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📖 Sur les traces du Paris insolite et rebelle TOVAR Madia & HOUSSIN Monique
Bibliographie

Sur les traces du Paris insolite et rebelle

TOVAR Madia & HOUSSIN Monique
Le Temps des Cerises, 2002.
Livre
394 Fiches citant cet ouvrage
2002 Édition

Fiches citant cet ouvrage

394 fiches
Événement
1923
14 décembre 1923 — Cat's cottage/Demeure et atelier deThéophile-Alexandre Steinlen (depuis 1878)
p 17 & 20
Mort du dessinateur, peintre et illustrateur Alexandre Steinlen, dans un pavillon récupéré de l'Exposition universelle de 1900
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Événement
Événement
1906
1906 — Cité des Fusains/Atelier d'André Derain/Cité d'artistes
p 21
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Événement
1913
1913 — Cité des Fusains/Atelier de Pierre Bonnard/Cité d'artistes
p 21
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Événement
Événement
1896
1896 — Cabaret La Vache Enragée
p 24-25
Référence à la parodie de procession du Bœuf gras, la "Vachalcade"
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Événement
Événement
1885
1885 — Demeure de Jean Baptiste Clément
p 25
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Événement
1886
juin 1886 — Demeure de Vincent van Gogh/Demeure de Théo van Gogh
p 25
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Événement
1814
30 mars 1814 — Moulin de la Galette (successivement Bout-à-fin, Blute-à-fin)/Moulin Radet/Moulin à vent
p 26-28
Combat contre les cosaques envahissant Paris ; mort du père Debray, effectivement tué par une balle perdue, mais qui ne fut pas découpé en morceaux attachés aux ailes de son moulin comme le veut une légende très "montmar …

Combat contre les cosaques envahissant Paris ; mort du père Debray, effectivement tué par une balle perdue, mais qui ne fut pas découpé en morceaux attachés aux ailes de son moulin comme le veut une légende très "montmartroise"

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Événement
Événement
1834
1834 — Moulin Radet (30 moulins à Montmartre en 1859)/Moulin à vent
p 26
Le moulin Chapon, puis Radet, déplacé, devient le "Moulin de la Galette"
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Événement
Événement
1724
1724 — Moulin de la Fontaine St Denis/Moulin Vieux/Moulin à vent
p 26
Moulin à plâtre, un des plus anciens de Montmartre ; mais un premier moulin Vieux aurait existé en 1529
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Événement
1724
1724 — Moulin de la Fontaine St Denis/Moulin à vent
p 26
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Événement
1675
14 août 1675 — Mire du Nord//Mire du Méridien de Paris/Poteau de la Méridienne/Parc du Moulin de la Galette
p 28
Il planta un poteau en bois sur la colline de Montmartre, et ce geste ordinaire commença la mesure scientifique de la Terre. Le 14 août 1675, l'abbé Jean Picard, astronome du roi, se rendit sur la butte Montmartre, près …

Il planta un poteau en bois sur la colline de Montmartre, et ce geste ordinaire commença la mesure scientifique de la Terre.

Le 14 août 1675, l'abbé Jean Picard, astronome du roi, se rendit sur la butte Montmartre, près du moulin Blute-Fin, et y planta un poteau de bois. Le poteau marquait un point précis : celui où passait le méridien de Paris, à 2 931 toises et 2 pieds de l'Observatoire, vers le nord. C'était la mire du Nord.

Le méridien de Paris traversait l'Observatoire de Paris, construit en 1667 sur la rive gauche. Pour orienter avec précision les instruments astronomiques et mesurer l'arc du méridien, il fallait des points de repère visibles depuis l'Observatoire vers le nord et vers le sud. Picard avait mesuré quelques années plus tôt, entre 1669 et 1670, la longueur d'un arc du méridien pour déterminer le rayon de la Terre. C'est cette mesure que Newton utilisa pour vérifier sa théorie de la gravitation.

Giovanni Domenico Cassini, directeur de l'Observatoire appelé à Paris par Louis XIV, puis son fils Jacques Cassini poursuivirent le travail. En 1736, Jacques Cassini remplaça le poteau de bois de Picard par un monument de pierre de trois mètres de haut, un parallélépipède surmonté d'une pyramide à quatre faces portant une fleur de lys au sommet.

La mire du Nord est toujours visible dans le petit parc du Moulin de la Galette, au 1 rue Girardon dans le 18e arrondissement. Le méridien de Paris servit de méridien de référence mondial jusqu'en 1884, quand la conférence de Washington lui préféra celui de Greenwich. La France attendit 1911 pour l'accepter officiellement.

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Événement
1736
1736 — Mire du Nord (inaccessible, propriété privée ; Proudhon avait raison, s'agissant entre autres du patrimoine...)
p 28
Pyramide matérialisant le méridien de Paris ; pendant la Révolution, la fleur de Lys qui le surmontait est remplacée par un fer de pique
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Événement
1828
1828 — Château des Brouillards (de 1772)/Maquis de Montmartre
p 29
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Événement
1923
1923 — Dispensaire Poulbot (créé en 1923)/Restaurant "La Pomponette"
p 29
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Événement
1946
16 septembre 1946 — Demeure de Francisque Poulbot
p 29
Mort du peintre des enfants de la butte, qui leur a laissé son nom
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Événement
1889
1889 — Demeure d'Auguste Renoir/Maison d'enfance de Jean Renoir/Maquis de Montmartre
p 30
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Événement
1890
1890 — Demeure d'Auguste Renoir/Maison d'enfance de Jean Renoir/Maquis de Montmartre
p 30
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Événement
1809
1809 — Guinguette du Poirier sans Pareil/Le Vieux Chemin
p 30
Guinguette du Poirier sans pareil, qui s'enorgueillissait de l'honneur d'une halte de Napoléon 1er ; comme quoi la pub stupide ne date pas d'aujourd'hui
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Événement
1830
1830 — Demeure d'Alphonse Karr (ancien Tivoli désaffecté)
p 31
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Événement
1906
1906 — Le Bateau-lavoir/Nom donné par Max Jacob
p 31-32
Naissance du Cubisme, avec la réalisation des "Demoiselles d'Avinyó" ; les demoiselles du bordel de la rue d'Avignon... à Barcelone
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Événement
1805
1805 — Folie Sandrin (de 1774)
p 32
Maison de santé psychiatrique où Gérard de Nerval fut interné en mars 1841
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Événement
Date imprécise — Café-restaurant "Aux Billards en Bois"/Restaurant "À la Bonne Franquette"
p 33
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Événement
1794
1 octobre 1794 — Église St Pierre de Montmartre/Télégraphe de Chappe (installé sur le clocher en ruine)
p 34
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Événement
1871
18 mars 1871
p 35
Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera …

Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera de provocation.

À 3 heures du matin, sous une pluie glaciale, la brigade Lecomte monte en silence vers le sommet de la butte Montmartre. Le plan est simple : 250 soldats du 88e régiment de ligne s'emparent des 171 pièces d'artillerie parquées au Champ des Polonais, en haut de la rue Saint-Éleuthère. Les attelages arrivent dans la foulée, les canons descendent vers les Invalides, et Paris se réveille désarmé.

La première partie se déroule comme prévu. Les gardes de faction sont surpris — certains s'enfuient, d'autres sont capturés. À 5 heures, les canons sont sous contrôle versaillais. Louise Michel, de garde au comité de vigilance de Montmartre, a donné l'alerte. Le tocsin sonne. Mais Lecomte n'en est pas encore inquiet.

C'est là que les attelages font défaut. Nul n'a prévu suffisamment de chevaux pour déplacer 171 pièces. Les soldats attendent, immobiles au sommet de la butte, autour de canons qu'ils ne peuvent pas bouger. Une heure passe, puis deux. Montmartre s'éveille.

Clemenceau, maire du 18e, accoure au Château-Rouge où Lecomte a établi son PC. Il tente de négocier, propose un compromis. Lecomte balaie la démarche. Ce que Vinoy et Aurelle de Paladines avaient prédit la veille — l'opération est trop précipitée, les moyens insuffisants — est en train de se réaliser heure par heure. Ce qui devait être un coup de main silencieux se transforme en attente interminable, sous les yeux d'une population qui se rassemble et d'une Garde nationale qui prend les armes. Plus tard, on parlera de provocation délibérée.

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Événement
1823
1823 — Cabaret de Mimi Pinson
p 37
Rendez-vous de nombreux artistes ; la maison, disparue en 1925, est représentée par un bas-relief sur la façade de l'immeuble qui l'a remplacée
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Événement
Événement
Événement
1896
Événement
1934
1934
p 38
La vigne du Clos Montmartre produit 700 bouteilles par an ; d'un vin qui vaut plus, avouons-le, par son étiquette que par sa valeur œnologique, mais qui donne lieu à une belle fête et à une bonne action
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Événement
1933
1933 — Square de la Liberté/Vigne du Clos Montmartre
p 38
Plantation de l'actuelle vigne de Montmartre, sur un terrain arraché aux griffes des promoteurs
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Événement
1875
1875 — Maison Rosimond/Musée du Vieux Montmartre (en 1960)
p 38
Renoir loue deux pièces dans les combles et un appentis au rez-de-chaussée ; il peint ici "le Moulin de la Galette"
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Événement
1920
1920 — Cabaret "le Rendez-vous des Voleurs"/Cabaret des Assassins/Cabaret du Lapin Agile
p 39-40
Proclamation de l'indépendance de la Commune Libre de Montmartre, porteuse d'une liste "antigrattecieliste" lors des élections
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Événement
1880
1880 — Cabaret Le Lapin Agile (à Gill)/Cabaret des Assassins (à l'origine, en 1860)/Cabaret "À ma Campagne" (en 1886)
p 41
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Événement
1910
1910 — Cabaret Le Lapin Agile (tenu par Frédé puis par Paulo)
p 41
Canular de Roland Dorgelès, qui fait peindre une toile "excessiviste", signée Boronali, anagramme d'Aliboron, par l'âne Lolo avec sa queue ; les critiques d'art vont s'entre-déchirer...
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Événement
1903
1903 — Cabaret "le Rendez-vous des Voleurs"/Cabaret des Assassins/Cabaret du Lapin Agile
p 41
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Événement
1783
21 novembre 1783
p 45 & 55
Le 21 novembre 1783, le premier vol libre habité en montgolfière a lieu à Paris. [[Jean-François Pilâtre de Rozier|doc:jean-francois-pilatre-de-rozier.WebHome]] et [[François Laurent d'Arlandes|doc:francois-laurent-d-arl …

Le 21 novembre 1783, le premier vol libre habité en montgolfière a lieu à Paris. [[Jean-François Pilâtre de Rozier|doc:jean-francois-pilatre-de-rozier.WebHome]] et [[François Laurent d'Arlandes|doc:francois-laurent-d-arlandes.WebHome]], à bord d’un ballon à air chaud conçu par [[Joseph|doc:joseph-de-montgolfier.WebHome]] et [[Jacques-Étienne Montgolfier|doc:jacques-etienne-montgolfier.WebHome]], décollent du château de la Muette. Le ballon, d’un volume d’environ 2 200 à 2 800 m³, est chauffé par un foyer alimenté en paille et en laine. Après un vol d’environ 20 à 25 minutes, couvrant près de 9 à 10 kilomètres et atteignant une altitude d’environ 900 à 1 000 mètres, ils atterrissent sans encombre sur la [[Butte aux Cailles|doc:rue-de-la-butte-aux-cailles.WebHome]], marquant la première traversée aérienne humaine de l’histoire. Cet exploit, réalisé devant des membres de l’Académie des sciences et de nombreux témoins, consacre la montgolfière comme la première machine volante capable de transporter des personnes, ouvrant la voie à l’aérostation.

Sources

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Événement
1789
12 juillet 1789 — Pavillon d'octroi de la barrière d'Italie
p 47
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Événement
1928
1928 — Petite Russie
p 51-52
Sorte de coron sur le toit d'un garage, loué à la compagnie de taxis André Citroën qui y logeait entre autres ses chauffeurs russes blancs exilés après la Révolution d'Octobre
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Événement
Événement
1912
1912 — Petite Alsace/Cité Daviel
p 52
Logements sociaux de la société "l'Habitation familiale" du début du 20ème siècle
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Événement
1913
1913 — Bâtiment remarquable (style Art déco)
p 53
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Événement
Date imprécise — Bâtiment remarquable (style Art déco)
p 53
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Événement
2000
19 avril 2000
p 54
Place dédiée à la Commune de Paris ; inaugurée par Jacques Toubon et Jean Tibéri ; ce dernier accueilli au cri de "versaillais" Il fallait une certaine audace, ou une certaine inconscience, pour venir inaugurer cette pla …

Place dédiée à la Commune de Paris ; inaugurée par Jacques Toubon et Jean Tibéri ; ce dernier accueilli au cri de "versaillais"

Il fallait une certaine audace, ou une certaine inconscience, pour venir inaugurer cette place-là sous ces couleurs-là.

