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12
Rue Chabanais
Adresse

12 rue Chabanais

📍 12 rue Chabanais, 75002 Paris 📋 2 événements répertorié s 📅 1940 — 1946

Toponymie — rue Chabanais

rue Chabanais
Ouverte par le marquis de Chabanais sur les terrains de l'Hôtel de Saint-Pouanges.
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Événements à cette adresse

2 événements · 1940 — 1946
Maison de tolérance "le Chabanais" (de 1878)
En 1878, Alexandrine Joannet, née en Irlande et connue sous le nom de Madame Kelly, ouvre au 12 rue Chabanais, près du Palais-Royal, une maison close de luxe. Liée à plusieurs membres du Jockey-Club, elle vend des parts…

En 1878, Alexandrine Joannet, née en Irlande et connue sous le nom de Madame Kelly, ouvre au 12 rue Chabanais, près du Palais-Royal, une maison close de luxe. Liée à plusieurs membres du Jockey-Club, elle vend des parts de l'affaire, qui rapporte, à de riches investisseurs restés anonymes. L'aménagement coûte 1,7 million de francs en 1880. Madame Kelly meurt en 1899 ; le Chabanais fonctionne jusqu'en 1946.

Le décor fait sa réputation. L'entrée figure une grotte de pierre nue ; les chambres déclinent les styles : mauresque, hindoue, japonaise, pompéienne, médiévale, Louis XV, Louis XVI, Directoire, Napoléon III. La chambre japonaise est primée à l'Exposition universelle de 1900, et Guy de Maupassant fait copier la mauresque dans sa maison du bord de mer. Le prince de Galles, futur Édouard VII, a sa chambre, ses armes au-dessus du lit, une baignoire de cuivre qu'il remplit de champagne et un « siège d'amour » conçu pour plusieurs partenaires, œuvre de l'ébéniste Louis Soubrier, du faubourg Saint-Antoine.

La maison est une étape pour les hôtes de marque de la Belle Époque. Le 6 mai 1889, jour d'ouverture de l'Exposition universelle, ministres et ambassadeurs étrangers y passent la soirée ; le programme officiel parle d'une « visite au président du Sénat ». Sont aussi passés rue Chabanais le roi Charles Ier de Portugal, Jagatjit Singh, maharadja de Kapurthala, l'écrivain Pierre Louÿs, Henri de Toulouse-Lautrec, qui peint seize tableaux pour la maison, Salvador Dalí, le cinéaste Sergueï Eisenstein, Ian Roudzoutak, membre du Politburo soviétique, l'acteur du muet Roscoe Arbuckle, Cary Grant, Humphrey Bogart, Mae West et Marlene Dietrich, venue au bras d'Erich Maria Remarque.

Le Chabanais emploie de vingt à trente-cinq pensionnaires, choisies avec soin. Les actionnaires restent anonymes ; sur les portraits pris vers 1900 que conserve le musée Carnavalet, les femmes n'ont qu'un prénom : Mlle Irma, Mlle Andréa, Mlle Margot. Comme toute maison de tolérance, il relève de la prostitution réglementée : la brigade des mœurs inscrit « à numéro » les filles des maisons closes, soumises à la visite médicale (voir Saint-Lazare). En 2015, Nicole Canet publie une centaine de rapports de police sur la maison, tirés des archives de la préfecture.

Dépassé au milieu des années 1920 par le One-Two-Two, le Chabanais est réquisitionné en 1940 : sous l'Occupation, il est réservé aux officiers allemands et aux Français qui collaborent. Hermann Göring y serait venu, selon Patrick Buisson (1940-1945 Années érotiques, 2009).

Élue en 1945 au conseil municipal de Paris dans le 4e arrondissement, Marthe Richard demande le 13 décembre la fermeture des maisons closes. Le préfet de police Charles Luizet ordonne de fermer celles de la Seine au plus tard le 15 mars 1946 ; la loi du 13 avril 1946 étend la mesure à toute la France. Quelque 1 400 maisons ferment, dont 195 à Paris, et leurs tenanciers perdent leur autorisation sans indemnité. Marthe Richard veille à ce que la loi supprime aussi le fichier national de la prostitution, où elle-même, prostituée dans sa jeunesse, figure encore. Le texte prévoit des centres d'accueil et de reclassement ; beaucoup de femmes, démunies et désormais sans statut, continuent dans la clandestinité.

Le 8 mai 1951, Maurice Rheims disperse le mobilier aux enchères. Un antiquaire de la rue Jacob emporte la baignoire d'Édouard VII pour 110 500 francs ; elle sert ensuite de réclame à un fabricant de meubles du boulevard Montmartre, avant que des admirateurs de Dalí la lui offrent en 1972 pour sa chambre de l'hôtel Meurice. De la maison, il reste deux portes et la rampe en fer forgé de l'escalier.

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12 rue Chabanais — 2e arr.
Maison de tolérance "le Chabanais" (de 1878)
Maison close réservée aux officiers allemands, et en particulier aux SS
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Personnage(s) : Édouard Jalabert ·Mlle Marthe
12 rue Chabanais — 2e arr.
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