Arrestation du duc d'Orléans décapité le 6 novembre

Palais Royal/Palais Cardinal (1636)

The Arrest of the Duke of Orleans : On the 6th of April 1793 [sic] Aliprandi, Giacomo (1775-1855). Graveur, BnF

Ce 7 avril 1793, les gendarmes n'ont pas eu loin à chercher. Louis-Philippe-Joseph d'Orléans, dit Philippe Égalité depuis qu'il a embrassé la cause révolutionnaire, est arrêté dans le jardin du Palais-Royal — son propre jardin, celui qu'il a lui-même ouvert au commerce, aux promeneurs, aux pamphlets et aux harangues, et qui est devenu, dès 1789, l'un des foyers les plus ardents de la Révolution.

L'ironie est cruelle. C'est sous ses galeries qu'ont circulé les nouvelles qui ont mis Paris en mouvement avant la prise de la Bastille. C'est dans ses cafés que se sont formés les clubs, les opinions, les fureurs. Philippe a cru que sa générosité politique, sa haine affichée pour son cousin le roi, son vote pour la mort de Louis XVI en janvier, lui vaudraient la protection de la Montagne. Il s'est trompé.

La défection de son fils, le duc de Chartres, qui vient de passer à l'ennemi avec le général Dumouriez, a tout emporté. On ne peut plus faire confiance à un Bourbon, fût-il régicide et jacobin. Philippe est conduit à l'Abbaye, puis transféré à Marseille, puis ramené à Paris pour y être jugé et guillotiné le 6 novembre 1793, à cinquante-six ans.

Son destin illustre une des logiques implacables de la Terreur : avoir trahi sa caste ne suffisait pas à prouver sa fidélité à la Révolution. Il avait tout sacrifié — son titre, ses pairs, son cousin — sans convaincre personne de sa sincérité. Il mourut sans appartenir à aucun camp.


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