Le 19 avril 2000, Jacques Toubon, maire du 13e arrondissement, et Jean Tibéri, maire de Paris, inaugurent la place de la Commune-de-Paris, sur la Butte-aux-Cailles. Deux élus RPR, héritiers politiques de la droite républicaine, venus baptiser un lieu à la mémoire de l'insurrection ouvrière de 1871. Le quartier n'est pas dupe. Des voix dans l'assistance accueillent Tibéri au cri de « Versaillais ! »

L'apostrophe est parfaite. Sur la Butte-aux-Cailles, les 24 et 25 mai 1871, les fédérés commandés par le général polonais Walery Wroblewski avaient opposé une résistance acharnée aux troupes de Thiers pendant la Semaine sanglante. C'est l'un des derniers quartiers de Paris à tomber. Cent vingt-neuf ans plus tard, le mot « Versaillais » fonctionne encore comme une insulte — et tout le monde dans l'assistance comprend de quoi il s'agit.

La place, modeste, est ornée d'une fontaine Wallace — ces fontaines en fonte vert foncé offertes à Paris par le philanthrope britannique Richard Wallace en 1872, justement après les destructions de la Commune et du siège. Coïncidence involontaire ou clin d'œil : la fontaine Wallace est, elle aussi, un vestige de 1871.

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Événement
1976
juin 1976 — Café-restaurant "Le Temps des Cerises"
p 55
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Événement
1783
21 novembre 1783 — Moulin Vieux de la Butte aux Cailles (emplacement probable)
p 55
Moulin près duquel se posa la Montgolfière lors de son premier vol libre
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Événement
1783
21 novembre 1783 — Moulin des Merveilles/Moulin à vent
p 55
Moulin près duquel se posa la Montgolfière lors de son premier vol libre
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Événement
Date imprécise — Moulin des Prés/Moulin à eau
p 57
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Événement
1913
1913 — Mutuelle des Chemins de fer/Fronton remarquable
p 58
Quartier du début du 20ème siècle, investi par les travailleurs des Chemins de fer
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Événement
1909
26 juin 1909
p 61-62
Sous la Butte-aux-Cailles, une source d'eau chaude jaillit à vingt-huit degrés depuis 1866 : il aura fallu quarante-trois ans pour que Paris décide d'en faire profiter le quartier. En 1866, un forage artésien sur la Butt …

Sous la Butte-aux-Cailles, une source d'eau chaude jaillit à vingt-huit degrés depuis 1866 : il aura fallu quarante-trois ans pour que Paris décide d'en faire profiter le quartier.

En 1866, un forage artésien sur la Butte-aux-Cailles tombe sur une nappe d'eau chaude — 28 °C, jaillissant naturellement. Le quartier est alors un faubourg semi-rural du treizième arrondissement, fait de tanneries, de petites industries et de logements ouvriers. L'eau chaude coule, et personne ne sait qu'en faire.

Il faut attendre 1898 pour que la Ville de Paris envisage de construire un établissement de bains. En 1909, trente cabines de douches-bains ouvrent place Paul-Verlaine, au pied de la butte. L'enjeu est d'hygiène publique : dans les quartiers ouvriers, les logements n'ont ni salle de bains ni eau chaude. Les bains-douches municipaux sont l'instrument d'une politique hygiéniste portée par les républicains — donner aux travailleurs l'accès à l'eau que les bourgeois ont à domicile.

Mais les douches ne suffisent pas. Après la guerre, la Ville commande à Louis Bonnier l'agrandissement de l'établissement. Bonnier a soixante-cinq ans. Il est architecte-voyer de Paris, l'homme qui a dessiné le Salon de l'Art nouveau en 1895. Il conçoit un bassin de natation couvert d'une immense voûte en béton armé portée par sept arcs — un matériau moderne pour un programme social. La façade, en briques rouges, mêle rigueur géométrique et fantaisie ornementale dans un vocabulaire Art nouveau tardif. Les travaux durent trois ans. La piscine ouvre le 4 mai 1924 — l'une des toutes premières de Paris.

L'innovation est aussi technique : pour la première fois en France, les cabines sont séparées de l'accès au bassin par un « passage sanitaire » — le pédiluve que tout nageur parisien connaît encore. L'eau du bassin vient en partie du puits artésien, tiède et légèrement minérale.

L'ensemble est classé Monument Historique en 1990 — distinction rarissime pour un établissement de bains. Restauré en 2014, il fonctionne toujours. La fontaine de la place Paul-Verlaine coule encore à 28 degrés. Et les habitants du quartier se baignent dans la même eau chaude que celle qui a jailli sous les pieds des tanneurs de 1866.![[Puit artésien, Paris 13, Eugène Atget, 1900 - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine|Puit artésien, Paris 13, Eugène Atget, 1900 - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine.jpeg]]

Puit artésien, Paris 13, Eugène Atget, 1900 - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine

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Événement
1793
12 juillet 1793 — Parc du château de Ménilmontant/Station du télégraphe de Chappe
p 67-68
Premier essai de transmission par le télégraphe optique, entre Ménilmontant et St Martin du Tertre
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Événement
1793
12 juillet 1793 — Parc du château de Ménilmontant/Station du télégraphe de Chappe
p 67-68
Premier essai de transmission par le télégraphe optique, entre Ménilmontant et St Martin du Tertre
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Événement
1935
28 avril 1935 — Station de métro Télégraphe
p 67
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Événement
Date imprécise — Cimetière de Belleville/Point culminant de Paris
p 68
Plaque à l'entrée du cimetière signalant le point culminant de Paris : 128,508 m. L'altitude est en fait de 128,16 m, la butte Montmartre culminant à 128,20 m
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Événement
1912
14 février 1912 — Demeure de Mathurin Moreau
p 70
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Événement
1583
1583 — Regard de la Lanterne
p 71
Regard de tête de l'aqueduc de Belleville, à 114m d'altitude ; les eaux de Belleville étaient canalisées depuis 1220 par les moines de St Martin des Champs
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Événement
Événement
1946
1946 — La Maroquinerie (ancien patronage de La Bellevilloise)/Café littéraire
p 75-76
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Événement
1793
21 janvier 1793 — Château de Bagnolet/Pavillon de l'Ermitage (appartenant à Batz depuis 1787)
p 75
Siège des conjurés de Charonne, qui préparent une tentative pour faire évader Louis XVI. Ils tenteront ensuite de même avec Marie-Antoinette avec le "complot de l'Œillet". Dans les deux cas ce sera un échec
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Événement
1832
6 juin 1832 — Maison des saint-simoniens (communauté exclusivement masculine)
p 76-77
Installation de la communauté saint-simonienne composée de 40 "fils", détournement de la pensée de Saint-Simon ; elle sera vite dissoute pour atteinte aux bonnes mœurs
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Événement
Date imprécise — Cité de l'Ermitage/Passage remarquable
p 79
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Événement
1952
1952 — Jardin de Casque d'or
p 81
Jardin où furent tournées les scènes de la maison de Leca pour le film "Casque d'or" ; beau film, mais sans grand lien avec une réalité beaucoup plus sordide
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Événement
Date imprécise — Bois de la ferme des Savies
p 82-83
Petit parc, vestige du bois de la ferme de Savies ; nom qui viendrait du celte "savart", terre pauvre
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Événement
1721
14 octobre 1721 — Cabaret du Pistolet
p 83
Il volait les riches, il connaissait tout Paris, la police mit deux ans à l'attraper : Cartouche fut roué vif à trente ans et devint aussitôt une légende. Louis-Dominique Garthausen, dit Cartouche, est né à Paris en 1693 …

Il volait les riches, il connaissait tout Paris, la police mit deux ans à l'attraper : Cartouche fut roué vif à trente ans et devint aussitôt une légende.

Louis-Dominique Garthausen, dit Cartouche, est né à Paris en 1693, fils d'un tonnelier du quartier du Temple. Il a organisé, dans les années 1710, la bande la plus efficace que Paris ait connue : plusieurs centaines d'affiliés, des complicités dans la police, des receleurs, un système de renseignement, une discipline interne. Ils détroussent les carrosses, cambriolent les hôtels particuliers, rançonnent les collecteurs d'impôts.

L'époque est celle de la Régence. Le Système de Law s'est effondré en 1720, ruinant des dizaines de milliers d'épargnants tandis que quelques initiés se sont enrichis. La misère est extrême dans les faubourgs, la spéculation ostentatoire dans les salons. Dans ce contexte, un voleur qui dépouille les riches devient un personnage populaire. La légende dit que Cartouche partageait avec les pauvres ; c'est probablement faux, mais on avait besoin qu'il en fût ainsi.

La police du lieutenant général Le Blanc le traque depuis des mois. Le 14 octobre 1721, il est arrêté dans un cabaret. Les sources divergent sur le lieu exact : le cabaret du Pistolet au 45 rue des Couronnes, dans l'actuel 20e arrondissement, est l'hypothèse la plus probable ; d'autres versions le placent rue du Faubourg-du-Temple. Il est livré par un complice.

Le procès est retentissant. Cartouche se tait pendant des semaines, refusant de dénoncer sa bande. Condamné à être roué vif, il est conduit le 28 novembre 1721 en place de Grève. Le supplice de la roue consiste à briser les membres du condamné à coups de barre de fer, puis à l'exposer vivant sur une roue jusqu'à ce qu'il meure. Cartouche parle alors, et cite des dizaines de noms, avant que le bourreau n'achève.

Sa vie est jouée au théâtre dès l'année suivante, dans une pièce de Legrand que la Comédie-Française représente pendant que Cartouche est encore en prison. Il sera Robin des Bois de Paris pour trois siècles.

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Événement
Événement
Événement
1715
1715 — Cabaret des Marronniers (créé par Ruelle)/Cabaret du Tambour Royal
p 87-88
Cabaret de la Courtille du Temple, devenu en 1758 le Tambour Royal de Ramponneau ; si fameux que "ramponner" était devenu synonyme de "faire la fête" ; il est repris par le fils Ramponneau en 1760
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Événement
1715
1715 — Cabaret des Marronniers (créé par Ruelle)/Cabaret du Tambour Royal
p 87-88
Cabaret de la Courtille du Temple, devenu en 1758 le Tambour Royal de Ramponneau ; si fameux que "ramponner" était devenu synonyme de "faire la fête" ; il est repris par le fils Ramponneau en 1760
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Événement
1848
23 juin 1848 — Barricade de la Barrière de Belleville/Barricade en Juin 1848
p 87
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Événement
1848
23 juin 1848 — Barricade de la Chaussée de Ménilmontant/Barricade en Juin 1848
p 87
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 88
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Événement
1826
1826 — Taverne Dénoyez (à l'enseigne du Grand St Martin)/Club des Travailleurs
p 88-89
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Événement
1906
1906 — Bal Favié/Folies de Belleville/Palais du Travail
p 90
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Événement
1870
Événement
1786
1786 — Barrière de la Chopinette/Mur des Fermiers généraux
p 93
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Événement
1942
16 juillet 1942 — Cour de la Métairie/Ferme des Savies (propriété du prieuré St Martin des Champs)
p 93-94
Lieu de rassemblement de plusieurs centaines de juifs raflés par la police française
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Événement
Date imprécise — Cour du Palais Royal (de Belleville)
p 94
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Événement
1871
21 janvier 1871 — Mairie de Belleville/Ancienne mairie du 20ème arrondissement (de 1847 à 1875)
p 94
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Événement
1867
1867 — Place du Château dEau/Fontaine dite le Château d''Eau/Fontaine aux Lions de Nubie
p 103-104
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Événement
1883
14 juillet 1883
p 104
Inauguration de la statue de la République, remplacée par un modèle en plâtre depuis 1880 ; entourée de bas-reliefs sur l'histoire de son instauration, faussement attribués à Dalou
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Événement
1680
1680 — Demeure de Catherine Deshayes dite la Voisin/Affaire des poisons
p 108
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Événement
1364
1364
p 109
Passage amenant au niveau de l'enceinte de Charles V, marquée par les rues d'Aboukir et de Cléry
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Événement
1793
21 janvier 1793 — Rue des Degrés
p 109
Tentative d'enlèvement de Louis XVI pour le soustraire à la guillotine, par 25 conjurés, alors que d'autres étaient prévus mais avaient été "empêchés" suite à des indiscrétions suivies d'arrestations. Six seront sabrés. …

Tentative d'enlèvement de Louis XVI pour le soustraire à la guillotine, par 25 conjurés, alors que d'autres étaient prévus mais avaient été "empêchés" suite à des indiscrétions suivies d'arrestations. Six seront sabrés. Batz parviendra à s'enfuir

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Événement
1798
21 août 1798 — Maison natale de Jules Michelet (imprimerie de son père)
p 110
Il est né entre les presses et l'encre d'imprimerie, et toute sa vie il a cru que l'histoire était une chose que le peuple devait apprendre à lire lui-même. Le 21 août 1798, dans le quartier de Bonne-Nouvelle, au coeur d …

Il est né entre les presses et l'encre d'imprimerie, et toute sa vie il a cru que l'histoire était une chose que le peuple devait apprendre à lire lui-même.

