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231
Rue Saint Honoré
Adresse

231 rue Saint Honoré

anciennement : 343 rue St Honoré
📍 231 rue Saint Honoré, 75001 Paris 📋 3 événements répertorié s 📅 1792

Toponymie — rue Saint-Honoré

rue Saint-Honoré
Dû à l'ancienne église collégiale de Saint-Honoré située autrefois dans le cloître Saint-Honoré.
Anciens noms : rue de la Chausseterie · chemin de Clichy · grand chemin Saint-Honoré · grand'rue Saint-Louis · rue de la Chaussée Saint-Honoré · rue du Chastiau Festu · grand chemin de la Porte Saint-Honoré · nouvelle rue Saint-Louis · chemin Royal · chaussée Saint-Honoré · grande rue du Faubourg Saint-Honoré · rue du Château Fétu · rue Neuve Saint-Honoré
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Événements à cette adresse

3 événements · 1792
Demeure d'Adrien Lamourette
En ce juillet 1792, avec les armées ennemies aux frontières et la patrie sur le point d'être déclarée en danger, l'évêque Lamourette trouva le seul remède que les partis n'avaient pas encore essayé : s'embrasser. Le 7…

En ce juillet 1792, avec les armées ennemies aux frontières et la patrie sur le point d'être déclarée en danger, l'évêque Lamourette trouva le seul remède que les partis n'avaient pas encore essayé : s'embrasser.

Le 7 juillet 1792, la Salle du Manège est le théâtre d'une séance âpre. L'Assemblée législative débat de la « patrie en danger » : la France est en guerre contre l'Autriche depuis avril, la Prusse vient de rejoindre la coalition, les armées ennemies progressent vers le nord et l'est. À l'intérieur, le roi Louis XVI a mis son veto aux décrets contre les prêtres réfractaires et sur le camp de fédérés. L'Assemblée est minée par la méfiance entre Feuillants, partisans de la Constitution de 1791, et Girondins qui poussent vers la déchéance royale. Les accusations mutuelles paralysent les débats depuis des semaines.

Antoine-Adrien Lamourette se lève. Né à Frévent dans le Pas-de-Calais, fils d'artisans modestes, ordonné lazariste, il est devenu en 1791 l'un des premiers évêques constitutionnels — l'évêque de Rhône-et-Loire — et cumule cette fonction avec son mandat de député. Proche collaborateur de Mirabeau, mort depuis un an, il a souvent nourri l'argumentation du grand orateur sans jamais la porter lui-même à la tribune : « J'ai rarement parlé à la tribune, dit-il, mais de grands patriotes y ont souvent prononcé ce que j'avais conçu et écrit. »

Ce soir, il parle. Il affirme que la désunion de l'Assemblée est la source de tous les malheurs de la Nation. Avec une ardeur extraordinaire, il appelle à la fraternité et propose que les députés s'embrassent en signe de réconciliation.

La proposition fait son effet. L'Assemblée est traversée d'enthousiasme. Les membres des partis les plus hostiles se jettent dans les bras les uns des autres. Condorcet et Pastoret, qui s'étaient affrontés durement la veille par journaux interposés, se tiennent embrassés. Brissot, qui se préparait à intervenir, doit suspendre et réécrire son discours en catastrophe pour ne pas se retrouver en opposition frontale avec l'ambiance du moment.

L'expression exacte du discours de Lamourette éclaire pourtant ce qu'il proposait vraiment. Il demande à l'Assemblée de condamner « par un serment irrévocable » à la fois la République et les Deux Chambres — les deux chimères qui, selon lui, alimentent la contre-révolution en divisant les partis. Ce n'est pas la fraternité abstraite qu'il invoque : c'est la défense de la Constitution de 1791 qu'il veut, et c'est à cette bannière précise qu'il tente d'unir une Assemblée en train de se déchirer.

Jean Jaurès, dans son Histoire socialiste de la Révolution française, est impitoyable : « une effusion sentimentale qui n'était pas sans arrière-pensée. » Et il constate que dès le lendemain, les participants de ce moment si particulier en parlaient « d'un ton railleur ». Adolphe Thiers préfère y voir une sincérité momentanée : « Ce fait prouve que la méfiance et la crainte produisaient toutes les haines, qu'un moment de confiance les faisait disparaître. »

Le mot est entré dans la langue. Un « baiser Lamourette » désigne désormais toute réconciliation brève et sans lendemain, toute accolade entre adversaires qui reprennent leurs querelles sitôt le rideau retombé.

Lamourette, lui, proteste contre les massacres de Septembre 1792, se lie aux Girondins et soutient la révolte fédéraliste de Lyon. Il est arrêté en 1793, transféré à Paris et jugé par le Tribunal révolutionnaire. Il est guillotiné en janvier 1794. Ceux qu'il avait vus tomber dans les bras les uns des autres ce soir du 7 juillet avaient, entre-temps, voté la mort du roi.

Emplacement : lieu disparu
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Personnage(s) : Adrien Lamourette
231 rue Saint Honoré — 1er arr.
231 rue Saint Honoré — 1er arr.
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