation ; un réseau de renseignement du PCF travaille en liaison avec Londres. On surveille, on informe, on prépare.
Résister, c'est fabriquer. Dans le 3e, des filières produisent faux papiers et tickets de rationnement — Odette Pilpoul, Jacques Bidaut, qui le paieront de la déportation (Bidaut mourra à Neuengamme en 1944). Des imprimeries clandestines sortent la presse interdite, nerf de la guerre des idées.
Résister, c'est aussi frapper. Les Bataillons de la Jeunesse et l'Organisation spéciale attaquent des locaux de la Wehrmacht ; en septembre 1942, une bombe explose au Grand Rex, cinéma réservé aux soldats allemands — 46 otages seront fusillés en représailles. Un futur dirigeant syndical, Henri Krasucki, échappe alors de justesse aux filatures de la police française.
De ces gestes dispersés naîtra, en août 1944, l'insurrection qui libère Paris. Les rues du 2e, du 3e et du 18e gardent la mémoire de ces points de chute, imprimeries et guet-apens — le Paris qui a dit non.
Sources
- Résistance intérieure française, Wikipédia
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