Le 21 août 1798, dans le quartier de Bonne-Nouvelle, au coeur de ce Paris populaire et commerçant qui borde la rue Saint-Denis entre les Halles et les Grands Boulevards, naît Jules Michelet. Son père, Jean-Furcy Michelet, est imprimeur. La maison natale — dont deux adresses concurrentes sont mentionnées par les biographes, la rue Saint-Denis et la toute proche rue de Tracy — sent le papier humide et le plomb fondu. Michelet grandira entre les caractères mobiles et les feuillets imprimés, et l'odeur de l'imprimerie restera pour lui celle du savoir accessible, du texte que l'on multiplie pour le répandre.

Il n'appartient pas à la noblesse ni à la bourgeoisie aisée. C'est un enfant du petit peuple de métier, et cela ne le quittera jamais. Lorsqu'il écrira son monumental cycle de "l'Histoire de France" — dont les dix-neuf volumes s'étaleront de 1833 à 1867 — et son "Histoire de la Révolution française" (1847-1853), il sera l'historien de ceux d'en bas : les paysans, les artisans, les femmes, les anonymes que l'histoire académique laisse dans l'ombre des grands noms. Il les appellera "le peuple," avec un sens qui n'est pas rhétorique mais analytique.

Michelet est le contemporain de Marx, son exact contemporain par génération (Marx naît en 1818), et leurs méthodes divergent profondément — Michelet est romantique là où Marx est matérialiste, Michelet croit en la nation là où Marx croit en la classe — mais ils partagent une conviction fondamentale : que l'histoire ne se fait pas par les rois et les généraux, mais par les forces profondes de la société. La phrase de Michelet "la Révolution est un bloc" sera d'ailleurs reprise et discutée par des générations de penseurs marxistes.

Professeur au Collège de France à partir de 1838, il sera révoqué en 1851 pour avoir refusé de prêter serment à Louis-Napoléon Bonaparte. C'est l'acte politique d'un homme qui a mis sa carrière au service de ses convictions. Il mourra en 1874, à Hyères, ayant vu la Commune de Paris sans vraiment la comprendre, trop attaché à l'idéal national républicain pour saisir la rupture sociale qu'elle représentait.

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Événement
1798
21 août 1798 — Maison natale de Jules Michelet (imprimerie de son père)
p 110
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Événement
Événement
1799
1799 — Immeubles de style Directoire/Bâtiment remarquable
p 111
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Événement
1798
1798 — Passage du Caire/Façade style égyptien
p 111
Plus long et plus ancien passage couvert de Paris ; 370 m ; canular du "nez de Bouginier"
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Événement
Événement
Événement
Événement
1724
24 septembre 1724 — Hôtel de Nevers/Galerie Mansart/Galerie Mazarine/Bourse des valeurs
p 115-116
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Événement
1724
24 septembre 1724 — Hôtel de Nevers/Galerie Mansart/Galerie Mazarine/Bourse des valeurs
p 115-116
En instituant le monopole des agents de change sur la Bourse, Louis XV ne crée pas seulement un marché : il crée une aristocratie financière qui durera jusqu'à la fin du XXe siècle. La spéculation financière n'attend pas …

En instituant le monopole des agents de change sur la Bourse, Louis XV ne crée pas seulement un marché : il crée une aristocratie financière qui durera jusqu'à la fin du XXe siècle.

La spéculation financière n'attend pas les institutions pour exister. Avant 1724, les opérations de bourse se tiennent à Paris dans les rues, les cafés et les galeries couvertes. Les affaires de Law — la banqueroute du Système en 1720, qui avait ruiné des dizaines de milliers de Français et ébranlé la confiance dans les finances du royaume — ont laissé des traces profondes. Le pouvoir veut encadrer, réguler, contrôler.

Le 24 septembre 1724, un arrêt du Conseil du roi crée officiellement la Bourse des valeurs de Paris. Elle s'installe dans les locaux de l'Hôtel de Nevers, rue Vivienne, dans l'actuel 2e arrondissement. L'arrêt institue le monopole des agents de change : seuls des officiers royaux assermentés et nommés par le roi peuvent effectuer des transactions sur les effets publics et les actions de compagnie. Tout opérateur non agréé est un colporteur illégal.

Ce monopole crée immédiatement une caste. Les agents de change sont à la fois fonctionnaires du roi et opérateurs du marché, rémunérés par des commissions sur chaque transaction. Leur nombre est fixé à soixante par l'arrêt fondateur. Ils sont propriétaires de leur charge, qu'ils peuvent revendre à prix d'or. Cette superposition d'une institution publique et d'intérêts privés constitue l'ADN de la finance parisienne pendant deux siècles et demi.

La Révolution suspend la Bourse en 1793, au moment même où la spéculation sur les assignats bat son plein hors de toute institution. Elle réouvre sous le Directoire. Napoléon lui offre son temple : le Palais Brongniart, commandé en 1808, achevé en 1825. Le monopole des agents de change ne sera aboli qu'en 1988, lors de la grande réforme libérale de la Bourse, qui transforme les opérateurs en sociétés commerciales concurrentes. La charge d'agent de change, trois siècles d'aristocratie financière, disparaît alors définitivement.

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Événement
1826
4 novembre 1826 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs
p 115-116
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Événement
1914
31 juillet 1914 — Café À la Chope du Croissant
p 116-117
Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza. Ja …

Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza.

Jaurès avait passé sa dernière journée à courir Paris. Il avait rencontré le matin des socialistes allemands pour tenter d'organiser une riposte internationale à la guerre qui s'annonçait. Il avait rédigé un article pour L'Humanité. Il dîna avec des collaborateurs au café du Croissant, 146 rue Montmartre, dans le 2e arrondissement, au coin de la rue du Croissant, à deux pas des bureaux du journal qu'il avait fondé en 1904. C'était le soir du 31 juillet 1914.

Vers 21h40, Raoul Villain, vingt-neuf ans, nationaliste, s'approcha de la fenêtre ouverte du café. Il tira deux coups de revolver. Jaurès, frappé à la tête, mourut en quelques minutes. Villain fut arrêté sur place.

La France ordonna la mobilisation générale le lendemain.

Villain attendit cinq ans en prison avant d'être jugé. Le 29 mars 1919, le jury des assises de la Seine l'acquitta. Le tribunal condamna la veuve de Jaurès aux dépens. Des émeutes éclatèrent devant le palais de justice.

Après l'acquittement, Villain voyagea. Il finit par s'établir à Ibiza, dans les Baléares. En septembre 1936, au début de la guerre civile espagnole, des miliciens anarchistes le capturèrent et l'exécutèrent.

Jaurès avait cinquante-quatre ans. Sa mort, la veille de la mobilisation, laissa la SFIO sans son seul dirigeant capable de s'opposer à l'Union sacrée. La gauche socialiste vota les crédits de guerre.

Le café du Croissant est toujours au 146 rue Montmartre. Une plaque rappelle l'événement.

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Événement
Événement
1783
1783 — Théâtre des Italiens/Opéra Comique
p 118
Les "Italiens", troupe de la Comédie Italienne, quittent l'Hôtel de Bourgogne pour s'installer dans une salle qui tourne le dos au boulevard
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Événement
1783
1783
p 118
Les "Italiens", troupe de la Comédie Italienne, quittent l'Hôtel de Bourgogne pour s'installer dans une salle qui tourne le dos au boulevard
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Événement
1796
1796
p 118
Rendez vous sous le Directoire des émigrés de retour de Coblentz, et référence à l'exil de Louis XVIII, réfugié à Gand en Belgique, origine du mot "gandins" désignant la jeunesse dorée
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Événement
1884
1884 — Siège du journal "Le Temps"
p 118
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Événement
1892
1892 — Café Poccardi//Escalier remarquable
p 119
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Événement
1886
15 mai 1886 — Maison Dorée/Huitième Salon Impressionniste
p 120
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Événement
1886
15 mai 1886 — Maison Dorée/Huitième Salon Impressionniste
p 120
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Événement
1874
15 avril 1874 — Atelier et galerie de Nadar/Premier Salon Impressionniste
p 120-121
Au 35, boulevard des Capucines (IIe arr.), dans l'ancien atelier du photographe Nadar, trente artistes accrochent 165 toiles que personne n'a voulu exposer au Salon officiel. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont en …

Au 35, boulevard des Capucines (IIe arr.), dans l'ancien atelier du photographe Nadar, trente artistes accrochent 165 toiles que personne n'a voulu exposer au Salon officiel. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont en train de changer l'histoire de l'art.

L'idée germe depuis des mois. Puisque le jury du Salon refuse systématiquement leurs œuvres — trop esquissées, trop lumineuses, trop libres —, Monet, Renoir, Pissarro, Degas, Sisley, Cézanne, Berthe Morisot et leurs amis décident d'exposer par leurs propres moyens. Ils fondent la « Société anonyme coopérative des artistes peintres, sculpteurs et graveurs » et trouvent un lieu : le vaste atelier de Nadar, au deuxième étage du 35 boulevard des Capucines, avec ses grandes baies vitrées inondées de lumière. L'emplacement est idéal — en plein cœur du Paris des grands boulevards.

Le 15 avril 1874, l'exposition ouvre ses portes. Cent soixante-cinq œuvres de trente artistes tapissent les murs. On y trouve des paysages vibrants, des scènes de la vie moderne, des jeux de lumière sur l'eau et les feuillages. Parmi elles, un petit tableau de Claude Monet : une vue du port du Havre dans la brume matinale, intitulée Impression, soleil levant.

C'est ce titre qui met le feu aux poudres. Le 25 avril, le critique Louis Leroy publie dans Le Charivari un compte rendu assassin : « Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans... » Le mot est lâché. Par dérision, Leroy baptise ces peintres « impressionnistes ». Le public rit. La critique académique se déchaîne. Les toiles sont jugées inachevées, les couleurs criardes, la technique bâclée.

