Sophie Blanchard, née Marie Madeleine Sophie Armant en 1778 près de La Rochelle, s’impose comme une pionnière de l’aérostation au tournant du XIXe siècle. Après avoir épousé en 1804 le célèbre aéronaute Jean-Pierre Blanchard, elle s’initie au vol en ballon, puis poursuit seule ses ascensions à la mort de son mari en 1809, devenant la première femme aéronaute professionnelle et la première à piloter son propre aéronef.
Célèbre dans toute l’Europe, elle effectue plus de 60 ascensions et séduit les foules à Paris et en province par ses démonstrations spectaculaires, souvent réalisées de nuit ou accompagnées de feux d’artifice. Napoléon Bonaparte la nomme « aéronaute des fêtes officielles », puis Louis XVIII lui accorde le titre d’« aéronaute officielle de la Restauration ». Sophie Blanchard doit sa renommée à son audace et à sa capacité à braver les dangers du ciel : pertes de conscience, températures extrêmes et atterrissages périlleux jalonnent sa carrière.
Tragiquement, c’est au cours d’un envol nocturne au-dessus des jardins de Tivoli à Paris, le 6 juillet 1819, que Sophie Blanchard trouve la mort : un feu d’artifice allumé en plein vol embrase son ballon et provoque sa chute fatale, faisant d’elle la première femme victime d’un accident aérien. Son nom reste synonyme, à Paris et dans l’histoire de l’aviation, de témérité, de passion pour l’innovation et d’audace féminine à l’époque des grandes découvertes.