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Au cœur du Quartier latin, rue des Prêtres-Saint-Séverin, l'église Saint-Séverin est l'une des plus anciennes et des plus belles de Paris. Son histoire commence au VIe siècle : vers 550, un ermite du nom de Séverin d'Agaune recueille ici un enfant royal en danger — Clodoald, petit-fils de Clovis, dont les frères viennent d'être assassinés par leurs oncles. L'oratoire qui s'élève sur ce souvenir deviendra, au fil des siècles, une grande église gothique flamboyant, enrichie au XIIIe siècle du porche arraché à l'église Saint-Pierre-aux-Bœufs lors de sa démolition.

La vie tumultueuse de Paris se lit dans ses pierres. En 1412, sous Charles VI, l'église se dote d'une des plus vieilles cloches de la capitale, celle-là même qui sonnait le couvre-feu pour les écoliers du quartier. En 1528, des huguenots brisent une statue vénérée depuis plus d'un siècle. Puis viennent les guerres de Religion : en 1587, Saint-Séverin est un bastion de la Sainte Ligue, son curé aux côtés du bouillant Jean Bussy-Leclerc — c'est la fameuse « Heureuse journée de Saint-Séverin », qui se solde par l'emprisonnement de trois prédicateurs. La Révolution ne ménage pas l'édifice : de 1794 à 1802, il sert de magasin à fourrage, puis de dépôt de salpêtre et de poudre. Sous la Commune de 1871, l'église abrite un club révolutionnaire animé par Jean Trohel. En 1941, le père Michel Riquet y prononce des prêches ouvertement patriotiques sous l'Occupation.

La gloire musicale de Saint-Séverin n'est pas moindre : son orgue, mis en place en 1745, suscite l'admiration de Gabriel Fauré et de Camille Saint-Saëns. Dans les profondeurs de la nef, un détail saisit les curieux : un petit puits sans margelle, encore en eau à sept mètres de fond, vestige silencieux de la vie du quartier avant que l'église ne recouvre ce sol chargé d'histoire.

Noms successifs du lieu

  • VIe siècle Oratoire fondé autour de l'ermite Séverin d'Agaune
  • XIIIe siècle Reconstruction gothique ; intégration du porche de Saint-Pierre-aux-Bœufs
  • 1587 Bastion de la Sainte Ligue – « Heureuse journée de Saint-Séverin »
  • 1794 — 1802 Réaffectée en magasin de fourrage puis dépôt de salpêtre et de poudre
  • 1871 Club révolutionnaire pendant la Commune de Paris
  • Depuis 1802 Église paroissiale Saint-Séverin, active et ouverte au culte

Toponymie — rue des Prêtres Saint-Séverin

rue des Prêtres Saint-Séverin
Habitée par les prêtres de l'église Saint-Séverin.
Anciens noms : ruelle de l'Archiprêtre · ruelle Devant Saint-Séverin · petite rue, petie ruelle Saint-Séverin · ruelle au Prêtre
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Événements à cette adresse

12 événements · 530 — 1941
3 rue des Prêtres Saint Séverin — 5e arr.
Église St Séverin — Réunions du Club de l'église Séverin
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Personnage(s) : Jean Trohel
3 rue des Prêtres Saint Séverin — 5e arr.
3 rue des Prêtres Saint Séverin — 5e arr.
3 rue des Prêtres Saint Séverin — 5e arr.
3 rue des Prêtres Saint Séverin — 5e arr.
Église St Séverin — Statue de St Séverin
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Personnage(s) : François 1er
3 rue des Prêtres Saint Séverin — 5e arr.
3 rue des Prêtres Saint Séverin — 5e arr.
Porche de l'église St Séverin
Porche de St Pierre aux bœufs transféré à St Séverin après sa démolition
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3 rue des Prêtres Saint Séverin — 5e arr.
Église St Séverin
Ses oncles ont tué ses deux frères pour se partager leur royaume. Le plus jeune, Clodoald, en réchappe, renonce au trône et vient se mettre à l’école d’un ermite, aux portes de Paris. En 511, à la mort de Clovis, ses…

Ses oncles ont tué ses deux frères pour se partager leur royaume. Le plus jeune, Clodoald, en réchappe, renonce au trône et vient se mettre à l’école d’un ermite, aux portes de Paris.