Les artistes, eux, relèvent le gant. Ils adoptent le nom qu'on voulait leur jeter à la figure. L'impressionnisme est né — dans un atelier de photographe, au-dessus du boulevard, un jour d'avril.![[Première Exposition 1874, 35 Boulevard des Capucines Catalogue, BnF|Première Exposition 1874, 35 Boulevard des Capucines Catalogue, BnF.jpeg]]

Première Exposition 1874, 35 Boulevard des Capucines Catalogue, BnF

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Événement
1798
Événement
1798
Événement
1802
1802 — Couvent des Récollets (de 1614)/Hôpital Villemin
p 126-127
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Événement
1789
1789
p 127-128
Le passage du Puits devient le passage du Désir ; nom donné par ses habitants en 1789
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Événement
1871
1871
p 127
Maison d'accueil des Alsaciens chassés par la victoire prussienne de 1870, réfugiés à Paris
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Événement
1893
1893 — Grand Concert Parisien (de 1867)/Concert Mayol (en 1910)
p 134
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Événement
1889
1889 — Restaurant "Chez Julien"/Décor remarquable
p 134
Restaurant au décor Art nouveau remarquable ; monument de l'Exposition universelle
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Événement
1832
octobre 1832 — Hôtel Victoria/Demeure de Frédéric Chopin
p 135
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Événement
1761
1761 — Confiserie À la Mère de Famille (décor 1900)/Boutique remarquable
p 135
Plus ancienne confiserie de Paris à la devanture et au décor intérieur remarquables
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Événement
1847
Événement
1847
Événement
1846
1846 — Passage Jouffroy
p 137-138
Construction d'un des passages les plus récents, construit en fer et verre, le premier chauffé par le sol
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Événement
1846
1846 — Passage Jouffroy
p 137-138
Construction d'un des passages les plus récents, construit en fer et verre, le premier chauffé par le sol
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Événement
1846
Événement
1800
19 février 1800 — Passage des Panoramas
p 138-140
Construit par l'américain Thayer ; les deux premiers panoramas représentaient le Palais Royal et la prise de Toulon par les armées de la République
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Événement
1800
19 février 1800 — Passage des Panoramas
p 138-140
Construit par l'américain Thayer ; les deux premiers panoramas représentaient le Palais Royal et la prise de Toulon par les armées de la République
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Événement
1817
1817 — Passage des Panoramas
p 138
Premiers essais à Paris de l'éclairage et du chauffage au gaz
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Événement
1830
1830 — Boutique du graveur Stern/Boutique remarquable
p 140
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Événement
1643
11 octobre 1643 — Palais Mazarin/Bibliothèque Mazarin
p 140
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Événement
1643
11 octobre 1643 — Palais Mazarin/Bibliothèque Mazarin
p 140
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Événement
1807
24 juin 1807 — Théâtre des Variétés
p 140
Marguerite Brunet, dite « Mademoiselle Montansier », est contrainte en 1806 de quitter le Théâtre du Palais-Royal à la suite d’un décret visant à favoriser la troupe du Théâtre-Français. À 77 ans, elle sollicite l’aide d …

Marguerite Brunet, dite « Mademoiselle Montansier », est contrainte en 1806 de quitter le Théâtre du Palais-Royal à la suite d’un décret visant à favoriser la troupe du Théâtre-Français. À 77 ans, elle sollicite l’aide de Napoléon Bonaparte, qui lui accorde la possibilité de construire une nouvelle salle. Le Théâtre des Variétés est ainsi inauguré le 24 juin 1807 au 7 boulevard Montmartre, Paris, après seulement cinq mois de travaux. Ce théâtre devient rapidement un haut lieu du vaudeville et de la comédie, puis de l’opérette sous la direction d’Hippolyte Cogniard, notamment avec les œuvres de Jacques Offenbach, telles que « La Belle Hélène » et « La Grande-Duchesse de Gérolstein », écrites avec Henri Meilhac et Ludovic Halévy. Henri Lavedan y fait également jouer ses pièces. Le Théâtre des Variétés est immortalisé par Émile Zola dans son roman « Nana », où l’héroïne triomphe sur sa scène. Ce lieu reflète l’évolution du spectacle parisien au XIXe siècle et demeure un symbole de la vie culturelle du boulevard Montmartre.

Sources

![[Le foyer du Théâtre de Variété, dessin de Boyer, BnF|Le_rez-de-chaussée_du_Foyer_de_Théatre de Variétés Boyer BnF.jpeg]]

Le foyer du Théâtre "Les Variétés", Boyer, BnF

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Événement
1826
1826 — Galerie Colbert/Passage du Trésor
p 141-142
Construction de la galerie Colbert ; restaurée par Adrien Blanchet en 1990
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Événement
1826
1826 — Galerie Colbert/Passage du Trésor
p 141-142
Construction de la galerie Colbert ; restaurée par Adrien Blanchet en 1990
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Événement
1823
1823 — Galerie Vivienne
p 142
Construction de la galerie Vivienne, qui doit son nom à un ancien échevin de Paris
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Événement
1823
1823 — Galerie Vivienne
p 142
Construction de la galerie Vivienne, qui doit son nom à un ancien échevin de Paris
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Événement
1823
1823 — Galerie Vivienne
p 142
Construction de la galerie Vivienne, qui doit son nom à un ancien échevin de Paris
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Événement
Date imprécise — Cosmorama de la galerie Vivienne
p 142
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Événement
1857
25 juin 1857 — Maison d'édition de Poulet-Malassis
p 143
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Événement
1899
1899 — Maison d'enfance de Louis-Ferdinand Céline/Le "passage des Bérésinas"
p 143
Céline passe son enfance dans le passage Choiseul, où sa mère tient un commerce de dentelles : le "passage des Bérésinas" du "Voyage au bout de la nuit"
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Événement
1864
1864 — Boutique d'Alphonse Lemerre (maison d'édition fondée en 1862)
p 143
Maison d'édition et lieu de rencontres de poètes ; édite les premières œuvres de Verlaine
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Événement
1866
1866 — Boutique de Lemerre (éditeur des poètes parnassiens)
p 143
Naissance du mouvement du Parnasse ; siège de la revue "l'Art"
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Événement
1820
1820 — Passage des Deux Pavillons
p 144
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Événement
1820
1820 — Passage des Deux Pavillons
p 144
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Événement
1786
1786 — Galeries de Bois/Camp des Tartares/Galerie d'Orléans
p 145
Galerie marchande en bois, très mal famée, décrite par Balzac ; un stand présentait "ce que Dieu ne peut voir", c'est-à-dire un miroir, Dieu n'ayant pas d'image ; et un autre la belle Zulina, un mannequin de cire nu
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Événement
1815
1815 — Tripot du Palais Royal
p 146
Occupation de Paris après Waterloo ; Blücher perd 6 millions au jeu, et beaucoup d'officiers dans des duels provoqués
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Événement
1796
1796 — Restaurant "Le Bœuf à la mode"/Enseigne remarquable
p 147
Établissement couru sous le Directoire, arborant une enseigne représentant un bœuf vêtu d'un costume d'Incroyable bleu-blanc-rouge, perçue comme une provocation sous la Restauration
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Événement
1878
1878 — Bouillon Montesquieu (ancien établissement de bains)/Bouillon Duval
p 147-148
Maison mère des Bouillons Duval, fondés en 1855 ; introduction du bonnet blanc pour les serveuses
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Événement
1793
1793 — Premier restaurant Méot
p 147
Restaurant fameux où aurait été rédigée la Constitution de 1793, dite Constitution de l'An Iu Constitution de 1793, promulguée après référendum le 6 messidor an I (24 juin 1793) mais jamais appliquée
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Événement
1794
1794 — Second restaurant Méot (1er restaurant "à la carte" de Paris, remplacé par le "Bœuf à la mode")
p 147
Restaurant fréquenté par le gratin des liquidateurs de la Révolution française après Thermidor
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Événement
1826
Événement
1826
Événement
1821
16 août 1821 — Académie royale de Musique/Salle Le Peletier/Salle de l'Opéra de Paris (la onzième)/Opéra-Théâtre de la Nation (en 1848)
p 152
Nouvelle salle de l'Opéra de Paris incendiée le 28 octobre 1873
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Événement
1836
1836 — Église Notre-Dame de Lorette (nom dérivé du latin "lorautum", le laurier)
p 154
Église construite sur pilotis au dessus du ruisseau de Montmartre, référence au "miracle de la maison de Marie transportée en Italie", pour finir par désigner des femmes "légères". Les voies du Seigneur sont décidément i …

Église construite sur pilotis au dessus du ruisseau de Montmartre, référence au "miracle de la maison de Marie transportée en Italie", pour finir par désigner des femmes "légères". Les voies du Seigneur sont décidément impénétrables...

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Événement
Événement
1840
1840
p 154-155
Sous la Monarchie de Juillet (1830-1848), le quartier Saint-Georges autour de l'église Notre-Dame-de-Lorette devient le foyer d'un phénomène social particulier. Cette zone de la Nouvelle Athènes, développée à partir de 1 …

Sous la Monarchie de Juillet (1830-1848), le quartier Saint-Georges autour de l'église Notre-Dame-de-Lorette devient le foyer d'un phénomène social particulier. Cette zone de la Nouvelle Athènes, développée à partir de 1819-1820, voit s'installer une catégorie spécifique de femmes entretenues baptisées « Lorettes » par le journaliste Nestor Roqueplan vers 1840-1841.

Ces jeunes femmes, souvent issues de milieux modestes, occupent une position intermédiaire entre les grisettes et les courtisanes de haut rang. Les promoteurs immobiliers leur louent à bas prix les appartements neufs pour qu'elles « essuient les plâtres », expression née de cette pratique. La rue Bréda (aujourd'hui Henry-Monnier) devient l'épicentre de cette activité, surnommée « Breda Street ».

Les Lorettes développent un mode de vie particulier, partageant leurs frais entre plusieurs amants successifs. Ce microcosme attire l'attention artistique : Paul Gavarni les immortalise dans ses lithographies célèbres (1841-1843), tandis qu'Alexandre Dumas les décrit comme des « jolis petits êtres, sylphes lutins ou démons ». Le terme « Lorettes » finit par désigner génériquement les femmes entretenues parisiennes de l'époque.

Sources

Paul Gavarni - Les Lorettes, lithographie

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Événement
1860
1860 — Brasserie des Martyrs (tenue par Monsieur Bourgeois)
p 156
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Événement
Événement
1878
1878 — Demeure de Guy de Maupassant
p 157
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Événement
1822
1822 — Cour remarquable
p 158
Cour typique de la "Nouvelle Athènes" ; nom donné au quartier en 1823 par le "Journal des débats"
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Événement
1850
1850 — Demeure d'Alexandre Dumas père
p 158
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Événement
Date imprécise — Demeure d'Alphonse Boudard (ancien tôlard et romancier)
p 158
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Événement
1884
5 juillet 1884 — Demeure de Victor Massé
p 158-159
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Événement
1937
1937 — Demeure d'Auguste Renoir/Demeure de Jean Renoir
p 159
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Événement
1944
1944 — Demeure de Django Reinhardt
p 159
Demeure du célèbre guitariste de jazz ; naissance de son fils Jean-Jacques, dit Babik.
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Événement
Événement
1840
1840 — Demeure de Paul Delaroche (présumée)
p 159
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Événement
1752
1752 — Hôtel du président Lamoignon de Malesherbes/Cité Malesherbes
p 159
Le président Malesherbes, censeur de la bibliothèque royale, protège les philosophes et entrepose chez lui les œuvres de Diderot
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Événement
1885
1885 — Hôtel Stevens/Second cabaret du Chat Noir
p 159
Transfert du cabaret du Chat Noir depuis le boulevard Rochechouart ; création d'un Théâtre d'ombres et édition d'une revue qui tirera à 17 000 exemplaires
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Événement
Événement
1825
1825 — Nouvelle Athènes (lotissement typique)/Bâtiment remarquable
p 160
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Événement
1785
22 août 1785 — Demeure de Jean-Baptiste Pigalle (à partir de 1782)
p 160
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Événement
1937
1937 — Société des Auteurs compositeurs et éditeurs (fondée en 1850)/Siège de la SACEM (inscription ACE)
p 160
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Événement
1856
1856 — Demeure d'Ernest Renan/Musée de la Vie romantique
p 161
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Événement
1858
15 juin 1858 — Demeure d'Ary Scheffer (depuis 1830)/Musée de la Vie romantique
p 161
Mort du peintre Ary Scheffer, qui recevait dans son salon le Tout-Paris artistique de l'époque
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Événement
1875
15 mai 1875 — Galerie Goupil (second siège, après le boulevard Montmartre)
p 161
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Événement
1891
1891 — Maison d'enfance de Jean Cocteau (propriété de son grand-père)
p 162
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Événement
1907
1907 — Société des Auteurs et compositeurs dramatiques (SACD, créée en 1777)
p 162
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Événement
1871
1 octobre 1871 — Hôtel Rousseau/Demeure de Victor Hugo
p 163
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Événement
1890
17 mai 1890 — Demeure de Vincent van Gogh/Demeure de Théo van Gogh
p 163
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Événement
Événement
Date imprécise — Atelier d'Auguste Renoir
p 163
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Événement
1873
1873 — Demeure de Juliette Drouet/Demeure de Victor Hugo
p 163
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Événement
Date imprécise — Demeure de Camille Pissarro/Mascarons d'Héloïse et Abélard
p 164
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Événement
1844
15 octobre 1844 — Demeure et atelier d'Eugène Delacroix
p 164-165
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Événement
1863
1863 — Demeure et atelier de Jules-Élie Delaunay (il y succède à Delacroix)
p 164
Mort du peintre Jules-Élie Delaunay ; auteur des peintures murales de l'église de la Ste Trinité. Il meurt ici le 5 septembre 1891
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Événement
1804
1804 — Mascarons d'Héloïse et Abélard
p 164
Motif à la mode après le transport des dépouilles au Père Lachaise
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Événement
1848
7 juin 1848 — Maison natale de Paul Gauguin
p 164
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Événement
1871
11 mai 1871 — Hôtel de Sophie Dosne/Demeure d'Adolphe Thiers (à partir de 1833)
p 165-166
La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rem …

La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rembouré 3

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Événement
1863
13 août 1863 — Demeure et atelier d'Eugène Delacroix (à partir de 1857)
p 165
Il avait fait entrer la couleur dans la peinture française comme d'autres avaient fait entrer la vapeur dans les machines : sans retour possible. Eugène Delacroix naquit le 26 avril 1798 à Charenton-Saint-Maurice. Il mou …

Il avait fait entrer la couleur dans la peinture française comme d'autres avaient fait entrer la vapeur dans les machines : sans retour possible.

