🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos

Au cœur de la montagne Sainte-Geneviève, le 23 rue Clovis recèle l'une des strates les plus denses de Paris : l'ancienne abbaye Sainte-Geneviève, dont il ne subsiste aujourd'hui qu'une haute tour romane plantée dans la cour du lycée Henri IV. C'est ici que reposaient, dit-on, Clovis Ier, Clotilde et Geneviève elle-même, au pied de cette tour qui porte encore le nom du roi franc. La rue Clovis, percée en 1804 sur l'emplacement même de l'église abbatiale, a littéralement traversé les murs du sanctuaire.

Mais c'est sous le Directoire que le lieu explose dans l'histoire politique. Dès 1795, le réfectoire de l'abbaye désaffectée accueille le Club du Panthéon — dit aussi club des Panthéonistes —, bouillonnante assemblée d'« Amis de la République » où se croisent Gracchus Babeuf, Philippe Buonarroti, Sylvain Maréchal, Félix Lepeletier de Saint-Fargeau et Jean-Baptiste Drouet. Le club devient vite la matrice de la future Conjuration des Égaux : dans un cabinet discret au milieu du jardin, prêté par un certain Cardinaux, le comité initiateur se réunit en secret. L'aventure tourne court : le 9 ventôse an IV (27 février 1796), le général Bonaparte fait fermer le club d'autorité.

Le bâtiment renaît en école, puis en lycée. Sous le nom d'École centrale du Panthéon, il forme des générations d'esprits : Haussmann, Viollet-le-Duc, Alfred de Musset, Eugène Scribe y étudient. Plus tard, interne en 1922, le jeune Jean-Paul Sartre s'y lie à Paul Nizan ; en 1928, le philosophe Alain y enseigne à Simone Weil en khâgne. Durant l'Occupation, un groupe de résistants baptisé « Volontaires de la liberté » transmet depuis ces murs les résultats des bombardements alliés à Londres.

Noms successifs du lieu
  • Monarchie franque Abbaye Sainte-Geneviève : fondation royale, tombes de Clovis, Clotilde et Geneviève au pied de la tour
  • 1795 — 1796 Réfectoire et caveaux de l'abbaye désaffectée : siège du Club du Panthéon, puis foyer secret de la Conjuration des Égaux
  • 1796 École centrale du Panthéon
  • Début XIXe siècle Lycée Napoléon (rencontre d'Olinde Rodrigues et de Prosper Enfantin, futurs saint-simoniens)
  • 1870 — 1871 Collège puis Lycée Henri IV : atelier de confection de vareuses pour la Garde nationale
  • 1922 — aujourd'hui Lycée Henri IV : institution d'élite, classes préparatoires, khâgne d'Alain et de Simone Weil
Toponymie — rue Clovis
rue Clovis
Clovis Ier (465-511), roi des Francs ; voisinage de l'ancienne abbaye Sainte-Geneviève.
Voir la fiche complète de la voie →
Événements à cette adresse
12 événements · 1795 — 1942
Lycée Henri IV/Tour Clovis (poste d'observation des bombardements alliés)
Résultat des bombardements alliés communiqués à Londres par un groupe Résistant dits Volontaires de la liberté
Lire la fiche →
Personnage(s) : Claude Hallouin ·Jacques Oudin
23 rue Clovis — 5e arr.
23 rue Clovis — 5e arr.
23 rue Clovis — 5e arr.
23 rue Clovis — 5e arr.
École centrale du Panthéon/Lycée Napoléon (en 1804)/Lycée Henri IV
Lire la fiche →
23 rue Clovis — 5e arr.
Réfectoire de l'abbaye Ste Geneviève (puis dans un des caveaux)/Club du Panthéon
Ouverture du club du Panthéon, dit aussi club des Panthéonistes, foyer de la future Conjuration des Égaux
Lire la fiche →
23 rue Clovis — 5e arr.
23 rue Clovis — 5e arr.
Lycée Napoléon/Lycée Henri IV
Olinde Rodrigues fait la connaissance de Prosper Enfantin, tous deux futurs saint-simoniens
Lire la fiche →
23 rue Clovis — 5e arr.
Aujourd'hui

Le lycée Henri IV occupe toujours le site. Dans sa cour se dresse la tour Clovis, vestige roman de l'abbaye mérovingienne, classée monument historique. Le lycée reste l'une des classes préparatoires les plus réputées de France. La rue Clovis, percée à travers l'ancienne église, longe encore les murs de l'établissement.

N° précédent · rue Clovis 7 rue Clovis