André Chénier


André Marie de Chénier, dit André Chénier, est un poète français né le 30 octobre 1762 à Constantinople, où son père exerçait comme consul de France, et mort guillotiné à Paris le 25 juillet 1794.

Fils de Louis de Chénier, diplomate français, et d'une mère grecque issue d'une famille latine d'Orient, il arrive très jeune à Paris avec sa mère et ses frères. Élevé initialement à Carcassonne chez des parents, il complète brillamment ses études au collège de Navarre de 1773 à 1781. Passionné par la Grèce antique, il fréquente le salon maternel, où il rencontre des figures comme le poète Lebrun-Pindare et le peintre David. Sa vocation poétique s'éveille tôt : il esquisse déjà des Élégies.

Après une brève carrière militaire avortée à Strasbourg en 1782, il voyage en Italie et en Suisse. Entre 1785 et 1787, il achève ses Bucoliques. En 1787, il devient secrétaire d'ambassade à Londres auprès du marquis de Luzerne, où il rédige L'Invention, un manifeste poétique, et esquisse deux épopées inachevées, L'Hermès et L'Amérique.

De retour en France en 1790, il soutient initialement la Révolution, fonde avec les frères Trudaine la Société de 1789 et célèbre le serment du Jeu de paume dans une ode. Modéré, il critique les excès jacobins, défend Louis XVI avec Malesherbes et devient suspect après l'exécution du roi. Retiré à Versailles, il compose des odes pour sa compagne Françoise Le Coulteux, dite « Fanny ». Arrêté par hasard le 7 mars 1794 à Passy, il est emprisonné à Saint-Lazare. Là, il écrit La Jeune Captive et les Iambes, satires virulentes contre la tyrannie jacobine, transmises en secret à son père. Condamné comme « ennemi du peuple », il monte à l'échafaud deux jours avant la chute de Robespierre. Ses dernières paroles, adressées au poète Roucher, évoquent ironiquement son legs : « Je n’ai rien fait pour la postérité… Pourtant, j’avais quelque chose là ! » Son corps est jeté dans une fosse commune au cimetière de Picpus.

Précurseur du romantisme, Chénier renouvelle la poésie française par son imitation personnelle des Anciens, sa doctrine esthétique et son engagement pour la liberté.

France  
Né à Constantinople (30 octobre 1762) – Mort à Paris (25 juillet 1794)  
Poète, journaliste, diplomate

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