Eugène Delacroix naquit le 26 avril 1798 à Charenton-Saint-Maurice. Il mourut le 13 août 1863 dans son appartement et atelier du 6 rue de Furstemberg, dans le 6e arrondissement, où il s'était installé en 1857 pour être près de l'église Saint-Sulpice, dont il achevait alors les grandes peintures murales. Il avait soixante-cinq ans.

Son œuvre couvre quarante ans de peinture française. Le Massacre de Chios (1824) et La Mort de Sardanapale (1827) l'avaient imposé comme le chef du Romantisme, contre l'Académie et contre Ingres. La Liberté guidant le Peuple (1830), achevée quelques mois après les journées de juillet, avait fait entrer dans la peinture la rue, le peuple et le fusil. Il avait voyagé au Maroc en 1832 et en avait rapporté une palette qui n'appartenait plus à la tradition française.

À Saint-Sulpice, entre 1858 et 1861, il avait peint trois grandes compositions murales dont La Lutte de Jacob avec l'Ange, dans la chapelle des Saints-Anges. Baudelaire, l'un de ses plus fidèles défenseurs, écrivit sur lui des pages décisives. Cézanne et Renoir déclarèrent tous deux leur dette envers sa couleur.

Il n'avait pas de descendants. Son atelier et son appartement de la rue de Furstemberg sont aujourd'hui le musée Delacroix, l'un des plus petits et des plus intenses musées de Paris.

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Événement
1909
1909 — Demeure de Suzanne Valadon (avec le peintre André Utter)
p 168
Demeure d'André Utter, et de Suzanne Valadon après son divorce
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Événement
Événement
1831
Événement
Date imprécise — Demeure de Louis Antoine de Bougainville
p 169-170
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Événement
1320
1320 — Moulin de la Tour des Dames/Moulin à vent
p 169 & 172
Moulin en forme de tour appartenant à l'abbaye des "Dames de Montmartre"
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Événement
1827
1827 — Hôtel de Mlle Mars (elle l'achète en 1824 et le fait rénover)
p 169-170
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Événement
1822
Événement
Événement
1856
4 novembre 1856 — Demeure de Paul Delaroche (à partir de 1835)
p 171
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Événement
1826
19 septembre 1826 — Demeure de François-Joseph Talma (à partir de 1824, décorée par Delacroix)
p 171
Mort du tragédien François-Joseph Talma, qui réforma le costume des comédiens en les adaptant à l'époque et au lieu évoqués ; il nomma ses enfants Henri-Castor et Charles-Pollux
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Événement
1833
Événement
1842
1842 — Demeure de Frédéric Chopin/Square d'Orléans
p 175
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Événement
1719
1719 — Tour du Rempart/Prison du prieuré St Martin des Champs/Prison royale de St Martin des Champs
p 181
Prison royale pour filles publiques ; 180 sont mariées de force et déportées "aux Amériques" pour peupler la colonie de la Nouvelle Orléans
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Événement
1273
Événement
1273
Événement
1712
1712 — Fontaine du Vertbois/Tour du prieuré St Martin des Champs
p 182
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Événement
1140
1140 — Prieuré St Martin des Champs
p 182
Mur crénelé et échauguette de l'enceinte du prieuré intégré aux bâtiments des Arts et Métiers
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Événement
1644
1644 — Maison à colombages
p 184-185
Pastiche de maison moyenâgeuse, que l'on croyait être de 1292, prise longtemps et encore par certains pour la plus vieille maison de Paris
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Événement
1944
19 février 1944 — Demeure d'Arménouhie Assoudourian/Planque de Missak Manouchian
p 186
Cachette du chef de groupe FTP-M.O.I. Arthur Airaud ; il sera fusillé au Mont Valérien
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Événement
Date imprécise — Justice du prieuré St Martin des Champs
p 186
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Événement
Événement
Date imprécise — Geôle St Martin
p 186
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Événement
Date imprécise — Demeure de Jean Bart (présumée à tort)
p 188
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Événement
1407
1407 — Maison de Nicolas Flamel/Plus vieille maison de Paris
p 189-190
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Événement
1190
1190 — Porte St Martin/Enceinte de Philippe Auguste
p 190
Première porte St Martin, faisant partie de l'enceinte de Philippe Auguste ; elle en comportait 13 portes, et 70 tours
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Événement
1270
1270 — Poterne Beaubourg/Poterne Hydrelon (ou Huydrelon, puis Hydron)/Enceinte de Philippe Auguste
p 191
Poterne percée tardivement dans l'enceinte de Philippe Auguste. Le nom du quartier "Beaubourg" de vient pas de son charme, mais bien plutôt de celui des dames qui y exerçaient leur activité déambulatoire... Détruite sous …

Poterne percée tardivement dans l'enceinte de Philippe Auguste. Le nom du quartier "Beaubourg" de vient pas de son charme, mais bien plutôt de celui des dames qui y exerçaient leur activité déambulatoire... Détruite sous François 1er

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Événement
1718
1718 — Hôtel de Beaufort/Banque de Law
p 193
Installation de la banque générale de John Law, expert en agiotage ; l'Hôtel deviendra par la suite un bordel ; un lieu décidément voué à des activités peu honorables
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Événement
Événement
Événement
1199
1199
p 194-197
Plus vaste cimetière de Paris jusqu'au 18ème siècle, mais aussi lieu marchand
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Événement
Date imprécise — Cimetière des Saints-Innocents/Lanterne des morts
p 194-197
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Événement
1425
août 1425
p 195-196
Réalisation de la “Danse macabre”, fresque célèbre du charnier des Saints-Innocents, commencée en août 1925 selon le "Bourgeois de Paris"
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Événement
1871
26 mai 1871 — Hôpital des Quinze-Vingts
p 205
Exécution à la mitrailleuse de Communards pendant la Semaine sanglante. Des blessés hospitalisés sont emmenés au Châtelet puis à la caserne Lobau pour être exécutés
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Événement
1789
28 avril 1789 — Manufacture de papiers-peints Jean-Baptiste Réveillon
p 205-207
Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 …

Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 morts et 300 blessés

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Événement
1848
1848 — Fabrique clandestine de munitions (fonderie de serrurerie)
p 206
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Événement
Événement
1719
1719 — Fontaine Trogneux/Fontaine de Charonne (alimentée par la pompe à feu de Chaillot)
p 207
Une des trois fontaines du faubourg St Antoine, jusqu'alors sans eau publique ; alimentée à l'origine par la pompe à feu de Chaillot, elle a été restaurée en 1806
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Événement
1370
22 avril 1370 — Forteresse de la Bastille
p 209-211
Le prévôt qui la bâtit en sera le premier prisonnier. On ne saurait inventer ironie plus parfaite — et pourtant l'histoire l'a faite. Le 22 avril 1370, Hugues Aubriot, prévôt de Paris, pose la première pierre d'un ouvrag …

Le prévôt qui la bâtit en sera le premier prisonnier. On ne saurait inventer ironie plus parfaite — et pourtant l'histoire l'a faite.

Le 22 avril 1370, Hugues Aubriot, prévôt de Paris, pose la première pierre d'un ouvrage fortifié à la porte Saint-Antoine, sur l'ordre de Charles V le Sage. La guerre de Cent Ans ravage le royaume. Les Anglais tiennent Calais et menacent Paris. Douze ans plus tôt, la révolte d'Étienne Marcel a montré que la capitale pouvait se retourner contre son roi — Charles V, alors dauphin, a failli y laisser la vie. Le nouveau souverain veut une ville close et docile. Il fait renforcer l'enceinte, creuser des fossés, et confie à Aubriot le soin de verrouiller l'accès oriental de Paris, le plus vulnérable.

Au départ, la Bastille n'est qu'une simple bastide — deux tours massives encadrant une porte, un verrou de pierre sur la route de Vincennes. Mais le chantier ne s'arrête pas là. On ajoute deux tours en arrière, puis deux au nord, deux au sud. Le rectangle se ferme. Quand les travaux s'achèvent, vers 1382-1383, sous le règne de Charles VI, la Bastille est une forteresse de huit tours reliées par des courtines, entourée de fossés profonds. Elle n'a jamais été conçue comme prison — c'est un bastion militaire, une porte fortifiée dans l'enceinte de la ville. La prison viendra plus tard, par glissement d'usage.

Le prévôt bâtisseur Aubriot n'est pas seulement le maçon de la Bastille. C'est un administrateur hors pair, nommé par Charles V en 1367 pour reprendre en main une ville turbulente. Il fait paver des rues, construire les premiers égouts maçonnés de Paris, réorganise le guet royal, achève le Petit-Pont en pierre. C'est aussi un laïc convaincu, qui résiste aux empiétements de l'Université et de l'Église sur la juridiction royale — et un protecteur des juifs de Paris, qu'il défend contre les violences populaires, allant jusqu'à faire restituer à des familles juives leurs enfants enlevés pour être baptisés de force.

Le premier prisonnier Charles V meurt le 16 septembre 1380. Aubriot perd son protecteur. L'Université et l'évêché, qui le haïssent, passent à l'attaque. Le procès est instruit par l'officialité épiscopale : hérésie, sodomie, protection des juifs — un cocktail de charges qui relève autant de la vengeance que de la justice. Le 17 mai 1381, Aubriot est conduit sur un échafaud dressé devant le portail de Notre-Dame, contraint de s'agenouiller devant l'évêque et condamné à la prison perpétuelle « au pain de tristesse et à l'eau de douleur ». On l'enferme dans la forteresse qu'il a bâtie de ses mains.

Il n'y reste pas longtemps. Le 1er mars 1382, les Maillotins — artisans et petit peuple de Paris révoltés contre les taxes — enfoncent les portes de la Bastille et libèrent Aubriot, espérant en faire leur chef. L'ancien prévôt, qui a compris que Paris ne pardonne jamais deux fois, s'enfuit dans la nuit vers la Bourgogne. On perd sa trace. Il meurt probablement peu après, oublié de tous.

La Bastille, elle, vivra encore quatre siècles — jusqu'à ce qu'un autre 14 juillet vienne l'abattre.

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Événement
1726
février 1726 — Hôtel de Sully
p 211
Bastonnade de Voltaire par les sbires du chevalier de Rohan-Chabot, pour avoir répondu à ce dernier, qui lui avait demandé : "Arouet ? Voltaire ? Enfin, avez-vous un nom ?", "Mon nom, je le commence, vous finissez le vôt …

Bastonnade de Voltaire par les sbires du chevalier de Rohan-Chabot, pour avoir répondu à ce dernier, qui lui avait demandé : "Arouet ? Voltaire ? Enfin, avez-vous un nom ?", "Mon nom, je le commence, vous finissez le vôtre !"

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Événement
1793
1793 — Chapelle du couvent des filles de la Visitation/Club de femmes
p 212
Club républicain ; bonnet phrygien sculpté au dessus de la porte latérale intérieure
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Événement
1793
1793 — Maison professe des Jésuites
p 212
Couvent transformé en bibliothèque pendant la Révolution ; celle-ci reçoit 1,2 million d'ouvrages confisqués aux couvents, constituant un des fondes d'origine de la Bibliothèque nationale
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Événement
Événement
1190
1190 — Enceinte de Philippe Auguste/Porte Sorbonne/Porte Baudet
p 212
Première porte St Antoine, faisant partie de l'enceinte de Philippe Auguste
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Événement
Événement
1694
1694
p 213
Orme remarquable sous lequel se traitaient les affaires privées et les créances ; peut-être à l'origine de l'expression "Rendez-vous sous l'orme !" pour un rendez-vous auquel on ne compte pas se rendre L'orme occupait un …

Orme remarquable sous lequel se traitaient les affaires privées et les créances ; peut-être à l'origine de l'expression "Rendez-vous sous l'orme !" pour un rendez-vous auquel on ne compte pas se rendre

L'orme occupait une place centrale dans la vie publique française, particulièrement au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime. Ces arbres majestueux ornaient fréquemment les places de villages et servaient de lieux de rassemblement pour diverses activités communautaires : mariages, danses, fêtes et assemblées. Les justices seigneuriales se tenaient régulièrement sous ces ormes plantés aux portes des châteaux ou sur les places publiques.

