En 1834, Louis-Pierre Baltard, architecte des prisons, achève à Saint-Lazare une chapelle neuve et une « infirmerie spéciale », où l'on soignera derrière les murs les prostituées atteintes de maladies vénériennes. De la prison des femmes, démolie au XXe siècle, ce sont les seuls bâtiments restés debout ; l'infirmerie est aujourd'hui la médiathèque Françoise-Sagan.
L'enclos Saint-Lazare a été léproserie au XIIe siècle, puis maison-mère des Lazaristes de Vincent de Paul en 1632. Le peuple le pille le 13 juillet 1789 ; sous la Terreur, il devient prison, et André Chénier y attend l'échafaud. Cédé au département de la Seine en 1811, c'est la prison des femmes. En 1823, l'ancienne église, qui menace ruine, est démolie ; l'administration pénitentiaire réorganise le tout, rase vers 1824 le vieil édifice de la prison, élève des murs et un chemin de ronde. Le préfet de la Seine, le comte de Chabrol, confie la chapelle et l'infirmerie à Louis-Pierre Baltard.
Graveur devenu architecte, père de Victor Baltard, Louis-Pierre Baltard est l'architecte du Panthéon et des prisons ; il a théorisé l'architecture carcérale dans son Architectonographie des prisons. Sa chapelle se dresse aujourd'hui au fond du square Alban-Satragne. L'infirmerie spéciale ouvre en 1836 pour les détenues atteintes de syphilis et d'autres maladies vénériennes.
Saint-Lazare est un « hôpital-prison ». Depuis 1802, la visite médicale des prostituées est obligatoire ; la brigade des mœurs tient les filles des rues « en carte » et celles des maisons closes « à numéro ». Les « insoumises » sont internées dans la deuxième section de Saint-Lazare, sur simple avis médical, jusqu'à la loi Marthe Richard de 1946. En 1837, 11 063 femmes et jeunes filles passent par la prison ; vers 1857, elle en renferme quelque 1 300, gardées depuis 1838 par des religieuses, les sœurs de Marie-Joseph. La militante socialiste Louise Saumoneau y est enfermée en 1915, Mata Hari en 1917.
Jugée insalubre, la prison est démolie au XXe siècle ; l'architecte Gaston Lefol restaure en 1931 les bâtiments de Baltard et en élève d'autres, de brique et de pierre, de part et d'autre de la chapelle. L'infirmerie devient maison de santé, puis hôpital Saint-Lazare, rattaché à Lariboisière. En 1975 seulement ferme le service où la police conduisait encore les prostituées après les rafles ; l'hôpital ferme fin 1998. L'infirmerie et la chapelle sont inscrites aux monuments historiques en 2005. La médiathèque Françoise-Sagan, des architectes Stéphane Bigoni et Antoine Mortemard, ouvre le 16 mai 2015 : de l'infirmerie, elle n'a gardé que la façade, la galerie et les deux escaliers.
Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.