1 rue Cabanis
Toponymie — rue Cabanis
Événements à cette adresse
5 événements · 1867 — 1942Le 1er janvier 1867, l'« asile clinique » Sainte-Anne est inauguré sur l'ancienne ferme où l'on faisait travailler les aliénés de Bicêtre. Napoléon III l'a voulu, Haussmann l'a mené, Charles-Auguste Questel l'a bâti, chapelle comprise.
Le lieu a déjà une longue histoire. La régente Anne d'Autriche, qui vient de bâtir le Val-de-Grâce, n'aime pas le voisinage des contagieux : en 1651, elle les envoie hors de la ville, sur le chemin de Gentilly, dans un hôpital qui prend le nom de sa sainte patronne. Peu utilisé, l'établissement devient une ferme. En 1833, Guillaume Ferrus, médecin chef de Bicêtre, y envoie travailler les convalescents de ses « quartiers des insensés ». En 1863, Napoléon III décide d'y créer l'asile de Paris, à la fois lieu de soins, de recherche et d'enseignement ; le préfet Haussmann, qui a fait bâtir dans l'Yonne un asile modèle, en est chargé.
Architecte des bâtiments civils, membre de la Commission des monuments historiques, Charles-Auguste Questel dispose de 13 hectares. Il trace un grand axe nord-sud, avec une allée d'honneur qui facilite les convois vers les asiles de banlieue, et range autour les pavillons des malades, les services généraux du pavillon de l'Horloge, l'administration et la chapelle, bâtie de 1867 à 1869 en croix grecque, avec un chœur hexagonal. Les premiers bâtiments réemploient des matériaux des démolitions d'Haussmann. Les jardins doivent, selon les principes aliénistes du temps, distraire les malades, et pourraient être cultivés ; un mur de moellons de cinq mètres ferme le tout.
Pendant le siège et la Commune, 473 malades meurent de faim à Sainte-Anne. Maurice Utrillo y soigne son alcoolisme, Antonin Artaud y est hospitalisé ; en 1942, le résistant André Postel-Vinay s'en évade après avoir simulé la folie. En 1922, le psychiatre Édouard Toulouse y ouvre un « service libre », où l'on soigne sans interner. En 1952, Jean Delay et Pierre Deniker y étudient les effets neuroleptiques de la chlorpromazine. La chapelle accueille aujourd'hui des étudiants et les bureaux du musée d'art et d'histoire de l'hôpital, qui conserve des œuvres de patients.