Les juges locaux y rendaient la justice et traitaient les affaires privées, notamment les questions de créances. Cependant, ces magistrats avaient souvent une réputation de médiocrité et d'incompétence. Les plaideurs, peu confiants dans leurs capacités, manquaient fréquemment les rendez-vous fixés, laissant les juges attendre en vain sous l'arbre.

Cette pratique donna naissance à l'expression "attendre sous l'orme", popularisée par la pièce de Jean-François Regnard "Attendez-moi sous l'orme" en 1694. L'expression prit alors un sens ironique : donner un rendez-vous avec l'intention délibérée de ne pas s'y rendre, ou attendre longuement et en vain. Elle devint proverbiale dès le XVIIe siècle et symbolisa la promesse non tenue.

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Événement
1357
7 juillet 1357
p 215
Ce jour de juillet 1357, le roi de France est prisonnier à Londres, et un drapier parisien décide que Paris mérite sa propre maison. Le 7 juillet 1357, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, installe la juridicti …

Ce jour de juillet 1357, le roi de France est prisonnier à Londres, et un drapier parisien décide que Paris mérite sa propre maison.

Le 7 juillet 1357, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, installe la juridiction municipale dans la Maison aux Piliers, sur la place de Grève. Le bâtiment doit son nom à ses arcades au rez-de-chaussée. Il devient la première Maison Commune de Paris — ancêtre direct de ce qui sera l'Hôtel de Ville.

L'acte est banal en apparence. Il ne l'est pas. Depuis le milieu du XIIIe siècle, le prévôt des marchands siégeait au parloir aux bourgeois — un bâtiment discret, dont les pouvoirs restaient strictement encadrés par la couronne. En acquérant la Maison aux Piliers au nom de la municipalité, Marcel transforme une institution de commodité en une institution de pouvoir, enracinée dans la pierre, au cœur de la ville.

Paris en juillet 1357 est une ville en crise. Le roi Jean II le Bon, capturé par les Anglais à la bataille de Poitiers en septembre 1356, est prisonnier à Londres. La rançon — quatre millions d'écus — exige des impôts massifs. Les grandes compagnies de mercenaires démobilisés pillent les campagnes. Le dauphin Charles, dix-huit ans, assure une régence fragile. C'est dans ce vide politique qu'Étienne Marcel a trouvé sa place.

Prévôt des marchands depuis 1354, drapier de son état, Marcel n'est pas un révolutionnaire au sens moderne. Il cherche à instaurer une monarchie contrôlée — un régime où les états généraux superviseraient les finances royales, nommeraient et révoqueraient les conseillers du roi. En mars 1357, il obtient la promulgation de la Grande Ordonnance, vaste plan de réforme administrative. L'installation dans la Maison aux Piliers, quatre mois plus tard, est son acte institutionnel le plus durable.

La place de Grève n'est pas un lieu quelconque : c'est là que la Seine dépose ses sables, là que les bateliers et les journaliers s'assemblent chaque matin pour offrir leurs bras, là que le bois et le blé arrivent dans Paris. C'est le poumon économique de la ville. Marcel le sait.

Sa chute est à la hauteur de son ambition. Le 22 février 1358, ses hommes assassinent deux maréchaux devant le dauphin, le couvrent de leur sang et lui font coiffer le chaperon rouge et bleu des couleurs de Paris. L'affrontement avec la couronne devient inévitable. Marcel s'allie successivement à la Jacquerie paysanne, à Charles de Navarre et aux mercenaires anglais — perdant chaque fois une partie de la rue parisienne. Le 31 juillet 1358, l'échevin Jean Maillard rassemble les bourgeois contre lui. Étienne Marcel est massacré à la porte Saint-Antoine, ses clefs en main.

La Maison aux Piliers lui survit cent soixante-seize ans. Elle tombe en ruines au XVIe siècle. En 1529, François Ier accepte de la remplacer par un palais municipal de style Renaissance, dessiné par l'architecte italien Boccador. La première pierre est posée en 1533. C'est ce bâtiment — agrandi, remanié, incendié par la Commune en 1871 et reconstruit sous la IIIe République — qui occupe aujourd'hui la même place de Grève, rebaptisée place de l'Hôtel-de-Ville.

Charles V, traumatisé par la journée du 22 février 1358 au cours de laquelle Marcel l'avait couvert du sang de ses conseillers, fit ériger la Bastille pour couvrir la porte Saint-Antoine — exactement là où Marcel avait été tué — et s'assurer une retraite vers Vincennes en cas de nouvelle insurrection parisienne.

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Événement
1792
1792 — Hôtel Kernevenoy/Musée Carnavalet/Statue de Louis XIV
p 215
La statue en bronze de Louis XIV, au centre de la cour, vient de l'Hôtel de Ville. Elle est la seule ayant échappé à la fonte pendant la Révolution française
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Événement
1792
17 août 1792 — Palais de Justice/Grand'Chambre du Parlement de Paris/Siège du Tribunal révolutionnaire/Salle de la Liberté (aujourd'hui 1ère chambre)
p 217
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Événement
1785
septembre 1785 — Demeure de Jacques-Nicolas Billaud-Varenne
p 218
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Événement
1789
12 septembre 1789 — Imprimerie de Marat/Imprimerie du journal "Le Publiciste parisien"/Imprimerie du journal "L'Ami du Peuple"
p 218-219
Le 12 septembre 1789, moins de deux mois après la prise de la Bastille, Jean-Paul Marat publie le premier numéro de son journal dans une imprimerie de la cour du Commerce Saint-André, dans le 6e arrondissement. Le titre …

Le 12 septembre 1789, moins de deux mois après la prise de la Bastille, Jean-Paul Marat publie le premier numéro de son journal dans une imprimerie de la cour du Commerce Saint-André, dans le 6e arrondissement. Le titre initial: "Le Publiciste parisien", qui deviendra dès le quatrième numéro "L'Ami du Peuple, ou le Publiciste parisien". Ce titre sera celui du journal jusqu'à la mort de Marat, le 13 juillet 1793.

Marat a quarante-six ans. Médecin de formation, physicien contesté dont les théories sur la lumière ont été rejetées par l'Académie des sciences, pamphlétaire depuis les années 1770, il entre dans la Révolution avec la conviction que la trahison et la corruption sont au coeur du système: la Cour, les parlements, les ministres, les généraux, les aristocrates déguisés en patriotes. Son journal sera l'organe de cette conviction.

"L'Ami du Peuple" paraît en moyenne cinq fois par semaine, à deux mille exemplaires. Il est lu à voix haute dans les carrefours, les cafés, les assemblées de section. Marat dénonce, nomme, accuse: Lafayette qui surveille le roi sous prétexte de le protéger; les Girondins qui modèrent la Révolution quand elle devrait s'accélérer; les spéculateurs qui profitent de la pénurie de pain. Il exige des têtes, au sens littéral: il fixe des chiffres, propose des listes, et ses lecteurs le croient.

Il est forcé de fuir à plusieurs reprises pour échapper aux mandats d'arrêt: en Angleterre en 1790, dans les égouts et les caves de Paris dont il ressort la santé brisée. Sa dermatite chronique, aggravée par des années de clandestinité dans des endroits humides, le ronge. À la fin de sa vie, il travaille dans son bain.

Un détail: le futur maréchal d'Empire Guillaume Brune travaille à l'imprimerie de la cour du Commerce Saint-André au moment de la fondation du journal. Il y est typographe. Le même atelier abrite l'imprimerie de Marat et le début de carrière d'un futur maréchal: la Révolution a ses coïncidences.

Marat est assassiné par Charlotte Corday le 13 juillet 1793, dans sa baignoire, au 30 rue des Cordeliers. "L'Ami du Peuple" cesse le jour de sa mort. Il avait publié son journal pendant près de quatre ans, sans interruption ou presque.

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Événement
1793
1793 — Lettres "St" grattées
p 218
Vieille inscription du nom de la rue dont les lettres "St" ont été grattées pendant la Révolution. Ces tables gravées avaient remplacé en 1729 les plaques en lettres noires sur fer blanc instaurées le 16 janvier 1728
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Événement
1789
1789 — Demeure de Joseph Ignace Guillotin
p 219
Le docteur Joseph Guillotin introduit la Déclaration des Droits dans le cahier de doléances du quartier de la Monnaie
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Événement
1792
Événement
1792
1792 — Café Procope/Jeu de boules de Malus
p 220-222
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Événement
1684
1684 — Café Procope ("Au Saint Suaire de Turin")/Jeu de boules de Malus
p 220-222
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Événement
1792
février 1792 — Café Procope/Jeu de boules de Malus
p 220-222
Jullian de Carentan est le premier à adopter le port du bonnet phrygien, en souvenir des gardes-suisses de Nancy envoyés au bagne, où les détenus portaient un bonnet rouge
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Événement
1793
1793 — Café Procope (table de Voltaire)
p 220-222
Les cendres de Voltaire sont exposées sur sa table au café Procope lors de leur transfert au Panthéon ; cette table aurait été cassée par Hébert ; mais on lui prête des violences qui n'étaient pourtant chez lui, semble-t …

Les cendres de Voltaire sont exposées sur sa table au café Procope lors de leur transfert au Panthéon ; cette table aurait été cassée par Hébert ; mais on lui prête des violences qui n'étaient pourtant chez lui, semble-t-il, que verbales

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Événement
1751
28 juin 1751 — Café Au Saint Suaire de Turin/Café Procope
p 220-222
Le café a été fondé par le Sicilien Francesco Procopio di Coltelli — d'abord sous le nom de Café Au Saint Suaire de Turin, en face de la Comédie-Française, dans la rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés. Voltaire, Fontene …

Le café a été fondé par le Sicilien Francesco Procopio di Coltelli — d'abord sous le nom de Café Au Saint Suaire de Turin, en face de la Comédie-Française, dans la rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés. Voltaire, Fontenelle et Montesquieu y ont leurs habitudes. On y lit les journaux, on joue aux échecs, on refait la physique et le droit des gens entre deux tasses. Au milieu du siècle, le Procope est devenu le lieu de travail officieux des philosophes.

Le projet de l'Encyclopédie a cinq ans. En 1746, le libraire André-François Le Breton et ses associés — David, Durand, Briasson — obtiennent un privilège royal pour adapter la Cyclopedia de l'Anglais Chambers. L'abbé Gua de Malves, premier directeur, abandonne en octobre 1747. Denis Diderot et Jean le Rond d'Alembert prennent la direction. Ce qui devait être une traduction devient autre chose : un inventaire raisonné de tout ce que la raison humaine a produit, organisé selon l'Arbre des connaissances de Francis Bacon, avec l'homme — et non Dieu — au sommet. En 1750, le Prospectus de Diderot lance une souscription pour dix volumes de textes et deux de planches. Les jésuites, via les Mémoires de Trévoux, protestent aussitôt.

Ce 28 juin 1751, le premier volume est finalisé au Procope. Il couvre la lettre A jusqu'à Azyme — 914 pages. Il s'ouvre sur le Discours préliminaire de d'Alembert, qui classe mémoire, raison et imagination comme les trois facultés fondatrices de la connaissance humaine. C'est un manifeste. Jean-François Marmontel a fourni plusieurs articles. L'abbé Prévost, auteur de Manon Lescaut, a collaboré. Jean-Jacques Rousseau a rédigé les articles de musique. Alexis Piron, poète mordant et habitué du café, est là. Élie Fréron, critique acéré dont la plume servira bientôt à combattre l'entreprise, fréquente encore la même table — il ne fondera son Année littéraire qu'en 1754.

