Sur la rive gauche, entre la Seine et la montagne Sainte-Geneviève, le Jardin des Plantes est l'un des plus anciens jardins scientifiques d'Europe. Son entrée principale donne aujourd'hui rue Cuvier — une rue qui porte elle-même le nom de l'un de ses plus illustres résidents. À l'origine, c'est Guy-Crescent Fagon, premier médecin de Louis XIV et de la reine Marie-Thérèse d'Autriche, qui contribue à faire de ce lieu un véritable jardin royal des plantes médicinales. Sa demeure se trouvait au numéro 47, à deux pas des plates-bandes qu'il chérissait. Le « Jardin du Roi », comme on l'appelait sous l'Ancien Régime, deviendra après la Révolution le Muséum national d'histoire naturelle.
C'est précisément dans ce voisinage que Georges Cuvier — naturaliste de génie, père de la paléontologie moderne — vécut et mourut en 1832. La rue qui longe le jardin reçut son nom en hommage. Le jardin lui-même garde les traces de générations de savants : la ménagerie, l'une des premières au monde ouverte au public, abrita jusqu'à un puits surnommé « du Chameau », vestige pittoresque de ses collections animales. En 1931, le Jardin Alpin est aménagé pour recréer un microclimat de montagne, offrant aux plantes d'altitude un refuge inattendu en plein Paris.
- XVIIe siècle Jardin royal des plantes médicinales, fondé sous l'impulsion de médecins royaux dont Fagon
- XVIIIe siècle Jardin du Roi, grand établissement scientifique de la monarchie
- 1793 Muséum national d'histoire naturelle, transformé par la Convention
- XIXe — XXe siècle Jardin des Plantes, nom d'usage courant désignant l'ensemble du site public
- 1931 Création du Jardin Alpin au sein du Jardin des Plantes
Le Jardin des Plantes est toujours ouvert au public et rattaché au Muséum national d'histoire naturelle. On y trouve la grande ménagerie, les galeries de paléontologie et d'anatomie comparée, le Jardin Alpin et ses microclimats d'altitude, ainsi que de magnifiques allées d'arbres centenaires — une promenade vivante dans deux siècles de science française.