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Au 32 de la rue Richer, dans ce quartier de plaisirs et de spectacles qui s'étend entre les grands boulevards et le faubourg Montmartre, les Folies Bergère ouvrent leurs portes en 1869 sous l'impulsion de Léon Sari et Albert Boislève : c'est le premier music-hall de France, à une époque où le genre n'a pas encore de nom. On y vient chanter, boire, se montrer, dans une atmosphère qui mélange allègrement l'artistique et le populaire.

Mais la salle ne se contente pas de divertir. Entre 1870 et 1871, à la charnière du Second Empire finissant, ses murs accueillent une dizaine de réunions politiques publiques où s'exprime notamment Charles Delescluze, le futur héros de la Commune. Le café-concert devient tribune — le temps d'une crise.

La République revenue, les Folies redeviennent le temple de l'innovation. En 1882, Édouard Manet s'y installe pour croquer la barmaid immortelle de Un bar aux Folies-Bergère, tableau-miroir où le charivari de la salle se reflète dans la glace derrière le comptoir. Dix ans plus tard, en 1892, Loïe Fuller y invente la danse moderne à coups de voiles et de lumières électriques colorées — une révolution scénographique qui stupéfie Paris. En 1905, c'est Little Tich, le comique britannique aux semelles démesurées, futur ancêtre du burlesque cinématographique, qui fait retentir la salle de rires.

Noms successifs du lieu
  • 1869 Ouverture des Folies Bergère, premier music-hall de France
  • 1870 — 1871 Salle de réunions politiques publiques (fin du Second Empire)
  • 1882 Décor du tableau Un bar aux Folies-Bergère d'Édouard Manet
  • 1892 Scène des débuts parisiens de Loïe Fuller et de la scénographie électrique
  • 1905 — aujourd'hui Salle de spectacle vivant en activité continue sous le nom Folies Bergère
Toponymie — rue Richer
rue Richer
Jean Charles Richer était échevin lorsqu'elle fut ouverte.
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Événements à cette adresse
5 événements · 1869 — 1905
Folies Bergère
Little Tich, l'ancêtre des comiques cinématographiques, se produit à Paris ; il joue dans un film de Georges Méliès
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Personnage(s) : Little Tich ·Loïe Fuller
32 rue Richer — 9e arr.
Folies Bergère (salle de bal)
Manet peint "Un bar aux Folies-Bergère", exposé au salon de 1882
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Personnage(s) : Édouard Manet
32 rue Richer — 9e arr.
Folies Bergère (10 réunions)/Club des Folies Bergère (club modéré)
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Personnage(s) : Charles Delescluze
32 rue Richer — 9e arr.
32 rue Richer — 9e arr.
Aujourd'hui

Les Folies Bergère existent toujours au 32 rue Richer, classées au titre des monuments historiques. Reconverties en salle de concerts et de spectacles de variétés, elles conservent leur façade Belle Époque et leur décor intérieur spectaculaire. On peut y assister à des shows contemporains tout en foulant le sol qu'ont traversé Manet, Loïe Fuller et Little Tich.

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