Pour Marx et Engels, le mouvement philosophique du XVIIIe siècle a été l'idéologie par laquelle la bourgeoisie montante a conduit son offensive théorique contre l'ordre féodal et clérical. L'Encyclopédie en est l'instrument central : elle substitue la raison à la révélation, traite les métiers et les techniques comme des savoirs nobles, et fait de l'autorité un objet de critique. Ce n'est pas un dictionnaire. C'est le programme intellectuel d'une classe qui prépare sa révolution.

En janvier 1752, le Conseil du roi condamne les deux premiers volumes au pilon. Malesherbes, directeur de la Librairie, cache les manuscrits de Diderot chez lui. La publication reprend en 1753.

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Événement
1793
13 juillet 1793 — Hôtel de Cahors/Demeure de Jean-Paul Marat
p 223
Le 13 juillet 1793, en fin d'après-midi, une jeune femme venue de Caen se présente au 30 rue des Cordeliers. Elle insiste, dit détenir des noms de Girondins réfugiés en Normandie. Marat la reçoit dans son cabinet, au pre …

Le 13 juillet 1793, en fin d'après-midi, une jeune femme venue de Caen se présente au 30 rue des Cordeliers. Elle insiste, dit détenir des noms de Girondins réfugiés en Normandie. Marat la reçoit dans son cabinet, au premier étage, plongé dans une baignoire sabot où il soulage la maladie de peau qui le ronge, une planche en travers lui servant de bureau. Charlotte Corday tire un couteau de sous son fichu et frappe une seule fois, sous la clavicule. Il crie — « À moi, ma chère amie ! » selon les récits — et s'effondre. Simonne Évrard, sa compagne, accourt trop tard.

Tout, ce mois-là, tient dans un mouchoir de poche. La maison de Marat, l'église des ci-devant Cordeliers, le jardin du couvent : quelques dizaines de mètres, au cœur du quartier le plus radical de Paris. C'est là que David met en scène les funérailles. Le corps est exposé dans l'ancienne église les 15 et 16 juillet, la plaie offerte aux regards, drapé de tricolore. Le 16 au soir, le cortège s'ébranle à travers le quartier ; on n'inhume Marat qu'entre onze heures et minuit, sous les arbres du jardin des Cordeliers, à deux pas de sa baignoire. Son cœur, dit-on, est déposé à part, dans une urne suspendue à la voûte du club.

Or ce même 16 juillet, tandis qu'on l'enterre, Marat reparaît en librairie. Jacques Roux, le « curé rouge » de la section des Gravilliers, toute proche, publie le numéro 243 du Publiciste de la République française, sous-titré « par l'ombre de Marat, l'Ami du peuple ». Le chiffre n'est pas un hasard : il reprend la numérotation là où l'Ami du peuple l'avait laissée, comme si la mort n'avait rien interrompu. Quatre jours plus tard, le 20 juillet, un autre enragé, Jean-Théophile Leclerc, fait paraître à son tour un nouvel Ami du peuple. Deux journaux, deux héritiers autoproclamés, pour un mort qui n'a pas eu le temps de désigner de successeur.

La compagne du tribun ne l'entend pas ainsi. Le 8 août 1793, Simonne Évrard se présente à la barre de la Convention et dénonce les « écrivains scélérats » qui se parent du nom de Marat — Roux et Leclerc nommément. L'attaque tombe au plus mauvais moment pour les enragés : Robespierre les a déjà pris en grippe. Roux est arrêté quelques jours plus tard, condamné, et se donne la mort en prison au début de 1794 ; Leclerc se tait. L'ombre de Marat n'aura servi ses porteurs que quelques semaines.

Du 30 rue des Cordeliers, il ne reste rien : la maison, devenue le 20 rue de l'École-de-Médecine, fut expropriée puis démolie en 1877 pour agrandir la faculté de médecine. Dans La Sainte Famille, Marx dresse la généalogie de « l'idée communiste » et retient, pour représenter le mouvement révolutionnaire à mi-course, deux noms exactement : Leclerc et Roux — les deux journalistes du quartier qui, la semaine des funérailles, s'étaient emparés de la voix du mort.

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Événement
1790
27 avril 1790 — Église du couvent des Cordeliers (jusqu'au 16 mai 1791)
p 223
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Événement
1792
1792 — Couvent des Cordeliers
p 224
Cantonnement des 500 hommes du bataillon des Marseillais, comprenant un hôpital pour les blessés après la prise des Tuileries
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Événement
1822
27 septembre 1822 — Demeure de Jean-François Champollion
p 224
Il tombe évanoui en criant "je tiens l'affaire" ; trois semaines plus tard, il lit sa lettre devant l'Académie, et trois mille ans de silence prennent fin. Jean-François Champollion a trente et un ans. Fils d'un libraire …

Il tombe évanoui en criant "je tiens l'affaire" ; trois semaines plus tard, il lit sa lettre devant l'Académie, et trois mille ans de silence prennent fin.

Jean-François Champollion a trente et un ans. Fils d'un libraire de Figeac, formé par son frère aîné Jacques-Joseph, il travaille depuis l'adolescence sur les écritures de l'Égypte ancienne. Il a appris le copte, la langue liturgique des chrétiens d'Égypte, dernière survivance de l'égyptien antique. Il vit au 28 rue Mazarine, dans le 6e arrondissement, dans une gêne matérielle continue.

L'objet central de sa recherche est la pierre de Rosette, découverte en 1799 par les soldats de l'expédition d'Égypte de Bonaparte. Elle porte un même texte en trois écritures : hiéroglyphique, démotique et grecque. La France l'a perdue en 1801, livrée aux Anglais comme butin de guerre après la capitulation d'Alexandrie ; elle est au British Museum. Champollion travaille sur des copies.

Le 14 septembre 1822, il fait la percée. En comparant les cartouches royaux de Ptolémée et de Cléopâtre, il établit que les hiéroglyphes ne sont pas de purs symboles idéographiques, comme on le croyait depuis l'Antiquité, mais un système mixte associant des signes phonétiques et des signes figuratifs. Il court jusqu'au bureau de son frère à l'Institut, lui lance "Je tiens l'affaire !" et s'effondre, évanoui, épuisé par des semaines de travail.

Le 27 septembre 1822, il lit devant l'Académie des inscriptions et belles-lettres sa "Lettre à M. Dacier relative à l'alphabet des hiéroglyphes phonétiques." Le texte est bref. Il est décisif. L'égyptologie naît ce jour-là comme science.

Champollion mourra dix ans plus tard, à quarante et un ans, épuisé par le travail et par un voyage en Égypte. La pierre de Rosette n'est jamais revenue en France. Elle est toujours au British Museum, à Londres, où l'Égypte réclame périodiquement sa restitution. Le déchiffrement français d'une pierre égyptienne conservée par les Anglais résume assez bien la manière dont l'Europe s'est appropriée le passé des peuples qu'elle occupait.

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Événement
1644
1 janvier 1644 — Salle de Gallois du Mestayer (emplacement de l'entrée)/Salle des Métayers
p 224
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Événement
1793
novembre 1793 — Palais du Louvre/Muséum Français (futur musée du Louvre)
p 225
La Convention Montagnarde crée par décret le Muséum Français ; 537 tableaux, 124 bronzes ; l'abbé Grégoire crée le mot "vandalisme" à propos des destructions survenues dans le cadre de la Révolution
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Événement
1795
21 octobre 1795 — Musée des Monuments français/École des Beaux-Arts
p 225
Lenoir crée un musée lapidaire dans l'ancien couvent, en 1792 ; il deviendra le "Musée des Monuments français", institué le 1er septembre 1794 par la Convention
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Événement
1793
août 1793 — Palais des Tuileries/Pavillon de Flore (2ème étage)/Pavillon de l'Égalité
p 225
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Événement
1793
7 avril 1793 — Palais Royal/Palais Cardinal (1636)
p 226
Ce 7 avril 1793, les gendarmes n'ont pas eu loin à chercher. Louis-Philippe-Joseph d'Orléans, dit Philippe Égalité depuis qu'il a embrassé la cause révolutionnaire, est arrêté dans le jardin du Palais-Royal — son propre …

Ce 7 avril 1793, les gendarmes n'ont pas eu loin à chercher. Louis-Philippe-Joseph d'Orléans, dit Philippe Égalité depuis qu'il a embrassé la cause révolutionnaire, est arrêté dans le jardin du Palais-Royal — son propre jardin, celui qu'il a lui-même ouvert au commerce, aux promeneurs, aux pamphlets et aux harangues, et qui est devenu, dès 1789, l'un des foyers les plus ardents de la Révolution.

L'ironie est cruelle. C'est sous ses galeries qu'ont circulé les nouvelles qui ont mis Paris en mouvement avant la prise de la Bastille. C'est dans ses cafés que se sont formés les clubs, les opinions, les fureurs. Philippe a cru que sa générosité politique, sa haine affichée pour son cousin le roi, son vote pour la mort de Louis XVI en janvier, lui vaudraient la protection de la Montagne. Il s'est trompé.

La défection de son fils, le duc de Chartres, qui vient de passer à l'ennemi avec le général Dumouriez, a tout emporté. On ne peut plus faire confiance à un Bourbon, fût-il régicide et jacobin. Philippe est conduit à l'Abbaye, puis transféré à Marseille, puis ramené à Paris pour y être jugé et guillotiné le 6 novembre 1793, à cinquante-six ans.

Son destin illustre une des logiques implacables de la Terreur : avoir trahi sa caste ne suffisait pas à prouver sa fidélité à la Révolution. Il avait tout sacrifié — son titre, ses pairs, son cousin — sans convaincre personne de sa sincérité. Il mourut sans appartenir à aucun camp.


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Événement
1789
12 juillet 1789 — Demeure et cabinet des figures de cire de Curtius
p 227
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Événement
1785
1785 — Cabinet de physique et de mécanique de Le Pelletier
p 228
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Café de Foy/Jardin du Palais Royal ("Capitale de l'agitation")
p 228
Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille. Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait de …

Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille.

Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait depuis le matin : le roi a renvoyé Necker. Le jardin du duc d'Orléans, seul coin de la ville où la police royale n'entre pas, grouille de pamphlétaires et de badauds sous les arcades. On l'appelle « la capitale de l'agitation ».

Au 57-60 de la galerie de Montpensier, le café de Foy déborde. Un jeune homme de vingt-neuf ans, avocat sans clients et journaliste sans journal, s'y impatiente : Camille Desmoulins. Il bégaie — un défaut qui lui a barré le barreau. Mais ce jour-là, dit la tradition, l'émotion emporte le bégaiement. Il grimpe sur une table, un pistolet à chaque main, et harangue la foule.

Le renvoi de Necker, lance-t-il, est « le tocsin d'une Saint-Barthélemy des patriotes » : ce soir même, les régiments suisses et allemands sortiront égorger Paris. « Aux armes ! » La menace n'a rien d'une invention : les troupes étrangères cernent la ville, et le soir venu, la cavalerie du prince de Lambesc chargera la foule aux Tuileries. Desmoulins propose le vert, « couleur de l'espérance ». La foule se rue sur les arbres du jardin, les dépouille de leurs feuilles, et s'en pique aux chapeaux. Desmoulins racontera plus tard qu'on lui glissa plutôt un ruban vert ; peu importe, la cocarde est née.

Ironie de la teinte : elle ne passera pas la semaine. Le vert est la livrée du comte d'Artois — couleur compromettante, aussitôt délaissée pour le bleu et le rouge de Paris, bientôt relevés de blanc pour former la cocarde tricolore. La couleur de l'espérance était celle de l'ennemi.

On a fait de cette scène l'étincelle de la Révolution. Étincelle, soit — mais la poudre était déjà répandue. Ce 12 juillet, les barrières de l'octroi flambaient au nord de la ville ; le pain touchait son prix le plus haut du siècle ; la peur des troupes courait les faubourgs. Les historiens, de Mathiez à Soboul, l'ont rappelé : le cri de Desmoulins n'a pas créé le mouvement, il l'a allumé. Deux jours plus tard, la Bastille tombait.

Reste l'ironie du lieu. Le café de Foy, berceau de l'insurrection, était tenu par la famille Jousserand. Deux ans plus tard, ces mêmes Jousserand en avaient fait un repaire d'aristocrates : le café où l'on avait crié « aux armes » penchait pour le roi. Il ferma en 1874. Mais les arcades de la galerie de Montpensier sont toujours là, aux numéros 57 à 60, où l'on prend aujourd'hui un café sans savoir qu'on foule l'endroit où un bègue, un dimanche, trouva sa voix.