En 511, à la mort de Clovis, ses quatre fils se partagent le royaume. L’un d’eux, Clodomir, roi à Orléans, est tué en 524 à la bataille de Vézeronce, contre les Burgondes. Il laisse trois garçons, Thibaut, Gonthier et Clodoald, le cadet, né vers 522. Leur grand-mère, la reine Clotilde, veuve de Clovis, les recueille et les élève dans la foi chrétienne, en attendant qu’ils soient en âge de se partager les terres de leur père.

Leurs oncles ne l’entendent pas ainsi. Childebert, roi à Paris, et Clotaire, roi à Soissons, convoitent l’héritage. Vers 525, selon un récit, ils font demander à Clotilde de leur envoyer les enfants, pour qu’ils soient proclamés successeurs de leur père ; elle les habille de leurs plus beaux vêtements et les laisse partir. Une autre version rapporte le choix qu’ils lui soumettent : chez les Francs, les cheveux longs sont le signe de la royauté ; faut-il tondre les enfants, ou les tuer ? Elle aurait répondu qu’elle préférait les voir morts que tondus. Gonthier est tué le premier ; Thibaut se jette aux pieds de Childebert, qui hésite, mais Clotaire lui rappelle que l’idée venait de lui. Les deux aînés, âgés de dix et sept ans, sont mis à mort.

Seul Clodoald en réchappe, sauvé par « le secours de braves guerriers », écrit Grégoire de Tours. On le cache dans un monastère, où il échappe aux recherches de ses oncles. Quelques années plus tard, il se coupe lui-même les cheveux, renonçant à tout droit au trône, distribue aux églises et aux pauvres les biens qu’on n’a pu lui prendre, et vient se placer auprès d’un saint homme, Séverin, qui vit enfermé dans une cellule, au bord de la Seine, aux portes de Paris. Son exemple attire de nombreux Parisiens, qui se font ses disciples. Le petit-fils de Clovis devient l’un d’eux et reçoit de ses mains l’habit religieux.

À vingt ans, Clodoald se présente devant l’évêque de Paris, entouré de clercs, de notables et de membres de la famille royale ; l’évêque coupe ses longs cheveux de prince. Ses oncles savent qui il est, mais, le voyant sans ambition, ils le laissent en paix et lui donnent même de quoi vivre. Après la mort de Séverin, vers 540, le jeune homme part pour la Provence, puis revient ; l’évêque Eusèbe l’ordonne prêtre vers 551. Fuyant les honneurs, il se retire sur une colline au bord de la Seine, à deux lieues en aval de Paris, au lieu-dit Novigentum, et y fonde un monastère. Il y meurt le 7 septembre 560, à trente-huit ans. Honoré comme saint — c’est le premier prince franc à recevoir un culte public —, il donne son nom au village : Saint-Cloud.

L’ermitage de Séverin, lui, est devenu une église. L’ermite a été enterré sur le lieu même de sa retraite, et c’est là que s’élève aujourd’hui l’église Saint-Séverin, au cœur du Quartier latin, à deux pas de la Seine : c’est entre ces murs, ou presque, que le dernier fils de Clodomir avait trouvé refuge.

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Personnage(s) : Séverin de Paris ·Clodoald ·Clovis 1er
3 rue des Prêtres Saint Séverin — 5e arr.
Église St Séverin — Puits
Petit puits sans margelle dans l'église St Séverin ; encore en eau, à 7 mètres de profondeur
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3 rue des Prêtres Saint Séverin — 5e arr.

Aujourd'hui

Saint-Séverin est aujourd'hui une paroisse catholique très vivante, appréciée pour son architecture gothique flamboyant exceptionnellement préservée, son déambulatoire aux colonnes torsadées — unique à Paris — et son orgue historique. Elle accueille régulièrement des concerts et des offices, et reste l'un des édifices médiévaux les plus visités du Quartier latin.

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