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Événement
1789
1789 — Café Corrazza (de 1887)/Quartier général des Jacobins puis des Enragés/Bal du Pince-cul
p 228
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Événement
1784
1784 — Théâtre d'ombres chinoises et de marionnettes de Séraphin
p 229
Célèbre théâtre d'ombres chinoises érotiques ; représentations vantant les "mérites" de Philippe d'Orléans
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Événement
1793
13 juillet 1793 — Boutique du coutelier Badin
p 229-230
Le 13 juillet 1793 au matin, dans le plus révolutionnaire des jardins de Paris, une inconnue marchande un couteau de cuisine à quarante sols. Vers huit heures, une jeune femme sort de l'hôtel de la Providence, rue des Vi …

Le 13 juillet 1793 au matin, dans le plus révolutionnaire des jardins de Paris, une inconnue marchande un couteau de cuisine à quarante sols.

Vers huit heures, une jeune femme sort de l'hôtel de la Providence, rue des Vieux-Augustins (aujourd'hui rue Hérold), où elle est descendue deux jours plus tôt en arrivant de Caen. Quelques pas la mènent au Palais-Royal — depuis un an le Palais-Égalité. Ce matin-là, les galeries grouillent : Paris s'est rempli de provinciaux montés pour les fêtes du 14 Juillet, et Charlotte Corday attend, comme tout le monde, que les boutiques ouvrent.

L'endroit ne pouvait être mieux choisi, ni plus ironique. Le Palais-Égalité est alors le cœur battant de la Révolution : cafés bruissants de nouvelles, colporteurs de pamphlets, joueurs, filles sous les arcades. C'est là, quatre ans plus tôt, que Camille Desmoulins avait sauté sur une table du café de Foy pour appeler Paris aux armes. Un bazar politique à ciel ouvert, où l'on trouve de tout. Sous la galerie de Valois, qui longe le côté est du jardin, au numéro 177, la boutique du coutelier Badin.

Elle y achète un simple couteau de cuisine, manche d'ébène et virole d'argent, pour quarante sols — deux livres. Rien d'un poignard : l'outil d'une ménagère, qu'elle glisse dans son corsage. La lame ne servira qu'une fois.

Le reste appartient à l'après-midi. Corday repasse la Seine, gagne la rue des Cordeliers ; éconduite deux fois, elle est enfin reçue le soir dans le cabinet de Marat, et le couteau de quarante sols entre sous la clavicule de l'Ami du peuple. La Révolution avait ainsi, sans le savoir, vendu elle-même l'arme qui abattit son journaliste le plus incendiaire, à l'étal d'un coutelier, entre un café et une maison de jeu.

La galerie de Valois longe toujours le côté est du jardin, sous ses arcades de pierre blonde, aujourd'hui bordées de boutiques de luxe. Au numéro 177, plus rien ne rappelle le coutelier Badin, ni la cliente pressée d'un matin de juillet.

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Événement
1792
1792 — Café des Aveugles/Caveau du Sauvage
p 229
Rendez-vous des Sans-culottes pendant la Révolution ; l'établissement affichait la devise : "Ici on s'honore du titre de citoyen, on se tutoie et on fume"
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Événement
1750
1750 — Premier Café de la Régence (situé sur l'itinéraire des charrettes vers l'échafaud)
p 230
Mise au point de l'édition de l'Encyclopédie avec les imprimeurs Le Breton et Briasson
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Événement
1791
17 juillet 1791 — Demeure de Maurice Duplay/Demeure de Maximilien de Robespierre
p 231
Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robesp …

Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robespierre a signé la pétition pour la déchéance du roi — il risque d'être pris. Jeanne-Marie Roland et son mari Jean-Marie passent à son logement de la rue de Saintonge, dans le Marais, pour lui proposer une cachette. Il est déjà parti.

Il est chez les Duplay. Maurice Duplay est menuisier-ébéniste, rue Saint-Honoré — une maison à deux pas du club des Jacobins que Robespierre fréquente assidûment depuis des mois. La famille l'installe dans une chambre simple, donnant sur la cour. Il y a là Duplay et sa femme, leurs filles — dont Éléonore, que l'entourage tient pour la compagne officieuse de l'Incorruptible.

Robespierre ne s'installe pas « pour quelques jours ». Il reste. Pendant trois ans, la maison Duplay sera son seul logement parisien. Il y reçoit des visiteurs, rédige ses discours, travaille sous le bruit des ateliers en contrebas. Les Duplay le couvent avec une dévotion qui tient autant de la conviction républicaine que de l'attachement familial.

Ces trois années voient Robespierre passer de député radical en survie à membre tout-puissant du Comité de salut public. La chambre de la rue Saint-Honoré est son ancre dans une période où tout le reste — les institutions, les alliances, les têtes — change sans cesse. Le 9 Thermidor an II — 27 juillet 1794 —, il quitte la maison Duplay pour se rendre à la séance de la Convention. Il ne revient pas. Arrêté dans la soirée, il est guillotiné le lendemain place de la Révolution.

La maison des Duplay a depuis disparu. Une plaque marque aujourd'hui l'emplacement de la porte où il était entré, ce soir de juillet 1791, en fuyard.

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Événement
1634
1634 — Petit Arsenal/La Salpêtrière
p 237-239
Vestiges de la poudrerie de l'Arsenal, éloignée par sécurité sur l'autre rive de la Seine, dans le pavillon de la lingerie de l'hôpital de la Salpêtrière ; d'où le nom de ce dernier
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Événement
1787
5 juin 1787 — Hôpital de la Salpêtrière (asile d'aliénés pour femmes)
p 238
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Événement
1817
9 juin 1817 — Hôpital de la Salpêtrière (asile d'aliénés pour femmes)
p 238
Mort de Théroigne de Méricourt devenue folle après sa fustigation aux Tuileries ; son cas fut étudié par Pinel et Esquirol
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Événement
1731
1731 — Hôpital de la Salpêtrière (asile d'aliénés pour femmes)/Puits de Manon
p 238
Puits auquel Manon fait sa toilette dans le roman de l'abbé Prévost
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Événement
1795
1795 — Hôpital de la Salpêtrière (asile d'aliénés pour femmes)
p 239
Philippe Pinel améliore le sort des aliénées en s'appuyant sur l'expérience de Jean-Baptiste Pussin qui supprime les chaînes
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Événement
1956
1956 — Boucherie du film "La Traversée de Paris" (chez Jamblier)/Boutique remarquable
p 243
Cette scène emblématique du film La Traversée de Paris (1956) se déroule dans la boucherie du personnage Jambier, interprété par Louis de Funès. Avec Martin (Bourvil) et Grandgil (Jean Gabin), les trois hommes s'affairen …

Cette scène emblématique du film La Traversée de Paris (1956) se déroule dans la boucherie du personnage Jambier, interprété par Louis de Funès. Avec Martin (Bourvil) et Grandgil (Jean Gabin), les trois hommes s'affairent à découper clandestinement une carcasse de cochon pendant l'Occupation allemande. L'atmosphère est à la fois tendue et burlesque : le trio, mal assorti, travaille dans la pénombre de la boutique, entre blagues grinçantes et gestes maladroits, afin de répartir la viande dans des valises destinées à être acheminées discrètement jusqu'à la rue Lepic.

Cette scène a été tournée au 13 rue Poliveau dans le 5e arrondissement, où les vestiges de l'ancienne devanture restent encore visibles. La configuration du lieu, notamment la porte cochère caractéristique et la vue sur la ligne 5 du métro aérien qui passe en arrière-plan, correspondent parfaitement aux prises filmées par Claude Autant-Lara.

Aujourd'hui, le local situé au 45 rue Poliveau — l'adresse fictive mentionnée dans les dialogues du film — est occupé par un restaurant portant le nom du film : La Traversée de Paris.

Moment du film: 3 min![[La file devant le magasin de Jamplier rue Poliveau|Scène - Traversée de Paris, La (1956) - File devant le magasin de Jamblier rue Poliveau.png]]

La file devant le magasin de Jambier rue Poliveau![[La Traversée de Paris|La-traversee-de-Paris 45 rue Poliveau.jpg]]

La Traversée de Paris![[Scène Traversée de Paris, La (1956) - Devanture du Restaurant homonyme rue Poliveau 45|Scène Traversée de Paris, La (1956) Devanture du Restaurant homonyme rue Poliveau 45.jpg]]

Scène Traversée de Paris, La (1956) - Devanture du Restaurant homonyme rue Poliveau 45

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Événement
Événement
Date imprécise — Cour remarquable
p 243
Cour typique du 13ème arrondissement, remarquer en particulier les ferronneries des mansardes
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Événement
Date imprécise — Cours de la Bièvre
p 243
Maisons construites sur l'ancien cours de la Bièvre, à l'endroit où elle coupait la rue Coipeaux, ou Coupeau, ou Copeau
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Événement
1697
1697 — Marché aux chevaux/Fontaine Poliveau
p 243-244
Marché aux chevaux transféré par Louis XIII ; il subsiste le pavillon des contrôleurs, de 1762 ; sur la façade, la grue symbolise la patience, et le coq la vigilance
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Événement
1833
1833 — Amphithéâtre d'Anatomie/Cimetière de Clamart
p 244
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Événement
1673
12 janvier 1673 — Cimetière de Clamart
p 244
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Événement
1393
28 janvier 1393 — Hôtel de la Reine Blanche/Château de la Reine Blanche
p 246-249
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Événement
1393
28 janvier 1393 — Hôtel de la Reine Blanche/Château de la Reine Blanche
p 246-249
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Événement
Événement
Événement
1792
20 juin 1792 — Hôtel de la Reine Blanche/Château de la Reine Blanche/Club Jacobin (en 1790)
p 248
Préparation de la journée du 20 juin 1792 contre le véto
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Événement
1871
1871 — Mobilier national (ancien Garde-Meuble de la Couronne)
p 249
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Événement
Événement
1886
Événement
1885
Événement
Date imprécise — Cité Verte/Passage remarquable
p 253
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Événement
1878
1878 — Cité Fleurie (construite avec les matériaux de l'Exposition universelle de 1878, comportant 29 ateliers)/Cité d'artistes
p 253-254
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Événement
Date imprécise — Cité des Vignes/Passage remarquable
p 253
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Événement
Événement
Date imprécise
p 253
Puits à glace alimentés par le gel des étangs de la Bièvre
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Événement
1623
1623 — Demeure de Jean Thiriot
p 259
Demeure de l'architecte Jean Thiriot, architecte qui construisit la digue de La Rochelle pour se faire pardonner d'avoir bâti le temple protestant de Charenton
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Événement
Événement
1667
2 juillet 1667 — Demeure de Libéral Bruand
p 259
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Événement
1767
Événement
1666
23 septembre 1666 — Demeure de François Mansart
p 259
Mort de l'architecte François Mansart ; il a donné son nom aux "mansardes"
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Événement
1763
18 novembre 1763 — Hôtel de Beauvais (construit avec des pierres provenant du Louvre)
p 263
Demeure de Mozart, alors âgé de 7 ans, avec sa sœur Nannerl et leur père, lors de son premier séjour à Paris pour une tournée européenne.
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Événement
Événement
1559
10 juillet 1559 — Hôtel des Tournelles
p 265-266
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Événement
1870
1870 — Salle Rivoli (de 1842)/Salle de la Reine Blanche
p 266-267
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Événement
1783
1783 — Fontaine de la Poissonnerie/Marché Ste Catherine
p 269
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Événement
1796
1 septembre 1796 — Église Ste Catherine (la place du Marché était la cour du couvent)
p 269
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Événement
Événement
Date imprécise — Hôtel de Chaulnes/Cour remarquable
p 270-271
Musée des objets insolites en argent dans l'Hôtel de Chaulnes, cour et basse cour typiques du Marais
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Événement
1544
Événement
1792
11 août 1792
p 274
La statue équestre de Louis XIV est abattue comme symbole de la monarchie ; elle sera fondue pour fabriquer des canons. Le socle symbolisait Allemagne, Espagne, Hollande et Piémont vaincus
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Événement
Événement
1636
décembre 1636 — Second Théâtre du Marais/Troupe du Roi du Maretz
p 280-281
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Événement
1744
1744 — Demeure de Michel-Étienne Turgot/Escalier remarquable
p 282
Demeure du père d'Anne Robert Jacques Turgot, le futur ministre de Louis XVI ; c'est lui, et non son fils comme l'on croit généralement, qui commanda le fameux plan de Paris qui porte son nom
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